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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2602215

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2602215

mardi 3 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2602215
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande d’injonction visant à enjoindre à la préfète du Rhône d’instruire une demande de titre de séjour. Le juge a considéré que, l’administration ayant gardé le silence pendant plus de quatre mois, une décision implicite de rejet était née en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par conséquent, la requête a été jugée manifestement mal fondée au sens de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2026, M. B... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés d’enjoindre à la préfète du Rhône d’instruire sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable.

Il soutient que :
il a déposé une demande titre de séjour il y a près de douze mois, mais aucune réponse définitive ne lui a été apportée, malgré de nombreuses relances ;
en l’absence de titre de séjour avant le 16 février 2026, il risque d’être privé de ses droits à la sécurité sociale et d’être contraint à déposer une demande d’aide médicale d’Etat ; cette situation, qui l’affecte profondément, le maintien dans un état de précarité, alors qu’il dispose d’une promesse d’embauche.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par ces dispositions, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

En vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Ainsi, le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu’il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l’administration valant alors refus implicite d’enregistrement de la demande.

Il résulte de l’instruction que M. A..., ressortissant algérien né le 15 décembre 1988, a sollicité le 2 mars 2025 la délivrance d’un titre de séjour sur la plateforme ANEF, et qu’une confirmation du dépôt d’une demande de titre de séjour lui a été délivrée à cette date. En l’absence de réponse, une décision implicite de rejet de sa demande est née à l’issue d’un délai de quatre mois. Ainsi, en l’absence de péril grave avéré, les conclusions du requérant tendant à ce qu’il soit enjoint à la préfète du Rhône d’instruire sa demande de titre de séjour se heurtent à l’existence préalable d’une décision implicite portant rejet de sa demande.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A..., qui est manifestement mal fondée, doit être rejetée, par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Lyon, le 3 mars 2026.


Le juge des référés,



C. Bertolo



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,




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