mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2011690 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | R |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | HADDAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 aout 2020, le 12 mai et le
16 décembre 2021 , la SASU Passy Belleville représentée par son président, M. C D représenté par Me Haddad, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'ensemble des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu ainsi que des majorations et des intérêts de retard correspondants auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
Sur la recevabilité de la requête :
-elle est fondée à contester l'impôt sur le revenu de M. D et particulièrement la qualification que l'administration a retenu pour rehausser l'impôt sur le revenu de ce dernier dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de l'année 2015 ; elle a en effet conclu un contrat de prêt avec ce dernier pour un montant de 200 000 euros remboursable sur une durée de 36 mois au taux d'intérêt de 2,5% et qu'il lui a remboursé le 31 janvier 2017 par la cession d'une créance détenue par M. D ;
Sur la régularité de la procédure :
- l'administration a méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales s'agissant des informations communiquées par les autorités espagnoles relatives au paiement effectué par la société Rigurosa à la SASU Passy Belleville et s'agissant de sa demande d'information sur les éléments obtenus par l'administrations auprès de la société FNP Watchwalue ;
Sur le bien-fondé de l'imposition :
-les sommes mises à la disposition de M. D proviennent d' un contrat de prêt daté et signé qu'elle a inscrit en comptabilité au compte 455010 dont le débiteur est M. D ; la non comptabilisation au titre de l'exercice 2015 est une simple erreur comptable ;
-le contrat est conclu pour une durée de 36 mois qui a été respectée et les sommes ont été remboursées ;
-la preuve de la cession de créance de sa dette à l'égard de la société Rigurosa, ainsi que le débit sur le compte courant de M. D sont établies ; la circonstance que la cession de créance n'ait pas été enregistrée ne peut prouver l'absence de remboursement ; l'administration ne peut prouver aucune autre mise à disposition de sommes avant 2015 ; elle n'apporte donc pas la preuve que ce prêt n'aurait pas été mis en place en 2015 ;
-les opérations de prêts, de cessions de créance et de remboursement sont documentées et tracées juridiquement ; M. D a remboursé le prêt à hauteur de 225 000 euros, le solde étant réglé par elle-même à la société Rigurosa par une somme 175 420,24 euros, dès lors qu'elle était débitrice à l'égard de cette société qui avait effectué des travaux pour son compte ; M. D a remboursé la société Rigurosa, par la donation d'une œuvre d'art d'un montant de 195 000 euros et par une somme de 40 000 euros ;
-l'administration ne fait pas la preuve que ce protocole d'accord entre la société Rigurosa et M. B n'est pas fictif et date du 1er mars 2018 ;
-la facture FNP Watchwalue de 39 500 euros a été annulée et contrepassée en 2015 ; le montant réel était au demeurant de 17 000 euros HT ; l'administration a commis une erreur de catégorie en rehaussant M. D dans la catégorie des revenus distribués ;
-en refusant d'admettre la réalité du prêt initial et la compensation ultérieure l'administration fiscale lui appliqué la théorie de l'abus de droit de l'article L 64 du livre des procédures fiscales sans lui accorder les garanties qui lui sont attachées.
Sur les pénalités et les intérêts de retard :
-ils doivent être déchargés par voie de conséquence.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 mars et 27 mai 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut à l'irrecevabilité de la requête pour défaut d'intérêt à agir s'agissant des revenus distribués et au rejet du surplus ;
-il fait valoir que la SASU n'a pas qualité à agir pour contester des rectifications et impositions supplémentaires qui affectent la situation personnelle de M. D ; en outre, le moyen de l'indépendance des procédures d'imposition est d'ordre public ;
-il n'a pas méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales dès lors que l'administration a été informée le 28 juin 2017 de l'envoi de la demande de renseignements aux autorités fiscales espagnoles relative à la nature des liens existants entre elle et la société Rigurosa ainsi que de la réception de la réponse définitive ; l'article L. 76 B n'est pas opposable au service dès lors que la proposition de rectification du 8 décembre 2017 ne comporte aucun chef de rectification résultant de l'exploitation de la réponse des autorités fiscales espagnoles.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de Mme Edert,
- les conclusions de Mme Belle rapporteure publique,
- et les observations de Me Haddad, représentant la société.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées à associé unique (SASU) Passy Belleville, qui exerce une activité de gestion immobilière et de vente d'œuvres artistiques, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices clos en 2014 et en 2015 à l'issue de laquelle des rappels de TVA et des rehaussements des résultats imposables à l'impôt sur les sociétés ont été notifiés le 8 décembre 2017. Ces rehaussements ont été contestés par une réclamation du
6 février 2018. La SASU a sollicité un recours hiérarchique puis la saisine de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaire qui s'est réunie le 11 février 2019 et a émis un avis favorable à l'abandon de la rectification relative à l'exercice 2015 concernant les produits non comptabilisés et a maintenu les autres rehaussements. Les impositions à l'impôt sur les sociétés et la TVA au titre des exercices 2014 et 2015 ont été mises en recouvrement, par un avis en recouvrement du 29 mars 2019. En sa qualité d'associé unique de cette société, dont les revenus sont imposables entre ses mains, M. D a fait l'objet de rehaussements uniquement au titre de l'année 2015 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et de prélèvements sociaux consécutifs à ces rectifications. La société demande la décharge de l'ensemble des impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu de M. D et des prélèvements sociaux restés en litige ainsi que des pénalités et intérêts de retard au titre de l'année 2015.
Sur la fin de non-recevoir opposée par les services fiscaux :
2. Il résulte de l'instruction que si les impositions contestées ont été établies à l'issue de la vérification de la comptabilité de la SASU Passy-Belleville, celles-ci ont été mises à la charge de M. B en sa qualité d'associé unique. Si la SASU fait valoir qu'elle aurait intérêt à agir pour contester les rehaussements dont ce dernier a fait l'objet, dès lors qu'elle a contracté un prêt avec M. D, cette circonstance est sans incidence sur son intérêt à demander la décharge des impositions dont ce dernier est redevable. En outre, la circonstance que l'article L. 76 B aurait été méconnu dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité de la SASU Passy Belleville est en tout état de cause sans incidence du fait de l'indépendance des procédures. Au surplus, la société Passy Belleville imposable à l'impôt sur les sociétés a présenté une réclamation contre les rehaussements d'impôt sur les sociétés et la TVA et n'est pas fondée à contester des impositions différentes de celles qu'elle a visées dans sa réclamation préalable. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par les services fiscaux tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante, les conclusions à fin de décharge de l'impôt sur le revenu de M. D, en tant qu'elles sont formulées par cette société, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
3. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SASU Passy-Belleville doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la SAS Passy-Belleville est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Passy-Belleville et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Edert, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
La rapporteure,
S. Edert
La présidente,
S. Vidal
La greffière,
S. Coulant
La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026