mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2004673 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET EVERTAX SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés les 4 mars 2020 et 9 octobre 2020, la SARL Opsomai, représentée par Me Catherine de Manneville, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'avis de mise en recouvrement du 14 juin 2019 et de prononcer le dégrèvement des cotisations d'impôt sur les sociétés supplémentaires mises à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016 pour un montant total en droit de 8 692 euros et 6 954 euros de pénalités ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer le dégrèvement des majorations pour manœuvres frauduleuses d'un montant de 6 954 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société fait valoir les moyens suivants :
- la détermination forfaitaire des honoraires est une option ouverte par la loi et elle n'a fait qu'exercer sa liberté contractuelle ;
- alors que l'intention du législateur a été d'éviter les excès de rémunération, celle versée en l'espèce n'a rien d'excessif ;
- elle n'a fait que choisir la voie fiscale la plus avantageuse, ce qui est une liberté reconnue par le juge administratif et la Cour de justice de l'Union européenne ;
- en aucun cas, il peut lui être reproché d'avoir commis des manœuvres frauduleuses.
Par des mémoires en défense enregistrés les 21 septembre 2020 et 22 octobre 2020, l'administrateur général des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duchon-Doris, rapporteur,
- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public,
- et les observations de Me de Manneville pour la société.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme à responsabilité limitée (SARL) Opsomai a déclaré des crédits d'impôt recherche (CIR) et des crédits d'impôt innovation (CII) respectivement de 78 638 euros et 15 055 euros au titre de l'exercice 2014, de 46 070 euros et 39 200 euros au titre de l'exercice 2015 et de 59 023 euros et 33 057 euros au titre de l'exercice 2016. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017 au terme de laquelle l'administration a remis en cause en partie les crédits d'impôt sus-rappelés. Par avis de mise en recouvrement en date du 14 juin 2019, ont été mis à sa charge, au titre des années 2014, 2015 et 2016, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés pour un montant total de 8 692 euros en droit auxquelles se sont rajoutés 6 954 euros de pénalités pour manœuvres frauduleuses. La société en demande la décharge.
Sur le bien-fondé des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :
2. Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts : " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel () peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. Le taux du crédit d'impôt est de 30 % pour la fraction des dépenses de recherche inférieure ou égale à 100 millions d'euros et de 5 % pour la fraction des dépenses de recherche supérieure à ce montant () / III. () / Pour le calcul du crédit d'impôt, le montant des dépenses exposées par les entreprises auprès de tiers au titre de prestations de conseil pour l'octroi du bénéfice du crédit d'impôt est déduit des bases de calcul de ce dernier à concurrence : / a) Du montant des sommes rémunérant ces prestations fixé en proportion du montant du crédit d'impôt pouvant bénéficier à l'entreprise ; / b) Du montant des dépenses ainsi exposées, autres que celles mentionnées au a, qui excède le plus élevé des deux montants suivants : soit la somme de 15 000 € hors taxes, soit 5 % du total des dépenses hors taxes mentionnées au II minoré des subventions publiques mentionnées au III () ".
3. Il résulte de l'instruction que la SARL Opsomai a, dans un premier temps, signé, le 19 septembre 2012, un contrat avec le cabinet F. Iniciativas, spécialiste du conseil en ingénierie dans le domaine du financement de l'innovation, en vue de l'octroi de crédits d'impôt recherche au titre des années 2012 à 2014, lequel prévoyait une rémunération " sous la forme d'une commission annuelle calculée sur la base de 12 % du CIR déclaré ". Dans un second temps et juste avant l'envoi de leurs déclarations fiscales, les mêmes sociétés ont signé des avenants à ce contrat, en date des 9 avril 2013, 13 mai 2014, 28 avril 2016 et 31 mars 2017, prévoyant une rémunération forfaitaire versée au cabinet de conseil pour des montants de 11 200 euros HT pour 2014, 10 220 euros HT pour 2015 et 11 040 euros HT pour 2016. L'entreprise n'a pas déduit ces rémunérations des bases de calcul de ses crédits d'impôt au regard de leur caractère forfaitaire et de leurs montants inférieurs au seuil prévu par le b) du III de l'article 244 quater B précité du code général des impôts. Toutefois, après avoir relevé, lors du contrôle, que les montants des honoraires effectivement facturés par le cabinet de conseil au titre des années 2014, 2015 et 2016, s'agissant du CIR et du CII, se sont élevés à, respectivement, 9 400 euros et 1800 euros, 5 520 euros et 4 700 euros, 7 080 euros et 3 960 euros, soit 12 % des crédits impôts recherche déclarés, l'administration a pu à bon droit constater que, nonobstant la signature des avenants précités, la rémunération du cabinet Iniciativas avait été fixée, conformément aux termes du contrat initial, en proportion du montant du crédit d'impôt pouvant bénéficier à l'entreprise et qu'en conséquence ces dépenses devaient être déduites des bases de calcul de ces crédits d'impôt. La société n'est dès lors pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires contestées.
Sur les pénalités pour manœuvres frauduleuses :
4. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs () la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "
5. Les pénalités pour manœuvres frauduleuses ont pour objet de sanctionner des agissements destinés à égarer l'administration dans l'exercice de son pouvoir de contrôle. Si, eu égard aux circonstances qui ont justifié les redressements, l'administration est fondée à retenir l'intention délibérée de la contribuable d'éluder l'impôt, en revanche, elle ne relève pas d'agissements destinés à l'égarer dans l'exercice de son pouvoir de contrôle. En particulier, les avenants susmentionnés indiquent clairement les raisons fiscales pour lesquelles ils ont été conclus facilitant ainsi le contrôle de l'administration. Par suite, il y a lieu de substituer d'office à la majoration de 80 %, la majoration de 40 % prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code général des impôts :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à la SARL Opsomai au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La pénalité de 40 % prévue par le a de l'article 1729 du code général des impôts est substituée à la pénalité au taux de 80 % dont ont été assorties les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la SARL Opsomai a été assujettie au titre des années 2014 à 2016.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Opsomai la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL Opsomai est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Opsomai et à l'administrateur général des finances publiques.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Duchon-Doris, président,
M. Rohmer, président,
M. Guiader, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le président rapporteur,
JC DUCHON-DORIS
L'assesseur le plus ancien,
B. ROHMER La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement./1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026