mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2007312 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ANDRÉ HOIN & PARTENAIRES (SELAS) |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une ordonnance du 19 mai 2020, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a renvoyé la requête de la société financière Melcion d'Arc, enregistrée le 28 février 2020 sous le numéro n° 2007312, au tribunal administratif de Paris.
Par cette requête n° 2007312 et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 19 mai 2020 et le 20 janvier 2023, la société financière Melcion d'Arc (FMA), représentée par le cabinet André Hoin et Partenaires, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée restant à sa charge au titre respectivement des années 2013 et 2014 et de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les frais de la collaboratrice, Mme B, engagés en 2014 sont déductibles au regard des dispositions du 1° de l'article 39 du code général des impôts, la circonstance qu'ils aient été déduits au titre de l'exercice 2015, postérieur, étant en outre sans incidence ;
- les montants facturés par la société Melcion LTD à la société requérante engagés en 2013 sont déductibles au regard des dispositions du 1° de l'article 39 du code général des impôts, la circonstance qu'ils aient été déduits au titre de l'exercice 2015, postérieur, étant en outre sans incidence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société financière Melcion d'Arc ne sont pas fondés.
II. Par une requête n°2013649 et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 1er septembre 2020 et le 7 février 2023, la société financière Melcion d'Arc, représentée par le cabinet André Hoin et Partenaires, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, de taxe sur la valeur ajoutée ou de taxe sur les véhicules de société mises à sa charge au titre des années 2012 à 2015 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de fixer son déficit restant à reporter au 31 décembre 2014 à la somme de 108 658 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été privée de son droit au recours hiérarchique prévu par la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ;
- le droit de communication exercé par l'administration fiscale dans le cadre de la procédure de contrôle est entaché d'un vice de procédure, les demandes de relevés de compte émises par l'administration fiscale et communiquées à la société à sa demande ne comportant qu'une signature apposée électroniquement par un fichier image.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire au rejet de la requête, les moyens de la requête soulevés par la société financière Melcion d'Arc n'étant pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société financière Melcion d'Arc, qui exerce une activité de conseil et de financement de créateurs, repreneurs et redresseurs d'entreprise, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014, avec extension jusqu'au 31 août 2015 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Par une première proposition de rectification du 11 décembre 2015, des rehaussements lui ont été notifiés au titre de l'exercice clos 2012 en matière d'impôt sur les sociétés. Puis, par une deuxième proposition de rectification du 11 mars 2016, l'administration fiscale a notifié à la société financière Merlcion d'Arc des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 août 2015, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos 2013 et 2014 et un rappel de taxe sur les véhicules de sociétés au titre de la période du 1er octobre 2012 au
30 septembre 2013. Par une décision du 16 janvier 2017, notifiée le 24 janvier 2017 à la société financière Melcion d'Arc, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du département de Paris a émis un avis favorable au maintien des rehaussements notifiés par cette deuxième proposition de rectification. Ladite société a également sollicité le 14 mars 2017 le bénéfice des voies de recours hiérarchiques auprès de l'inspecteur principal et de l'interlocuteur départemental qui a fait l'objet d'une décision de rejet de l'administration fiscale du 27 mars 2017. Enfin, la société financière Melcion d'Arc a fait l'objet d'une nouvelle vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 ayant donné lieu à une proposition de rectification du 20 décembre 2018 lui notifiant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2015. Par une décision du 29 avril 2019, l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement partiel en droits et pénalités des impositions supplémentaires en litige suite à la production de justificatifs par la société.
2. La société financière Melcion d'Arc a adressé une première réclamation à l'administration fiscale le 22 novembre 2019 tendant à la décharge de l'ensemble des suppléments d'impôts notifiés par les propositions de rectification du 12 décembre 2015 et du
11 mars 2016 précitées restant à sa charge. L'administration fiscale a rejeté cette réclamation par une décision 13 décembre 2019. Par la requête n° 2007312, la société demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre des exercices clos 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014.
3. La société requérante a par suite adressé une seconde réclamation à l'administration fiscale le 23 décembre 2019 tendant à la décharge de l'ensemble des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules de société pour les années 2012 à 2015 notifiés par les propositions de rectification du 12 décembre 2015, du
11 mars 2016 et du 20 décembre 2018 précitées restant à sa charge, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet de l'administration fiscale. Par la requête n° 2013649, la société demande la décharge, en droits et pénalités, de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules de société pour les années 2012 à 2015 ainsi que la fixation de son déficit restant à reporter au 31 décembre 2014 à la somme de 108 658 euros.
Sur la jonction :
4. Les requêtes présentées par la SARL financière Melcion d'Arc présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité (). Il est signé et rendu exécutoire par l'autorité administrative désignée par décret. Les pouvoirs de l'autorité administrative susmentionnée sont également exercés par le comptable public compétent ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L. 12 et L. 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration ". Aux termes du paragraphe 5 du chapitre III de la charte : " Si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les redressements envisagés, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l'inspecteur départemental ou principal. Si après ces contacts des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l'interlocuteur départemental spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur ". Ces dispositions assurent au contribuable qui en fait la demande la garantie substantielle de pouvoir obtenir, avant la clôture de la procédure de rectification, un débat avec le supérieur hiérarchique du vérificateur puis avec l'interlocuteur départemental dans les conditions qu'elles précisent. Lorsque cette demande intervient avant que le visa du comptable ne soit porté sur l'avis de mise en recouvrement et ne lui donne ainsi force exécutoire conformément à l'article L. 256 du livre des procédures fiscales, il appartient à l'administration de suspendre la mise en recouvrement jusqu'à l'examen par l'interlocuteur départemental de la situation du contribuable.
6. Il résulte de l'instruction que la demande du bénéfice des voies des recours hiérarchiques effectuée par la société requérante est intervenue le 14 mars 2017, soit postérieurement à la date d'apposition du visa du comptable public sur l'avis de mise en recouvrement intervenue le 7 mars 2017. Si la société fait valoir qu'elle n'a pas eu suffisamment de temps pour solliciter un tel recours dans les délais légaux, il appartient en réalité aux contribuables de demander, à tout moment de la procédure de rectification de l'assiette de l'impôt, le bénéfice des recours hiérarchiques. Or, alors que la vérification de comptabilité est intervenue du 9 novembre 2015 au 2 mars 2016, que la commission départementale des impôts directs et de la taxe sur le chiffre d'affaire s'est prononcée le 16 janvier 2017 et que la société a été informée de cet avis le 13 février 2017, il ne ressort pas de l'instruction que l'administration fiscale aurait précipité la mise en recouvrement qui est intervenue le 7 mars 2017, soit 22 jours après le retrait du pli de l'avis de la commission départementale par la société ainsi que s'en prévaut l'administration fiscale en défense. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'administration fiscale aurait privé la société de la garantie du droit au recours hiérarchique doit être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 81 du livre des procédures fiscales, dans sa version en vigueur : " Le droit de communication permet aux agents de l'administration, pour l'établissement de l'assiette, le contrôle et le recouvrement des impôts, d'avoir connaissance des documents et des renseignements mentionnés aux articles du présent chapitre dans les conditions qui y sont précisées. () Le droit prévu au premier alinéa s'exerce sur place ou par correspondance, y compris électronique, et quel que soit le support utilisé pour la conservation des documents. () ". Aux termes de l'article R*81-1 du même livre : " Le droit de communication défini à l'article L. 81 est exercé par les fonctionnaires titulaires ou stagiaires appartenant à des corps de catégorie A ou B ou par des fonctionnaires titulaires appartenant à des corps de catégorie C agissant sur l'ensemble du territoire métropolitain et des départements et régions d'outre-mer, pour l'exercice de leurs missions d'établissement de l'assiette, de contrôle et de recouvrement des impôts, droits et taxes. ". Aux termes de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : () / 3° Quelles que soient les modalités selon lesquelles ils sont portés à la connaissance des intéressés, les avis à tiers détenteur, les oppositions à tiers détenteur, les oppositions administratives ainsi que les saisies à tiers détenteur, adressés tant au tiers saisi qu'au redevable, les lettres de relance relatives à l'assiette ou au recouvrement, les mises en demeure de souscrire une déclaration ou d'effectuer un paiement, les décisions d'admission totale d'une réclamation et les demandes de documents et de renseignements pouvant être obtenus par la mise en œuvre du droit de communication prévu au chapitre II du titre II de la première partie du livre des procédures fiscales. ".
8. La société fait valoir que les imprimés 2333-EF et 2333-R par lesquels l'administration fiscale a exercé son droit de communication auprès d'établissements bancaires en vue d'obtenir des relevés bancaires ne permettent pas d'identifier l'agent public compétent signataire de ces imprimés dès lors que ces documents ne comportent qu'une signature apposée électroniquement par un fichier image. Toutefois et d'une part, conformément aux dispositions précitées, ces documents sont dispensés de l'obligation de signature et rien ne fait obstacle à ce que ces documents, qui mentionnent en l'espèce le nom et le prénom de la contrôleuse principale des impôts ayant compétence pour exercer ces demandes de relevés bancaires, présentent une signature par capture d'image. D'autre part et au demeurant, un tel moyen est sans incidence sur la solution du litige dès lors que les rectifications litigieuses ne sont pas fondées sur les relevés bancaires obtenus par l'exercice de ce droit de communication mais uniquement sur les documents comptables et les pièces présentées par la société requérante dans le cadre de la vérification de comptabilité. Ce moyen doit donc être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne les cotisations d'impôt sur les sociétés au titre des exercices 2013 et 2014 :
9. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire () ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts, que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Pour être admis en déduction des bénéfices imposables les frais et charges doivent, d'une manière générale être exposés dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise, correspondre à une charge effective, être appuyés de justifications suffisantes et être compris dans les charges de l'exercice au cours duquel ils ont été engagés.
10. En premier lieu, il est constant que la société requérante a comptabilisé des notes de frais de sa collaboratrice Christine B au titre de l'exercice 2015 alors que ces frais ont été engagés au titre de l'exercice 2014. La société fait ainsi valoir que ces frais peuvent être imputés sur l'exercice 2014 par compensation avec les rehaussements notifiés lors d'une précédente vérification. Or, si la société produit de nombreux documents tels que des factures et tickets, dans un mémoire en réplique du 20 janvier 2023, pour justifier la réalité de ces frais, il s'agit de justificatifs de dépenses personnelles de Mme B sans qu'il puisse être fait un lien avec son activité professionnelle et avec l'activité économique de la société requérante. Au demeurant, certaines pièces produites sont datées de 2013 et les factures d'opérateur internet ou de téléphonie mobile produites pour l'année 2014 sont relatives à une résidence secondaire dans la commune de Le Cannet et rien n'établit qu'elles auraient un rapport avec l'activité professionnelle de cette salariée de l'entreprise. Dans ces conditions, la société requérante ne démontre pas que ces dépenses aient été engagées dans l'intérêt de la société. Partant, c'est à bon droit que le service a refusé la déductibilité des sommes en litige.
11. En second lieu, la société requérante produit cinq factures émises par la société Melcion LTD basée à Hong Kong, qui est une société créée par les associés de la société requérante afin de centraliser l'ensemble des frais de voyages engagés par cette dernière dans le cadre de son activité, pour justifier de la déductibilité au titre de l'exercice 2015 d'une somme de 29 872,54 euros au titre de prestations de " frais de représentation " et de " frais de voyages ". Toutefois, la société ne joint aux factures qu'elle produit ni le contrat de développement ni le détail et le justificatif des frais refacturés par la société Melcion Ltd de sorte qu'il n'est pas possible de vérifier la réalité des prestations facturées par la société Melcion Ltd à la société financière Melcion d'Arc alors que les deux sociétés ont les mêmes associés et que la société requérante ne justifie pas que la société Melcion Ltd dispose de moyens humains et financiers pour remplir les prestations qu'elle facture. Dès lors, les factures produites ne permettent pas, à elles seules, de justifier de la réalité de ces charges, ni qu'elles aient été exposées dans l' intérêt direct de l'exploitation de la société financière Melcion d'Arc. Dès lors, c'est donc à bon droit que le service vérificateur a refusé la déductibilité des sommes afférentes à ces factures.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée en défense à la requête n° 2013649, que les conclusions de la société financière Melcion d'Arc ne peuvent qu'être rejetées dans leur ensemble, y compris celles tendant à la fixation de son déficit restant à reporter au 31 décembre 2014 à la somme de 108 658 euros et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes de la société financière Melcion d'Arc sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société financière Melcion d'Arc et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Merino, première conseillère,
M. Baudat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 mars 2023.
Le rapporteur,
J-B A
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2007312-2013649/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026