LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1915813

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1915813

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1915813
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 3e Chambre
Avocat requérantCREAC'H

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2019 la société à responsabilité limitée (SARL) Le Magnolia, représentée par Me Creach'h, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt les sociétés et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013 et 2014, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des majorations correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la proposition de rectification est insuffisamment motivée, en l'absence de mention des éléments chiffrés et des termes de comparaison et dès lors que le procès-verbal de rejet de la comptabilité n'y est pas annexé ;

- la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires est radicalement viciée.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2019, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Le Magnolia ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- et le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Merino, rapporteure,

- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Le Magnolia, qui exploite principalement un restaurant et accessoirement un bar dans le 20ème arrondissement de Paris, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contributions sociales pour les exercices 2013 et 2014 ainsi qu'à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période correspondant aux années 2013 et 2014. Elle en demande la décharge, ainsi que des majorations correspondantes.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la procédure d'imposition :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Pour être régulière au regard des dispositions précitées, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 56 du même livre : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable : () 4° dans les cas de taxation ou évaluation d'office des bases d'imposition ". Aux termes de l'article L. 66 du même livre : " Sont taxés d'office : / () 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 ; 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 76 de ce livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. ( ) ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions, que les exigences posées par les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ne s'appliquent pas aux procédures de taxation d'office des bases d'imposition, lesquelles sont soumises aux seules exigences de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales.

4. La société requérante, dont les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés de l'exercice 2014 et de taxe sur la valeur ajoutée pour la période correspondant aux années 2013 et 2014 ont a fait l'objet de la procédure de taxation d'office prévue respectivement au 2° et au 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, ne saurait utilement invoquer, pour ces impositions d'office, la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 57 de ce livre.

5. A supposer que pour ces chefs de rectification, elle ait entendu invoquer les dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, seules applicables s'agissant de ces impositions d'office, il résulte de l'instruction qu'elle a eu connaissance, par la proposition de rectification qui lui a été adressée le 4 juillet 2016, des bases ou des éléments servant au calcul de ces impositions d'office dans les délais impartis.

6. Par ailleurs, pour les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés de l'exercice 2013, qui ont fait l'objet d'une procédure de rectification contradictoire, la proposition de rectification du 4 juillet 2016 désigne les impôts concernés, indique les textes applicables, les années et les périodes d'imposition et décrit de façon détaillée les motifs qui fondent les rectifications envisagées. En particulier, la société requérante ne saurait utilement critiquer l'absence de mention de termes de comparaison dès lors que le service vérificateur a procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires au regard des seules données propres à l'entreprise au non en usant de termes de comparaison. Ainsi, la proposition de rectification adressée est suffisamment motivée et l'administration n'était pas tenue d'y annexer le procès-verbal de rejet de la comptabilité dressé le 4 mai 2016, qu'elle mentionne et dont un exemplaire a d'ailleurs été dûment remis au cabinet comptable mandaté par la société pour la représenter durant les opérations de contrôle, ce que la société ne conteste pas.

En ce qui concerne le bien-fondé :

S'agissant de la charge de la preuve :

7. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'une des commissions visées à l'article L. 59 est saisie d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission. La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge () ". Aux termes de l'article L. 193 de ce même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

8. Il est constant que les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés de l'année 2013 ont été fixées conformément à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires et l'administration établit que la comptabilité était entachée de graves irrégularités en faisant valoir, sans être matériellement contredite, qu'il manquait 16 tickets Z pour l'exercice 2013. Ainsi, la charge de la preuve de l'exagération des bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés pour 2013 repose sur la société requérante. Par ailleurs, les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés pour l'année 2014 et de taxe sur la valeur ajoutée pour l'ensemble de la période ayant été notifiées selon la procédure de taxation d'office prévue respectivement au 2° et au 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, il appartient à la société requérante d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires mises à sa charge, en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales.

S'agissant de la méthode de reconstitution de la comptabilité :

9. Après avoir rejeté la comptabilité comme non probante, l'administration a entrepris de reconstituer le chiffre d'affaires de la société sur la période vérifiée d'après la méthode des encaissements apparaissant sur ses comptes bancaires s'agissant de la détermination des produits et des recettes, et à partir des documents comptables s'agissant de l'estimation des charges et du montant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible. En particulier, pour reconstituer les encaissements, le vérificateur a retranché des crédits bancaires les opérations de contre-passations, d'annulations ou de remboursements, les versements d'espèces et rajouté les espèces constatées sur les tickets Z, la moyenne des encaissements en espèces pour les tickets Z manquants et le montant des commissions versées par les organismes gestionnaires des cartes bancaires et des chèques ou tickets de restauration. Et pour reconstituer les charges, le vérificateur a très exactement repris l'ensemble de celles qui avaient été déclarées et " fiscalement admises ". Par ailleurs, il ressort de la proposition de rectification que, pour déterminer le montant de la taxe sur la valeur ajoutée collectée sur les encaissements reconstitués, le vérificateur a appliqué des taux de taxe sur la valeur ajoutée différenciés. Par conséquent, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le vérificateur n'aurait pas tenu compte de ses données propres d'exploitation ou aurait appliqué le taux unique de 19,6% de taxe sur la valeur ajoutée. Il suit de là que la méthode de reconstitution utilisée n'est pas radicalement viciée dans son principe et que la société requérante ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération des bases d'imposition.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Le Magnolia demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Le Magnolia est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Magnolia et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perfettini, présidente,

Mme Merino, première conseillère,

M. Guiader, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.

La rapporteure,

M. A

La présidente,

D. PERFETTINI

La greffière,

S. CAILLIEU-HELAIEM

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°1915813/1-3

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions