mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2010215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | GUETTA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale et deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 10 juillet 2020, le 7 avril 2022 et le 16 mai 2022, la société SFDT International, représentée par Me Lievre-Gravereaux, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contributions sur les revenus locatifs mises à sa charge au titre des exercices clos 2013 à 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les sommes considérées par l'administration fiscale comme un passif injustifié sont justifiées ;
- le plafonnement du déficit reportable au montant des amortissements de la société n'est pas fondé ;
- l'évaluation théorique des loyers annuels de la société par l'administration fiscale est erronée ;
- l'application de la contribution sur les revenus locatifs (CRL) au montant des loyers théoriques des deux immeubles inscrits à son actif n'est pas fondée ;
- l'application de l'amende prévue à l'article 1729 D du code général des impôts n'est pas fondée ;
- l'application de la majoration pour manquement délibérée n'est pas fondée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er décembre 2020 et 28 avril 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société SFDT International ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baudat,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Wattenne, représentant la société SFDT International.
Considérant ce qui suit :
1. La société SA SFDT Internationale, société anonyme imposable à l'impôt sur les sociétés sise au Luxembourg dont l'activité est l'exploitation de deux immeubles en France, situés à Paris et à Beausoleil, et dont les deux associés sont M. et Mme A, chacun à hauteur de 50%, a fait l'objet d'une vérification générale de sa comptabilité au titre des exercices 2013 à 2015 à la suite de laquelle lui ont été notifiées des rectifications par une proposition de rectification du 21 décembre 2016 pour l'exercice clos 2013 et par une proposition de rectification du 7 juillet 2017 pour les exercices clos 2014 et 2015. La société SFDT Internationale a contesté ces rectifications, par deux courriers des 23 janvier 2017 et 7 août 2017, qui ont fait l'objet d'une décision de rejet de l'administration fiscale du 30 août 2017. Suite à une demande de recours hiérarchique du 12 octobre 2017 de la société, un entretien s'est déroulé le
8 novembre 2017 à l'issu duquel les rectifications notifiées ont été maintenues par un courrier du 15 novembre 2017. A l'issue de l'interlocution départementale demandée par la société le
27 novembre 2017, et qui s'est tenue le 15 juin 2018, de nouvelles conséquences financières ont été portées à la connaissance de la société, l'administration fiscale ayant notamment considéré qu'une somme de 1 500 000 euros, inscrite au passif de la société au titre de l'exercice 2013, étaient désormais justifiées. Par une réclamation du 28 janvier 2019, la société a contesté ces nouvelles impositions supplémentaires mises à sa charge, qui a fait l'objet d'une décision de rejet du 6 mars 2020 de l'administration fiscale. Par la présente requête, la société demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et les contributions sur les revenus locatifs maintenues au titre des années 2013 et 2015.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant des passifs injustifiés au titre de l'exercice clos en 2013 :
2. D'une part, aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () ".
3. Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de prendre en compte, pour la détermination de l'actif net à la clôture de l'exercice, toutes les dettes qui sont mises à la charge de la société envers des tiers si ces dettes sont, à la date de la clôture de l'exercice, certaines dans leur principe et dans leur montant. Il appartient au contribuable de justifier, par la production de tous éléments suffisamment précis, l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise.
4. La société requérante soutient que la somme de 1 242 142 euros inscrite au poste comptable " autres dettes " au 1er janvier 2013 correspondrait à un report de dette de l'exercice clos du 31 décembre 2012 et constituerait des apports au compte courant d'associé de M. A ayant servi à financer des acquisitions immobilières ainsi qu'à des intérêts bancaires correspondant au prêt contracté pour financer de telles acquisitions et que la somme de
37 132 euros inscrite au poste comptable " emprunts et dettes assimilées " au 31 décembre 2013 correspondrait à des échéances d'intérêts, des montants de charges de copropriété des biens immobiliers acquis et des impositions échues non acquittées au cours de l'exercice 2013.
5. En premier lieu, pour justifier de l'origine de la somme de 1 242 142 euros inscrite à son passif, la société fait valoir qu'un virement de 490 000 euros aurait été réalisé le
18 septembre 2005 par M. A, associé, pour l'acquisition d'un appartement dans la commune de Beausoleil et produit un ordre de virement d'un montant de 490 000 euros rédigé de la main de M. A à l'endroit du compte bancaire Dexia de la société ainsi qu'un avis de crédit de la banque Dexia mentionnant ce virement intitulé " bonification ". Toutefois, la mention " bonification " sur cet avis de crédit ne permet pas d'établir que cette somme serait un apport en compte courant de M. A. Si la société SFDT International soutient également qu'elle aurait reçu en 2008 des virements de 355 000 euros et de 185 000 euros de
Mme A et de 10 000 euros de M. A dans le but d'acquérir un appartement à Paris, elle n'apporte pas d'élément permettant de soutenir ces allégations en l'absence de preuve des débits correspondant sur les comptes bancaires des associés M. et Mme A. Enfin, si la société fait valoir qu'une somme de 410 912,686 euros constituerait ce passif au titre d'intérêts d'emprunts cumulés de 2008 à 2012 d'un prêt de 1 500 000 euros souscrit auprès de la banque suisse UCB, elle ne démontre pas que ces intérêts n'ont pas été remboursés par la société aux dates d'échéances prévues sur cette période alors au demeurant que cette somme a été portées au compte courant d'associé comme en témoignent le tableau n°2033-A mentionnant le bilan simplifié de la déclaration d'impôt sur les sociétés 2013 de la société ainsi que les comptes annuels de la société déposés au registre de commerce et des sociétés du Luxembourg obtenus par l'administration fiscale dans le cadre d'une demande d'assistance internationale. Dans ces conditions, la société SFDT International n'établit pas que c'est à tort que l'administration a regardé la somme de 1 242 142 euros en cause comme constituant un passif injustifié.
6. En second lieu, s'agissant de la somme de 37 132 euros inscrite au passif du compte courant d'associé au 31 décembre 2013, la société se borne à produire un Grand livre 2013, à la main de la société et non assorti de justificatifs ni de pièces permettant de le corroborer, qui ne permet pas de justifier de l'origine des sommes comptabilisées au passif du bilan de la société. En outre, si la société fait valoir que l'administration fiscale n'a pas dressé de procès-verbal de défaut de présentation des pièces comptables, d'une part aucune disposition n'impose à l'administration fiscale de dresser un tel procès-verbal et d'autre part cette circonstance est sans incidence sur le fait que la société ne fournit pas d'éléments permettant de justifier l'inscription de la somme de 37 132 euros au passif de son compte courant d'associé. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé cette somme comme un passif injustifié.
S'agissant des déficits antérieurs reportables au 31 décembre 2013 :
7. Aux termes de l'article 209 du code général des impôts dans sa rédaction alors applicable : " () par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 37, l'impôt sur les sociétés dû par les entreprises créées à compter du 1er janvier 1984 est établi, lorsqu'aucun bilan n'est dressé au cours de la première année civile d'activité, sur les bénéfices de la période écoulée depuis le commencement des opérations jusqu'à la date de clôture du premier exercice et, au plus tard, jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle de la création. / Sous réserve de l'option prévue à l'article 220 quinquies, en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice dans la limite d'un montant de 1 000 000 € majoré de 50 % du montant correspondant au bénéfice imposable dudit exercice excédant ce premier montant. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la déduction puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté dans les mêmes conditions sur les exercices suivants. Il en est de même de la fraction de déficit non admise en déduction en application de la première phrase du présent alinéa. ". Ces dispositions, en permettant à une société de retrancher des bénéfices imposables d'un exercice non couvert par la prescription les déficits d'exercices précédents même couvert par la prescription, conduisent nécessairement à autoriser l'administration à vérifier l'existence et le montant de ces déficits, donc à remettre en cause les résultats prétendument déficitaires d'exercices prescrits, les rectifications apportées à ces résultats ne pouvant pas, toutefois, avoir d'autre effet que de réduire ou supprimer les reports déficitaires opérés sur des exercices non prescrits. Il incombe au contribuable de justifier par la production d'une comptabilité régulière, la réalité des déficits qu'il a déduits.
8. La société SFDT International a procédé au report sur la période vérifiée de déficits antérieurs pour un montant de 305 950 euros. Faisant suite à une demande de justification de ces déficits, la société litigieuse a transmis à l'administration fiscale le tableau des amortissements faisant apparaître des amortissements pratiqués pour une somme de 266 808,94 euros que l'administration a admis en qualité de déficits antérieurs reportables. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a transmis à la société requérante une lettre recommandée avec accusé de réception du 9 janvier 2017 lui demandant de fournir " toutes les pièces justificatives concernant le déficit cumulé reporté sur la liasse fiscale de l'année 2013 " à laquelle la société n'a pas répondu. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a limité le montant des déficits antérieurs reportables à cette somme de 266 808,94 euros en l'absence de justificatifs complémentaires relatifs au reliquat de 39 141,06 euros non justifié.
Sur l'acte anormal de gestion :
9. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du CGI, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Il appartient, en règle générale, à l'administration, qui n'a pas à se prononcer sur l'opportunité des choix de gestion opérés par une entreprise, d'établir les faits sur lesquels elle se fonde pour invoquer ce caractère anormal.
10. La société requérante a déclaré un montant de 15 675 euros à l'actif de son bilan 2013, 21 938 euros en 2014, 22 078 en 2014 au titre de l'occupation par les associés d'un appartement à Paris que l'administration fiscale a regardé comme correspondant aux loyers relatifs aux deux biens immobiliers de la société. Il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de l'abandon de loyer consenti par la société au profit de ses associés, l'administration fiscale a calculé la valeur locative des deux appartements à raison de locaux analogues, par leur nature et leur emplacement, et retenu un taux de rendement locatif annuel moyen de 5% pour l'appartement de Beausoleil ainsi que, après l'interlocution départementale du 15 juin 2018, pour l'appartement sis à Paris et a estimé que le montant théorique des loyers relatifs à ces appartements était constitutif d'une renonciation à recettes relevant d'une gestion anormale de la location de l'immeuble. D'une part, la circonstance que le taux initialement retenu de 8,7 % pour les deux appartements ne correspondrait pas à la réalité dès lors qu'il additionnerait le taux de rendement du capital et le taux de rendement locatif est sans incidence dès lors que l'administration fiscale a finalement retenu le taux de 5% pour les deux appartements. Au demeurant, et contrairement aux allégations de la société requérante, il ressort de l'instruction que, dans son avis du 18 novembre 2021, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du département de la Seine-Saint-Denis a validé dans son principe la méthode retenue par l'administration fiscale. D'autre part, si la société requérante soutient que l'administration fiscale ne démontre par l'utilisation de l'appartement de la commune de Beausoleil, proche de la ville de Nice, par M. et Mme A, il résulte de l'instruction que le couple et leurs enfants effectuent de nombreux aller-retours de Paris vers Nice sur les périodes de vacances scolaires, que les abonnements électriques de cet appartement sont ouverts au nom de Mme A avec M. A en co-titulaire et que l'appartement était couvert par un contrat d'assurance multirisque habitation et multirisque investisseur dont le montant été acquitté par la société, laquelle acquittait également les charges de copropriété. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, qui ne produit aucun élément permettant de démontrer que cette location a permis à la société SFDT International de préserver ce bien ou encore que cette dernière aurait eu l'intention de le céder, cet abandon de recettes dénué de contrepartie était constitutif d'un acte anormal de gestion. En conséquence, c'est à bon droit que les rehaussements de la société, opérés à ce titre, ont donné lieu à la réintégration des sommes en cause dans les résultats de la société. La société n'est, dès lors, pas fondée à contester les suppléments d'impôt sur les sociétés qui en ont résulté et qui ont été mis à sa charge au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015.
Sur la contribution annuelle sur les revenus locatifs :
11. Aux termes de l'article 234 nonies du code général des impôts : " I.- Il est institué une contribution annuelle sur les revenus retirés de la location de locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins au 1er janvier de l'année d'imposition, acquittée par les bailleurs () ". Aux termes de l'article 234 duodecies du même code : " I. - Lorsque la location est consentie par une personne morale ou un organisme devant souscrire la déclaration prévue au 1 de l'article 223, () la contribution prévue à l'article 234 nonies est assise sur les recettes nettes définies à l'article 29 qui ont été perçues au cours de l'exercice ou de la période d'imposition () ".
12. Une société propriétaire qui renonce sans contrepartie à percevoir des recettes qu'une gestion normale de son bien lui aurait procurées doit être regardée comme ayant retiré un revenu de la location de ce bien au sens de l'article 234 nonies précité. Par suite, les recettes que la société requérante a volontairement renoncé à percevoir de ses deux associés devaient être comprises dans ses bases d'imposition à la contribution sur les revenus locatifs. Dans ces conditions, dès lors qu'il résulte de tout ce qui précède que la société requérante a été à bon droit assujettie à l'impôt sur les sociétés au titre des recettes qu'une gestion normale de son bien lui aurait procurées, c'est à bon droit que ladite société a été assujettie à la contribution annuelle sur les revenus locatifs.
Sur les pénalités
13. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 D du code général des impôts : " I. - Le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales entraîne l'application d'une amende égale à 5 000 € ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, d'une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable. () ". Aux termes de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales : " I. - Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général. / Le premier alinéa du présent article s'applique également aux fichiers des écritures comptables de tout contribuable soumis par le code général des impôts à l'obligation de tenir et de présenter des documents comptables autres que ceux mentionnés au premier alinéa du même article 54 et dont la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés. () ".
14. Il résulte de l'instruction que la société SFDT International a remis des fichiers d'écritures comptables (FEC) au vérificateur et que ce dernier a demandé à la société par un courrier du 6 décembre 2016 avec accusé de réception du 7 décembre 2016 de procéder à la mise en conformité de ces fichiers avec les exigences et normes comptables avec inclus dans ce courrier une liste des informations et modifications nécessaires pour que les fichiers des écritures comptables soient conformes aux dispositions du livre des procédures fiscales, notamment la transmission de références et dates relatives aux pièces justificatives de la comptabilité de la société. En l'absence de réponse, l'administration fiscale a dressé un procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité adressé à la société le 14 décembre 2016 puis un second procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité adressé le 20 janvier 2017. Si la société se prévaut du fait que la non-conformité des fichiers des écritures comptables n'a pas perturbé les opérations de contrôle de l'administration, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de la pénalité litigieuse. Ainsi, compte tenu des anomalies constatées, c'est à bon droit que l'administration a mis à la charge de la société l'amende prévue par l'article 1729 D du livre des procédures fiscales, soit l'amende de 5 000 euros au titre des années 2014 et 2015 ainsi que la majoration de 10% des droits rectifiés pour un montant égal à 33 780 euros au titre de l'année 2013.
15. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
16. Pour justifier l'application aux impositions en litige de la pénalité de 40% prévue par les dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts, la proposition de rectification du 21 décembre 2016 se fonde sur le caractère important des anomalies constatées et sur le caractère volontaire destiné à faire échapper les sommes en cause à l'impôt, dès lors que la société requérante ne pouvait ignorer qu'en inscrivant des sommes au crédit du compte courant elle reconnaissait une dette vis-à-vis de ces deux associés, M. et Mme A, et que ces écritures devaient être correctement retranscrites en comptabilité et appuyées de justifications nécessaires. De même, elle ne pouvait ignorer l'obligation qui lui incombe de justifier les montants portés en report déficitaire qu'elle entendait imputer. En outre, la société a commis des actes étrangers à une gestion normale en prenant à sa charge la taxe d'habitation incombant normalement à M. et Mme A et en minorant le montant des loyers au bénéfice de ces personnes dont il a été démontré qu'elles sont occupantes des deux appartements à Paris et à Beausoleil et associés de la société. Dès lors, la société, dont la seule activité est l'exploitation de ces deux immeubles, ne pouvait également ignorer qu'en agissant de la sorte, elle minorait artificiellement son résultat. Ainsi, eu égard au caractère important et intentionnel des omissions déclaratives, à leur nature et à l'importance du montant des sommes en litige, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré commis par le contribuable. La société SFDT International n'est, par suite, pas fondée à soutenir que ces pénalités, qui sont motivées, ne sont pas justifiées.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la SA SFDT International n'est pas fondée à demander la décharge, en droit et pénalités, des impositions supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à sa charge pour les exercices 2013 à 2015.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société SFDT International est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SFDT International et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Merino, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 5 juillet 2023.
Le rapporteur,
J-B BAUDAT
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026