lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1902495 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SELARL GENTIT & COLTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 6 février 2019, 8 novembre 2019, 11 et 16 juin 2020, l'association Foyer Notre-Dame, représentée par Me Gentit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 7 décembre 2018 en tant qu'il a refusé de lui allouer une somme de 42 107,32 euros dans le cadre du calcul de la subvention prévue par le programme national Fonds Asile, Migration et Intégration ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui verser cette somme de 42 107,32 euros, sous astreinte journalière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est entachée de plusieurs erreurs d'appréciation ;
- en ce qui concerne les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS, le rapport les a intégrés au " frais de sous-traitance ", alors que l'avenant n°1, rétroactif, prévoyait bien qu'il s'agissait de frais du personnel ;
- l'exonération de taxe sur les salaires à hauteur de 1929,75 euros est bien une dépense éligible ;
- ont été extraits, à tort, des frais de personnel éligibles au subventionnement les indemnités liées aux congés maladie ; conformément à la convention collective à laquelle elle adhère, elle verse aux employés placés en congés maladie un complément aux indemnités journalières ;
- c'est à tort qu'ont été exclues des dépenses éligibles le salaire de Mme A, recrutée à mi-temps à compter du 1er décembre 2014, au motif qu'elle n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans la convention initiale de subventionnement ; l'identité des personnes affectées au projet n'est pas contractuelle ; son embauche a répondu à un surcroît d'activité ;
- concernant la facture relative à la médecine du travail, d'un montant de 122,05 euros, peu importe qu'elle ait été éditée le 6 janvier 2015 ; l'obligation de veiller à ce que les factures soient émises avant la fin de la période de réalisation du projet est seulement de moyen ; le guide du porteur de projet FAMI est dépourvu de valeur ;
- la facture correspondante à la taxe handicapés OETH d'un montant de 602,88 euros a bien été intégrée au montant des frais de personnel éligibles au subventionnement ;
- la facture de 36,40 euros concernant les frais de voyage de la directrice générale de l'association pour une réunion avec l'OFII a été écartée à tort au motif qu'elle n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans la convention initiale de subventionnement ;
- les factures de frais d'équipement d'un montant de 644,82 euros concernant les frais de voyage de la directrice générale de l'association pour une réunion avec l'OFII ont été écartées à tort au motif qu'elles ont été émises en décembre 2013 ;
- concernant les frais immobiliers, s'agissant d'un montant de 17 764,85 euros correspondant à un an de loyer pour le local de la rue Saint Michel, le document émis en décembre 2013 est relatif à la révision des loyers mensuels pour l'année 2014 ; il a été complété par des extraits bancaires établissant chaque mois le paiement effectif ; concernant les frais d'agence à hauteur de 1239,84 euros, la convention du 26 septembre 2014 ne les exclut pas car elle a une conception très large des coûts liés aux biens immobiliers ;
- concernant les frais de traduction de 748,50 euros en dehors de mise en concurrence, il s'agit d'un recours ponctuel, lié à une situation d'urgence, les prestataires présélectionnés de traduction de russe et d'albanais n'étaient pas disponibles dans les délais requis ;
- un taux de 15% aurait dû être appliqué pour apprécier le montant des coûts indirects éligibles ; ce montant des coûts indirects s'élevant à 59 863,10 euros après réintégration des frais de personnel de l'association CASAS, la subvention doit être augmentée de 19 056,83 euros ; à défaut, ce montant des coûts indirects est de 46 018,40 euros, la subvention doit être augmentée de 5 212,13 euros ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2019, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 juin 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n° 514/2014 du 16 avril 2014 ;
- le décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Renvoise, première conseillère,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du programme 2014-2020 du Fonds Asile Migration et Intégration (FAMI), le ministère de l'intérieur a conclu le 26 septembre 2014 une convention de subvention avec l'association Foyer Notre-Dame portant sur le financement de la gestion de la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile du Bas-Rhin. Un avenant a été signé entre les parties le 15 janvier 2016. Cette convention, qui prenait effet de manière rétroactive au 1er janvier 2014 (art. 2.2) fixait comme coût total prévisionnel éligible du projet 545 000 euros et un montant maximum prévisionnel de la subvention accordée à ce titre de 270 000 euros. Une mise en paiement de 40 % du montant de la subvention prévisionnelle (soit 108 000 euros) a été effectuée après signature de la convention. L'association Foyer Notre-Dame a, le 28 mai 2015, demandé le versement de son solde. Un contrôle administratif du projet a été effectué, et un " rapport de contrôle administratif ", établi le 7 décembre 2018 a fixé le solde de la subvention due à l'association à 87 968,37 euros. L'association doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision contenue dans le rapport de contrôle de service fait en tant qu'elle refuse d'inclure certaines dépenses à hauteur de 42 107,32 euros dans le calcul du montant du solde de la subvention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une décision qui a pour objet l'attribution d'une subvention constitue un acte unilatéral qui crée des droits au profit de son bénéficiaire. De tels droits ne sont ainsi créés que dans la mesure où le bénéficiaire de la subvention respecte les conditions mises à son octroi, que ces conditions découlent des normes qui la régissent, qu'elles aient été fixées par la personne publique dans sa décision d'octroi, qu'elles aient fait l'objet d'une convention signée avec le bénéficiaire, ou encore qu'elles découlent implicitement mais nécessairement de l'objet même de la subvention.
3. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs à une subvention, qu'ils aient en particulier pour objet la décision même de l'octroyer, quelle qu'en soit la forme, les conditions mises à son octroi par cette décision, ou encore les décisions de la personne publique auxquelles elle est susceptible de donner lieu, notamment les décisions par lesquelles la personne publique modifie le montant ou les conditions d'octroi de la subvention, cesse de la verser ou demande le remboursement des sommes déjà versées, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir, par le bénéficiaire de la subvention ou par des tiers qui disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir.
Sur les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS
4. L'association requérante conteste que les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS ont été intégrés au " frais de sous-traitance ", alors que l'avenant n°1, rétroactif, prévoyait qu'il s'agissait de frais du personnel.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'avenant n°1 qui a modifié la convention FAMI A-14-040 du 26 septembre 2014 relative au financement, dans le cadre du programme 2014-2020 du Fonds Asile Migration et Intégration (FAMI) de son projet intitulé " Plateforme d'accueil des demandeurs d'asile " (PADA 67), date du 15 janvier 2016 et non du 15 janvier 2015, date figurant par erreur matérielle sur la première page de ce document.
6. En deuxième lieu, comme le reconnait le ministre en défense, cet avenant a modifié le " plan de financement prévisionnel du projet " pour intégrer aux " frais de personnels affectés au projet () y compris le personnel de l'association CASAS partenaire ". Le ministre fait valoir qu'à la date de la demande de paiement de la requérante, soit le 28 mai 2015, cet avenant n'était pas entré en vigueur. Or, les conditions mises à l'octroi d'une subvention sont fixées par la personne publique au plus tard à la date à laquelle cette subvention est octroyée. L'avenant ne pouvait modifier postérieurement à la date de réalisation du projet les conditions de réalisation de celui-ci. L'association requérante ne peut donc soutenir que les dépenses de l'association CASAS auraient été intégrées rétroactivement dans le plan de financement du projet. Cette demande doit être écartée.
Sur la réintégration des charges déduites au titre de la taxe sur les salaires
7. Aux termes de l'article 14 du règlement (UE) 514/2014 du 16 avril 2014 : " 1. L'éligibilité d'une dépense est déterminée sur la base de règles nationales, sauf si des règles spécifiques sont prévues dans le présent règlement ou dans les règlements spécifiques. / () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 relatif aux règles nationales d'éligibilité des dépenses des programmes cofinancés par le Fonds " Asile, migration et intégration " (FAMI) et le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) pour la période 2014-2020 (applicables aux dépenses en litige, conformément à son article 2) : " Pour être éligibles, les dépenses doivent être prévues dans l'acte attributif de subvention, justifiées et acquittées par le bénéficiaire () ". Aux termes de l'article 10 de ce décret : " I. - Les frais de personnel payés et acquittés par le bénéficiaire, nécessaires à la réalisation du projet et comportant un lien démontré avec celle-ci, sont éligibles. Sont compris dans les frais de personnel les salaires, les gratifications ou indemnités (pour les stagiaires) et les charges liées (taxes, cotisations sociales patronales et salariales), les variations de provisions pour congés payés enregistrées dans les comptes annuels ainsi que les traitements accessoires et les avantages divers prévus par la loi, les conventions collectives, le contrat de travail ou, le cas échéant, la convention de stage. () " () ".
8. L'administration a écarté la taxe sur les salaires des personnels affectés au projet subventionné d'un montant de 1929,75 euros, en retenant notamment que si la réduction de taxe régie par l'article 179 A du code général des impôt a été répartie " par service, selon la masse salariale connue alors ", elle ne l'établit pas. En l'espèce, l'association ne justifie pas devant le tribunal de céans des sommes alléguées et de la répartition effectuée par service, cette demande ne peut qu'être écartée.
Sur la réintégration des indemnités liées aux arrêts maladie
9. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet la somme correspondant à des frais de personnels au motif que ces dépenses, liées au paiement de complément aux indemnités journalières de salariés en congés de maladie, par application de l'article 9.2 de la convention collective des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (accords SOP-CHRS) n'entraient pas dans les catégories de dépenses éligibles prévues par la convention.
10. Il ressort des pièces du dossier que ces indemnités ont été attribuées à des salariés placés en congés de maladie en raison de l'article 9.2 de la convention collective applicable, et non de la réalisation des tâches acquittées par ces salariés en lien avec le projet. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que ces indemnités étaient sans lien avec la réalisation du projet et qu'elles ne constituaient pas, en application de l'article 10 du décret du 21 janvier 2015, des dépenses éligibles dans le calcul de la subvention prévue par la convention.
Sur les dépenses liées à un recrutement
11. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet la somme de 1565,39 euros correspondant au recrutement de Mme A, recrutée à mi-temps à compter du 1er décembre 2014, au motif que l'identité des personnes affectées au projet n'est pas contractuelle et que son embauche a répondu à un surcroît d'activité.
12. Il ressort des pièces du dossier que Mme A n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans l'annexe II plan de financement prévisionnel de la convention initiale de subventionnement ou dans l'avenant, et n'est pas venue en remplacement d'une personne mentionnée par la convention. Si l'identité des salariés n'était effectivement pas indispensable puisque le nom de la personne affectée au projet pouvait ne pas être précisé s'il n'était pas connu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'emploi de Mme A était prévu dans l'acte attributif de subvention. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
Sur les frais liés à la médecine du travail
13. Aux termes de l'article 2.1 de la convention FAMI A-14-40 : " la période de réalisation du projet court du 01/01/2014 au 31/12/2014. La période d'éligibilité des dépenses liées au projet est fixée du 01/01/2014 au 31/05/2015. Il conviendra de veiller à ce que les factures soient émises avant la fin de la période de réalisation du projet, le délai des cinq mois supplémentaires étant accordé uniquement pour l'acquittement des dernières factures et la transmission de la demande du solde à l'administration ()".
14. L'association fait valoir que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en excluant des frais de personnel éligibles
au subventionnement une dépense relative à des prestations de médecine du travail car l'obligation de veiller à ce que les factures soient émises avant la fin de la période de réalisation du projet est seulement de moyen. Toutefois, comme le démontre le ministre, la facture en cause, d'un montant de 122,05 euros, a été éditée le 6 janvier 2015, soit après la fin de la période de réalisation du projet. C'est donc à bon droit, eu égard aux dispositions rappelées de l'article 2.1 de la convention de subventionnement, que cette dépense a été écartée du montant éligible au subventionnement.
Sur la taxe handicapés OETH
15. Il ressort des écritures des parties que la taxe handicapés OETH a été considérée comme une dépense éligible et que le moyen manque en fait.
Sur les frais de voyage
16. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet la somme de 36,40 euros correspondant aux frais de voyage de la directrice générale afin d'assister à une réunion de travail avec l'OFII et les collègues de la PADA68
17. Il ressort des pièces du dossier que la directrice générale n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans l'annexe II plan de financement prévisionnel de la convention initiale de subventionnement ou de l'avenant, Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
Sur les frais d'équipement
18. Dès lors que les deux factures litigieuses ont été éditées en décembre 2013, soit hors de la période d'éligibilité des dépenses, fixée à l'article 2.1 de la convention FAMI A-14-040 précité, nonobstant la circonstance qu'il s'agit d'une pratique commerciale des sociétés émettrices desdites factures, c'est à bon droit que le ministre de l'intérieur a écarté ces dépenses.
Sur les frais immobiliers
19. Aux termes de la convention, sont éligibles " les biens immobiliers (achats, constructions, rénovations) 29 600 €. Ils concernant les loyers des locaux utilisés pour le projet et uniquement dédiés au projet. "
20. En premier lieu, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le ministre a écarté des dépenses éligibles un montant de 1 239,84 euros liés à des frais d'agence concernant la recherche de nouveaux bureaux nécessaires à la réalisation de l'action subventionnée.
21. En deuxième lieu, le document du 6 décembre 2013 par lequel le bailleur a annoncé une révision des loyers concernant les locaux rue Saint Michel à compter du 1er janvier 2014 ne peut être analysé comme une facture. Le ministre ne prétend pas en outre que ces loyers auraient méconnu la période de réalisation du projet du 01/01/2014 au 31/12/2014. C'est donc à tort que le ministre de l'intérieur a écarté les loyers pour les locaux rue Saint Michel à hauteur de 17 764,85 euros.
Sur les frais de traduction - interprétariat
22. Aux termes de l'article 6 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 cité au point 5 : " () / Lorsque le bénéficiaire n'est pas soumis aux règles de la commande publique, il s'assure néanmoins de la mise en concurrence de toute prestation supérieure à 5 000 euros hors taxe ".
23. Il résulte des dispositions précitées que toute prestation d'un montant supérieur à 5 000 euros hors taxe doit être soumise à une mise en concurrence. Au sens de ces dispositions, la prestation doit s'entendre de l'ensemble des prestations, quels que soient leur nombre ou le nombre d'opérateurs auquel il est fait appel, qui présentent des caractéristiques similaires et homogènes
24. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur a écarté comme non éligibles des dépenses relatives à des frais de traduction en russe et albanais à hauteur de 748,50 euros, s'insérant dans une commande plus globale de prestations similaires, pour lesquels l'association prétend que les prestataires sélectionnés par mise en concurrence n'étaient pas disponibles dans les délais requis. Si l'association fait valoir que ces dépenses étaient inférieures aux prix des prestataires habituels sélectionnés suite à une mise en concurrence et que ces traductions présentaient un caractère urgent, elle n'apporte aucun élément de preuve à l'appui de ses allégations. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le ministre de l'intérieur a écarté cette dépense.
Sur les coûts indirects
25. Il ressort des pièces du dossier et des écritures des parties que le taux applicable aux coûts indirects est celui prévu dans la convention initiale, de 15%. C'est donc à tort que le ministre de l'intérieur a dans un premier temps appliqué le taux prévu dans l'avenant de 13%. Il ressort des pièces du dossier que la demande doit être accueillie en tant que le montant des coûts indirects doit être augmenté de 5212,13 euros.
26. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est uniquement fondée à contester le rejet des frais de loyer pour un montant de 17 764,85 euros et le montant des coûts indirects à hauteur de 5212,13 euros.
Sur l'injonction :
27. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'intégrer au titre des dépenses éligibles les frais de loyer et leur augmentation pour la somme de 17 764,85 euros et le montant des coûts indirects à hauteur de 5212,13 euros.
Sur les frais irrépétibles :
28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige exposés par l'association Foyer Notre-Dame.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur du 7 décembre 2018 est annulée en tant qu'elle a rejeté les frais de loyer pour un montant de 17 764,85 euros et le montant des coûts indirects à hauteur de 5212,13 euros.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur d'intégrer au titre des dépenses éligibles les frais de loyer et leur augmentation pour la somme de 17 764,85 euros et le montant des coûts indirects à hauteur de 5212,13 euros.
Article 3 : l'Etat versera à l'association Foyer Notre-Dame une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Foyer Notre-Dame et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
M. Duplan, premier conseiller,
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La rapporteure,
T. RENVOISE
Le président,
P. LALOYELe greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026