LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2007723

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2007723

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2007723
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3e Section - 1re Chambre
Avocat requérantSALON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 2 juin 2020, le président de la 10ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Paris la requête présentée par la société JC Decaux et la société SOPACT.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 3 septembre 2019, et trois mémoires complémentaires, enregistrés les 18 janvier, 19 avril et 28 mai 2021, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la société JC Decaux et la société SOPACT, représentées par Me Salon, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'Etat à verser à la société SOPACT la somme de 31 167,12 euros TTC, en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts légaux, les intérêts dus pour une année entière étant capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts, en application de l'article 1343-2 du code civil ;

2°) de condamner l'Etat à verser à la société JC Decaux la somme de 24 832,64 euros TTC, en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts légaux, les intérêts dus pour une année entière étant capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts, en application de l'article 1343-2 du code civil ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au profit de chacune d'entre elle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- les conditions d'engagement de la responsabilité de l'Etat sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure sont réunies ;

- le préjudice subi en raison des dégradations commises lors de plusieurs manifestations s'élève à 31 167,12 euros TTC pour la société SOPACT et à 24 832,64 euros TTC pour la société JC Decaux.

Par un mémoire enregistré le 27 février 2020, le préfet de police a demandé au tribunal de Cergy-Pontoise de décliner sa compétence au profit du tribunal administratif de Paris.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 septembre 2020, le 17 mars 2021 et le 14 mai 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés par les sociétés requérantes ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 mai 2021, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 28 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique,

- et les observations de Me Roll, représentant des sociétés SOPACT et JC Decaux.

Considérant ce qui suit :

1. Par cinq courriers des 4 et 5 avril 2019, du 7 mai 2019 et du 9 mai 2019, les sociétés SOPACT et JC Decaux ont sollicité auprès de la préfecture de police le versement d'indemnités en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis en raison des dégradations commises dans le cadre du mouvement contestataire dit des " gilets jaunes ".

En ce qui concerne les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 3° Si la demande présente un caractère financier () ". Aux termes de l'article L. 114-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Le délai au terme duquel est susceptible d'intervenir une décision implicite de rejet court à compter de la date de réception de la demande par l'administration initialement saisie. () " L'article L.114-5 de ce code dispose que " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. () Le délai mentionné à l'article L.114-3 () au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée rejetée est suspendu pendant le délai imparti pour produire les pièces et informations requises. Toutefois, la production de ces pièces et informations avant l'expiration du délai fixé met fin à cette suspension. / La liste des pièces et informations manquantes, le délai fixé pour leur production et la mention des dispositions prévues, selon les cas, au deuxième ou au troisième alinéa du présent article figurent dans l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3. Lorsque celui-ci a déjà été délivré, ces éléments sont communiqués par lettre au demandeur. ".

3. Le préfet de police fait valoir que les décisions implicites de rejet des demandes indemnitaires préalables ne sont pas nées dès lors que les demandes de pièces complémentaires qu'elle a adressées aux sociétés n'ont pas été satisfaites.

4. En l'espèce, en réponse à deux demandes indemnitaires présentées par les sociétés SOPACT et JC Decaux le 5 avril 2019 et le 9 mai 2019, le préfet de police leur a adressé des demandes de pièces complémentaires par courriers du 3 juin et du 14 juin 2019, qui mentionnait qu'en l'absence de production des pièces demandées dans le délai d'un mois à compter de sa réception, la demande indemnitaire serait considérée comme rejetée. Toutefois, il résulte des dispositions précitées qu'un courrier de demande de pièces complémentaires a pour seul effet de suspendre le délai au terme duquel est susceptible d'intervenir une décision implicite de rejet sans pouvoir déclencher à nouveau ce délai en fixant une durée qu'il détermine. Par suite, à supposer même que les sociétés n'aient pas produit les pièces complémentaires sollicitées, des décisions implicites de rejet sont nées au plus tard trois mois après la réception des demandes indemnitaires par le préfet. Dans ces conditions, la première fin de non- recevoir doit être écartée.

5. En deuxième lieu, le préfet de police fait valoir que le contentieux n'est pas lié s'agissant des conclusions indemnitaires présentées pour la société SOPACT dès lors que seule la société JC Decaux a présenté en son nom les demandes indemnitaires préalables. Il résulte de l'instruction que les demandes indemnitaires ont été présentées par JC Decaux France pour le compte de la société SOPACT et de la société JC DECAUX France. Elles ont été signées par Mme C B, en sa qualité de gestionnaire de sinistres au sein de la direction juridique du groupe JCDecaux. Par deux actes du 2 juin 2016, le directeur juridique du groupe JC Decaux a délégué à Mme B le pouvoir d'agir au nom et pour le compte de la société JC Decaux France et de la société SOPACT, à raison des dégradations subies par tout bien mobilier ou immobilier appartenant à ces sociétés. Par suite, les demandes indemnitaires ont été présentées pour les deux sociétés. La deuxième fin de non-recevoir doit être écartée.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l'Etat :

6. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens ".

7. L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés, commis par des rassemblements ou attroupements précisément identifiés.

8. Les sociétés requérantes produisent la liste des mobiliers urbains endommagés avec leur adresse et soutiennent qu'ils ont été endommagés à l'occasion du passage de plusieurs manifestations dites des " gilets jaunes ".

S'agissant de la manifestation du 15 décembre 2018 :

9. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux procès-verbaux d'ambiance, que des manifestations ont eu lieu dans le secteur des Champs-Elysées et du boulevard Haussmann dans un contexte de violences et de dégradations. Des rassemblements ont également eu lieu dans le secteur de la place de la République, boulevard Saint-Martin et sur l'itinéraire du boulevard des Italiens jusqu'à la place de la République. La circonstance que les procès-verbaux ne mentionnent pas de violences ou de dégradations commises précisément dans ces deux secteurs ne suffit pas à exclure le lien de causalité entre ces manifestations et les dégradations évoquées par les sociétés, compte tenu de la proximité géographique de ces manifestations et dès lors que par ailleurs la manifestation a été émaillée d'incidents et d'interpellations. En revanche, les mobiliers urbains situés 34 avenue Marceau et 8 boulevard de la Tour Maubourg ne sont pas à proximité de la place d'Iéna et de l'avenue du Président Wilson, contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes. Par suite, les dégradations commises sur les mobiliers situés 19 rue Auber, 36 boulevard Bonne Nouvelle, 19 boulevard Saint-Denis, 24 avenue des Champs Elysées, 173 boulevard Haussmann, 152 avenue des Champs Elysées et 20 boulevard Saint-Martin doivent être regardées comme résultant des manifestations qui se sont déroulées ce jour-là.

S'agissant de la manifestation du 12 janvier 2019 :

10. Il résulte de l'instruction, en particulier du bulletin quotidien de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) qu'une première manifestation a été déclarée avec pour départ la place du bataillon du Pacifique jusqu'à la place Charles de Gaulle avec pour itinéraire notamment rue de Rivoli, boulevard Haussmann, rue du faubourg Saint-Honoré. Sur ce parcours, ont eu lieu quelques mouvements perturbateurs accompagnés de jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui utilisaient quelques lacrymogènes et lanceurs d'eau de manière modérée. Il ressort par ailleurs du procès-verbal d'ambiance qu'à partir de la mi-journée, le climat est devenu tendu aux abords de la rue de Rivoli et des grands magasins dans le secteur de la Madeleine et de l'avenue de l'Opéra, qu'il y a eu des rassemblements avec quelques heurts place Charles de Gaulle. Si le procès-verbal indique qu'à 15h52 sur l'avenue de l'Opéra, des manifestants ont enlevé leurs gilets jaunes et masqué leurs visages, le préfet n'établit pas que les dégradations commises sur les mobiliers urbains déclarées par les sociétés requérantes, auraient été commises par des groupes distincts des manifestants. Par suite, les dégradations commises sur les mobiliers situés 2 avenue Carnot, boulevard Haussmann, 4 avenue de Messine, 122 rue de Rivoli, 25, 44 avenue de Friedland, 8 avenue Kleber, 69 et 84 avenue Marceau, place Chassaigne Goyon, 14/16 et 18 boulevard Malesherbes, 40 rue d'Anjou, 27 boulevard des Capucines, 20 rue de la Boétie, 190 rue du Faubourg Saint Honoré, 18 rue Daunou doivent être regardées comme résultant des manifestations qui se sont déroulées ce jour-là. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que des manifestations se soient déroulées à proximité des mobiliers situés 30 boulevard de Courcelles et 55 rue d'Alleray.

S'agissant de la manifestation du 19 janvier 2019 :

11. Il résulte des articles de presse produits par les sociétés requérantes et du bulletin quotidien de la DOPC qu'une manifestation a eu lieu au départ de l'esplanade des Invalides jusqu'à la place d'Italie et un retour aux Invalides, en passant notamment boulevard de la Tour Maubourg. Quelques mouvements de perturbateurs accompagnés de jets de projectiles sur les forces de l'ordre ont eu lieu, un feu tricolore a été descellé et une voiture vandalisée. Il y a par ailleurs eu des interpellations pour dégradations, détention de matériel interdit et port d'arme. La circonstance que les violences seraient apparues à la fin de la manifestation ne suffit pas à établir qu'elles auraient été commises par des groupes distincts et détachés des manifestants. Par suite, les dégradations commises sur les mobiliers situés boulevard de la Tour-Maubourg et de la place de Finlande doivent être regardées comme résultant des manifestations qui se sont déroulées ce jour-là.

S'agissant de la manifestation du 2 février 2019 :

12. Il résulte de l'article de presse produit par les sociétés et du procès-verbal d'ambiance qu'un rassemblement a eu lieu Place de la République et que des heurts et violences ont eu lieu, notamment des jets de projectiles. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que des manifestants soient passés dans les autres rues des mobiliers urbains dégradés. Par suite, les dégradations commises sur le mobilier situé Place de la République doivent être regardées comme résultant des manifestations qui se sont déroulées ce jour-là.

S'agissant de la manifestation du 9 février 2019 :

13. Il résulte du communiqué de presse de la préfecture de police et du procès-verbal d'ambiance qu'une manifestation a été déclarée entre la place Charles de Gaulle et la place Joffre avec pour itinéraire notamment le boulevard Raspail, le boulevard du Montparnasse, le boulevard Saint-Michel et l'avenue Montaigne. Cette journée a été émaillée de nombreuses violences. Dans l'après-midi, des dégradations ont été commises avenue Montaigne, rue de Rennes, boulevard Raspail. Si le procès-verbal indique qu'à 14h57 des black blocs sont présents, il mentionne également qu'à 15h29 des manifestants jettent des projectiles. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que les dégradations déclarées par les sociétés requérantes auraient été commises par des groupes de casseurs distincts des manifestants. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que des manifestations se seraient déroulées place de la nation, boulevard Le Prêtre, avenue Denfert-Rochereau, boulevard Pasteur, avenue Kleber. Par suite, seules les dégradations commises sur les mobiliers situés 110 boulevard Raspail, 5 avenue Montaigne, 86 boulevard Saint-Michel et 150 boulevard du Montparnasse doivent être regardées comme résultant des manifestations qui se sont déroulées ce jour-là.

En ce qui concerne l'évaluation du préjudice :

14. Il résulte de l'instruction que les sociétés JC Decaux et SOPACT ont produit la liste des mobiliers dégradés, avec l'intitulé des réparations effectuées et le coût de ces dernières et de la main d'œuvre. Sont également produites au dossier les notes de débit de réparations internes et le coût réel des prestations finalement réalisées et des matériaux utilisés. Les sociétés requérantes indiquent que pour assurer les travaux de réparations nécessaires, elles ont eu recours, pour l'essentiel, à leurs équipes et à leur propre stock de pièces détachées, à l'exception de quelques réparations pour lesquelles elles ont dû faire appel à des intervenants extérieurs.

15. En premier lieu, les sociétés requérantes sollicitent, pour la réparation de certains abribus, l'indemnisation d'un préjudice correspondant à des dépenses de main d'œuvre. Toutefois, les sociétés ayant fait appel à leur propre main d'œuvre, un tel préjudice financier n'est pas établi, et ce alors qu'elles n'établissent ni même n'allèguent avoir subi un éventuel surcoût de dépenses de personnel, lié par exemple au paiement d'heures supplémentaires qui pourrait ouvrir droit à indemnisation sous réserve d'être en lien direct avec les délits commis lors des manifestations. Par suite, le préjudice financier lié au coût de la main d'œuvre engendré par les réparations des abribus endommagés, doit être écarté.

16. En deuxième lieu, il résulte des copies d'écran et des factures produites par les sociétés requérantes que les coûts réels des matériaux utilisés pour les réparations effectuées par la société SOPACT sur les mobiliers dont les dégradations sont en lien avec les manifestations des gilets jaunes s'élèvent à 13 250 euros hors taxe. Le coût des matériaux pris en charge par la société JC Decaux s'élève quant à lui à 11 160 euros hors taxe.

17. En troisième lieu, il résulte du I de l'article 256 du code général des impôts que le versement d'une somme par un débiteur à son créancier ne peut être regardé comme la contrepartie d'une prestation de service entrant dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée qu'à la condition qu'il existe un lien direct entre ce versement et une prestation individualisable. N'est en revanche pas soumis à cette taxe le versement d'une indemnité accordée par décision juridictionnelle qui a pour seul objet de réparer le préjudice subi par le créancier du fait du débiteur.

18. Les indemnités accordées par le présent jugement ayant pour seul objet de réparer les préjudices financiers subis par la société SOPACT et la société JC Decaux, les indemnités dues par l'Etat n'ont pas à être majorées de la taxe sur la valeur ajoutée.

19. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à la société SOPACT la somme de 13 250 euros et qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à la société JC Decaux la somme de 11 160 euros en réparation des dommages subis par les dégradations commises sur les mobiliers urbains à l'occasion des manifestations des gilets jaunes. Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de chaque demande indemnitaire préalable correspondante. Elles seront également assorties des intérêts capitalisés à compter de l'année suivant la date de notification des demandes préalables.

Sur les frais liés aux litiges :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 2 000 euros à verser à la société SOPACT et à la société JC Decaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la société SOPACT une somme totale de 13 250 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de chaque demande indemnitaire préalable correspondante. Elle sera également assortie des intérêts capitalisés à compter de l'année suivant la date de notification des demandes préalables.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à la société JC Decaux une somme de 11 160 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de chaque demande indemnitaire préalable correspondante. Elle sera également assortie des intérêts capitalisés à compter de l'année suivant la date de notification des demandes préalables.

Article 3 : L'Etat versera une somme globale de 2 000 euros à la société SOPACT et à la société JC Decaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société SOPACT à la société JC Decaux France, au ministre de l'intérieur et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Giraudon, présidente,

- Mme Marcus, première conseillère,

- Mme Castéra, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

La rapporteure,

A. A

La présidente,

M.-C. GiraudonLe greffier,

Y. Fadel

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions