mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2001943 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHAINTRIER AVOCATS (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 31 janvier 2020 et
15 septembre 2020, M. et Mme B C, représentés par Me Belouis, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis, au titre de l'année 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification du 20 décembre 2016, présentée à leur domicile le 21 décembre 2016, a été retirée au bureau de poste le 2 janvier 2017, soit postérieurement à l'expiration du délai de reprise triennal dont dispose l'administration, en application des articles L. 176 et L. 189 du livre des procédures fiscales ; par suite, la prescription triennale leur était définitivement acquise au titre de l'année 2013 ;
- l'absence de report des revenus catégoriels sur la déclaration de revenus globale ne justifie pas l'application de la majoration de 10 % visée au I. de l'article 1758 A du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2020 et un mémoire en réplique enregistré le 13 novembre 2020, ce dernier mémoire n'étant pas communiqué, le ministre de l'économie et des finances conclut, d'une part, au non-lieu partiel à statuer, quant à la majoration de 10 % d'un montant de 2026 euros appliquée aux requérants en vertu de l'article 1758 A du code général des impôts, d'autre part, au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient, d'une part, qu'il renonce à l'application de la majoration de 10% prévue à l'article 1758 A du code général des impôts, d'autre part, que les autres moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 15 septembre 2020, M. et Mme B C, représentés, par Me Belouis affirment prendre acte du dégrèvement de 2 026 euros qui leur est appliqué et persistent dans leurs autres écritures ;
Par une ordonnance du 17 septembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au
18 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B C ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle, à l'issue duquel l'administration fiscale les a assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux résultant de la réintégration dans leurs bases imposables de leurs revenus de capitaux mobiliers encaissés à l'étranger, pour l'année 2013. Les impositions supplémentaires ont été assorties de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts et de la majoration prévue à l'article 1758 A dudit code.
M. et Mme B C demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires auxquels ils ont été assujettis, sur l'année 2013, et des majorations correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 30 juillet 2020, la direction générale des finances publiques a accordé à M. et Mme B C un dégrèvement de 2026 euros, dans le cadre de la présente instance, relative à la pénalité de 10 % due au titre de l'année 2013. Par suite, les conclusions de la requête sont dans cette mesure devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. ". Aux termes de l'article L. 189 du même code : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification (). ". Eu égard à l'objet de ces dispositions, relatives à la détermination du délai dont dispose l'administration pour exercer son droit de reprise, la date d'interruption de la prescription est celle à laquelle le pli contenant la proposition de rectification a été présenté à l'adresse du contribuable. Il en va de même lorsque le pli n'a pu lui être remis lors de sa présentation et que, avisé de sa mise en instance, le contribuable l'a retiré ultérieurement ou a négligé de le retirer.
4. Il résulte de l'instruction que le pli recommandé avec demande d'avis de réception, contenant la proposition de rectification du 20 décembre 2016, relative à l'année 2013, a été présenté à la dernière adresse de M. et Mme B C connue de l'administration, le 21 décembre 2016. Par suite, la circonstance que les contribuables n'aient pu retirer ce pli, mis en instance, que le 2 janvier 2017, au motif, non établi, qu'ils étaient alors en vacances est sans incidence sur la régularité de la notification de la proposition de rectification le 21 décembre 2016, soit avant l'expiration du délai fixé par les dispositions précitées de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le droit de reprise triennal de l'administration fiscale était expiré pour l'année 2013, doit être écarté.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. et Mme B C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens ;
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge à hauteur du dégrèvement de 2026 euros prononcé sur la majoration de 10 % appliquée sur les rappels d'impôt sur les revenus de l'année 2013.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B C et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme A, présidente- rapporteure,
Mme Edert, premier conseiller,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
S. A
L'assesseur le plus ancien,
S. EDERT
La présidente-rapporteure,
S. A La greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre de l'Economie, des finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° /1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026