mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2009852 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIOTRAUT GINE AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires respectivement enregistrés les 8 juillet 2020 et 18 janvier 2021, la société par actions simplifiées (SAS) La dépêche vétérinaire, représentée par Me Viard du cabinet Piotraut Gine avocats, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des intérêts de retard mis à sa charge au titre des années 2014 et 2015 pour un montant total de 114 635 euros et mis en recouvrement le 18 avril 2017 ;
2°) à titre secondaire de prononcer la décharge partielle des mêmes droits et intérêts de retard par prise en compte des seuls numéros de la revue ne respectant pas le seuil de 50 % ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens ainsi que la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société fait valoir les moyens suivants :
- la procédure est irrégulière dès lors que l'administration, dans sa réponse aux observations du contribuable, a rayé la mention pré-imprimée relative à la possibilité de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires (CDI) ;
- les modalités de calcul retenues par le service pour conclure à l'absence de vente effective des publications sont erronées au regard des critères posés par l'article 72 de l'annexe III au code général des impôts pour pouvoir bénéficier du taux réduit de TVA ;
- il convient au minimum de limiter les redressements en ne prenant en compte que les seuls numéros de la revue ne respectant pas le seuil de 50 %.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 décembre 2020 et 11 mai 2021, l'administrateur général des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duchon-Doris, rapporteur,
- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (SAS) La dépêche vétérinaire, dont l'objet social est l'édition de revenus et périodiques, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a porté sur la période allant du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015 au terme de laquelle l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements en matière de TVA pour les exercices clos en 2014 et 2015 mis en recouvrement le 14 novembre 2016 pour un montant total de 114 635 euros et procédant de la remise en cause du taux réduit de TVA de 2,1 % dans les départements de la France métropolitaine et de 1,05 % dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion, prévu par les dispositions de l'article 298 septies du code général des impôts (CGI) que la société avait spontanément appliqué. La SAS La dépêche vétérinaire demande la décharge totale de ces rappels.
Sur le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L 59 A du livre des procédures fiscales : " La commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition ; 2° Sur les conditions d'application des régimes d'exonération ou d'allégements fiscaux en faveur des entreprises nouvelles, à l'exception de la qualification des dépenses de recherche mentionnées au II de l'article 244 quater B du code général des impôts ; 3° Sur l'application du 1° du 1 de l'article 39 et du d de l'article 111 du même code relatifs aux rémunérations non déductibles pour la détermination du résultat des entreprises industrielles ou commerciales, ou du 5 de l'article 39 du même code relatif aux dépenses que ces mêmes entreprises doivent mentionner sur le relevé prévu à l'article 54 quater du même code ; 4° Sur la valeur vénale des immeubles, des fonds de commerce, des parts d'intérêts, des actions ou des parts de sociétés immobilières servant de base à la taxe sur la valeur ajoutée, en application du 6° et du 1 du 7° de l'article 257 du même code. II. Dans les domaines mentionnés au I, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut, sans trancher une question de droit, se prononcer sur les faits susceptibles d'être pris en compte pour l'examen de cette question de droit. Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, la commission peut se prononcer sur le caractère anormal d'un acte de gestion, sur le principe et le montant des amortissements et des provisions ainsi que sur le caractère de charges déductibles ou d'immobilisation. ".
3. Pour soutenir que la procédure d'imposition qui a été menée à son égard est irrégulière, la société requérante fait valoir que, dans sa réponse à ses observations, l'administration fiscale a rayé la possibilité pour elle de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires et l'a ainsi privée d'une garantie substantielle. Toutefois, l'administration n'est tenue de saisir cette commission du différend qui l'oppose au contribuable que si ce différend ressortit à la compétence de cette commission. Il résulte en l'espèce de l'instruction que le différend entre l'administration et la société requérante portait sur la question de savoir si le taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée prévu par les dispositions de l'article 298 septies du code général des impôts était applicable au regard des conditions posées par l'article 72 de l'annexe III au CGI et de la manière de les apprécier. Il ne relevait, dès lors, pas des cas de saisine de la commission énumérés au I précité de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales. Dès lors, c'est à bon droit que le service s'est abstenu de saisir cette commission.
Sur le moyen tiré de l'application du taux réduit de TVA :
4. Aux termes de l'article 298 septies du code général des impôts : " A compter du 1er janvier 1989, les ventes, commissions et courtages portant sur les publications qui remplissent les conditions prévues par les articles 72 et 73 de l'annexe III au présent code pris en application de l'article 52 de la loi du 28 février 1934, sont soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 2,1 % dans les départements de la France métropolitaine et de 1,05 % dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion. ()". Aux termes de l'article 72 de l'annexe III audit code : " Les journaux et écrits périodiques présentant un lien direct avec l'actualité, apprécié au regard de l'objet de la publication et présentant un apport éditorial significatif, bénéficient des avantages fiscaux prévus à l'article 298 septies du code général des impôts s'ils remplissent les conditions suivantes : / 1° Avoir un caractère d'intérêt général quant à la diffusion de la pensée : instruction, éducation, information, récréation du public. () 4° Faire l'objet d'une vente effective au public, au numéro ou par abonnement, à un prix marqué ayant un lien réel avec les coûts, sans que la livraison du journal ou périodique considéré soit accompagnée de la fourniture gratuite ou payante de marchandises ou de prestations de services n'ayant aucun lien avec l'objet principal de la publication () ". Pour bénéficier de ces dispositions, les journaux et écrits périodiques doivent en principe avoir reçu un certificat d'inscription délivré par la commission paritaire des publications et agences de presse. Ils doivent, à défaut, justifier que la diffusion payante de la publication en cause atteint au moins 50 % de son tirage moyen.
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du tableau fourni par la société lors du contrôle, que le pourcentage de diffusion payante de la revue " La dépêche vétérinaire " n'a été que de 37,66 % au titre de l'année 2014 et de 39,48 % au titre de l'année 2015. Pour contester, nonobstant, la remise en cause par l'administration fiscale de l'application à ses ventes du taux réduit de TVA, la société, en premier lieu, se réfère à la ligne directrice que retient la commission paritaire des publications et agences de presse qui examine les ventes réalisées dans les six mois précédant la demande de renouvellement du certificat d'inscription. Elle fait valoir que le tableau des abonnements payants et de la diffusion totale qu'elle joint à sa requête justifie du fait que le nombre d'exemplaires vendus a atteint un taux de vente effective de 58,8 % pour la période de six mois du 1er janvier au 30 juin 2014 et de 54,82 % au titre de la période de six mois du 1er juin au 31 décembre 2015 alors qu'il " n'est exigé par aucun texte ni aucune jurisprudence que cette période de six mois soit celle précédant la clôture ou suivant l'ouverture de l'exercice ". Toutefois, à défaut de demande ou de renouvellement d'inscription d'un certificat auprès de la commission paritaire des publications et agences de presse, la société n'est pas fondée à se référer aux lignes directrices posées par celle-ci dont elle ne remplit pas, au demeurant, les conditions. Au vu du pourcentage de diffusion payante de la revue " La dépêche vétérinaire " au titre des années 2014 et 2015, c'est dès lors à bon droit que l'administration fiscale a considéré que la société ne remplissait pas la condition d'une vente effective au public, telle que définie par la commission paritaire des publications et agences de presse.
6. La société fait valoir, en deuxième lieu, que même à considérer que le ratio précité ne serait pas respecté, il conviendrait de prendre en compte les particularités de sa situation laquelle expliquerait la baisse temporaire de ce ratio. Toutefois, en se contentant, sans autre précision, de faire valoir que les six derniers mois de l'année 2014 ont été marqués par une actualité extrêmement abondante dans le domaine vétérinaire engendrant une distribution promotionnelle d'ampleur, la société ne peut être regardée comme faisant état de circonstances particulières susceptibles d'expliquer la baisse de ses ventes sur deux années consécutives.
7. Enfin, la société fait valoir qu'il serait équitable de limiter les redressements opérés par l'administration aux seuls numéros ne respectant pas le seuil de 50 %. Toutefois, les dispositions précitées des articles 298 septies du code général des impôts et 72 de l'annexe III à ce code ne permettent pas de distinguer, pour l'application du taux de TVA, individuellement chaque numéro des publications.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la SAS La dépêche vétérinaire n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de droits contestés.
Sur le surplus des conclusions :
9. En conséquence du rejet de ses conclusions tendant à la décharge des rappels de droits contestés, les conclusions de la requête tendant, d'une part, à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, d'autre part, à la mise à la charge de l'administration des dépens, au demeurant inexistants dans la présente instance, doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SAS La dépêche vétérinaire est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS La dépêche vétérinaire et l'administrateur général des finances publiques.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Duchon-Doris, président,
M. Rohmer, président,
M. Guiader, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le président rapporteur,
JC DUCHON-DORIS
L'assesseur le plus ancien,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement./1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026