**Sujet principal** : Demande d'injonction urgente (référé) pour contraindre la préfète à examiner une demande de renouvellement de titre de séjour et à délivrer un récépissé.
**Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (juge des référés).
**Solution retenue** : La requête est rejetée. Le juge estime que le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur la demande de renouvellement a fait naître une **décision implicite de rejet** (conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du CESEDA). Dès lors, l'injonction demandée se heurte à l'existence de cette décision préalable et le requérant ne démontre pas l'existence d'un péril grave justifiant d'y faire obstacle.
**Textes appliqués** : Article L. 521-3 du code de justice administrative (conditions du référé "mesures utiles") et les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (délai et effets du silence de l'administration).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l’examen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
il a sollicité le 25 octobre 2025 le renouvellement de son titre de séjour mention « vie privée et familiale » ; aucune décision définitive n’a été rendue, malgré plusieurs relances ;
la mesure demandée est urgente dès lors que son titre de séjour a expiré le 20 décembre 2025 ; il est privé de son droit à exercer son travail et de son droit à percevoir l’allocation de retour à l’emploi ; il ne peut ainsi plus subvenir aux besoins de son bébé âgé de huit mois et risque d’être expulsé de son logement ;
la mesure demandée est utile.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par ces dispositions, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
En vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Ainsi, le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu’il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l’administration valant alors refus implicite d’enregistrement de la demande.
Il résulte de l’instruction que M. B..., ressortissant marocain né le 10 avril 1995, a sollicité le 25 octobre 2025 le renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme ANEF, et qu’une confirmation du dépôt d’une demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivrée à cette date. En l’absence de réponse, une décision implicite de rejet de sa demande est née à l’issue d’un délai de quatre mois. Ainsi, en l’absence de péril grave avéré, les conclusions à fin d’injonction du requérant se heurtent à l’existence préalable d’une décision implicite portant rejet de sa demande.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B..., qui est manifestement mal fondée, doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 3 mars 2026.
Le juge des référés,
C. Bertolo
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,