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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2011039

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2011039

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2011039
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET MAZEN, CANNET, MIGNOT (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête n° 2011039/1-2 et des mémoires, enregistrés le 26 juillet 2020 et les 19 février, 22 avril et 21 mai 2021, la société Expertise et Audit Lafarge, représentée par Me Jerusalem et Me Cannet, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 et la restitution de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-elle n'a pas bénéficié des garanties liées à la procédure de rectification contradictoire ;

-l'administration a méconnu le principe général des droits de la défense ;

-le courrier du 16 février 2018 n'est pas suffisamment motivé ;

-les locaux qu'elle occupe relèvent de la catégorie des locaux professionnels ;

-les surfaces correspondant aux emprises d'escaliers, aux cloisons et à l'emprise du monte-charge doivent être déduites de la surface imposable ;

-la partie en sous-sol doit se voir appliquer un coefficient de pondération de 0,2 ;

-la différence entre les valeurs locatives pour les années 2015, 2016 et 2017 est incohérente et injustifiée.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2020 et les 19 mars et 26 avril 2021, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-la demande concernant l'année 2017 est sans objet dès lors que la cotisation foncière des entreprises pour cette année a été intégralement dégrevée le 25 mai 2020 ;

-aucun moyen de la requête n'est fondé.

II - Par une requête n° 2011041/1-2 et des mémoires, enregistrés le 26 juillet 2020 et les 19 février, 22 avril et 21 mai 2021, la société Expertise et Audit Lafarge, représentée par Me Jerusalem et Me Cannet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-elle n'a pas bénéficié des garanties liées à la procédure de rectification contradictoire ;

-l'administration a méconnu le principe général des droits de la défense ;

-le courrier du 11 décembre 2017 n'est pas suffisamment motivée ;

-les locaux qu'elle occupe relèvent de la catégorie des locaux professionnels ;

-les surfaces correspondant aux emprises d'escaliers, aux cloisons et à l'emprise du monte-charge doivent être déduites de la surface imposable ;

-la partie en sous-sol doit se voir appliquer un coefficient de 0,2.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2020 et les 19 mars et 26 avril 2021, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

-l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 portant institution de l'ordre des experts comptables ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme A,

-les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,

-et les observations de Me Jerusalem, représentant la société Expertise et Audit Lafarge.

Considérant ce qui suit :

1. La société Expertise et Audit Lafarge exerce une activité d'expertise comptable et de commissariat au compte. Par des courriers des 11 décembre 2017 et 16 février 2018, elle a été informée que des rectifications seraient apportées aux bases brutes de la cotisation foncière des entreprises dont elle s'est acquittée au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017 en raison de la sous-évaluation de la valeur locative des locaux qu'elle occupe 16 rue Amelot, Paris 11ème, et les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 14 novembre 2018. Par une décision d'admission partielle du 25 mai 2020, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France a prononcé le dégrèvement des suppléments de cotisation foncière des entreprises mis à la charge de la société pour l'année 2017 et a rejeté le surplus de la réclamation. La société Expertise et Audit Lafarge demande la décharge des impositions restant en litige.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2011039/1-2 et 2011041/1-2, présentées par Me Jerusalem et Me Cannet pour la société Expertise et Audit Lafarge, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Par une décision du 25 mai 2020 antérieure à l'enregistrement de la requête, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France a prononcé le dégrèvement des suppléments de cotisation foncière des entreprises mis à la charge de la société Expertise et Audit Lafarge pour l'année 2017. Dans ces conditions, les conclusions à fin de décharge présentées au titre de l'année 2017 sont sans objet et, par suite, irrecevables.

Sur la régularité de la procédure :

4. Aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. () ". Aux termes de l'article L. 55 du même livre : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts ou de l'article L. 2333-55-2 du code général des collectivités territoriales, les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A. () " . Et aux termes de l'article L. 56 dudit livre : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable :/ 1° En matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales ou d'organismes divers () ".

5. D'une part, s'il est constant que les rectifications de la base d'imposition de la cotisation foncière des entreprises de la société Expertise et Audit Lafarge découlent de la vérification de comptabilité réalisée par l'administration, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 56 du livre des procédures fiscales que, contrairement à ce que soutient la requérante, le service, en ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises, qui est une imposition directe perçue au profit d'une collectivité, était tenue de respecter les garanties légales prévues en faveur du contribuable vérifié mais n'avait pas à faire application des articles L. 55 à L. 61 du livre des procédures fiscales et, en particulier, de l'article L. 57 concernant notamment la motivation de la proposition de rectification, dès lors que ces articles sont relatifs à la procédure de rectification contradictoire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance desdits articles est inopérant et doit être écarté.

6. D'autre part, lorsqu'une imposition est, telle la cotisation foncière des entreprises, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. Les dispositions de l'article L. 56 du livre des procédures fiscales ont pour seul effet d'écarter la procédure de rectification contradictoire mais ne dispensent pas du respect par l'administration, en ce qui concerne la cotisation foncière des entreprises, des obligations qui découlent du principe général des droits de la défense. Toutefois, le principe général des droits de la défense n'implique pas le droit pour le redevable d'obtenir une réponse motivée à ses observations sur la remise en cause envisagée par l'administration des éléments qu'il a déclarés en vue de son imposition à la cotisation foncière des entreprises. L'administration n'est, en outre, pas tenue aux obligations qui découlent du principe général des droits de la défense lorsque, sans remettre en cause les éléments ainsi déclarés, elle effectue, comme en l'espèce, une nouvelle évaluation de la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière dont le contribuable a disposé pour les besoins de son activité.

7. Il résulte de l'instruction que les lettres des 11 décembre 2017 et 16 février 2018 informant la société Expertise et Audit Lafarge des rehaussements apportés à ses bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises au titre respectivement des années 2014 et 2015 à 2017, qui ainsi qu'il a été dit n'étaient pas soumises aux dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, rappellent les dispositions du code général des impôts qui fondent en droit les impositions contestées, précisent que la valeur locative des locaux occupés a été sous-évaluée, mentionnent la valeur locative revalorisée pour chacune des années en litige et invitent l'intéressée à présenter ses observations dans un délai de trente jours. En tout état de cause, l'administration s'étant bornée, en l'espèce, à procéder, sans modifier les éléments déclarés par le contribuable, à une nouvelle évaluation de la valeur locative au mètre carré résultant d'une erreur de calcul dans les bases informatiques tenues par le service gestionnaire et non d'éléments que la requérante n'aurait pas déclarés, elle n'était pas tenue de mettre la société requérante à même de formuler des observations. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions :

8. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts, la cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. Aux termes de l'article 1467 du même code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France () dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle (). La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe () ". Aux termes du I de l'article 1496 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité professionnelle non commerciale au sens du 1 de l'article 92 est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux ". En outre, aux termes du 1 de l'article 92 du même code : " Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants ou de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profit ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".

9. Par ailleurs, l'article 7 de l'ordonnance du 19 septembre 1945 portant institution de l'ordre des experts-comptables et réglementant le titre et la profession d'expert-comptable précise : " I - Les personnes physiques ressortissantes d'un des États membres de l'Union européenne ou d'autres États parties à l'accord sur l'Espace économique européen ainsi que les personnes morales constituées en conformité avec la législation de l'un de ces États et ayant leur siège statutaire, leur administration centrale ou leur principal établissement dans l'un de ces États, qui y exercent légalement la profession d'expertise comptable, sont admises à constituer, pour l'exercice de leur profession, des sociétés dotées de la personnalité morale, à l'exception des formes juridiques qui confèrent à leurs associés la qualité de commerçant. Ces sociétés sont seules habilitées à utiliser l'appellation de " société d'expertise comptable " et sont inscrites au tableau de l'ordre. () ". Aux termes, enfin, de l'article 22 de la même ordonnance : " L'activité d'expertise comptable est incompatible avec toute occupation ou tout acte de nature à porter atteinte à l'indépendance de la personne qui l'exerce en particulier : () Avec toute activité commerciale ou acte d'intermédiaire autre que ceux que comporte l'exercice de la profession, sauf s'il est réalisé à titre accessoire et n'est pas de nature à mettre en péril l'exercice de la profession ou l'indépendance des associés experts-comptables ainsi que le respect par ces derniers des règles inhérentes à leur statut et à leur déontologie. Les conditions et limites à l'exercice de ces activités et à la réalisation de ces actes sont fixées par les normes professionnelles élaborées par le conseil supérieur de l'ordre et agréées par arrêté du ministre chargé de l'économie ; () Il est en outre interdit aux membres de l'ordre, aux succursales et aux associations de gestion et de comptabilité, ainsi qu'à leurs salariés mentionnés à l'article 83 ter et à l'article 83 quater d'agir en tant qu'agent d'affaires () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a reconnu un caractère non commercial aux activités que les sociétés d'expertise comptable exercent conformément aux règles qu'elles prévoient.

10. En premier lieu, si les prestations de services fournies par une société à responsabilité limitée et qui sont pour elle génératrices de recettes d'exploitation relèvent en principe d'une activité industrielle ou commerciale, il en va différemment lorsque le législateur a reconnu un caractère non commercial à l'activité d'une telle société. Tel est le cas des sociétés à responsabilité limitée que les experts comptables sont admis à constituer pour l'exercice de leur profession en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de l'ordonnance du 19 septembre 1945, lesdites sociétés étant régies notamment par l'article 22 de la même ordonnance qui dispose que " les fonctions de membre de l'ordre sont incompatibles () avec tout acte de commerce ou d'intermédiaire () avec tout mandat commercial " et qu'il est interdit, notamment, aux membres de l'ordre et aux sociétés reconnues par lui " d'agir en tant qu'agents d'affaire ".

11. Il est constant que la société Expertise et Audit Lafarge est une société à responsabilité limitée qui exerce à titre principal des missions d'expertise comptable. Il ne résulte de pas de l'instruction que la société aurait exercé dans ses locaux, au cours de la période litigieuse, d'autres activités que celles qui sont prévues par les dispositions précitées de l'ordonnance du 19 septembre 1945. Dès lors qu'il s'agit ainsi d'activités professionnelles non commerciales, la société Expertise et Audit Lafarge est fondée à soutenir que ses locaux devaient être évalués selon la méthode comparative prévue par l'article 1496 du code général des impôts dans sa version encore en vigueur.

12. En deuxième lieu, la société Expertise et Audit Lafarge soutient que la surface de 610 m² mentionnée dans la fiche d'évaluation de l'immeuble qu'elle occupe est erronée et que les surfaces correspondant aux emprises des escaliers et du monte-charge et aux cloisons, soit un total de 54,5 m², doivent être déduites de la surface totale imposable. En outre, elle se prévaut de sa déclaration n° 6660-REV du 11 mars 2020 qui mentionne une surface totale de 585 m² se décomposant en 399 m² pour les parties principales, 157 m² de parties secondaires et 29 m² pour les espaces de stationnement couvert. Toutefois, elle ne verse au dossier aucune pièce permettant d'établir le bien-fondé de ses prétentions. En revanche, il résulte de l'instruction que la SCI Amelot 14-18, propriétaire des locaux litigieux a indiqué dans sa déclaration n° 6660-REV déposée le 24 avril 2013 que lesdits locaux étaient d'une surface totale de 599 m² décomposée en 550 m² pour les parties principales, 20 m² pour les parties secondaires et 29 m² pour les espaces de stationnement couvert. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir ces surfaces dans le cadre du présent litige.

13. En troisième lieu, la société Expertise et Audit Lafarge demande à ce que le sous-sol de 178 m² soit exclu de la surface totale pondérée ou, à tout le moins, à ce qu'un coefficient de pondération de 0,2 lui soit appliqué au lieu du coefficient de 0,8 retenu par l'administration, dès lors que cette surface n'est pas majoritairement affectée à l'activité principale et qu'elle ne comprend pas de fenêtre. Toutefois, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de données concrètes fournies par la société requérante, que les caractéristiques de ce sous-sol ou son utilisation justifieraient qu'il ne soit pas retenu dans le calcul de la surface pondérée ou qu'une pondération inférieure à celle retenue par l'administration soit appliquée, un tel moyen ne peut être accueilli.

14. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la mise à jour opérée par le service gestionnaire le 21 novembre 2017, qui a consisté à créer informatiquement un nouveau local référencé par un seul numéro d'invariant regroupant les superficies des locaux réunis, aurait eu une incidence sur la surface prise en compte par l'administration dans le cadre du présent litige.

15. Enfin, dès lors que la société Expertise et Audit Lafarge a obtenu un dégrèvement de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de l'année 2017 en raison d'un problème technique concernant l'évaluation de la valeur locative des locaux qu'elle occupe pour cette année, le moyen tiré de ce que ladite valeur retenue au titre de 2017 est incohérente par rapport à celle retenue pour les années antérieures est sans incidence sur le présent litige et doit être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que la société Expertise et Audit Lafarge doit être déchargée des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2015 à concurrence de la différence entre les montants mis à sa charge et ceux qui résulte de l'application, d'une part, de la surface mentionnée au point 12 et, d'autre part, de la méthode prévue par l'article 1496 du code général des impôts en lieu et place de celle prévue par l'article 1498 du même code.

Sur les frais liés au litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à société Expertise et Audit Lafarge au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : La cotisation foncière des entreprises à laquelle la société Expertise et Audit Lafarge a été assujettie pour les années 2014 à 2016 au titre des locaux qu'elle occupe au 16 rue Amelot à Paris doit être calculée sur la base d'une surface totale de 599 m² comprenant 550 m² de surface principale, 20 m² de surface secondaire et 29 m² de surface de parking.

Article 2 : La société Expertise et Audit Lafarge est déchargée des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2016 à concurrence de la différence entre les montants mis à sa charge et ceux qui résultent de l'application, d'une part, des surfaces mentionnées à l'article 1er et, d'autre part, de la méthode prévue par l'article 1496 du code général des impôts en lieu et place de celle prévue par l'article 1498 du même code.

Article 3 : L'Etat versera à la société Expertise et Audit Lafarge la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Expertise et Audit Lafarge et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bachoffer, président,

Mme Dousset, première conseillère,

M. Khansari, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

La rapporteure,

A. A

Le président,

B.R. BACHOFFER

La greffière,

L. REGNIER

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-2 et 2011014/1-

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