mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2009599 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ANDRIEUX |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2020 sous le n° 2009599, et des mémoires, enregistrés les 7 juillet et 14 octobre 2020, 1er juin 2021, 28 juin 2023 et 14 juin 2024, Mme E A, représentée par Me Andrieux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle le jury du Centre national de la danse l'a ajournée à l'examen du diplôme d'Etat de professeur de danse.
Elle soutient que :
- les candidats n'ont pas bénéficié des informations adéquates quant aux conditions de déroulement des épreuves et aux critères de notation ;
- l'évaluation par le contrôle continu ne permet pas de garantir la bonne équité ;
- la décision attaquée porte atteinte aux principes de transparence, d'égalité et d'impartialité dès lors que le jury a bénéficié d'un pouvoir illimité d'appréciation ;
- des membres n'appartenant pas au jury étaient présents durant le déroulement des épreuves ;
- la coordinatrice pédagogique est intervenue lors de l'oral en posant des questions méconnaissant les principes d'indépendance et de neutralité du jury ;
- un des membres du jury a pris position sur sa prestation lors de l'oral ;
- la délibération est intervenue en violation du principe d'égalité de traitement des candidats dès lors que les membres du jury lui ont demandé de danser lors d'un oral consistant en un simple entretien alors que, d'une part, cette prestation ne figurait pas au programme de l'épreuve et que, d'autre part, tous les candidats n'y ont pas été soumis ;
- elle est entachée d'une discrimination illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le Centre national de la danse, représenté par Me Leeman, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour Mme A a été enregistré le 5 juillet 2024 et n'a pas été communiqué.
Par ordonnance du 17 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 8 juillet 2024 à 12 heures.
II. Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2020 sous le n° 2010109, et un mémoire, enregistré le 15 juillet 2020, Mme E A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle le jury du Centre national de la danse l'a ajournée à l'examen du diplôme d'Etat de professeur de danse.
Elle soutient que :
- les candidats n'ont pas bénéficié des informations adéquates quant aux conditions de déroulement des épreuves et aux critères de notation ;
- l'évaluation par le contrôle continu est partiale et ne garantit pas la bonne équité ;
- sa notation, notamment en pédagogie de l'enfant, n'est pas justifiée compte tenu des prestations des autres candidats, aux retours de l'équipe pédagogique et des évaluations de son employeur ;
- elle est intervenue en violation du principe d'égalité de traitement des candidats dès lors que les membres du jury lui ont demandé de danser lors d'un oral consistant en un simple entretien alors que, d'une part, cette prestation ne figurait pas au programme de l'épreuve et que, d'autre part, tous les candidats n'y ont pas été soumis ;
- l'anonymat n'a pas été respecté lors de l'examen final ;
- des membres n'appartenant pas au jury étaient présents durant le déroulement des épreuves ;
- la coordinatrice pédagogique est intervenue lors de l'oral en posant des questions méconnaissant les principes d'indépendance et de neutralité du jury ;
- un des membres du jury a pris position sur sa prestation lors de l'oral ;
- elle est entachée d'une discrimination illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le Centre national de la danse, représenté par Me Leeman, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 mai 2024 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'ordonnance n° 2020-351 du 27 mars 2020 ;
- l'arrêté du 23 juillet 2019 relatif aux différentes voies d'accès à la profession de professeur de danse en application de l'article L. 362-1 du code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Alidière,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
- et les observations de Mme A et de Me Levrey, représentant le Centre national de la danse.
Considérant ce qui suit :
1. Par les présentes requêtes, Mme A demande l'annulation de la décision du 30 juin 2020 du jury du Centre national de la danse l'ajournant à l'examen 2020 du diplôme d'Etat de professeur de danse.
Sur la jonction :
2. Les requêtes présentées par Mme A sous les n° 2009599 et n° 2010109 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y être statué par un même jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'adaptation des épreuves au contexte de la crise sanitaire :
3. Aux termes de l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020 relative à l'organisation des examens et concours pendant la crise sanitaire née de l'épidémie de covid-19 : " Nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, les autorités compétentes pour la détermination des modalités d'accès aux formations de l'enseignement supérieur dispensées par les établissements relevant des livres IV et VII du code de l'éducation ainsi que pour la détermination des modalités de délivrance des diplômes de l'enseignement supérieur, y compris le baccalauréat, peuvent apporter à ces modalités les adaptations nécessaires à leur mise en œuvre. S'agissant des épreuves des examens ou concours, ces adaptations peuvent porter, dans le respect du principe d'égalité de traitement des candidats, sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d'organisation, qui peut notamment s'effectuer de manière dématérialisée. Les adaptations apportées en application du présent article sont portées à la connaissance des candidats par tout moyen dans un délai qui ne peut être inférieur à deux semaines avant le début des épreuves. ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'en raison de la crise sanitaire, le Centre national de la danse a adapté les épreuves du diplôme d'Etat de professeur de danse, option danse contemporaine, en substituant aux épreuves prévues par l'arrêté du 23 juillet 2019 relatif aux différentes voies d'accès à la profession de professeur de danse en application de l'article L. 362-1 du code de l'éducation, d'une part, une évaluation continue portant sur la pédagogie de l'enfant et la progression technique et, d'autre part, un entretien oral avec le jury.
5. En premier lieu, Mme A soutient que le recours au contrôle continu est inéquitable dès lors que les candidats n'ont pas été informés, préalablement à la formation, de cette modalité. Toutefois, la modification des épreuves initialement prévues est uniquement imputable à l'épidémie de la covid-19. Dans ce cadre, le Centre national de danse pouvait, conformément à l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020, précitée, adapter les épreuves du diplôme au contexte de crise sanitaire, sous réserve du respect du principe d'égalité de traitement. A cet égard, tous les candidats au diplôme d'Etat de professeur de danse, option danse contemporaine, ont été soumis au contrôle continu et évalués selon les mêmes modalités. Dans ces conditions, le Centre national de danse pouvait, compte tenu du contexte sanitaire, modifier les modalités d'évaluation habituelles et lui substituer, en partie, un contrôle continu.
6. En deuxième lieu, les adaptations mentionnées au point 4 du présent jugement ont été portées à la connaissance des candidats préalablement au début des entretiens finaux par un message électronique de la directrice du département formation et pédagogie du 26 mai 2020, auquel était joint une note précisant la nature, le nombre, le contenu, le coefficient et les conditions d'organisation des épreuves. Si Mme A conteste l'absence de communication aux candidats des modalités d'évaluation du contrôle continu ainsi que le défaut de transmission des notes obtenues dans le cadre du contrôle continu, il ne résulte ni des dispositions de l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020, précitée, ni d'aucun texte législatif ou réglementaire, que de telles informations doivent, sous peine d'irrégularité de la procédure, être communiquées aux candidats antérieurement aux épreuves. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, Mme A soutient que l'évaluation du contrôle continu par le formateur principal porte atteinte au principe d'impartialité. Toutefois, la seule circonstance que l'évaluateur était membre de l'équipe pédagogique et a dispensé des cours aux candidats lors de la formation n'est pas, à elle seule, de nature à faire regarder le principe d'impartialité comme ayant été, en l'espèce, méconnu. Il ne ressort, par ailleurs, pas des pièces du dossier que cet évaluateur aurait témoigné de l'animosité à l'égard de la requérante. Par suite, le moyen tiré de ce que le recours au contrôle continu méconnaît le principe d'impartialité ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le jury :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 13 de l'arrêté du 23 juillet 2019 relatif aux différentes voies d'accès à la profession de professeur de danse en application de l'article L. 362-1 du code de l'éducation : " Pour la délivrance de chaque unité d'enseignement, le préfet de région ou son représentant nomme, sur proposition du directeur du centre, les membres du jury chargés de l'évaluation du candidat conformément aux conditions fixées ci-dessous. () 4° Pour l'unité d'enseignement de pédagogie : - le directeur général de la création artistique ou son représentant, président ; - le responsable de l'équipe pédagogique du centre de formation spécialiste de l'option considérée ou, à défaut, un professeur du centre dans cette option ou un professeur d'un autre centre habilité ; - un spécialiste titulaire du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de danse dans l'option considérée ou choisi sur une liste de personnalités qualifiées dans l'option établie par le ministre chargé de la culture ; - un artiste chorégraphique justifiant d'une activité professionnelle d'au moins trois ans au sein du ballet de l'Opéra national de Paris, des ballets de la Réunion des opéras de France ou des centres chorégraphiques nationaux, des compagnies figurant dans les listes des annexes V et V bis du présent arrêté, ou choisi sur une liste de personnalités qualifiées établie par le ministre chargé de la culture ; - un spécialiste de l'analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé choisi sur une liste de personnalités qualifiées établie par le ministre chargé de la culture. () ". Aux termes de l'article 4 de l'ordonnance du 27 mars 2020, précitée : " Les autorités compétentes pour constituer des jurys au sein des établissements relevant des livres IV et VII du code de l'éducation peuvent en adapter la composition et les règles de quorum. () ".
9. Mme A se prévaut de l'irrégularité de la composition du jury dès lors que Mmes D et C, présentes lors de son épreuve finale, n'en étaient pas membres. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du message électronique du 26 juin 2020, qu'à la suite de la mise en œuvre des dispositions dérogatoires de l'article 4 de l'ordonnance du 27 mars 2020, précitée, Mme D a été désignée membre du jury de l'épreuve finale devant se dérouler le 30 juin 2020. Mme A n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que la présence de Mme D parmi les membres du jury est irrégulière. Par ailleurs, il est constant que, bien que n'étant pas membre du jury, Mme C, directrice du département formation et pédagogie, a assisté à l'épreuve finale de Mme A. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait participé aux débats ou aux votes, ni qu'elle aurait, d'une quelconque façon, exercé une influence sur le sens de la délibération du jury. De plus, Mme C a uniquement signé le procès-verbal des opérations du jury en sa qualité de directrice du département formation et pédagogie, sa signature étant distincte et séparée de celles des membres du jury. Il ne saurait, dès lors, en résulter une participation active de Mme C aux délibérations du jury. En outre, l'information tenant à la présence de cette dernière n'avait pas à être communiquée aux candidats en amont de l'épreuve. Dans ces conditions, sa présence lors des épreuves finales des candidats n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la composition irrégulière du jury doit être écarté.
10. En second lieu, la seule circonstance qu'un membre d'un jury connaisse un candidat ne suffit pas à justifier qu'il s'abstienne de participer aux délibérations. En revanche, le respect du principe d'impartialité exige que, lorsqu'un membre du jury a, avec l'un des candidats, des liens tenant à la vie personnelle ou aux activités professionnelles, qui seraient de nature à influer sur son appréciation, ce membre doit non seulement s'abstenir de participer aux interrogations et aux délibérations concernant ce candidat mais encore concernant l'ensemble des candidats. En outre, un membre du jury qui a des raisons de penser que son impartialité pourrait être mise en doute ou qui estime, en conscience, ne pas pouvoir participer aux délibérations avec l'impartialité requise, doit également s'abstenir de prendre part à toutes les interrogations et délibérations de ce jury en vertu des principes d'unicité du jury et d'égalité des candidats devant celui-ci.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, membre du jury, est la coordinatrice du centre de formation pour l'option danse contemporaine. Contrairement à ce que fait valoir Mme A, aucune disposition législative ou réglementaire ne prive Mme D de la possibilité de poser des questions lors de l'épreuve finale, alors qu'au surplus, sa présence dans le jury, en qualité de responsable de l'équipe pédagogique, est prévue par l'article 13 de l'arrêté du 23 juillet 2019, cité au point 8 du présent jugement. A cet égard, les candidats n'avaient pas à être informés, au préalable, de ce que Mme D pouvait être amenée à interroger les candidats. De plus, la seule qualité de coordinatrice du centre de formation n'est pas, à elle seule, de nature à faire regarder le principe d'impartialité du jury comme ayant été, en l'espèce, méconnu. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D aurait manifesté de l'animosité à l'égard de la requérante. Enfin, si la requérante reproche à M. B, membre du jury, d'avoir pris position sur sa prestation, il ne résulte pas du déroulement de l'oral tel que relaté par Mme A dans ses écritures que ce membre du jury, ni aucun autre membre du jury aurait témoigné de l'animosité à son égard. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des principes d'indépendance, d'impartialité et de neutralité des membres du jury doit être écarté.
En ce qui concerne l'épreuve finale :
12. En premier lieu, aucun texte législatif, réglementaire ou principe général du droit n'impose l'anonymat des épreuves orales. De plus, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cette absence d'anonymat aurait, en l'espèce, été constitutive d'une rupture du principe d'égalité entre les candidats. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En second lieu, s'il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur la prestation d'un candidat, il lui appartient, en revanche, de vérifier qu'il n'existe, dans le choix du sujet d'une épreuve, aucune violation du règlement du concours de nature à créer une rupture d'égalité entre les candidats. A ce titre, il lui incombe notamment de contrôler que ce choix n'est pas entaché d'erreur matérielle, que le sujet peut être traité par les candidats à partir des connaissances que requiert le programme de l'épreuve et que, pour les interrogations orales, les questions posées par le jury sont de nature à lui permettre d'apprécier les connaissances du candidat dans la discipline en cause.
14. A la suite de la modification des épreuves consécutivement à la crise de la covid-19, le Centre national de danse a notamment substitué aux épreuves prévues par l'arrêté du 23 juillet 2019, précité, un entretien avec le jury d'une durée de 20 minutes par visioconférence afin d'évaluer la compétence du candidat à enseigner la danse. Cette épreuve implique, dans un premier temps, une présentation par le candidat d'une mise en situation puis un entretien avec les jurés. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, et notamment des modalités d'évaluation arrêtées, qu'au cours de cet entretien, les membres du jury peuvent interroger le candidat sur ses connaissances en pédagogie spécifique de l'option, la démarche d'éveil et l'initiation à la danse, la culture chorégraphique, les relations entre la danse et la musique ainsi que l'observation du corps en mouvement et la réflexion pédagogique du candidat. Il en résulte que l'épreuve finale constitue un simple échange oral entre les membres du jury et le candidat. Mme A en conclut qu'en lui demandant de réaliser des mouvements de danse, le jury n'a pas respecté le principe d'égalité de traitement entre candidats et lui a imposé une prestation non prévue au programme des épreuves. Toutefois, il est constant que la requérante est à l'initiative de la démonstration, celle-ci souhaitant illustrer, par le geste, les éléments pédagogiques qu'elle défendait à l'oral. Dans ce cadre, les membres du jury se sont bornés à lui demander de réaliser cette démonstration en dansant. Ce faisant, alors que cette démonstration, initiée par la requérante, n'a duré qu'une quinzaine de secondes sur un oral d'une durée totale de 20 minutes et n'avait pour but que d'illustrer les réponses apportées par la requérante, une telle démonstration était au nombre des éléments permettant au jury d'apprécier les compétences de Mme A pour enseigner la danse dans le cadre d'un entretien et ne saurait, dès lors, être regardée comme excédant des limites de l'épreuve finale. En outre, compte tenu de la brièveté des mouvements de danse présentés, la requérante ne peut être regardée comme ayant été soumise à une épreuve technique de danse à laquelle les autres candidats n'ont pas été soumis, ni évaluée sur ses compétences techniques en matière de danse au titre de l'épreuve orale. Enfin, les membres du jury n'avaient aucune obligation de tenir compte d'une vidéo adressée par la requérante postérieurement à son oral. Par conséquent, le moyen tiré de ce qu'aucune épreuve de danse n'était prévue lors de l'épreuve finale et celui tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des candidats doivent être écartés.
En ce qui concerne la notation :
15. En premier lieu, Mme A soutient que la modification des épreuves a conféré au jury un pouvoir illimité dans l'évaluation des candidats constitutif d'un abus d'autorité. Toutefois, aucune disposition à caractère constitutionnel, législative ou réglementaire n'oblige le jury à faire connaître aux candidats les critères dont il fait usage pour noter les épreuves. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et notamment des modalités d'évaluation communiquées aux candidats, que les mérites des candidats sont appréciés au regard de leur capacité à enseigner la danse contemporaine. A cet égard, il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération en litige aurait été prise par le jury sur le fondement de motifs autres que ceux tirés des titres, diplômes, mérites ou motivation des intéressés. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le jury dispose d'un pouvoir illimité d'appréciation des mérites des candidats.
16. En second lieu, Mme A critique la notation qui lui a été attribuée, notamment celle obtenue au titre de la pédagogie de l'enfant. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les épreuves des candidats à un examen. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le jury aurait fondé son appréciation sur des considérations autres que la seule valeur des épreuves. Dès lors, l'appréciation portée par le jury n'est pas, en l'espèce, susceptible d'être discutée.
En ce qui concerne la discrimination :
17. Si, lorsque qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, c'est au défendeur qu'il incombe de produire tous les éléments permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination, il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de non-discrimination. En l'espèce, la requérante n'apporte pas d'élément permettant de faire présumer que la mesure qu'elle attaque procéderait, comme elle l'allègue, d'une pratique discriminatoire en raison de son positionnement artistique ou de tensions avec l'ancienne directrice du Centre national de la danse. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par le Centre national de la danse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du Centre national de la danse présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et à la directrice générale du centre national de la danse.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
M. Amadori, premier conseiller,
Mme Alidière, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
A. ALIDIERE
La présidente,
M-O LE ROUX
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/1-2 et N° 2010109/1-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400288
La société First Trading contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** des rappels d'impôts et pénalités suite à un contrôle fiscal. Le tribunal a **rejeté sa requête**, considérant que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée conformément aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, et que les autres moyens soulevés (prescription, qualification de la cession immobilière) n'étaient pas fondés.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407139
**Sujet principal** : La requête de la SAS Etablissements A. Chollet contestant la réintégration fiscale de provisions pour dépréciation de ses stocks et demandant la décharge d'impositions supplémentaires sur les sociétés. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il estime que la méthode d'évaluation de la provision pour dépréciation appliquée au groupe de produits "V" n'est pas suffisamment précise et détaillée, car elle utilise un taux unique basé sur la durée de stockage pour des produits hétérogènes, sans justification d'une dépréciation homogène. **Textes appliqués** : Les articles 39-1 5° et 38-3 du Code général des impôts (CGI), en application de l'article 209 du CGI, ainsi que l'article 38 decies de l'annexe III au CGI, relatifs aux conditions de déductibilité des provisions pour dépréciation des stocks.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418646
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision du recteur de l'académie de Paris refusant la révision de l'affectation de sa fille en classe de première STMG. Le juge a estimé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en maintenant l'affectation initiale, les arguments fondés sur une prétendue erreur d'un conseiller principal d'éducation et sur les risques pour la scolarité de l'élève n'étant pas de nature à caractériser une situation exceptionnelle justifiant une révision. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et de l'arrêté académique fixant les procédures d'affectation.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517216
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. C... A... visant à annuler plusieurs mesures d'éloignement (obligation de quitter le territoire, interdiction de retour, etc.) prises par le préfet de police. Le tribunal a jugé que le préfet était compétent pour signer ces décisions et que leur motivation était suffisante, notamment au regard de la menace pour l'ordre public. Il a également déclaré irrecevable le recours contre le signalement Schengen, cette inscription n'étant pas une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et la Convention européenne des droits de l'homme.
31/03/2026