Le Tribunal administratif de Lyon rejette la demande en référé d'une ressortissante algérienne visant à enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour. Le juge estime que le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur sa demande constitue une décision implicite de rejet, mettant fin à la phase d'instruction. La requête est donc jugée mal fondée au regard des articles L. 522-3 du code de justice administrative et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2026, Mme B... A..., épouse C..., représentée par Me Pinhel, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du Rhône, dans un délai de quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 250 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » en sa qualité de conjointe d’un ressortissant français ou, subsidiairement, un récépissé l’autorisant à travailler ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat le paiement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
il existe une situation d’urgence ;
la mesure demandée est utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
En vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.
Mme C..., ressortissante algérienne née le 4 mars 1987, a présenté une demande de titre de séjour le 23 avril 2025 sur le site de l’ANEF (administration numérique pour les étrangers en France). Par suite, à défaut de toute décision explicite, et alors même que les services préfectoraux lui auraient ultérieurement indiqué que sa demande est toujours en cours d’instruction, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour ainsi présentée par Mme C... est née au terme d’un délai de quatre mois. Par ailleurs, cette décision implicite de rejet, qui a nécessairement mis fin à la phase d’instruction de la demande de titre, exclut que l’intéressée puisse se prévaloir d’un droit à obtenir la délivrance, selon les cas, du récépissé prévu par l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou de l’attestation de prolongation de l’instruction prévue par l’article R. 431-15-1 du même code. Dès lors, les conclusions de la requérante, tendant à ce qu’il soit enjoint à la préfète du Rhône, sur le fondement de l’article L. 521-3 précité du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, un récépissé l’autorisant à travailler, ne peuvent qu’être rejetées.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’injonction présentées par Mme C... doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative. Les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code doivent être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A..., épouse C..., est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., épouse C....
Fait à Lyon le 2 mars 2026.
Le juge des référés
J.-P. Chenevey
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier