lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1910516 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SELARL GENTIT & COLTAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 17 mai 2019, 26 août 2019, 22 novembre 2019 et, l'association Foyer Notre-Dame, représentée par Me Gentit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 20 mars 2019 en tant qu'elle a refusé de lui allouer une somme de 29 056,58 euros dans le cadre du calcul de la subvention prévue par le programme national Fonds Asile, Migration et Intégration ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui verser cette somme de 29 056,58 euros, sous astreinte journalière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée de plusieurs erreurs d'appréciation ;
- en ce qui concerne les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS, le rapport les a intégrés au " frais de sous-traitance ", alors que l'annexe II de la convention prévoyait bien qu'il s'agissait de frais du personnel ;
- sont éligibles les dépenses liées à la formation de deux salariées aux techniques de sauveteurs ;
- c'est à tort qu'ont été exclus des dépenses éligibles les salaires de Mme B et de M. C ;
- l'exonération de taxe sur les salaires à hauteur de 1783,55 euros est bien une dépense éligible ;
- ont été extraits, à tort, des frais de personnel éligibles au subventionnement les indemnités liées aux congés de maladie et de maternité ; conformément à la convention collective à laquelle elle adhère, elle verse aux employés placés en congés maladie ou de maternité un complément aux indemnités journalières ;
- la facture de 186 euros concernant les frais de voyage de la directrice du pole Asile-réfugiés pour une réunion des acteurs FAMI a été écartée à tort au motif qu'elle n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans la convention initiale de subventionnement ;
- les factures de frais d'équipement ont été écartées à tort ;
- concernant la facture de groupes d'analyse de pratique à hauteur de 279, 15 euros, elle était bien éligible, chaque dépense ne pouvant être listée dans la convention de subvention ;
- concernant les frais de traduction en dehors de mise en concurrence, il s'agit d'un recours ponctuel, lié à une situation d'urgence, les prestataires présélectionnés de traduction n'étaient pas disponibles dans les délais requis ; en outre, l'allemand est une langue utilisée exceptionnellement dans le cadre de l'asile ; concernant les prestations en dehors de la période de réalisation du projet, datées de janvier 2016, elles ont été écartées à tort ;
- les frais correspondants à 490 repas au moment d'un afflux de migrants ont été écartés au motif qu'ils n'étaient pas mentionnés dans la convention initiale de subventionnement alors qu'il s'agissait d'une situation d'urgence ;
- pour apprécier le montant des coûts indirects éligibles en intégrant le personnel de l'association CASAS, la subvention doit être augmentée de 5981,54 euros ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 octobre 2019 et le 29 novembre 2019, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire du 15 juillet 2019, l'OFII a demandé à être mise hors de cause.
Par une ordonnance du 15 janvier 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 février 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n° 514/2014 du 16 avril 2014 ;
- le décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Renvoise, première conseillère,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du programme 2014-2020 du Fonds Asile Migration et Intégration (FAMI), le ministère de l'intérieur a conclu le 7 octobre 2015 une convention de subvention avec l'association Foyer Notre-Dame portant sur le financement de la gestion de la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile du Bas-Rhin. Cette convention, qui prenait effet de manière rétroactive au 1er janvier 2015 (art. 2.2) fixait comme coût total prévisionnel éligible du projet 535 000 euros et un montant maximum prévisionnel de la subvention accordée à ce titre de 270 000 euros. Une mise en paiement de 40 % du montant de la subvention prévisionnelle (soit 108 000 euros) a été effectuée après signature de la convention. L'association Foyer Notre-Dame a, le 30 mai 2016, demandé le versement de son solde. Un contrôle administratif du projet a été effectué, et un " rapport de contrôle administratif ", établi le 20 mars 2019 a fixé le solde de la subvention due à l'association à 107 643, 78 euros. L'association doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision contenue dans le rapport de contrôle de service fait en tant qu'elle refuse d'inclure certaines dépenses à hauteur de 29 056,58 euros dans le calcul du montant du solde de la subvention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une décision qui a pour objet l'attribution d'une subvention constitue un acte unilatéral qui crée des droits au profit de son bénéficiaire. De tels droits ne sont ainsi créés que dans la mesure où le bénéficiaire de la subvention respecte les conditions mises à son octroi, que ces conditions découlent des normes qui la régissent, qu'elles aient été fixées par la personne publique dans sa décision d'octroi, qu'elles aient fait l'objet d'une convention signée avec le bénéficiaire, ou encore qu'elles découlent implicitement mais nécessairement de l'objet même de la subvention.
3. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs à une subvention, qu'ils aient en particulier pour objet la décision même de l'octroyer, quelle qu'en soit la forme, les conditions mises à son octroi par cette décision, ou encore les décisions de la personne publique auxquelles elle est susceptible de donner lieu, notamment les décisions par lesquelles la personne publique modifie le montant ou les conditions d'octroi de la subvention, cesse de la verser ou demande le remboursement des sommes déjà versées, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir, par le bénéficiaire de la subvention ou par des tiers qui disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir.
Sur les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS
4. L'association requérante conteste que les frais liés au personnel de l'association partenaire CASAS ont été intégrés au " frais de sous-traitance ", alors que l'annexe 1 " annexe descriptive du projet " intégrait les salaires du personnel lié au partenaire CASAS dans les frais du personnel.
5. Il ressort des pièces du dossier et des termes de la convention FAMI, notamment de l'annexe II " plan de financement du projet " que les salaires du personnel de l'association CASAS partenaire ont été intégrés aux frais de personnels affectés au projet. Toutefois, la convention signée avec l'association CASAS fait état d'un montant par
dossier, présenté sous forme de forfait, ce qui n'est pas conforme à la convention FAMI. Cette demande ne peut qu'être écartée.
Sur la réintégration des charges formation sauveteur Croix-Rouge
6. Aux termes de l'article 14 du règlement (UE) 514/2014 du 16 avril 2014 : " 1. L'éligibilité d'une dépense est déterminée sur la base de règles nationales, sauf si des règles spécifiques sont prévues dans le présent règlement ou dans les règlements spécifiques. / () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 relatif aux règles nationales d'éligibilité des dépenses des programmes cofinancés par le Fonds " Asile, migration et intégration " (FAMI) et le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) pour la période 2014-2020 (applicables aux dépenses en litige, conformément à son article 2) : " Pour être éligibles, les dépenses doivent être prévues dans l'acte attributif de subvention, justifiées et acquittées par le bénéficiaire () ".
7. L'administration a écarté des dépenses liées à la formation de deux salariées aux techniques de sauveteurs qui n'étaient pas prévues à la convention FAMI, comme le reconnaît l'association requérante, de sorte qu'elles ne pouvaient entrer dans le total des dépenses éligibles. Cette demande ne peut qu'être écartée.
Sur les dépenses liées à deux recrutements
8. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet d'une part la somme de 8575,33 euros correspondant au recrutement de Mme B, recrutée à compter de septembre 2015, au motif que l'identité des personnes affectées au projet n'est pas contractuelle et que son embauche a répondu à un surcroît d'activité et d'autre part la somme de 1634,70 euros correspondant au recrutement de M. C qui a remplacé un agent d'accueil à mi-temps à partir de septembre 2015.
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme B n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans l'annexe II plan de financement prévisionnel de la convention initiale de subventionnement, et n'est pas venue en remplacement d'une personne mentionnée par la convention. Si l'identité des salariés n'était effectivement pas indispensable puisque le nom de la personne affectée au projet pouvait ne pas être précisé s'il n'était pas connu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'emploi de Mme B était prévu dans l'acte attributif de subvention. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C a remplacé un agent d'accueil qui était en congés au mois de septembre 2015 et n'a donc pas remplacé une personne mentionnée par la convention. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
Sur la réintégration des charges déduites au titre de la taxe sur les salaires
11. Aux termes de l'article 14 du règlement (UE) 514/2014 du 16 avril 2014 : " 1. L'éligibilité d'une dépense est déterminée sur la base de règles nationales, sauf si des règles spécifiques sont prévues dans le présent règlement ou dans les règlements spécifiques. / () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 relatif aux règles nationales d'éligibilité des dépenses des programmes cofinancés par le Fonds " Asile, migration et intégration " (FAMI) et le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) pour la période 2014-2020 (applicables aux dépenses en litige, conformément à son article 2) : " Pour être éligibles, les dépenses doivent être prévues dans l'acte attributif de subvention, justifiées et acquittées par le bénéficiaire () ". Aux termes de l'article 10 de ce décret : " I. - Les frais de personnel payés et acquittés par le bénéficiaire, nécessaires à la réalisation du projet et comportant un lien démontré avec celle-ci, sont éligibles. Sont compris dans les frais de personnel les salaires, les gratifications ou indemnités (pour les stagiaires) et les charges liées (taxes, cotisations sociales patronales et salariales), les variations de provisions pour congés payés enregistrées dans les comptes annuels ainsi que les traitements accessoires et les avantages divers prévus par la loi, les conventions collectives, le contrat de travail ou, le cas échéant, la convention de stage. () " () ".
12. L'administration a écarté la taxe sur les salaires des personnels affectés au projet subventionné d'un montant de 1783,55 euros, en retenant notamment que si la réduction de taxe régie par l'article 179 A du code général des impôts a été répartie " par service, selon la masse salariale connue alors ", elle ne l'établit pas. En l'espèce, l'association ne justifie pas devant le tribunal de céans des sommes alléguées et de la répartition effectuée par service, hormis un extrait de son logiciel comptable, cette demande ne peut donc qu'être écartée.
Sur la réintégration des indemnités liées aux arrêts maladie
13. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet la somme de 9085 euros correspondant à des frais de personnels au motif que ces dépenses, liées au paiement de complément aux indemnités journalières de salariés en congés de maladie, par application de l'article 9.2 de la convention collective des centres d'hébergement et de réinsertion sociale (accords SOP-CHRS) n'entraient pas dans les catégories de dépenses éligibles prévues par la convention.
14. Il ressort des pièces du dossier que ces indemnités ont été attribuées à des salariés placés en congés de maladie ou congés de maternité en raison de l'article 9.2 et de l'article 9.7 de la convention collective applicable, et non de la réalisation des tâches acquittées par ces salariés en lien avec le projet. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que ces indemnités étaient sans lien avec la réalisation du projet et qu'elles ne constituaient pas, en application de l'article 10 du décret du 21 janvier 2015, des dépenses éligibles dans le calcul de la subvention prévue par la convention.
Sur les frais d'équipement
15. Aux termes de l'article 2.1 de la convention FAMI : " la période de réalisation du projet court du 01/01/2015 au 31/12/2015. La période d'éligibilité des dépenses liées au projet est fixée du 01/01/2015 au 31/05/2016. Il conviendra de veiller à ce que les factures soient émises avant la fin de la période de réalisation du projet, le délai des cinq mois supplémentaires étant accordé uniquement pour l'acquittement des dernières factures et la transmission de la demande du solde à l'administration ". Aux termes de l'article 2 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 : " () Les pièces justificatives de dépenses doivent être émises et acquittées dans la période d'éligibilité des dépenses du projet fixée dans l'acte attributif de la subvention. () ".
16. Dès lors que les deux factures litigieuses ont été éditées en décembre 2014, soit hors de la période d'éligibilité des dépenses, fixée à l'article 2.1 de la convention précitée, nonobstant la circonstance qu'il s'agit d'une pratique commerciale des sociétés émettrices desdites factures, c'est à bon droit que le ministre de l'intérieur a écarté ces dépenses.
Sur les frais de voyage
17. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des dépenses éligibles du projet la somme de 186 euros correspondant aux frais de voyage de la directrice du pole Asile-réfugiés afin d'assister à une réunion des acteurs FAMI.
18. Il ressort des pièces du dossier que la directrice du pole Asile-réfugiés n'était pas au nombre des salariés mentionnés dans l'annexe II plan de financement prévisionnel de la convention initiale de subventionnement ou de l'avenant, Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
Sur les factures de groupe d'analyse de pratique
19. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant des factures de groupes d'analyse de pratique à hauteur de 279, 15 euros.
20. Il ressort des pièces du dossier que cette prestation a été exécutée par Mme A, cheffe de service, dont le salaire est par ailleurs intégralement pris en compte dans le plan de financement de la convention, et n'était pas prévue à la convention FAMI, comme le reconnaît l'association requérante, de sorte qu'elle ne pouvait entrer dans le total des dépenses éligibles. Cette demande ne peut qu'être écartée.
Sur les frais de traduction - interprétariat
21. D'une part, aux termes de l'article 6 du décret n° 2015-44 du 21 janvier 2015 cité au point 5 : " () / Lorsque le bénéficiaire n'est pas soumis aux règles de la commande publique, il s'assure néanmoins de la mise en concurrence de toute prestation supérieure à 5 000 euros hors taxe ".
22. Il résulte des dispositions précitées que toute prestation d'un montant supérieur à 5 000 euros hors taxe doit être soumise à une mise en concurrence. Au sens de ces dispositions, la prestation doit s'entendre de l'ensemble des prestations, quels que soient leur nombre ou le nombre d'opérateurs auquel il est fait appel, qui présentent des caractéristiques similaires et homogènes.
23. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur a écarté comme non éligibles des dépenses relatives à des frais de traduction en arabe et allemand à hauteur de 3049,40 euros, s'insérant dans une commande plus globale de prestations similaires, pour lesquels l'association prétend que les prestataires sélectionnés par mise en concurrence n'étaient pas disponibles dans les délais requis. Si l'association fait valoir que ces dépenses étaient inférieures aux prix des prestataires habituels sélectionnés suite à une mise en concurrence, que l'allemand est une langue exceptionnellement utilisée dans les procédures d'asile et que ces traductions présentaient un caractère urgent, elle n'apporte aucun élément de preuve à l'appui de ses allégations. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le ministre de l'intérieur a écarté cette dépense.
24. D'autre part, concernant, les prestations d'un montant de 1926,85 euros, dont les factures ont été éditées en janvier 2016, soit après la fin de la période de réalisation du projet, ce montant a été écarté sans erreur, eu égard aux dispositions rappelées de l'article 2.1 de la convention de subventionnement.
Sur les groupes cibles
25. L'association requérante soutient que le ministère de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en écartant une facture de 3545,50 euros correspondant à 490 repas au moment d'un afflux de migrants.
26. Il ressort des pièces du dossier que cette prestation n'était pas prévue à la convention FAMI, comme le reconnaît l'association requérante, de sorte qu'elle ne pouvait entrer dans le total des dépenses éligibles. Si l'association prétend qu'elle présentait un caractère urgent, elle n'apporte aucun élément de preuve à l'appui de ses allégations Cette demande ne peut qu'être écartée.
Sur les coûts indirects
27. Eu égard à ce qui a été énoncé au point relatif aux frais de personnel, il n'y a pas lieu de modifier le montant des coûts indirects. La demande doit être écartée.
28. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de l'association Foyer Notre-Dame doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Foyer Notre-Dame est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Foyer Notre-Dame et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
M. Duplan, premier conseiller,
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.
La rapporteure,
T. RENVOISE
Le président,
P. LALOYELe greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026