Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande d'injonction d'un étranger visant à obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'administration ayant pris l'initiative de lui en fixer un en cours d'instance. Le juge a néanmoins mis à la charge de l'État une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour les frais exposés par le requérant. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative relatives au référé, notamment l'article L. 521-3.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2026, M. A..., représenté par Me Hmaida, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous lui permettant de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 5 mars 2026, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte et au rejet du surplus, en faisant valoir que le requérant bénéfice d’un rendez-vous fixé le 13 mars 2026.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, constater un non-lieu.
Il résulte de l’instruction que la préfète du Rhône a, en cours d’instance, convoqué M. A... pour le 13 mars 2026. Il n’y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros à verser au requérant au titre des frais non compris dans les dépens qu’il a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’injonctions sous astreinte de la requête de M. A....
Article 2 : L’Etat versera à M. A... la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 10 mars 2026.
Le juge des référés,
R. Reymond-Kellal
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier