mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2011550 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CHAMOZZI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 juillet 2020 et le 14 avril 2021, M. B C et Mme A C, représentés par Me Chamozzi, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-la somme de 3 millions d'euros qu'ils ont perçue en vertu du protocole transactionnel signé avec la société Grep Prime ne constitue pas un complément de prix mais une indemnité et n'avait pas à être imposée à ce titre ;
-la somme de 1 480 430, 21 euros, correspondant à l'excédent de garanties locatives qu'ils ont versées à tort, doit être déduite de l'assiette de la plus-value.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 décembre 2020 et le 26 août 2022, le directeur national des vérifications de situations fiscales conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement accordé en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
-par une décision du 2 décembre 2020, le dégrèvement de la pénalité de 10 % appliquée sur le fondement de l'article 1758 A du code général des impôts a été prononcé ;
-les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme D,
-les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2013 et 2014 à l'issue duquel le service leur a notifié, par une proposition de rectification du 27 décembre 2016, notamment des rehaussements en matière de plus-value immobilière concernant la vente de leurs titres de la société SPIIC. M. et Mme C demandent la décharge, en droits, intérêts et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été ainsi assujettis.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 1er décembre 2020, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur national des vérifications de situations fiscales a accordé à M. et Mme C un dégrèvement de 7 200 euros correspondant à la majoration de 10 % mise à leur charge sur le fondement de l'article 1758 A du code général des impôts. Les conclusions de la requête sont, à concurrence de ce dégrèvement, devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts dans sa version applicable : " I. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH () ". Aux termes de l'article 150 V du même code : " La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant ". Aux termes de l'article 150 VA du même code : " I. Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu'il est stipulé dans l'acte. () II. - Le prix de cession est majoré de toutes les charges et indemnités mentionnées au deuxième alinéa du I de l'article 683. Les indemnités d'assurance consécutives à un sinistre partiel ou total d'un immeuble ne sont pas prises en compte. / III. - Le prix de cession est réduit, sur justificatifs, du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais, définis par décret, supportés par le vendeur à l'occasion de cette cession ". et aux termes de l'article 683 dudit code : " I. - Les actes civils et judiciaires translatifs de propriété ou d'usufruit de biens immeubles à titre onéreux sont assujettis à une taxe de publicité foncière ou à un droit d'enregistrement au taux prévu à l'article 1594 D. / La taxe ou le droit sont liquidés sur le prix exprimé, en y ajoutant toutes les charges en capital ainsi que toutes les indemnités stipulées au profit du cédant, à quelque titre et pour quelque cause que ce soit, ou sur une estimation d'experts, dans les cas autorisés par le présent code. () ".
4. En outre, aux termes de l'article 41 duovicies H de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application du III de l'article 150 VA du code général des impôts, les frais supportés par le vendeur à l'occasion de la cession ne peuvent être admis en diminution du prix de cession que si leur montant est justifié. Ils s'entendent exclusivement : / 1° Des frais versés à un intermédiaire ou à un mandataire ; / 2° Des frais liés aux certifications et diagnostics rendus obligatoires par la législation en vigueur au jour de la cession ; / 3° Des indemnités d'éviction versées au preneur par le propriétaire qui vend le bien loué libre d'occupation ; / 4° Des honoraires versés à un architecte à raison de travaux permettant d'obtenir un accord préalable à un permis de construire ; / 5° Des frais exposés par le vendeur d'un immeuble en vue d'obtenir d'un créancier la mainlevée de l'hypothèque grevant cet immeuble ".
5. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C détenaient 95 % des titres de la société SPIIC, qui détient des filiales propriétaires d'immeubles principalement à usage de commerce et, dans une faible proportion, de bureaux et habitation situés 25-27 rue Alsace Lorraine à Toulouse. M. et Mme C ont cédé, le 29 décembre 2004, leurs parts de la société à la société Grep Prime pour un montant de près de 54,5 millions d'euros et réalisé une plus-value de 5,4 millions d'euros qui a été soumise à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales. L'acte de cession prévoyait des garanties locatives et un complément de prix. La société Grep Prime a appelé les garanties locatives pour les années 2005, 2006, 2007 et 2008. M. et Mme C ont contesté ces appels de garantie et, à défaut d'accord amiable, ont assigné la société Grep Prime devant le tribunal de grande instance de Paris le 5 octobre 2010. Les parties ont finalement signé un accord transactionnel le 14 janvier 2013 par lequel les requérants se sont engagés à se désister de leur instance et la société Grep Prime à leur verser une " indemnité transactionnelle globale forfaitaire et définitive " de 4,5 millions d'euros se décomposant en une somme de 3 millions d'euros à titre de remboursement des garanties locatives et d'une somme de 1,5 million d'euros au titre du complément de prix. Le 6 mai 2013, M. et Mme C ont déposé une déclaration de plus-value immobilière rectificative dans laquelle ils ont mentionné un complément de prix de 1,5 millions d'euros et déduit des frais de 1 480 430 euros. A l'issue de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle des requérants pour les années 2013 et 2014, le service vérificateur, estimant que l'intégralité de la somme de 4,5 millions d'euros aurait dû être déclarée au titre de la plus-value et que les frais de 1 480 430 euros ne pouvaient pas être déduits, leur a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales.
6. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration a estimé que la somme de 4,5 millions d'euros constituait dans sa totalité une indemnité stipulée au profit du cédant au sens de l'article 683 du code général des impôts et qu'elle devait être incluse dans la plus-value taxable. Toutefois, il résulte des termes du protocole transactionnel signé le 14 janvier 2013 que la somme de 3 millions d'euros correspond au remboursement des garanties locatives appelées par la société Gep Prime et acquittées par les requérants au sujet desquels le litige réglé par le protocole est né. M. et Mme C établissent, par les pièces qu'ils produisent, avoir versé les sommes en cause, ce que ne conteste pas sérieusement par l'administration. Dans ces conditions, M. et Mme C sont fondés à soutenir que c'est à tort que l'administration a estimé que la somme de 3 millions d'euros constituait une indemnité devant être prise en compte dans le calcul de la plus-value réalisée par ces derniers.
7. D'autre part, M. et Mme C se prévalent du fait que le montant total des garanties locatives qu'ils ont versées à tort s'est élevé à 4 480 430 euros et que les 1 480 430 euros non couverts par le remboursement de 3 millions d'euros prévu par le protocole transactionnel constituent des frais qui peuvent être déduits du complément de prix de 1,5 million prévu par ledit protocole en application du III de l'article 150 VA du code général des impôts. Toutefois, le paiement de garanties locatives ne fait pas partie des frais supportés par le vendeur qui peuvent être admis en déduction du prix de cession dont la liste est fixée à l'article 41 duovicies H de l'annexe III au code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la déduction de la somme en litige du prix de cession.
8. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C sont seulement fondés à demander la décharge, en droits, intérêts et pénalités, de la différence entre le montant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de la cession de leurs titres de la société SPIIC et le montant de ces cotisations supplémentaires résultant de la réduction de 3 millions d'euros du montant de la plus-value imposable.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à M. et Mme C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur du dégrèvement accordé en cours d'instance.
Article 2 : Le montant de la plus-value imposable réalisée par M. et Mme C lors de la cession de leurs parts dans la société SPIIC est réduit de 3 000 000 euros.
Article 3 : M. et Mme C sont déchargés, en droits, intérêts et pénalités, de la différence entre le montant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis et celui résultant de la réduction de la base d'imposition définie à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : L'Etat versera à M. et Mme C une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme A C et au directeur national des vérifications de situations fiscales.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
A. D
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026