mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1916246 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | ROMBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2019, Mme A B, représentée par Me Rombi, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2012 et 2013, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière en l'absence de notification de l'avis de vérification de comptabilité et de la proposition de rectification ;
- la procédure d'évaluation d'office est irrégulière en l'absence d'opposition à contrôle fiscal ;
- les rehaussements en litige ne sont pas fondés puisqu'elle a cessé son activité à la fin de l'année 2011, ce que l'administration fiscale a d'ailleurs constaté dans un courrier du 20 avril 2017 valant prise de position formelle ;
- la majoration prévue à l'article 1732 du code général des impôts n'est pas fondée ;
- elle n'est pas motivée au sens de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2019, le directeur général des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- et le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Merino, rapporteure,
- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B exerçait sous le statut d'entrepreneur individuel une activité de création artistique relevant des arts plastiques dans le 19ème arrondissement de Paris. Cette activité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2012 et 2013 à l'issue de laquelle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis à la charge de la requérante au titre de ces deux années, dans le cadre de la procédure d'évaluation d'office prévue à l'article L. 74 du livre des procédures fiscales en cas d'opposition à contrôle fiscal. Mme B en demande la décharge, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que par deux courriers du 9 décembre 2013, l'un adressé au domicile de Mme B et l'autre à l'adresse déclarée de son activité, soit au 37, rue de la Villette dans le 19ème arrondissement de Paris, l'administration fiscale, ayant constaté que l'ensemble des plis qui avaient été adressés à Mme B à cette adresse avaient été retournés par les services postaux avec la mention " boîte aux lettres non identifiable ", lui a demandé de l'informer d'un éventuel transfert de son siège social et, dans ce cas, de lui préciser sa nouvelle adresse en lui adressant une copie de la déclaration qu'il lui appartenait de déposer auprès du centre des formalités des entreprises en application des articles 371 AI et 371 AS de l'annexe 2 au code général des impôts. Le courrier envoyé à l'adresse déclarée de l'activité a été retourné avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse " et le pli adressé au domicile de Mme B a été retourné avec la mention " pli avisé et non réclamé " tout comme les quatre mises en demeure de déclarer ce changement d'adresse qui ont été retournées avec la même mention, ainsi que l'avis de vérification du 29 décembre 2014 et la lettre de mise en garde d'opposition à contrôle fiscal du 18 février 2015. Dans ces conditions, et alors que Mme B a réceptionné le 23 avril 2015, le pli contenant le procès-verbal d'opposition à contrôle fiscal qui lui a été adressé à son domicile, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas reçu la notification de l'avis de vérification et de la proposition de rectification, laquelle lui a été finalement réexpédiée à sa demande le 30 novembre 2016.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales : " Les bases d'imposition sont évaluées d'office lorsque le contrôle fiscal ne peut avoir lieu du fait du contribuable ou de tiers. () ". Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que Mme B n'a pas retiré l'ensemble des plis qui lui ont été adressés, en particulier celui contenant l'avis de vérification et celui contenant la proposition de rectification. L'administration fiscale a dès lors considéré que cette attitude caractérisait une opposition à contrôle fiscal au sens des dispositions précitées de l'article L. 74 du livre des procédures fiscales et c'est à bon droit qu'un procès-verbal pour opposition à contrôle a donc été adressé à Mme B le 21 avril 2015. Mme B n'est dès lors pas fondée à soutenir que c'est à tort que ses bases d'imposition ont été évaluées d'office.
En ce qui concerne le bien-fondé :
4. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".
5. Eu égard à la situation d'opposition à contrôle fiscal constatée lors des opérations de contrôle, et en l'absence de toute déclaration de taxe sur la valeur ajoutée déposée pour la période contrôlée, l'administration a fait usage de la procédure d'évaluation d'office prévue à l'article L.74 du livre des procédures fiscales. Il incombe donc à la requérante d'apporter la preuve de l'exagération des bases d'imposition ayant servi pour l'établissement des impositions contestées.
6. A partir du chiffre d'affaires déclaré au titre de l'année 2011, l'administration a évalué d'office celui des exercices 2012 et 2013 par extrapolation. Mme B soutient qu'elle a cessé son activité à la fin de l'année 2011 et n'a procédé à aucune facturation en 2012 et 2013. Toutefois, il ressort des mentions portées sur le portail infolégale que si Mme B a fermé son établissement situé au 37 rue de la Villette dans le 19ème arrondissement de Paris le 27 novembre 2012, elle a cessé son activité de graphiste le 29 décembre 2016. De plus, si elle produit un contrat de travail à durée indéterminée comme vendeuse à temps plein conclu le 28 novembre 2012, elle n'apporte aucun élément tel des extraits de comptes bancaires qui seraient de nature à démontrer qu'elle n'a tiré aucun revenu de son activité de graphiste en 2012 et en 2013.
7. Enfin, si Mme B se prévaut d'un courriel de l'administration fiscale du 20 avril 2017 qui indique que le service des impôts des entreprises a dégrevé les impôts non dus postérieurement à la radiation de l'activité professionnelle en date du 27 novembre 2012, ce courriel, qui par ailleurs, invite la contribuable à déposer une réclamation contentieuse contre les rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour 2012 et 2013 en fournissant le document attestant de la radiation de son activité professionnelle et la copie de ses relevés bancaires sur la période 2012/2013 prouvant qu'elle n'exerçait plus cette activité professionnelle, ne saurait valoir prise de position formelle de l'administration sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne la majoration prévue à l'article 1732 du code général des impôts :
8. Mme B, qui se borne, pour contester la majoration prévue à l'article 1732 du code général des impôts, à remettre en cause la procédure d'évaluation d'office, qui n'est pas irrégulière, comme cela a été dit précédemment, n'est pas fondée à demander la décharge de cette majoration, laquelle est, par ailleurs, suffisamment motivée.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que Mme B réclame au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur général des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Merino, première conseillère,
M. Guiader, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.
La rapporteure,
M. MERINO
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1916246/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026