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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1715625

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1715625

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1715625
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET RAFFIN & ASSOCIES (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires complémentaires, des mémoires récapitulatifs, enregistrés respectivement les 10 octobre 2017, 1er juin, 16 novembre 2018, 16 mars, 30 juin et 23 juillet 2021, la société Environnement Services Construction (ESC), représentée par Me Eymard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures de :

1°) fixer la date de réception des travaux qu'elle a réalisés au 31 octobre 2015 ;

2°) condamner la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur (GCLH) à lui payer, d'une part, la somme de 11 967 euros TTC correspondant au solde du marché et, d'autre part, la somme de 671, 63 euros TTC au titre de la restitution de la retenue en garantie, correspondant au montant restant dû après déduction du règlement intervenu le 19 décembre 2017, à hauteur de 5 027,60 euros, soit une somme totale de 12 638,72 euros TTC ;

3°) condamner la GCLH à lui payer les intérêts moratoires, à titre principal, à compter du 30 novembre 2015, date d'établissement du décompte général définitif, et à titre subsidiaire, à compter du 10 avril 2017, date de la mise en demeure adressée par son conseil et ordonner la capitalisation des intérêts ;

4°) limiter toute condamnation qui pourrait intervenir à son encontre au titre des préjudices allégués par la GCLH à la somme de 71 796, 80 euros TTC, conformément aux conclusions du rapport d'expertise du 20 novembre 2019 ;

5°) limiter toute condamnation qui pourrait intervenir à son encontre au titre des demandes formulées par la GCLH à hauteur de 63%, conformément aux termes du rapport d'expertise ;

6°) ordonner la compensation entre la créance à hauteur de la somme de 12 638, 72 euros TTC qu'elle détient sur la GCLH et toute somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée à payer au titre des désordres affectant les menuiseries extérieures des studios de musique de la maison des élèves de la Légion d'honneur ;

7°) condamner la société C+ O IDF 1 Architectes, venant aux droits et obligations de la société dénommée Coste Orbach, à la relever et garantir de toute condamnation qui serait à sa charge au titre des demandes formulées par la GCLH dans les termes du rapport d'expertise, soit à hauteur de 25% ;

8°) condamner la société Qualiconsult à la relever et garantir de toute condamnation qui serait mise à sa charge au titre des demandes formulées par la GCLH dans les termes du rapport d'expertise, soit à hauteur de 12% ;

9°) débouter la société Qualiconsult de sa demande tendant à voir les demandes de la société ESC déclarées irrecevables et de sa demande de mise hors de cause.

Elle soutient que :

- la date de réception des travaux doit être fixée au 31 octobre 2015, date proposée par le maître d'œuvre et non refusée par la GCLH, conformément aux stipulations de l'article 41.3 du CCAG travaux, à cet égard, le fait que la GCLH a pris possession des locaux le 2 novembre 2015, sans aucune réserve, et lui a réglé le 19 décembre 2017, la somme de 5 057,60 euros sous le libellé " restitution RG OP191 " démontre que la GCLH considérait que les travaux avaient bien été réceptionnés, de même que les lettres adressées par le cabinet Coste Orbach ;

- le décompte définitif est intervenu le 30 novembre 2015 ;

- les 6 réserves signalées par la société Coste Orbach ont été levées le 7 novembre 2016 ;

- aucune pénalité de retard n'est due à la GCLH pour le retard de 10 jours dans l'exécution des travaux ;

- elle a été empêchée par la GCLH de remédier aux 5 types de désordres énumérés par la société Qualiconsult dans sa lettre du 27 mai 2016 qui lui a été transmise le 17 juin suivant, le maître d'ouvrage contestant la réception des ouvrages et la mettant en demeure de changer les fenêtres ;

- la GCLH, tout en refusant son intervention pour lever les ultimes réserves notifiées dans le cadre de la garantie de parfait achèvement, a retenu abusivement les sommes dues au titre du marché, malgré une lettre de mise en demeure au sens de l'article 18.3 du CCAP ;

- la retenue de garantie aurait dû lui être restituée au plus tard à l'expiration du treizième mois suivant la réception des travaux, soit au plus tard le 1er décembre 2016, en application de l'article 103 du code des marchés publics, et des articles 8-5 et 20-3 du CCAP du marché, la GCLH devant ainsi encore la somme de 671, 63 euros TTC, qui ne lui a pas été versée le 19 novembre 2017 ;

- toute condamnation dont elle pourrait faire l'objet au titre des désordres affectant les menuiseries extérieures des studios de musique de la maison des élèves de la Légion d'honneur, à la suite du rapport d'expertise doit être limitée à hauteur de 63%, doit faire l'objet d'une compensation à hauteur de la créance de 12 638, 72 euros majorée des intérêts moratoires qu'elle détient sur la GCLH et toute somme à laquelle elle serait éventuellement condamnée à raison de ces désordres ;

- les manquements des sociétés Coste Orbach et Qualiconsult et leurs responsabilités corrélatives au regard des désordres constatés justifient qu'elle se voie relevée et garantie de toute éventuelle condamnation mise à sa charge au titre des demandes formulées par la GCLH à son encontre, à hauteur respectivement de 25% pour la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et de 12% pour la société Qualiconsult, selon les pourcentages retenus par le rapport d'expertise ;

- le quantum des préjudices allégués par la GCLH doit être limité : la somme de 7 320 euros au titre de l'expertise privée réalisée par celle-ci ne doit pas être retenue, dès lors qu'elle n'a pas servi à justifier sa demande d'expertise devant le tribunal de céans ; le préjudice de jouissance de 48 000 euros n'est pas justifié ni dans son principe ni dans son montant ; les pénalités de retard d'un montant global de 5 000 euros, ne sont ni fondées ni justifiées ; enfin , les frais d'instance ne sont pas justifiés.

Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement les 5 janvier, 29 juin 2018,

11 juin et 30 juillet 2021, la GCLH, représentée par Me Simon-Wintrebert, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter les conclusions de la requête de la société ESC et à ce que soit mise à la charge de la société ESC la somme de 5 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) reconventionnellement, sur le fondement des anciens articles 1231 et suivants du code civil, de condamner in solidum la société ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et la société Qualiconsult, au paiement de la somme totale de 142 116,8 euros TTC en réparation des préjudices subis, au versement de la somme de 15 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au paiement de la somme de 12 242, 49 euros au titre des frais d'expertise et s'agissant des travaux de reprise d'un montant de 62 400 euros TTC et des honoraires de maîtrise d'œuvre, d'un montant de 8 160 euros TTC, d'actualiser les sommes en fonction de l'évolution de l'indice du coût de la construction entre la date du rapport d'expertise et le jugement à intervenir, ainsi que de les condamner au paiement des intérêts de retard à compter du 5 janvier 2018, lesdits intérêts devant être capitalisés à compter du 5 janvier 2019 ;

3°) subsidiairement, de rejeter les conclusions de la requête de la société ESC et de condamner in solidum sur le fondement des articles 1792 et suivants du code civil, la société ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et la société Qualiconsult, au paiement de la somme totale de 142 116, 80 euros TTC en réparation des préjudices subis, au versement de la somme de 15 000 euros, sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens, au paiement de la somme de 12 242, 49 euros au titre des frais d'expertise et s'agissant des travaux de reprise d'un montant de 62 400 euros TTC et des honoraires de maîtrise d'œuvre, d'un montant de 8 160 euros TTC, l'actualisation des sommes en fonction de l'évolution de l'indice du coût de la construction entre la date du rapport d'expertise et le jugement à intervenir, ainsi que de les condamner au paiement des intérêts de retard à compter du 5 janvier 2019 lesdits intérêts devant être capitalisés à compter du 5 janvier 2019 ;

4°) à défaut de la condamnation in solidum, de fixer la part des responsabilités de chacun, la société ESC reconnaissant la part minimale de 63%, l'architecte de 25%, 12% restant à charge du bureau de contrôle.

Elle soutient que :

- les travaux n'ont pas été réceptionnés au 31 octobre 2015, les menuiseries extérieures n'ayant pas encore été réalisées, ainsi, c'est la responsabilité contractuelle de droit commun qui s'applique, sur le fondement des articles 1231 et suivants du code civil ;

- la société ESC n'a par conséquent aucune créance à faire valoir la concernant ;

- le montant des travaux de reprise s'élève à la somme de 52 000 euros HT et 62 400 TTC, les honoraires de maîtrise d'œuvre à la somme de 6 800 euros HT et 8 160 euros TTC, le rapport d'essai à la somme de 432 euros TTC, les dommages et intérêts pour la durée des travaux de reprise pour 6 à 8 semaines, à la somme de 7 300 euros, le constat d'huissier à la somme de 494, 89 euros, le devis Carestia à la somme de 309, 91 euros, le préjudice spécifique lié aux conditions actuelles de fonctionnement de l'établissement, à un montant de 48 000 euros, correspondant à un montant forfaitaire de 1 000 euros par mois, les pénalités de retard, à un montant de 5 000 euros, les frais d'instance, à un montant de 15 000 euros et les frais d'expertise, à la somme de 12 242, 49 euros ;

- reconventionnellement et subsidiairement, il y a lieu d'inclure la somme de 12 242, 49 euros au titre des frais d'expertise.

Par trois mémoires en défense enregistrés respectivement les 9, 29 juin et 15 juillet 2021, la société Qualiconsult, représentée par la SCP Raffin, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de toute demande de condamnation, à titre principal, incident ou conventionnel, formée contre elle par quelque partie que ce soit, à titre subsidiaire, au rejet des demandes de la GCLH, au titre des préjudices allégués, des intérêts de retard et de leur capitalisation et à défaut, à ce que ces demandes soient ramenées à de plus justes proportions, à la condamnation in solidum de la société C+O 1 IDF 1 Architectes et de la société ESC à la garantir de toute condamnation qui serait formée à son encontre, au rejet de toute demande de condamnation in solidum contre elle et à la condamnation in solidum de la société ESC et de la GCLH à lui payer la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa mission ne consistait qu'en visites ponctuelles sur les parties visibles ;

- elle n'avait qu'un rôle consultatif, de conseil dans la limite des documents transmis, elle n'était pas responsable des avis non suivis d'effet, a bien émis les avis requis par sa mission et aucun grief ne peut être retenu contre elle en ce qui concerne le contrôle de l'exécution ;

- sa mission s'est achevée lors de la remise de son rapport final, le 21 octobre 2015 ;

- les autres intervenants, principalement l'entreprise ESC, sont exclusivement responsables des désordres constatés, ce qui exclut qu'elle soit appelée en garantie ;

- elle ne saurait être condamnée in solidum, dès lors que l'article L. 111-24 du code de construction et de l'habitation prévoit qu'elle ne puisse être tenue à la réparation des dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité mise à sa charge dans les missions définies par le contrat qui le lie au maître d'ouvrage ;

- les préjudices allégués par la GCLH ne sont pas établis, notamment le coût des travaux de réparation, les dommages et intérêts, le préjudice lié aux conditions de fonctionnement de l'établissement pendant les travaux, les frais d'expertise de la société Tekicea et les pénalités de retard, intérêts de retard et leur capitalisation.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2021, la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach conclut, à titre principal, au rejet des demandes formées à son encontre par les sociétés ESC, Qualiconsult et par la GCLH, à titre subsidiaire, au cas où elle serait condamnée, à rejeter la demande de solidarité avec la société ESC, à réduire le quantum des demandes de la GCLH, à condamner les sociétés ESC, Qualiconsult à la garantir intégralement et à la relever indemne, à limiter la quote-part qui lui sera imputée à 25% et à ce que soit mise à la charge in solidum de tous les succombants de lui payer la somme de 3 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- s'agissant d'ouvrages non réceptionnés ou ayant fait l'objet de réserves, seule la responsabilité contractuelle des intervenants est susceptible d'être recherchée, qu'il s'agisse de l'entreprise titulaire ou de la maîtrise d'œuvre, mais, du fait qu'elle a été entièrement soldée de son marché, la GCLH ne peut obtenir d'elle l'indemnisation d'un préjudice éventuel sur ce fondement ;

- la responsabilité décennale ne peut être recherchée ;

- elle n'a jamais proposé la réception des menuiseries, qui n'ont pas été réceptionnées non plus par la GCLH et elle a demandé par de nombreux courriers à la société ESC de procéder à la reprise de ses ouvrages ; ainsi, à supposer qu'une faute de surveillance puisse lui être opposée, elle ne présente aucun lien de causalité avec les préjudices subis par la GCLH dont la responsabilité incombe à la société ESC ;

- s'agissant de l'appel en garantie formé par la société ESC, il est fondé sur sa responsabilité extracontractuelle, et cette société n'établit aucunement qu'elle aurait commis une faute ;

- en tout état de cause, sa quote-part ne saurait excéder 25% ;

- si une condamnation devait être prononcée au profit de la GCLH, elle ne saurait dépasser la somme de 70 560 euros retenue par l'expert judiciaire au titre des travaux de réparation, outre les dépens ;

- si une condamnation était prononcée à son encontre, elle serait fondée à appeler en garantie les sociétés ESC et Qualiconsult, la première, du fait que ses fautes décrites par l'expert, sont à l'origine de son préjudice et la deuxième, en raison de la faute commise par la société Qualiconsult de n'avoir formulé aucune remarque technique.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public,

- les observations de Me Eymard, représentant la société ESC,

- et les observations de Me Quintard, représentant la société Qualiconsult.

1. Par un acte d'engagement notifié le 17 juillet 2015, la GCLH a confié à la société ESC, l'exécution des travaux du lot n°1 du marché portant sur la rénovation du studio de musique de la maison des élèves de la Légion d'honneur, située à Saint-Germain-en-Laye. Ce lot concerne la réalisation de menuiseries extérieures, de plâtreries, occultation, peinture et signalétique, pour un montant total de 95 487, 12 euros HT, soit 114 584, 54 euros TTC. La maîtrise d'œuvre a été confiée au cabinet Coste Orbach, aujourd'hui dénommé société C+O IDF 1 Architectes. La société Qualiconsult est intervenue comme contrôleur technique. Par la présente requête, la société ESC demande au tribunal de fixer la date de réception des travaux qu'elle a réalisés au 31 octobre 2015. Elle sollicite en outre la condamnation de la GCLH à lui verser les sommes de 11 967 euros TTC, correspondant au solde du marché et de 671, 63 euros TTC, au titre de la restitution de la retenue en garantie. Elle demande aussi subsidiairement que sa condamnation à verser des sommes à la GCLH soit limitée au montant et au pourcentage déterminés dans le rapport d'expertise du

20 novembre 2019, que les sociétés C+ O IDF 1 Architectes et Qualiconsult soient condamnées à la relever et garantir de toute condamnation qui serait mise à sa charge au titre des demandes formulées par la GCLH respectivement à hauteur de 25% et 12% et enfin de débouter la société Qualiconsult de sa demande tendant à voir les demandes de la société ESC déclarées irrecevables et de sa demande de mise hors de cause. Une expertise a été ordonnée par le tribunal administratif de céans, à la demande de la GCLH. Le rapport d'expertise a été rendu le 20 novembre 2019.

Sur les conclusions de la société ESC :

En ce qui concerne la date de la réception des travaux :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 12.4 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) de juin 2015 : " Par dérogation à l'article 41.1 du CCAG travaux, le maître d'œuvre procède avec les entrepreneurs ayant été convoqués aux opérations préalables à la réception des ouvrages au plus tard quinze jours à compter de la date de réception de l'avis des titulaires précisant que les travaux de l'ensemble des lots sont achevés. Postérieurement à cet avis, la procédure de réception se déroule simultanément pour tous les lots considérés, comme il est stipulé dans l'article 41 du CCAG ". D'autre part, aux termes de l'article 41.3 du CCAG-Travaux dans sa rédaction issue du décret du 8 septembre 2009 applicable au marché en cause en vertu de l'article 4.2 du CCAP: " Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d'œuvre, le maître de l'ouvrage décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. S'il prononce la réception, il fixe la date qu'il retient pour l'achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée au titulaire dans les trente jours suivant la date du procès-verbal. La réception prend effet à la date fixée pour l'achèvement des travaux. Sauf le cas prévu à l'article 41. 1. 3, à défaut de décision du maître de l'ouvrage notifiée dans le délai précisé ci-dessus, les propositions du maître d'œuvre s'imposent au maître de l'ouvrage et au titulaire ". Aux termes de l'article 41.5 dudit CCAG : " S'il apparaît que certaines prestations prévues par les documents particuliers du marché et devant encore donner lieu à règlement n'ont pas été exécutées, le maître de l'ouvrage peut décider de prononcer la réception, sous réserve que le titulaire s'engage à exécuter ces prestations dans un délai qui n'excède pas trois mois. La constatation de l'exécution de ces prestations doit donner lieu à un procès-verbal dressé dans les mêmes conditions que le procès-verbal des opérations préalables à la réception prévu à l'article 41. 2. ". Aux termes de l'article 41.6. de ce même CCAG-Travaux : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44. 1. Au cas où ces travaux ne seraient pas faits dans le délai prescrit, le maître de l'ouvrage peut les faire exécuter aux frais et risques du titulaire, après mise en demeure demeurée infructueuse ".

3. Il résulte de l'instruction que les opérations préalables à la réception des travaux, auxquelles la GCLH a participé, se sont déroulées le 10 septembre 2015 et ont donné lieu à un procès-verbal dressé le jour même, signé par le maître d'œuvre et la société ESC. L'annexe 1 du procès-verbal des opérations préalables à la réception mentionne que l'ensemble des postes de dépose et repose des menuiseries sera réalisé en site occupé, ultérieurement. Le maître d'œuvre a proposé, le 24 septembre 2015, de réceptionner les travaux le 31 octobre suivant avec les réserves figurant à l'annexe 3, laquelle, datée également du 24 septembre 2015, mentionne principalement la pose des menuiseries à partir du 22 octobre 2015. La GCLH, maître d'ouvrage, n'a notifié aucune décision concernant la réception des travaux dans le délai des trente jours suivant le

24 septembre 2015. La date de réception des travaux doit ainsi être fixée au 31 octobre 2015, conformément aux propositions du maître d'œuvre et avec les réserves mentionnées, et ce, alors même que, compte tenu de la situation, les réserves auraient dû être portées dans la case réservée à l'exécution d'une partie des travaux, relevant de l'article 41.5 du CCAG-Travaux. Dans ces conditions, les travaux doivent être regardés comme ayant été réceptionnés le 31 octobre 2015.

En ce qui concerne la levée des réserves et la garantie de parfait achèvement :

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 44.1 du CCAG travaux, applicable en l'espèce : " Le délai de garantie est, sauf prolongation décidée comme il est précisé à l'article 44.2, d'un an à compter de la date d'effet de la réception. Pendant le délai de garantie, outre les obligations qui peuvent résulter pour lui de l'application de l'article 41.4, le titulaire est tenu à une obligation dite " obligation de parfait achèvement ", au titre de laquelle il doit : / a) Exécuter les travaux ou prestations éventuels de finition ou de reprise prévus aux articles 41.5 et 41.6 ; / b) Remédier à tous les désordres signalés par le maître de l'ouvrage ou le maître d'œuvre, de telle sorte que l'ouvrage soit conforme à l'état où il était lors de la réception ou après correction des imperfections constatées lors de celle-ci ; / c) Procéder, le cas échéant, aux travaux confortatifs ou modificatifs, dont la nécessité serait apparue à l'issue des épreuves effectuées conformément aux stipulations prévues par les documents particuliers du marché ; / d) Remettre au maître d'œuvre les plans des ouvrages conformes à l'exécution dans les conditions précisées à l'article 40. () / A l'expiration du délai de garantie, le titulaire est dégagé de ses obligations contractuelles, à l'exception des garanties particulières éventuellement prévues par les documents particuliers du marché ". Aux termes de l'article 44.2 du même CCAG : " Prolongation du délai de garantie : / Si, à l'expiration du délai de garantie, le titulaire n'a pas procédé à l'exécution des travaux et prestations énoncés à l'article 44. 1 ainsi qu'à l'exécution de ceux qui sont exigés, le cas échéant, en application de l'article 39, le délai de garantie peut être prolongé par décision du représentant du pouvoir adjudicateur jusqu'à l'exécution complète des travaux et prestations, que celle-ci soit assurée par le titulaire ou qu'elle le soit d'office conformément aux stipulations de l'article 41. 6. ".

5. En vertu des dispositions combinées des articles 41 citées au paragraphe 2, et 44 du CCAG travaux, la réception des travaux, même lorsqu'elle est prononcée avec réserves, fait courir un délai de garantie d'un an, pendant lequel l'entrepreneur est tenu à l'obligation dite " de parfait achèvement ", ce délai n'étant susceptible d'être prolongé que par une décision explicite du maître de l'ouvrage. Bien que ces articles prévoient que lorsque la réception est assortie de réserves, l'entrepreneur doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes, à défaut d'autre délai fixé par le responsable du marché, trois mois avant l'expiration du délai de garantie, ces dispositions ne signifient pas que l'absence de décision de prolongation du délai prise par le responsable du marché équivaut à une levée implicite des réserves dont la réception a été assortie. Ainsi les relations contractuelles entre le responsable du marché et l'entrepreneur se poursuivent non seulement pendant le délai de garantie, mais encore jusqu'à ce qu'aient été expressément levées les réserves exprimées lors de la réception.

6. Il résulte de l'instruction que la liste des réserves figurant à l'annexe 3 à la proposition de réception des travaux du 24 septembre 2015 comprenait, outre la pose des menuiseries mentionnée au paragraphe 3, un miroir et un lavabo à changer, des taches de peinture à reprendre sur le bandeau haut des murs, certains encadrements à reprendre (peinture, habillage mur), une béquille de porte à changer et le retrait des poignées des menuiseries. Ces réserves n'ont pas été reprises dans les demandes postérieures du maître d'œuvre ni du maître d'ouvrage. Dans son courrier recommandé du 3 novembre 2015, adressé à l'entreprise titulaire, le maître d'œuvre lui a indiqué qu'une fenêtre était manquante dans le bureau du responsable de la musique, qu'une menuiserie était cassée au niveau du rejet d'eau, qu'un joint était abîmé et que la fermeture de l'ouvrant frottait, que l'ensemble des impostes n'avait pas été peint et enfin que l'habillage intérieur et extérieur des dormants manquait. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, la seule mention que la date de levées des réserves a été actée au 31 octobre 2015, dans ce même courrier, ne signifie pas que tel est le cas, alors même que le maître d'œuvre indique que le maître d'ouvrage entend appliquer des pénalités de retard à la société ESC à partir de cette date. En outre, le courrier du 7 novembre 2015 envoyé par l'entreprise au maître d'œuvre pour l'informer qu'elle a remédié aux différentes malfaçons constatées dans le courrier du 3 novembre précédent, n'équivaut aucunement, contrairement à ce que soutient la société requérante, à une levée des réserves. Par ailleurs, dans son courrier du 17 février 2016, le maître d'œuvre indique à l'entreprise ESC qu'au

19 janvier 2016, la dernière menuiserie est mal réalisée, en particulier, que la charnière basse de droite n'est pas dans l'axe, empêchant une manipulation normale, que la peinture est mal exécutée, que des fissures apparaissent et que les joints en caoutchouc se décrochent. Le maître d'œuvre signale également, dans ce même courrier, que des joints se décollent aux fenêtres et que des vitres sont cassées. Le maître d'œuvre prévoyait que la levée des réserves devait avoir lieu avant le vendredi 4 mars 2016 et la reprise des cours dans l'établissement. Les malfaçons énumérées par le maître d'œuvre, dans un courrier du 17 juin 2016, dont il indique qu'elles ont été constatées à la suite du rapport du bureau de contrôle du 27 mai 2016, comme des fissurations sur les ouvrants et les dormants, des déplacements de paumelles lorsqu'on manœuvre les fenêtres, le fait que certaines paumelles sont tordues, des fissurations des bois au niveau des paumelles et des difficultés lors de la manœuvre des fenêtres et pour lesquelles il a demandé à l'entreprise de reprendre ces défauts afin de ne pas endommager davantage les menuiseries et de causer des accidents ou autres désordres en lui demandant de lui fournir dans un délai de 15 jours un document écrit exposant son mode opératoire pour remédier aux différents défauts et les dates d'intervention, en accord avec le maître d'ouvrage, démontre également, d'une part, que la levée des réserves n'a pas été réalisée, et d'autre part, que d'autres malfaçons et désordres ont été constatés concernant les travaux destinés à lever ces réserves. La GCLH a indiqué, dans le courrier, adressé à la société ESC le 8 juillet 2016, la mettant en demeure de remplacer l'ensemble des fenêtres, que les huisseries étaient non conformes. Dans un courrier adressé à la société, le 15 novembre 2016, la GCLH l'a informée, qu'à la fin du mois de septembre 2016, lors de sa dernière visite sur le site, avec le maître d'œuvre et le contrôleur technique, elle a dû interdire l'utilisation des fenêtres à cause d'un risque de chute des vantaux. Ainsi, dès lors que tous les désordres et malfaçons constatés postérieurement à la réception des travaux concernaient la pose des menuiseries figurant expressément dans les réserves, il y a lieu de constater que les relations contractuelles entre le titulaire du marché et le maître d'ouvrage ont continué postérieurement à la réception des travaux. La requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir que les réserves ont été levées et que les différents désordres constatés postérieurement relevaient de la garantie de parfait achèvement.

En ce qui concerne les pénalités de retard :

7. Aux termes de l'article 14.1 du CCAP du marché, " Pénalités pour retard -()Pour chaque lot, le titulaire subira, par jour de retard dans l'achèvement des travaux, une pénalité journalière calendaire de 300 euros HT ". Aux termes de l'article 14.5 du même CCAP : " Pénalités pour dépassement du délai de levée des réserves : Par dérogation à l'article 20.1 du CCAG travaux, le titulaire de chaque lot subira par jour calendaire de dépassement du délai de levée des réserves, une pénalité progressive journalière égale à : 1/1000°du montant TTC du marché/jour au cours du premier mois de retard () ".

8. Il résulte de l'instruction qu'à la date du 31 octobre 2015, la dernière fenêtre n'avait pas encore été posée. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du courrier du 17 février 2016, adressé par le maître d'œuvre à la société ESC, que les pénalités infligées par la GCLH à l'entrepreneur, du 31 octobre 2015 - date de levée des réserves initialement prévue dans les propositions du 24 septembre 2015 - au 10 novembre 2015, soit pour une durée de dix jours, s'élèvent à 300 euros par jour calendaire, soit un montant total de 3 000 euros HT. Les pénalités portant sur le retard de la levée des réserves, ne pouvaient être infligées que sur le fondement de l'article 14.5 du CCAP du marché et non de l'article 14.1 du même CCAP, comme la GCLH l'a fait. Mais, si la société requérante est fondée à soutenir que ces pénalités n'étaient pas dues sur le fondement retenu, il ne résulte pas de l'instruction que la société ESC ait effectivement acquitté ces pénalités. Par suite, ses conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne l'existence du décompte général définitif et les intérêts moratoires :

9. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 13.3.1 du CCAG travaux dans sa rédaction issue de l'arrêté du 3 mars 2014 : " Après l'achèvement des travaux, un projet de décompte final est établi concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier () ". Aux termes de son article 13.3.2 du même CCAG : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3 () S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus. " Aux termes de l'article 13.3.3 du même CCAG : " Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final ".

10. D'autre part, aux termes de l'article 13.4.2. du même CCAG : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : ' trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; ' trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire () ". Aux termes de l'article 13.4.3. du même CCAG : " Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer () " Aux termes de l'article 18.3 du CCAP qui déroge sur ce point à l'article 13.4.4 du CCAG travaux : " Toutefois, si le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié de décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, par dérogation au 13.4.4 dudit CCAG, le titulaire met en demeure le représentant du pouvoir adjudicateur d'y procéder avec copie au maître d'œuvre. L'absence de notification au titulaire du décompte général, signé par le représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai de 20 jours francs à compter de la réception de cette mise en demeure, autorise le titulaire à saisir le tribunal administratif ".

11. Il résulte de l'instruction que la société ESC a préparé, le 30 novembre 2015, un document, qu'elle a intitulé " décompte général définitif ", qu'elle a fait parvenir par lettre recommandée, datée du 21 décembre 2016, à la GCLH, laquelle l'a refusé, par un courrier du

13 janvier 2017. Il ne résulte pas de l'instruction que la société ESC ait envoyé de proposition de décompte final à la GCLH, ni au maître d'œuvre, dans les délais prévus par l'article 13.3.2 du CCAG travaux, ni postérieurement. Le courrier adressé par la société ESC à la GCLH, le

10 avril 2017, dont celle-ci a accusé réception le 17 avril suivant et la copie de ce courrier qu'elle a envoyée au maître d'œuvre le 18 avril suivant et qui exposent son analyse sur la réception des travaux, les réserves et la garantie de parfait achèvement, ont pour objet la mise en demeure de lui régler le solde du marché et de lui restituer le dépôt de garantie. La seule mention, à la fin du courrier, que " cette lettre vaut mise en demeure au sens de l'article 18.3 du cahier des clauses administratives particulières applicable ", sans aucune autre précision, ne constitue pas, contrairement à ce que soutient la requérante, une mise en demeure de procéder à la notification du décompte général, dont il n'est, au demeurant, jamais question dans le courrier. Dans ces conditions, la société ESC n'est pas fondée à soutenir que le document qu'elle a envoyé à la GCLH constituait le décompte général définitif au sens des dispositions précitées.

12. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 2 du décret n° 2013-269 du

29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique applicable au présent marché et repris à l'article 20.1 du CCAP : " I. ' Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le contrat le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. Toutefois : () 2° Pour le paiement du solde des marchés de travaux soumis au code des marchés publics, le délai de paiement court à compter de la date de réception par le maître de l'ouvrage du décompte général et définitif établi dans les conditions fixées par le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux () ". D'autre part, aux termes de l'article 3 du même décret également applicable: " Lorsque le contrat prévoit une retenue de garantie, celle-ci est remboursée dans un délai de trente jours à compter de la date d'expiration du délai de garantie. Toutefois, si des réserves ont été notifiées au créancier pendant le délai de garantie et si elles n'ont pas été levées avant l'expiration de ce délai, la retenue de garantie est remboursée dans un délai de trente jours après la date de leur levée ".

13. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'aucun projet de décompte final ni aucun décompte général ne sont intervenus dans le cadre du marché en cause.

En ce qui concerne la demande de condamnation de la GCLH à lui payer le solde du marché et à lui restituer le reliquat de la retenue en garantie :

14. Les réserves n'ayant pas été levées, en raison de l'exécution défectueuse de la pose des menuiseries, elles-mêmes défectueuses, qui constitue la partie la plus importante du marché, la société requérante n'est pas fondée à demander le paiement de la somme de 11 967 euros TTC correspondant au solde du marché ni le versement d'intérêts moratoires en application d'un document qu'elle présente de façon erronée comme le décompte général définitif. Elle n'est pas davantage fondée à demander le paiement de la somme de 671, 63 euros TTC au titre de la restitution de la retenue en garantie, laquelle n'intervient que si la levée des réserves a eu lieu.

Sur les conclusions reconventionnelles de la GCLH :

15. La GCLH demande reconventionnellement au tribunal la condamnation in solidum de la société ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et de la société Qualiconsult, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, au motif qu'elles ont commis ensemble, des fautes, les rendant responsables de l'installation défectueuse des menuiseries des fenêtres du studio de musique de la maison des élèves de la Légion d'honneur, située à Saint-Germain-en-Laye.

En ce qui concerne le fondement de la responsabilité de la demande de condamnation in solidum des sociétés ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult :

16. L'article 1792-4-3 du code civil dispose que : " En dehors des actions régies par les articles 1792-3, 1792-4-1 et 1792-4-2, les actions en responsabilité dirigées contre les constructeurs désignés aux articles 1792 et 1792-1 et leurs sous-traitants se prescrivent par dix ans à compter de la réception des travaux ". Ces dispositions, créées par la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, figurant dans une section du code civil relative aux devis et marchés et insérées dans un chapitre consacré aux contrats de louage d'ouvrage et d'industrie, ont vocation à s'appliquer aux actions en responsabilité dirigées par le maître de l'ouvrage contre les constructeurs ou leurs sous-traitants. En l'absence de stipulations particulières prévues par les documents contractuels, lorsque la réception est prononcée avec réserves, les rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs ne se poursuivent qu'au titre des travaux ou des parties de l'ouvrage ayant fait l'objet des réserves.

17. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les travaux ont été réceptionnés avec les réserves consistant en la pose de l'ensemble des menuiseries et ces réserves n'ont pas été levées. Il suit de là que les conclusions reconventionnelles de la GCLH sont fondées sur la responsabilité contractuelle.

En ce qui concerne le principe de responsabilité de la société ESC, C+O IDF Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach :

18. Il appartient au maître de l'ouvrage, lorsqu'il lui apparaît que la responsabilité de l'un des participants à l'opération de construction est susceptible d'être engagée à raison de fautes commises dans l'exécution du contrat conclu avec celui-ci, soit de surseoir à l'établissement du décompte jusqu'à ce que sa créance puisse y être intégrée, soit d'assortir le décompte de réserves. A défaut, si le maître d'ouvrage notifie le décompte général du marché, le caractère définitif de ce décompte fait obstacle à ce qu'il puisse obtenir l'indemnisation de son préjudice éventuel sur le fondement de la responsabilité contractuelle du constructeur, y compris en raison d'un manquement à son devoir de conseil lors de la réception des travaux et également lorsque ce préjudice résulte de désordres apparus postérieurement à l'établissement du décompte. Une facture de solde signée par le maître d'ouvrage public et retournée à l'entrepreneur constitue un décompte général alors même qu'elle ne porte pas cet intitulé.

19. Il résulte de l'instruction que la société Coste Orbach a adressé à la GCLH le

7 juin 2016, une facture d'un montant de 558, 21 euros HT, soit 665, 85 euros TTC et il n'est pas contesté que celle-ci l'a acquittée le 12 juillet 2016. Néanmoins, il ne s'agit pas d'une facture de solde signée par le maître d'ouvrage. En outre, le détail de la situation 7, joint à la facture, permet de constater que la mission complémentaire d'ordonnancement, pilotage et coordination (OPC), d'un montant de 1 100 euros HT, dont elle était également chargée, n'avait pas été encore réglée. Par conséquent, la société C+O IDF Architectes venant aux droits et obligations de la société

Coste Orbach n'est pas fondée à soutenir qu'elle serait libérée, en raison du règlement total du marché de maîtrise d'œuvre constituant un décompte général, de ses obligations contractuelles de conseil lors de la réception des travaux, et qu'elle ne pourrait pas être condamnée à payer des réparations.

En ce qui concerne le principe de la responsabilité de la société Qualiconsult :

20. Aux termes de l'article L. 111-24 alors en vigueur du code de la construction et de l'habitation : " Le contrôleur technique est soumis, dans les limites de la mission à lui confiée par le maître de l'ouvrage à la présomption de responsabilité édictée par les articles 1792,1792-1 et 1792-2 du code civil, reproduits aux articles L. 111-13 à L. 111-15, qui se prescrit dans les conditions prévues à l'article 1792-4-1 du même code reproduit à l'article L. 111-18. Le contrôleur technique n'est tenu vis-à-vis des constructeurs à supporter la réparation de dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité susceptible d'être mise à sa charge dans les limites des missions définies par le contrat le liant au maître d'ouvrage. "

21. La société Qualiconsult n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées de l'article L. 111-24 du code la construction et de l'habitation alors en vigueur, feraient obstacle à la condamnation solidaire du contrôleur technique dès lors qu'il lui est loisible d'appeler en garantie les autres intervenants à l'opération de construction co-responsables des dommages.

En ce qui concerne la responsabilité in solidum des sociétés ESC, C+O IDF Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult :

22. En premier lieu, s'agissant de la nature et de l'étendue des désordres, il ressort du rapport d'expertise, établi le 20 novembre 2019, que les fenêtres qui avaient été posées présentaient des dysfonctionnements concernant les manœuvres à l'ouverture et à la fermeture, des risques d'ouverture partielle côté rives et d'effondrement en cas de forte sollicitations, en raison de défaut d'ajustement en partie centrale, à la liaison entre vantaux. Les organes de rotation, en nombre insuffisant, fixés sur un support en bois de faible densité, ne pouvaient résister aux sollicitations engendrées par des ajustements incertains, le plus souvent sans jeu fonctionnel, lors de la rotation des vantaux. L'expert a également relevé des fuites d'eau à l'intérieur des profils et des locaux et un manque évident de l'étanchéité à l'air, à l'eau et au vent sur la plupart des menuiseries, en raison d'une conception optant pour des plans discontinus et des joints d'étanchéité constatés comme déformés étirés ou parfois arrachés, ce qui démontre qu'il est impossible que ces menuiseries puissent répondre aux exigences du CCTP. Par ailleurs, des détériorations des profils ont été constatées : des profilés " jet d'eau " de faible section, réalisés dans un bois léger et fissible endommagés et de faible pérennité, présentent des fentes qui laissent l'eau s'infiltrer. Cette situation s'explique par l'usage de bois reconstitués avec de nombreux joints apparents, qui ne respectent pas les règles de l'art. Des défauts de pose ont aussi été constatés concernant les jeux fonctionnels des vantaux, les étanchéités à réaliser entre les bâtis anciens et les bâtis des menuiseries de réhabilitation ainsi que le calfeutrement des joints ainsi formés et des cordons de mastics beaucoup trop épais pour être pérennes compensant à eux seuls les faux aplombs entre les bâtis, en l'absence de tout système d'ajustement. Ainsi, la pose des fenêtres n'était pas conforme aux règles de pose de fenêtres de rénovation prévues par les DTU 36.5. Enfin, les essences ou bois utilisés, mélanges d'essences tropicales de faibles densités, n'étaient pas appropriés au regard de l'exposition sévère en extérieur et de la résistance mécanique requise pour ces ouvrages extérieurs. Les désordres constatés rendent les ouvrages impropres à leur destination, l'expert ayant demandé au maître d'ouvrage, lors de la première réunion sur place, de faire condamner l'ensemble des fenêtres par des barres, en raison des risques d'effondrement en cas de forte tempête.

23. En deuxième lieu, s'agissant de l'origine et de la possibilité de constater les désordres, d'une manière générale, il ressort du rapport que les entreprises de maîtrise d'œuvre et bureau de contrôle, n'ont pas correctement réagi face à l'absence de tout descriptif ou de plan, qui auraient dû être présentés par l'entreprise titulaire, pour validation, avant la fabrication, l'importation et la pose des menuiseries. Avant de commander les menuiseries extérieures au fabricant étranger, la société ESC n'a pas exigé préalablement à tout engagement, la fourniture des plans et descriptifs des ouvrages, les performances obtenues au regard des normes françaises, avec des délais précis de transmission. Après la conception de ces menuiseries, une simple étude des plans et descriptifs, qui n'ont pas été fournis, aurait dû lui permettre de détecter les désordres. En effet, les articles C-3 et C-7 du CCTP prévoyaient que des dessins d'exécution devaient être réalisés et soumis à approbation du bureau de contrôle et du maître d'œuvre, avant toute exécution. En outre, l'article C-4 prévoyait l'usage de bois d'essences européennes. Le maître d'œuvre s'est borné à demander les plans à quatre reprises, ainsi qu'il ressort des compte-rendu de chantier, mais ne s'est pas opposé à la poursuite des travaux, et n'a pris aucune mesure coercitive à l'encontre de l'entreprise en l'absence de la production des plans. Au stade de la livraison et de la pose des premières menuiseries, la société ESC aurait dû voir les principaux écarts au regard du CCTP, comme la présence de deux fiches et non de trois paumelles par vantail, la présence d'un simple joint d'étanchéité au lieu de deux. Cependant, le maître d'œuvre a, lors de sa visite du

26 octobre 2015, validé la première menuiserie du lot posée alors qu'elle présentait de graves lacunes de conception et de pose. Faute d'un contrôle technique exhaustif à l'aide du CCPT et du DTU, dès la livraison du lot et a fortiori après la pose de la première fenêtre, la maîtrise d'œuvre n'a pas refusé le lot, alors que celui-ci ne respectait pas les exigences contractuelles et présentait des malfaçons. Le bureau de contrôle Qualiconsult aurait dû, lors de sa visite de contrôle du 28 octobre 2015, conclure à des aberrations rédhibitoires visibles à l'œil nu, au regard des seuls CCTP non respectés. Enfin, après la livraison et la pose, les menuiseries présentées sur le dossier des ouvrages exécutés (DOE) fourni par la société ESC ne correspondent ni aux menuiseries réellement exécutées, ni aux exigences du CCTP.

24. En troisième lieu, si la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach soutient qu'elle n'est pas responsable des désordres, au motif qu'elle n'a jamais proposé la réception des menuiseries, qui n'ont pas été réceptionnées, et qu'elle a demandé, par de nombreux courriers, à la société ESC de procéder à la reprise de ses ouvrages, il résulte de l'instruction et du rapport d'expertise qu'elle a validé la pose de la première fenêtre, qu'elle n'a pas exercé un contrôle suffisant à chaque étape du marché, notamment en n'exigeant pas les dessins descriptifs ni les plans et en ne s'assurant pas du respect des normes, qu'elle a fait une proposition de réception des travaux avec réserves consistant en la pose des menuiseries à partir d'une date ultérieure, alors que la pose desdites menuiseries n'avait pas commencé et que le seul fait d'avoir demandé à la société ESC de remédier à des désordres et malfaçons, postérieurement à la réception, même avec réserves, n'est pas de nature à l'exonérer de sa responsabilité.

25. En quatrième lieu, si la société Qualiconsult soutient que son rôle ne consistait qu'en visites ponctuelles sur les parties visibles et elle n'avait qu'un rôle consultatif, de conseil dans la limite des documents transmis et n'était pas responsable des avis non suivis d'effet, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas suffisamment alerté le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage des malfaçons et désordres qu'elle aurait dû constater visuellement et que le rapport final, établi le 21 octobre 2015, soit avant la pose des menuiseries, ne se prononçait que sur l'absence de plans descriptifs. En outre, si la société Qualiconsult soutient que sa mission était terminée à partir de la rédaction de ce rapport, il est indiqué dans ce document que le maître de l'ouvrage l'informera de la date à laquelle les menuiseries extérieures seront terminées pour qu'un rapport portant sur l'intégralité des ouvrages et équipements soumis au contrôle puisse être établi et que sa mission prend fin à la remise de son rapport final de contrôle technique établi avant la réception des travaux. A cet égard, la pose des fenêtres n'ayant débuté que le 22 octobre 2015, la société Qualiconsult n'a pas établi de nouveau rapport après sa visite sur place, le 28 octobre 2015. Dans ces conditions, la société Qualiconsult n'est pas fondée à soutenir que sa responsabilité n'est pas engagée au regard des désordres et malfaçons constatés.

26. Compte tenu de ce qui précède, et eu égard aux conclusions du rapport d'expertise, il sera fait une exacte appréciation des circonstances de l'espèce en évaluant à 63 % la part de responsabilité de la société ESC dans les désordres et malfaçons des menuiseries imposant leur remplacement, à 25 % celle de la société ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et à 12 % celle de la société Qualiconsult.

En ce qui concerne les préjudices :

27. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment des analyses du rapport d'expertise, que la situation exige de procéder au remplacement des fenêtres avec une nouvelle technique de pose par une entreprise possédant une qualification de pose de type Qualibat ou équivalent. Ce rapport relève que les deux devis proposés par la GCLH en avril 2019, respectivement de 53 966 euros HT et 45 575 euros HT qui lui ont été soumis, ne précisent pas la forme du rejet d'eau et des pièces d'appui, ni l'évaluation des finitions à reprendre concernant les impostes et les pièces d'appui anciens en bois de chêne et ne comportent pas de plan de détail des profils ni de conception des étanchéités entre dormants. Par conséquent, il convient de retenir le montant de 52 000 euros HT, soit 62 400 euros TTC proposé par l'expert, pour le préjudice causé par la nécessité de remplacer les fenêtres, qui correspond à la réparation demandée par la GCLH.

28. En deuxième lieu, l'expert estime impératif de recourir à une maîtrise d'œuvre spécialisée, en raison de la complexité des fenêtres et de la nécessité de vérifier la capacité d'adaptation de menuiseries fabriquées en séries aux bâtis anciens, pas forcément rectilignes et posés d'aplomb, en conservant toutes leurs performances. Il y lieu de retenir le montant figurant sur le devis de 6 800 euros HT, soit 8 160 euros TTC présenté par la GCLH, à l'expert, le moins élevé des deux qui ont été proposés pour des prestations paraissant proches, montant réclamé par la GCLH.

29. En troisième lieu, la GCLH a engagé des frais pour un constat, par huissier, des désordres et malfaçons des menuiseries des fenêtres, en règlement d'une facture du 26 avril 2017, pour un montant de 494, 89 euros, qu'il y a lieu de retenir au titre du préjudice.

30. En quatrième lieu, une expertise a été réalisée à l'initiative de la GCLH pour réaliser l'état des lieux des menuiseries extérieures afin de déterminer leur conformité ou non et de proposer des solutions susceptibles d'être mises en œuvre pour assurer la pérennité des ouvrages de menuiserie. Ce rapport du 7 décembre 2017 conclut à l'existence de non conformités des ouvrages, que l'étanchéité à l'air et à l'eau n'est pas assurée, que des fuites et l'absence de drainage n'assurent pas la pérennité des ouvrages, que les paumelles telles que sollicitées détériorent les dormants et ouvrants. L'expert conclut que les dégradations dues aux non-conformités vont s'accentuer, que les différents labels demandés au CCTP n'ont pas été fournis et que tous les équipements demandés sous label sont non conformes. Il préconise ainsi de faire changer l'ensemble des fenêtres. Ce rapport d'expertise d'un montant de 6 700 euros HT et 6 840 euros TTC a été joint à la requête en référé expertise formée par la GCLH le 29 juin 2018. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette expertise, établie par l'entreprise Tekicea à la demande de la GCLH, ait été nécessaire, eu égard au constat d'huissier du 22 mars 2017 et au rapport de l'expertise, ordonnée par le tribunal administratif de céans, rendu le 20 novembre 2019. Par conséquent, la réalité du préjudice invoqué n'est pas établie.

31. En cinquième lieu, si la GCLG soutient qu'elle a subi un préjudice particulier du fait de troubles de jouissance provoqués par les conditions actuelles du fonctionnement de l'établissement d'un montant forfaitaire de 1 000 euros par mois, soit 48 000 euros au total, ni la réalité, ni le montant d'un tel préjudice ne sont établis par des pièces justificatives. Il n'y a donc pas lieu de retenir l'existence d'un tel préjudice.

32. En sixième lieu, le GCLH a avancé la somme de 362 euros HT, soit 432 euros TTC, correspondant à une facture émise par la société Critt Bois du 5 juin 2019 pour l'identification microscopique des prélèvements réalisés par l'expert sur place. Il y a lieu de retenir ce préjudice pour le montant indiqué.

33. En septième lieu, eu égard à la mise en demeure de l'expert, à l'issue de sa première visite sur place, de faire condamner l'ensemble des fenêtres par des barres, la GCLH a dû acquérir des matériaux pour un devis daté du 9 octobre 2019 de 258, 28 euros HT, soit 309, 91 euros TTC, dont le montant n'est pas contesté, et qui doit être pris en compte en réparation du préjudice.

34. En huitième lieu, si la GCLH invoque un préjudice relatif aux dommages engendrés par la durée du chantier de remplacement des fenêtres qu'elle évalue à la somme de 7 300 euros, le rapport d'expertise évalue la durée du chantier de 4 à 5 semaines, à raison de la pose d'une fenêtre chaque jour par deux ouvriers très qualifiés pour tenir compte de la nécessité de ne pas désorganiser les enseignements. En l'absence d'éléments précis de nature à établir l'existence d'un préjudice particulier de ce chef, aucune réparation ne peut être demandée sur ce point.

35. En neuvième lieu, si la GCLH soutient que le montant des préjudices correspondant au coût de remplacement des fenêtres et au recours à la maîtrise d'ouvrage spécialisée doit être indexé sur l'indice du coût de la construction de la date du rapport d'expertise à la date du jugement, elle ne soutient ni même n'allègue qu'elle n'aurait pas été en mesure de financer les travaux à la date du rapport d'expertise. Cette demande d'indexation ne peut ainsi qu'être écartée.

36. Il résulte de ce qui précède que le préjudice total subi par la GCLH du fait des menuiseries défectueuses à remplacer s'élève à la somme de 71 486, 89 euros. Dès lors, compte tenu de la part de responsabilité qui leur incombe dans la survenance du dommage, il y a lieu de condamner solidairement les sociétés ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult à verser cette somme à la GCLH.

Sur les appels en garantie :

37. Compte tenu du partage des responsabilités, indiqué au paragraphe 26, il y a lieu de condamner la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et la société Qualiconsult à garantir la société ESC des condamnations prononcées à son encontre, à concurrence de 25% et 12% respectivement du montant total des sommes en cause. Il y a lieu de condamner les sociétés ESC et C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach à garantir la société Qualiconsult des condamnations prononcées à son encontre, à concurrence de 63% et 25% respectivement du montant total des sommes en cause. Enfin, il y a lieu de condamner les sociétés ESC et Qualiconsult à garantir la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach des condamnations prononcées à son encontre, à concurrence respectivement de 63% et 12% des sommes en cause.

Sur la demande de compensation de la société ESC :

38. Compte tenu de la responsabilité de la société ESC, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande de compensation entre le montant du solde du marché et le reliquat de la retenue en garantie, d'une part, et le montant de sa condamnation au titre des préjudices subis par la GCLH, d'autre part.

Sur les intérêts de retard et leur capitalisation :

39. La somme de 62 400 euros TTC, correspondant au préjudice causé par la nécessité de remplacer les fenêtres portera intérêt au taux légal à compter du 6 janvier 2018. Les intérêts échus à la date du 6 janvier 2019, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts. La somme de 8 160 euros TTC, correspondant au préjudice causé par l'appel à une maître d'œuvre spécialisée, portera intérêt au taux légal à compter du 11 juin 2021. Les intérêts échus à la date 11 juin 2022, ne sont pas dus pour une année entière à la date du jugement. Il n'y a donc pas lieu d'en prévoir la capitalisation.

Sur les frais d'expertise :

40. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la part de responsabilité encourue par chacune des parties, de mettre les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif de Paris, liquidés et taxés à la somme de 12 242, 49 euros à la charge des sociétés ESC à hauteur de 7 712, 77 euros, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach à hauteur de 3 060, 62 euros et Qualiconsult, à hauteur de 1 469,10 euros.

Sur les frais d'instance :

41. La GCLH n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge les frais demandés par la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et la société Qualiconsult au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y pas non plus lieu de mettre à la charge de la société ESC les sommes demandées par les sociétés C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult ni à la charge des sociétés C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult les sommes que chacune demande de mettre à la charge de l'autre sur ce même fondement.

42. En revanche il y a lieu de mettre à la charge des sociétés ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult le versement de la somme de 1 000 euros chacune à la GCLH.

D E C I D E :

Article 1er : La date de réception des travaux avec réserve est fixée au 31 octobre 2015.

Article 2 : Les sociétés ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult sont condamnées à verser solidairement à la GCLH la somme de 71 486, 89 euros.

Article 3 : La société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et la société Qualiconsult sont condamnées à garantir la société ESC des condamnations prononcées à son encontre, à concurrence de 25% et 12% respectivement, du montant total des sommes en cause. Les sociétés ESC et C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach sont condamnées à garantir la société Qualiconsult des condamnations prononcées à son encontre, à concurrence de 63% et 25% respectivement, du montant total des sommes en cause. Les sociétés ESC et Qualiconsult sont condamnées à garantir la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach des condamnations prononcées à son encontre à concurrence respectivement de 63% et 12% des sommes en cause.

Article 4 : La somme de 62 400 euros TTC, correspondant au préjudice causé par la nécessité de remplacer les fenêtres portera intérêt au taux légal à compter du 6 janvier 2018. Les intérêts échus à la date du 6 janvier 2019, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts. La somme de 8 160 euros TTC, correspondant au préjudice causé par l'appel à une maître d'œuvre spécialisée, portera intérêt au taux légal à compter du 11 juin 2021. La demande de capitalisation des intérêts portant sur cette somme est rejetée.

Article 5 : Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Paris sont mis à la charge des sociétés ESC à hauteur de 7 712,77 euros, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach à hauteur de 3 060,62 euros et Qualiconsult, à hauteur de 1 469,10 euros.

Article 6 : Les sociétés ESC, C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult sont condamnées à verser de la somme de 1 000 euros chacune à la GCLH, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la société C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et de la société Qualiconsult sur ce même fondement sont rejetées.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la société ESC est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à la société Environnement Services Construction, à la Grande chancellerie de la légion d'honneur et aux sociétés [TP1]C+O IDF 1 Architectes venant aux droits et obligations de la société Coste Orbach et Qualiconsult.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Hermann Jager, présidente,

Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère,

Mme Renvoise, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.

La rapporteure,

N. A

La présidente,

V. HERMANN-JAGER

Le greffier,

Y. FADEL

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

[TP1]A la société '

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