mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1918045 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CMS FRANCIS LEFEBVRE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 août 2019, le vice-président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris la requête, enregistrée le 9 octobre 2018, présentée par l'association AFP France Handicap.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 10 janvier 2020, l'association AFP France Handicap demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2009, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association requérante soutient que :
- les opérations réalisées par la société Quadriga Art constituent des livraisons de biens et non des prestations de services et ces biens livrés directement chez des particuliers et de faible valeur sont exonérés de taxe sur la valeur ajoutée en application du 2° du II de l'article 291 du code général des impôts et du 5° de l'article 50 octies de l'annexe IV à ce code.
- à supposer que la qualification de livraison de biens ne soit pas retenue, les prestations réalisées par la société Quadriga Art (impression de mailings et remise de colis aux particuliers) le sont par un prestataire établi hors de l'Union européenne et non en France, en sorte que ces prestations se situent hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 août 2019 et le 28 novembre 2019, la directrice de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2020.
L'administration a produit un mémoire, enregistré le 4 octobre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été analysé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- et le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Merino, rapporteure,
- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association APF France Handicap, mouvement associatif national de défense et de représentation des personnes atteintes de déficiences motrices ou polyhandicapées, a fait appel à une société de droit américain, Quadriga Art, spécialisée dans le marketing direct, afin de réaliser pour son compte l'impression de " mailings de prospection de collecte de fonds ". La société Quadriga Art a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2009 et par des courriers du 18 novembre 2010, l'administration fiscale, d'une part, lui a demandé de désigner un représentant assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée établi en France conformément à l'article 289 A du code général des impôts et, d'autre part, l'a mise en demeure de déposer ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée des années 2007, 2008 et 2009. La société n'a pas donné suite à ces demandes et par deux propositions de rectification des 17 décembre 2010 et 13 décembre 2011, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée lui ont été notifiés au titre de la période du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2009 au visa des articles 259 B et 259 C du code général des impôts. A l'issue de la procédure, la société n'ayant pas accrédité auprès des services des impôts un représentant assujetti établi en France, l'association APF France Handicap a été réputée débitrice du rappel lié aux prestations dont elle avait bénéficié, pour un montant en droits de 190 082 euros au titre de l'ensemble de la période correspondant aux années 2008 et 2009, assorti des intérêts de retard et de la majoration de 10 %. L'association APF France en demande la décharge.
2. D'une part, aux termes de l'article 259 B de ce code dans sa rédaction applicable : " Par dérogation aux dispositions de l'article 259, le lieu des prestations suivantes est réputé se situer en France lorsqu'elles sont effectuées par un prestataire établi hors de France et lorsque le preneur est un assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée qui a en France le siège de son activité ou un établissement stable pour lequel le service est rendu ou, à défaut, qui y a son domicile ou sa résidence habituelle : () 3° Prestations de publicité ; () ". Aux termes de l'article 259 C de ce code : " Le lieu des prestations désignées à l'article 259 B, excepté celles mentionnées au 12°, est réputé se situer en France lorsqu'elles sont effectuées par un prestataire établi hors de la Communauté européenne et lorsque le preneur est établi ou domicilié en France sans y être assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, dès lors que le service est utilisé en France ". Doivent être regardées comme des " prestations de publicité " au sens des dispositions du 3° de l'article 259 B du code général des impôts toutes les opérations dont l'objet est de transmettre un message destiné à informer le public de l'existence et des qualités d'un produit ou service, dans le but, s'agissant d'opérations effectuées à titre onéreux, d'en augmenter les ventes, ou, qu'il s'agisse ou non d'opérations effectuées à titre onéreux, de collecter des fonds nécessaires à leur financement.
3. D'autre part, aux termes de l'article 283 du code général des impôts dans sa rédaction applicable : " () 2. Pour les opérations imposables mentionnées aux 3°, 4° bis, 5° et 6° de l'article 259 A et réalisées par un prestataire établi hors de France, ainsi que pour celles qui sont mentionnées à l'article 259 B, la taxe doit être acquittée par le preneur. Toutefois, le prestataire est solidairement tenu avec ce dernier au paiement de la taxe. ".
4. Il résulte de l'instruction que les opérations réalisées par la société Quadriga Art pour le compte de l'association requérante consistaient en la réalisation de mailings destinés à informer le public de l'existence et de l'activité de l'association APF France Handicap dans le but d'augmenter la collecte de dons. Quand bien même ces mailings contenaient des objets publicitaires fabriqués par la société, ils doivent être regardés comme ayant une finalité exclusivement publicitaire et par suite, comme des prestations de services et non des importations de biens. Par conséquent, l'association requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée prévue au 2° du II de l'article 291 du code général des impôts régissant les biens importés définitivement dans le cadre de franchises fiscales communautaires. En outre, la société Quadriga Art est établie hors de l'Union européenne et l'association preneuse est établie en France sans être assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée. Dès lors que les services rendus ont été utilisés en France, le lieu des prestations est réputé s'y situer. Aussi, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les opérations en litige seraient exclues du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'association requérante n'est pas fondée à demander la décharge des rappels en litige. Sa requête doit être rejetée, en ce compris les conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association APF France Handicap est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association APF France Handicap et à la directrice de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perfettini, présidente,
Mme Merino, première conseillère,
M. Guiader, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
M. A
La présidente,
D. PERFETTINI
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°1918045/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026