mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2009313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | DESMONTS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2020, la société Sylvie C, représentée par Me Desmonts, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution d'une somme de 91 064 euros correspondant à des créances sur le Trésor relatives à des excédents d'acompte d'impôt sur les sociétés au titre des exercices 2004, 2007 et 2008 et à des sommes dégrevées ou mises à la charge de l'Etat par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris n°09PA04726 du 17 mai 2011 ;
2°) d'ordonner le paiement des créances sur le Trésor litigieuses, assorties d'intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle bénéficie d'une créance sur le Trésor public, au titre d'acomptes de trop versé d'impôt sur les sociétés pour les exercices 2004, 2007 et 2008 et de sommes dégrevées et mises à la charge de l'Etat par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris n°09PA04726 du 17 mai 2011.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, les conclusions de la présente requête ayant déjà été rejetées par un arrêt définitif de la Cour administrative d'appel de Paris du 8 février 2018 n°17PA01570 ;
- les moyens soulevés par la société Sylvie C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, mandaté par Mme C gérante de la SARL Sylvie C.
Considérant ce qui suit :
1. La société Sylvie C, qui exerce sous l'enseigne " Acte V ", une activité de prestataire en relations publiques et relations presse, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2009 au 31 octobre 2011. Par une réclamation contentieuse du 31 décembre 2018, la société demande la restitution de créances sur le Trésor dont elle estime être titulaire, qui doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet de l'administration fiscale en l'absence de réponse. Par la présente requête, la société Sylvie C doit être regardée comme demandant la restitution de créances sur le Trésor pour un montant total de 91 064 euros.
Sur les conclusions à fin de restitution et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, la société Sylvie C soutient que l'administration fiscale ne justifie pas avoir procédé au paiement du montant de 6 943 euros correspondant à un excédent de versement d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2004. Toutefois, il ressort de l'instruction d'une part que la liquidation de l'impôt sur les sociétés au titre de cet exercice a révélé une situation créditrice à hauteur de 4 145 euros et non de 6 943 euros du fait du défaut de versement d'une part d'acomptes par la société requérante et d'autre part que cette somme de 4 145 euros a été imputée le 29 septembre 2006 sur les intérêts de retard au titre de rappel de taxe sur la valeur ajoutée pour l'année 2000.
3. En deuxième lieu, il ressort de l'instruction que la somme de 13 233 euros correspondant selon la requérante à un excédent d'impôt sur les sociétés dû au titre de l'année 2007 a été remboursée sur le compte bancaire de la société Sylvie C le 15 décembre 2008. Dans ces conditions, la société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que cette somme ne lui aurait pas été remboursée par l'administration fiscale.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 1668 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. L'impôt sur les sociétés donne lieu au versement, au comptable de la direction générale des impôts, d'acomptes trimestriels déterminés à partir des résultats du dernier exercice clos () Les paiements doivent être effectués au plus tard les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre de chaque année () 2. Il est procédé à une liquidation de l'impôt dû à raison des résultats de la période d'imposition mentionnée par la déclaration prévue au 1 de l'article 223. S'il résulte de cette liquidation un complément d'impôt, il est acquitté lors du dépôt du relevé de solde au plus tard le 15 du quatrième mois qui suit la clôture de l'exercice ou, si aucun exercice n'est clos en cours d'année, le 15 mai de l'année suivante. Si la liquidation fait apparaître que les acomptes versés sont supérieurs à l'impôt dû, l'excédent, défalcation faite des autres impôts directs dus par l'entreprise, est restitué dans les trente jours de la date de dépôt du relevé de solde. () ". Aux termes de l'article L. 281 dudit livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt () ". Enfin, aux termes de l'article 1er de la loi n° 1968-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics dans sa rédaction applicable au litige : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Aux termes de l'article 2 : " La prescription est interrompue par : () Toute émission de moyen de règlement, même si ce règlement ne couvre qu'une partie de la créance ou si le créancier n'a pas été exactement désigné. Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ".
5. Il résulte de l'instruction que la créance de 50 584 euros de la SARL C, correspondant à un excédent d'acompte d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2008, a été acquise le 15 mai 2009, date à laquelle la société requérante devait, pour liquider l'impôt sur les sociétés afférent à l'exercice 2008, déposer son relevé de solde. Le délai dans lequel sa créance se prescrivait expirait le 31 décembre 2013 en application des dispositions précitées de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 visée ci-dessus. Or, la société n'est pas fondée à soutenir que son relevé de solde, sans justification de date et qui ne présente aucune mention dans sa rubrique " demande de remboursement de créances fiscales ", constituerait une réclamation. Ainsi, la créance de la société doit être regardée comme prescrite en l'absence de présentation de réclamation dans les délais quadriennaux, soit antérieurement au 31 décembre 2013.
6. En quatrième lieu, s'agissant de la majoration d'une somme de 20 604 euros dont la société litigieuse a été déchargée par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris n° 09PA04726 du 17 mai 2011, il résulte de l'instruction que la société litigieuse s'est acquittée, au titre de cette majoration, seulement d'une somme totale de 18 404 euros et a donc fait l'objet d'un ordre de restitution du 19 août 2011 de 18 404 euros. D'une part, une somme de
4 833 euros a été retenue pour être imputée le 7 septembre 2011 sur la créance fiscale se rapportant à la taxe professionnelle due au titre de l'année 2010 et d'autre part, la somme restante de 13 571 euros a été remboursée sur le compte bancaire de la société Sylvie C, ainsi que le démontre l'administration fiscale qui produit, en défense, un justificatif de versement de ces créances.
7. En dernier lieu, contrairement aux dires de la société requérante, la somme de 1000 euros versées au titre des frais irrépétibles prononcés par l'arrêt précité de la Cour administrative d'appel de Paris n° 09PA04726 du 17 mai 2011 a été versée à la société C le 9 mars 2012, ainsi qu'en justifie l'administration fiscale par un extrait de relevé de compte.
8. Il résulte tout ce qui précède que la requête de la SARL Sylvie C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Sylvie C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Sylvie C et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 26 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Merino, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 17 mai 2023.
Le rapporteur,
J-B A
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026