LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1916369

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1916369

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1916369
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantBILLEBAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2019, Mme A B, représentée par Me Billebault, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 20 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en réparation du harcèlement sexuel et moral dont elle soutient avoir été victime ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 1 150 000 euros en réparation de la perte de chance d'être recrutée en tant que travailleur handicapé et d'être titularisée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement sexuel et moral de la part de son supérieur hiérarchique direct ;

- en s'abstenant de la protéger, alors qu'elle avait dénoncé ces faits, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;

- elle est fondée à solliciter une indemnité de 20 000 euros en raison de préjudice moral qu'elle a subi ;

- elle était fondée à solliciter son recrutement en qualité de travailleur handicapé sur le fondement de l'article 27 de la loi du 11 janvier 1984 ;

- en renouvelant son contrat de travail, l'administration a méconnu l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1986 ;

- elle est fondée à solliciter une indemnité de 1 150 000 au titre de la perte de chance d'être recrutée et titularisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2021, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 19 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 4 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la fonction publique;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-57 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 25 avril 2019, Mme B, agent contractuelle à l'Ecole du Val de Grâce, a sollicité une indemnisation au titre des préjudices qu'elle estime avoir subi en raison d'un harcèlement moral et sexuel de la part de son supérieur hiérarchique et de la perte de chance d'être titularisée en tant que travailleur handicapé. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration. Mme B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 20 000 euros et de 1 150 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le harcèlement sexuel et moral :

2. En application de l'article L. 133-1 du code de la fonction publique, anciennement article 6 ter de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucun agent public ne doit subir les faits : / 1° De harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; / 2° Ou assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers ". Aux termes de l'article L. 133-2 du même code, anciennement article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article L. 134-5 du même code, anciennement article 11 de la loi du 11 juillet 1983 : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée./ Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ".

3. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 133-1 du code de la fonction publique que des propos, ou des comportements à connotation sexuelle, répétés ou même, lorsqu'ils atteignent un certain degré de gravité, non répétés, tenus dans le cadre ou à l'occasion du service, non désirés par celui ou celle qui en est le destinataire et ayant pour objet ou pour effet soit de porter atteinte à sa dignité, soit, notamment lorsqu'ils sont le fait d'un supérieur hiérarchique ou d'une personne qu'elle pense susceptible d'avoir une influence sur ses conditions de travail ou le déroulement de sa carrière, de créer à l'encontre de la victime, une situation intimidante, hostile ou offensante sont constitutifs de harcèlement sexuel et, comme tels, passibles d'une sanction disciplinaire.

4. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

5. En l'espèce, Mme B soutient qu'elle a été victime de faits constitutifs de harcèlement sexuel et de harcèlement moral entre les mois de mars à septembre 2017 de la part de son supérieur hiérarchique, alors qu'elle était affectée à la cellule communication de l'Ecole du Val-de-Grâce. Il résulte de l'instruction, notamment des captures d'écran de messages téléphoniques, que si le contenu et le ton des messages envoyés par le supérieur de Mme B dépassaient le cadre purement professionnel, aucun de ces messages ne contenaient des propos à connotation sexuelle ni ne démontrait une volonté de la part de ce dernier d'exercer une emprise psychologique sur la requérante. Par ailleurs, si Mme B fait valoir que son supérieur hiérarchique aurait tenté de l'embrasser à la fin du mois juin 2017, elle ne produit aucun élément permettant d'en établir la réalité. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le supérieur de hiérarchique de Mme B aurait tenté de la pousser à commettre des fautes. En revanche, il résulte de l'instruction qu'un incident s'est produit entre la requérante et son supérieur hiérarchique le 9 juillet 2017. Si Mme B soutient que son supérieur hiérarchique aurait tenté de lui poser la main sur la cuisse, ce fait, à le supposer établi, ne saurait constituer une pression grave au sens des dispositions de l'article L. 133-1 du code de la fonction publique permettant de caractériser l'existence d'un harcèlement sexuel. Par ailleurs, aucun des éléments allégués par la requérante ni les échanges produits avec ses collègues ne saurait faire présumer l'existence d'un harcèlement moral au sens de l'article L. 133-2 du code de la fonction publique. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la fin du contrat de Mme B aurait été la conséquence de ce prétendu harcèlement. Par suite, Mme B n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la ministre des armées pour des faits de harcèlement sexuel et moral ni pour avoir manqué à ses obligations de protection au sens de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983.

En ce qui concerne le refus de sa candidature :

6. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984 : " Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an () / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. ". Aux termes de l'article 27 de cette loi : " Les personnes en situation de handicap mentionnées au premier alinéa de l'article L. 131-8 et n'ayant pas la qualité de fonctionnaire peuvent être recrutées en qualité d'agent contractuel dans les emplois de catégories A, B et C pendant une période correspondant à la durée de stage prévue par le statut particulier du corps ou cadre d'emplois dans lequel elles ont vocation à être titularisées. / Le contrat peut être renouvelé. Sa durée ne peut excéder celle fixée initialement. / Au terme de ce contrat, son bénéficiaire est titularisé, sous réserve qu'il remplisse les conditions de santé particulières le cas échéant exigées pour l'exercice de la fonction ".

7. Mme B soutient que l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant sa candidature au poste d'infographiste qu'elle occupait. Il résulte de l'instruction que Mme B a été recrutée sur le fondement de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984. Si Mme B fait valoir que l'arrêté du 22 décembre 2017 avait ouvert dix postes aux bénéficiaires de l'obligation d'emploi dans le cadre des postes offerts au concours pour le recrutement de techniciens supérieurs d'études et de fabrication de 3ème classe du ministère de la défense, dont deux en qualité d'infographiste sur lesquels elle aurait dû être recrutée, il ne résulte pas de l'instruction que le poste sur lequel la requérante avait candidaté était ouvert sur ce fondement. De même, la circonstance que l'Ecole avait décidé de publier une offre de poste d'infographiste et à la même date d'effectuer le recensement des personnels en situation de handicap, ne saurait démontrer que l'administration entendait procéder au recrutement d'un bénéficiaire de l'obligation d'emploi sur le poste sollicité. Par ailleurs, si Mme B fait valoir que sa candidature a été rejetée en raison de l'avis négatif donné par son chef et en dépit d'une lettre de recommandation favorable, il résulte de l'instruction, notamment du message du 28 mars 2018, que la cheffe de la division ressources humaines a démenti avoir tenu de tels propos. En tout état de cause, il ne résulte nullement de l'instruction que l'administration aurait tenté d'évaluer défavorablement la requérante de façon artificielle et fallacieuse. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait refusé d'examiner la candidature de Mme B ni qu'elle aurait méconnu les dispositions de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984 en renouvelant son contrat à durée déterminée. Par suite, Mme B n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de l'Etat au titre de ce préjudice.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Riou, présidente,

Mme Laforêt, première conseillère,

Mme Marchand, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.

La rapporteure,

A. C

La présidente,

C. RiouLa greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne à la ministre des armées en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions