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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2005989

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2005989

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2005989
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET AVODIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête initiale et trois mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 31 mars 2020, le 19 septembre 2022, le 20 octobre 2022 et le 1er novembre 2022,

M. et Mme B, représentés par le cabinet Avodia, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

- la proposition de rectification ne leur a pas été régulièrement notifiée ;

- la procédure de taxation d'office a été irrégulièrement mise en œuvre ;

- l'administration fiscale ne motive pas la proposition de rectification du 1er décembre 2016, en particulier la reprise du crédit d'impôt de 9 020 euros.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

- ils n'ont pas eu la disposition des sommes litigieuses ;

- le montant de 49 260 euros qualifié de revenus d'origine indéterminée par l'administration fiscale correspond en réalité à des revenus fonciers ;

- les intérêts d'emprunt correspondant à des acquisitions de biens produisant des revenus locatifs sont déductibles ;

- les intérêts d'emprunt de leur habitation principale sont déductibles ;

- la réalité des dépenses de travaux correspondant à leurs biens immobiliers loués est prouvée et ses dépenses sont donc également déductibles ;

- les dépenses de copropriété de ces biens immobiliers loués sont également justifiées et déductibles ;

- la déduction de 20 euros par local au titre des frais de gestion prévue au I-1° de l'article 31 du code général des impôts doit être admise, pour un total de 640 euros ;

- dès lors que les montants admis en déductions sont supérieurs au montant forfaitaire de 46 061 euros admis en déduction par l'administration fiscale, les taxes foncières de 7 243 euros doivent être déduites du revenu foncier global ;

- les dépenses d'hébergement pour personnes dépendantes ou âgées dans le besoin, les pensions alimentaires versées et la demi-part supplémentaire liée à la situation d'invalidité de leur fille sont déductibles de leur revenu global ;

- le déficit foncier antérieur de 15 275 euros, reportable sur l'année 2013, doit être déduit des impositions dès lors que l'administration ne motive pas le rejet de ce déficit foncier.

Sur les pénalités :

- la majoration qui leur a été appliquée conformément à l'article 1729 a du code général des impôts n'est pas justifiée.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 novembre 2020 et le 12 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle (ESFP) au titre des années 2013 à 2015. L'examen des crédits bancaires du foyer fiscal par l'administration fiscale, au titre de l'année 2013, a révélé un montant de crédits excédant le montant des revenus déclarés. L'administration fiscale a formulé une demande de justifications dans le cadre de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales le 26 septembre 2016 qui a été suivie, en l'absence de réponse des contribuables et pour les crédits correspondant à cette demande de justification, de leur imposition selon la procédure d'office prévue aux articles

L. 69 et L. 73-3°du livre des procédures fiscales. Par une proposition de rectification du

1er décembre 2016, l'administration a mis à la charge des requérants des impositions supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes. Par la présente requête, M. et Mme B contestent la totalité, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires au titre de l'année 2013.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. M. et Mme B font valoir que la proposition de rectification du 1er décembre 2016, dont il est constant qu'elle a été transmise par le service vérificateur à la dernière adresse déclarée par les requérants dans le cadre de leurs déclarations de revenus au titre des années 2016 et 2017 et a été retournée au service vérificateur le 7 décembre 2016 sans dépôt d'avis de passage avec la mention " destinataire inconnu à cette adresse ", ne leur a pas été effectivement notifiée du fait d'une défaillance du service postal, laquelle serait selon eux connue des services fiscaux. Toutefois, la défaillance postale alléguée, au motif non établi qu'en juillet et août 2016, mois antérieurs au 1er décembre 2016, certains plis auraient été reçus, et que certains plis postérieurs au 1er décembre 2016, auraient également été reçus, n'est pas de nature à établir que la notification de la proposition de rectification serait irrégulière alors au demeurant qu'aucune attestation de la poste n'est produite par les requérants. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen dès lors que ces circonstances nous paraissent inopérantes et, en tout état de cause, radicalement insuffisantes.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. Elle peut, en outre, lui demander des justifications au sujet de sa situation et de ses charges de famille, des charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt sur le revenu en application des articles 156 et 199 septies du code général des impôts, ainsi que des avoirs ou revenus d'avoirs à l'étranger. () Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. ".

4. Les requérants soutiennent qu'ils n'ont pas été mis en mesure de vérifier la réalité des encaissements vérifiés et la discordance avec les revenus déclarés dont s'est prévalu l'administration pour justifier le recours à la procédure de taxation d'office et demandent, dans leur mémoire en réplique du 19 septembre 2022 la communication des relevés bancaires ayant fondé les redressements. Toutefois, pour l'année 2013, le total des montants crédités sur les relevés bancaires, de 206 876 euros, représentant au moins le double des revenus déclarés, de

64 643 euros, avec une discordance de 142 233 euros, l'administration était donc en droit, comme elle s'en prévaut, de faire application de la procédure de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales. L'administration fait valoir en outre qu'elle a découvert que les requérants louaient 32 biens immobiliers au lieu d'un seul ce qui relève des présomptions susceptibles d'établir que le requérant avait des revenus plus importants que ceux déclarés.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ". Aux termes de l'article L. 76 du même livre : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. Cette notification est interruptive de prescription. ". Pour être régulière au regard des dispositions précitées des articles L. 57 et

R. 57-1 du livre des procédures fiscales, une proposition de rectification, conduite selon la procédure contradictoire, doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de manière à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs. Toutefois les exigences posées par ces dispositions ne s'appliquent pas aux procédures de taxation d'office conduites en application de l'article L. 56 du même livre et soumises aux seules exigences de l'article L.76 du livre des procédures fiscales au titre duquel la proposition de rectification doit ainsi indiquer les bases ou éléments qui ont servi au calcul des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales en litige notifiées selon les procédures d'évaluation et de taxation d'office.

6. M. et Mme B font valoir que la proposition de rectification du 1er décembre 2016 n'a pas été dûment motivée et, plus particulièrement, contestent la reprise du crédit d'impôt de 9 020 euros. D'une part, s'agissant des crédits d'impôt, la circonstance que la base légale ne soit pas mentionnée est sans incidence sur la motivation dès lors que la proposition de rectification mettait les contribuables à même de comprendre la portée du redressement et de discuter utilement de son bien-fondé en mentionnant bien la nature des rectifications, à savoir la reprise d'un crédit d'impôt, le motif des reprises, pour défaut de justification, ainsi que l'année, en 2013, et le montant du rehaussement. D'autre part, s'agissant des revenus fonciers, charges de famille, frais d'accueil, pensions alimentaires, dépenses d'hébergement pour personnes dépendantes et du solde créditeur de la balance des espèces, qui ont fait l'objet d'une imposition d'office, il résulte de la proposition de rectification que les bases servant au calcul de ces impositions d'office ainsi que leurs modalités de détermination y sont présentées. Dès lors, la proposition de rectification, régulièrement notifiée ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, doit être regardée comme contenant toutes les informations requises par le texte et régulièrement motivée tant du point de vue des rehaussements notifiés selon la procédure contradictoire que du point de vue des rehaussements notifiés selon les procédures d'évaluation et de taxation d'office.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

En ce qui concerne de la charge de la preuve :

7. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".

8. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les revenus fonciers ayant été évalués d'office selon la procédure prévue à l'article L. 73-3° du livre des procédures fiscales et l'ensemble des autres rectifications, hormis celle concernant les crédits d'impôt dont le bien-fondé n'est au demeurant pas contesté, ayant fait l'objet d'une taxation d'office prévue à l'article L. 69 du même livre, lesquelles procédures d'impositions d'office ont été régulièrement mises en œuvre, les requérants doivent être regardés comme supportant la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions qu'ils contestent.

En ce qui concerne la disposition des revenus litigieux :

9. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. "

10. Dès lors que l'administration fiscale produit, dans la présente instruction, l'ensemble des relevés bancaires ayant fondé les redressements sur des comptes dont il n'est pas contesté qu'ils appartenaient aux requérants, ces derniers, alors que leur incombe la charge de la preuve, ne démontrent pas qu'ils n'auraient pas eu à disposition les sommes apparaissant sur ces comptes.

En ce qui concerne les charges déductibles des revenus fonciers :

11. Aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. ". Aux termes de l'article 31 de ce code : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () a quater) Les provisions pour dépenses, comprises ou non dans le budget prévisionnel de la copropriété, prévues à l'article 14-1 et au I de l'article 14-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, supportées par le propriétaire, diminuées du montant des provisions déduites l'année précédente qui correspond à des charges non déductibles ; () d) Les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés, y compris celles dont le contribuable est nu-propriétaire et dont l'usufruit appartient à un organisme d'habitations à loyer modéré mentionné à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, à une société d'économie mixte ou à un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L. 365-1 du même code ; () e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local, majorés, lorsque ces dépenses sont effectivement supportées par le propriétaire, des frais de rémunération des gardes et concierges, des frais de procédure et des frais de rémunération, honoraire et commission versés à un tiers pour la gestion des immeubles ; ".

12. D'une part, il appartient au contribuable qui entend déduire de son revenu foncier brut les dépenses constituant, selon lui, des charges de la propriété, de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges, en produisant des pièces justificatives, permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.

13. D'autre part, s'agissant des intérêts d'emprunt, les dispositions du d) du I de l'article 31 du code général des impôts impliquent que le contribuable qui souhaite obtenir, pour la détermination du revenu net imposable à l'impôt sur le revenu, la déduction des intérêts d'un emprunt qu'il a contracté établisse une corrélation suffisante entre le montant de celui-ci et le montant des sommes qu'il a dépensées pour la réalisation des fins énumérées par lesdites dispositions.

14. En premier lieu, M. et Mme B, pour justifier de la déductibilité des intérêts d'emprunt correspondant à l'acquisition de biens générant des revenus locatifs, produisent dans un mémoire en réplique du 20 octobre 2022 différents contrats de prêt ainsi que des attestations bancaires. Toutefois, ces pièces, nombreuses, doivent cependant être regardées comme insuffisamment probantes et insuffisamment corrélées avec les biens loués, dès lors qu'elles ne désignent pas explicitement l'activité de location de biens pour lesquels les requérants allèguent avoir emprunté ou réemprunté des sommes à la suite d'insuffisance de paiement de leur part. En effet, la mention " résidence principale " ou " locatif " est indiquée sans distinction suffisante selon les différents contrats de prêt produits, la nature exacte du prêt est ainsi non clairement établie. Si, dans un souci de réalisme économique, quelques contrats pourraient être retenus pour justifier de certains intérêts d'emprunts, les requérants n'apportent pas la preuve, qui leur incombe, que ces intérêts d'emprunt dépasseraient le quota forfaitaire de charges retenu par l'administration fiscale, à hauteur de 30 %. Ainsi, M. et Mme B n'établissent pas la déductibilité des intérêts d'emprunt dont ils se prévalent.

15. En deuxième lieu, si les requérants demandent la déductibilité d'un intérêt d'emprunt à hauteur de 11 697,67 euros au titre de leur habitation principale en vertu des dispositions de l'article 200 quaterdecies du code général des impôts qui permet le bénéfice d'un crédit d'impôt pour une offre de prêt émise avant le 1er janvier 2011, ils ne produisent aucun contrat de prêt ou élément permettant de justifier que l'offre de prêt est bien antérieure au 1er janvier 2011., ni même au demeurant que ces intérêts d'emprunt auraient concerné leur habitation principale.

16. En troisième lieu, les requérants demandent la déduction de dépenses de travaux pour un montant de 81 259,66 euros. Il est constant et admis par l'administration fiscale dans son mémoire en défense du 12 octobre 2022 que M. et Mme B justifient de la réalité de deux factures comportant la mention " PAYE " et établies par l'entreprise Montillo pour des montants de 2 157 euros et 558 euros au titre de travaux, soit un total de 2 715 euros. En revanche, s'agissant du reste des dépenses de travaux alléguées, il résulte de l'instruction que les pièces justificatives consistent principalement en des tickets de caisse sur lesquels n'apparaissent pas directement les noms des requérants si ce n'est un tampon dont rien n'indique qu'il a été apposé par le vendeur et au surplus ne prouvent pas qu'ils auraient pour destination des travaux dans des biens loués. Les requérants produisent également des factures délivrées à des tiers comme Foncia ou Art Bat et des factures à leur nom mais qui ne démontrent pas que les dépenses ont été effectivement réalisées et qu'elles ont été réalisées pour les biens immobiliers loués litigieux. Au total, seule la somme de 2 715 euros doit être regardée comme une dépense de travaux déductible du revenu foncier, mais cette somme demeure inférieure à la déduction forfaitaire de 30 %, d'un montant de 46 061 euros, déjà accordée par l'administration fiscale. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration n'a pas admis ces frais de travaux en déduction supplémentaire.

17. En quatrième lieu, si M. et Mme B font état, dans leur mémoire du

1er novembre 2022, de la déductibilité de provisions pour charges de copropriétés se rapportant aux biens loués, ils se bornent à produire, pour justifier de la réalité de ces charges, des appels à charges. Toutefois, ces documents ne sauraient à eux-seuls apporter la preuve de la réalité de ces charges alors même que les intéressés n'apportent dans la présente instance aucun élément susceptible de démontrer qu'ils ont effectivement dépensé lesdites sommes et ne démontrent ainsi pas la déductibilité de ces charges.

18. En cinquième lieu, s'agissant des frais de gestion, fixés à 20 euros par local et déductibles au titre de l'article 31 précité, les requérants sont fondés à solliciter la prise en compte de ces frais de gestion à raison des trente-deux locaux qu'ils mettent en location, soit à hauteur de 640 euros. Toutefois, il n'y a pas lieu de décharger les requérants à hauteur de la prise en compte de la somme de 640 euros dès lors que cette somme est inférieure à la déduction forfaitaire de 30 %, d'un montant de 46 061 euros, déjà admise par l'administration fiscale.

19. En sixième lieu, il n'est pas contesté que la somme de 7 243 euros correspond à des primes d'assurance et des taxes foncières, mais, ainsi que s'en prévaut l'administration, cette somme n'excède pas le montant forfaitaire de 46 061 euros qu'elle avait admis en déduction, et ne peut donc être regardée comme une somme déductible supplémentaire. Si les requérants font état, dans un mémoire du 1er novembre 2022, de primes d'assurance justifiée à hauteur de 1 696,10 euros, ils ne démontrent pas, de la même manière, que cette somme n'est pas déjà admise au titre du montant forfaitaire susmentionné.

20. En septième lieu, dès lors qu'il ne ressort pas de ce qui a été dit précédemment que le montant cumulé des charges reconnues comme déductibles aux points 14, 16, 18 et 19 du présent jugement serait supérieur à la déduction forfaitaire de 30 % d'un montant de 46 061 euros déjà octroyée par l'administration fiscale par souci de réalisme économique, c'est à bon droit que l'administration fiscale n'a pas admis en déduction supplémentaire l'ensemble de ces charges.

21. En huitième lieu, si M. et Mme B font valoir que les encaissements d'espèces apparaissant au crédit de comptes litigieux, pour un total de 49 260 euros, qualifiés de revenus d'origine indéterminée par l'administration fiscale, sont en réalité des revenus fonciers, ils ne le démontrent par aucune pièce alors même que, ainsi qu'il a été dit précédemment, leur incombe la charge de la preuve en ce domaine. Par suite, l'administration fiscale était fondée à qualifier ces sommes de revenus d'origine indéterminée.

En ce qui concerne les charges déductibles du revenu global :

22. En premier lieu, en vertu de l'article 196 du code général des impôts sont considérées comme à la charge du contribuable ses enfants âgés de moins de 18 ans ou infirmes. Aux termes du d bis du I de l'article 195 du même code : " Sont titulaires de la carte d'invalidité prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles ". Aux termes de l'article L.241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I- la carte " mobilité inclusion " () 1° La mention " invalidité " est attribuée à toute personne dont le taux d'incapacité permanente est au moins de 80 % ou qui a été classée dans la catégorie mentionnée au 3° de l'article L. 341-4 du code de la sécurité sociale. () 2° La mention " priorité " est attribuée à toute personne atteinte d'une incapacité inférieure à 80 % rendant la station debout pénible. ".

23. M. et Mme B ont porté à charge leur enfant mineur, Mme C B, née en 2005 en situation de handicap. Toutefois, il ressort de la décision de la maison départementale des personnes handicapées des Yvelines du 31 mai 2012 qu'a été reconnu à cette enfant un taux d'incapacité compris entre 50 % et 79 %. Dès lors, c'est par une exacte application des dispositions précitées de l'article 195 du code général des impôts et de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles que l'administration fiscale a considéré que le taux d'incapacité de l'enfant des requérants est inférieur à 80 % et ne permettait ainsi pas aux requérants de bénéficier d'une demi-part supplémentaire de quotient familial au titre de l'impôt sur le revenu acquitté en 2013.

24. En second lieu, aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : () II. Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : () 2° Arrérages de rentes payés par lui à titre obligatoire et gratuit constituées avant le 2 novembre 1959 ; pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil à l'exception de celles versées aux ascendants quand il est fait application des dispositions prévues aux 1 et 2 de l'article 199 sexdecies ". En application de ces dispositions, les pensions alimentaires ne sont admises en déduction du revenu global du débiteur que dans la mesure où elles répondent aux conditions définies par les articles 205 à 211 du code civil. L'article 205 du code civil dispose que : " Les enfants doivent des aliments à leur père et mère et autres ascendants qui sont dans le besoin ". Aux termes de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame ".

25. Il résulte de ces dispositions que, si les contribuables sont autorisés à déduire du montant global de leurs revenus, pour l'assiette de l'impôt sur le revenu, les versements qu'ils font à leurs parents privés de ressources, il incombe à ceux qui ont pratiqué une telle déduction de justifier, devant le juge de l'impôt, de l'importance des aliments dont le paiement a été rendu nécessaire par le défaut de ressources suffisantes de leurs ascendants. Les pensions alimentaires, y compris lorsqu'elles sont dues en vertu d'une loi étrangère, doivent répondre aux conditions fixées par les dispositions précitées du code civil.

26. M. et Mme B ont porté en charges déductibles une somme de 9 760 euros au titre de pensions alimentaires pour leur ascendant. Toutefois, les requérants n'apportent aucune précision sur le patrimoine, notamment financier, dont leurs parents disposaient au titre de l'année 2013, et ne sont ainsi pas fondés, alors que leur incombe la charge de la preuve, à soutenir que leurs parents ne pouvaient faire face seuls aux nécessités de la vie courante et qu'ils devaient être regardés comme étant dans le besoin dans les conditions fixées par les dispositions précitées du code civil.

Sur les pénalités :

27. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Il résulte des dispositions de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales que la charge de la preuve du bien-fondé de l'application des majorations pour manquement délibéré repose sur l'administration.

28. Les requérants soutiennent qu'aucune faute ne peuvent leur être imputée et qu'au demeurant, si des erreurs pouvaient leur être reprochées, celles-ci ne participaient nullement d'une intention délibérée de dissimuler une part de ses revenus imposables. Pour justifier l'application des pénalités pour manquement délibéré, l'administration se prévaut de l'importance du patrimoine immobilier non déclaré de M. et Mme B alors même qu'ils se sont enregistrés près des caisses d'allocations familiales en qualité de propriétaire-bailleur et font valoir que l'absence de justification des charges et crédits d'impôt malgré les demandes répétées de l'administration ainsi que la situation créditrice qui en découle permettent d'établir l'intention des requérants de soustraire à l'impôt une partie substantielle de leurs revenus. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du manquement délibéré des requérants à leurs obligations fiscales et par suite du bien-fondé de l'application de la majoration de 40 % prévue à l'article 1729 du code général des impôts.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des cotisations sociales présentées par M. et Mme B au titre de l'année 2013 doivent être rejetées, de même que ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, Mme E B et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, présidente,

Mme Edert, première conseillère,

M. Baudat, conseiller,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 30 novembre 2022.

Le rapporteur,

J-B A

La présidente,

S. VIDALLa greffière,

S. COULANT

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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