mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2001266 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | GARITEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier et le 25 septembre 2020, la société Régime Dukan, représentée par Me Garitey, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'amende à laquelle elle a été assujettie sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-l'administration n'était pas fondée à mettre en œuvre la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts puisqu'elle avait déjà désigné la société Le Square comme bénéficiaire des sommes litigieuses dans la déclaration souscrite en application de l'article 240 du code général des impôts ;
-les prestations contestées par l'administration ont été effectivement réalisées par la société Le Square et ne constituent pas des revenus distribués ;
-la désignation de ladite société comme bénéficiaire des revenus distribués n'était pas fantaisiste et l'administration n'était pas fondée à appliquer la pénalité de 100 % prévue par l'article 1759 du code général des impôts.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 juin et 23 novembre 2020, l'administrateur général des finances publiques de la direction régionale de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Régime Dukan, qui exerce une activité de vente auprès de la grande distribution de produits alimentaires de la marque Régime Dukan en France et à l'étranger, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. Par une proposition de rectification du 14 décembre 2016, le service lui a demandé de désigner le bénéficiaire de revenus qu'elle a regardés comme distribués. Estimant que la réponse apportée par la société dans ses observations des 16 février et 6 septembre 2017 n'était pas suffisante, le service lui a notifié, dans la réponse aux observations du contribuable du 19 septembre 2017, l'amende prévue par l'article 1759 du code général des impôts. La société Régime Dukan demande la décharge de cette amende.
2. Aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 " et aux termes de l'article 1759 du même code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. () ".
3. Les dispositions visées au point précédent instaurent une pénalité fiscale sanctionnant le refus par une personne morale de révéler l'identité des bénéficiaires d'une distribution de revenus. La personne sanctionnée par cette pénalité peut contester son principe, son montant et la procédure propre à la pénalité.
4. A l'issue de la vérification de comptabilité de la société Régime Dukan, le service a remis en cause la déduction en charges au titre de l'année 2013 de la somme de 30 000 euros versée à la société Le Square pour des prestations de conseils et, estimant que la somme en litige constituait des revenus distribués, il a demandé à la société de désigner le ou les bénéficiaires desdites distributions. La société Régime Dukan a indiqué, dans ses observations en réponse aux propositions de rectification, que le bénéficiaire était la société Le Square, société domiciliée à Saint-Barthélemy. Estimant que cette réponse était fantaisiste dès lors que ladite société avait cessé son activité en 2010, l'administration a appliqué la pénalité prévue par l'article 1759 du code général des impôts.
5. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées des articles 117 et 1759 du code général des impôts que la circonstance que l'administration connaisse ou soit susceptible de connaître les bénéficiaires de sommes regardées comme des revenus réputés distribués n'est pas de nature à lui interdire d'inviter la société distributrice à désigner l'identité et l'adresse des bénéficiaires dans un délai de trente jours, dans les conditions prévues par l'article 117 du code général des impôts, et ne fait obstacle ni à ce qu'elle applique à cette société, à défaut de toute réponse, l'amende prévue par l'article 1759 du même code, ni à ce qu'une réponse tardive ou manifestement incomplète ou insuffisante soit assimilée à un défaut de réponse. Par suite, la société Régime Dukan n'est pas fondée à soutenir que l'administration ne pouvait mettre en œuvre la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts dès lors qu'elle avait désigné la société Le Square comme bénéficiaire des versements litigieux dans la déclaration qu'elle a souscrite en application de l'article 240 du code général des impôts.
6. En deuxième lieu, la société Régime Dukan soutient que c'est à tort que l'administration a estimé que les sommes versées à la société Le Square correspondaient à des prestations de service non justifiées et a regardé les sommes en cause comme des revenus distribués. Elle précise, en particulier, que les prestations litigieuses ont été fournies dans le cadre d'une convention conclue le 10 novembre 2011, renouvelée jusqu'au 30 mars 2014 par deux avenants des 30 juin et 31 décembre 2012, afin que la société l'assiste dans le cadre de l'internalisation de sa comptabilité, missions élargies par le second avenant à des missions de porte-parole, d'assistance à l'élaboration de la vision stratégique et sa rédaction sous forme d'un plan, d'assistance dans le conseil stratégique organisationnel et de développement de marché.
7. Le service vérificateur a estimé que la société Régime Dukan ne justifiait pas, par les pièces produites, de la réalité des prestations facturées par la société Le Square. En outre, il a constaté que les prestations en cause étaient sans lien avec l'activité déclarée de la société Le Square, à savoir une activité de restaurant traditionnel et de débit de boissons, et que ladite société avait cessé son activité depuis le 30 novembre 2010 et n'avait repris une activité, au demeurant différente de celle exercée auparavant, qu'en 2018. Le service a également relevé que les six factures de 5 000 euros correspondantes n'étaient pas numérotées, qu'elles présentaient des incohérences chronologiques et que leur contenu était très succinct. Enfin, il a constaté qu'il existait une communauté d'intérêts entre les deux sociétés, le représentant de la société Le Square, M. B étant également, du 10 décembre 2011 au 10 juillet 2013, directeur général de la société Régime Coach, qui fait partie du groupe informel comprenant notamment la société requérante et qui intervenait publiquement au nom du groupe. Au regard de ces éléments, le service était fondé à remettre en cause la réalité des prestations litigieuses. Si la société Régime Dukan soutient que la société Le Square a été mise en sommeil temporaire le 3 novembre 2009 mais qu'elle n'avait pas cessé son activité, elle ne produit aucune pièce pour l'établir, alors que l'administration fiscale verse au dossier un extrait de la base de données " intuiz " indiquant que cette dernière avait cessé son activité depuis le 3 novembre 2010. En outre, la requérante ne produit aucun élément permettant de démontrer la réalité des prestations facturées. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a regardé les sommes en cause comme des revenus distribués.
8. Enfin, la société Régime Dukan soutient que l'amende prévue par l'article 1759 n'était pas due dès lors qu'elle a désigné la société Le Square comme bénéficiaire des revenus distribués et que c'est à tort que l'administration a regardé cette désignation comme fantaisiste, d'autant que les sommes en cause ont bien été versées sur un compte bancaire ouvert au nom de la société Le Square. Toutefois, alors qu'il n'est pas établi que la société Le Square exerçait une quelconque activité pendant la période en litige, elle ne peut être regardée comme étant le bénéficiaire réel des distributions. Dans ces conditions, la société Régime Dukan ayant fourni une réponse assimilable à un refus de désignation, l'administration était fondée à mettre à sa charge l'amende prévue par l'article 1759 du code général des impôts.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société Régime Dukan doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de la société Régime Dukan est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Régime Dukan et l'administrateur général de la direction régionale de contrôle fiscal Ile de France.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
A. A
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026