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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2602882

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2602882

vendredi 6 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2602882
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision de mise à la retraite d'une aide-soignante. Le juge estime que la condition d'urgence, exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas caractérisée, la requérante n'ayant pas démontré que cette mesure aurait sur sa situation des effets suffisamment graves et immédiats. Par voie de conséquence, les demandes accessoires d'injonction et de condamnation aux dépens sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 mars 2026, Mme A... B... demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 19 septembre 2025 par laquelle le directeur de l’hôpital Le Corbusier de Firminy l’a admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 6 mars 2026 ;


2°) d’enjoindre à cette autorité administrative de la maintenir dans ses fonctions ;


3°) de mettre à la charge de l’hôpital Le Corbusier de Firminy le paiement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient qu’il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 3 mars 2026 sous le n° 2602878, par laquelle Mme B... demande au tribunal d’annuler la décision dont elle demande la suspension dans la présente requête.

Vu le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

Mme B..., aide-soignante, n’invoque aucun élément pour caractériser l’existence d’une situation d’urgence, et notamment ne soutient pas que, du fait de son placement à la retraite, elle ne serait plus en mesure de couvrir les charges incompressibles qu’elle doit assumer, alors au surplus qu’elle ne pouvait ignorer le moment où elle atteindrait la limite d’âge et les conséquences normalement attendues de celle-ci. Dans ces circonstances, la condition d’urgence requise par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension d’exécution présentées par Mme B... doivent être rejetées selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....





Fait à Lyon le 6 mars 2026.




Le juge des référés







J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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