mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2011838 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LAURANT & MICHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2020, M. B C, représenté par Me Le Coguiec, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits, majorations et intérêts, des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il est résident fiscal algérien en application de la convention franco-algérienne du 17 octobre 1999 dès lors que c'est avec l'Algérie qu'il a les liens personnels et économiques les plus étroits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-la convention fiscale conclue entre la France et l'Algérie du 17 octobre 1999 ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et son épouse, de nationalité algérienne, ont souscrit, le 15 septembre 2016, leur déclaration de revenus au titre de l'année 2015 et ont été soumis, en raison du caractère tardif de cette déclaration à une majoration de 10 %. Au titre de l'année 2016, ils ont souscrit leur déclaration de revenus après mise en demeure et ont fait l'objet d'une pénalité de 40 %. Au titre de l'année 2017, ils ont souscrit leur déclaration dans les délais. M. C demande la décharge, en droits, majorations et intérêts, des impositions auxquelles son épouse et lui ont été assujettis au titre de ces trois années.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Si une convention bilatérale conclue en vue d'éviter les doubles impositions peut, en vertu de l'article 55 de la Constitution, conduire à écarter, sur tel ou tel point, la loi fiscale nationale, elle ne peut pas, par elle-même, directement servir de base légale à une décision fondant l'imposition. Par suite, il incombe au juge de l'impôt, lorsqu'il est saisi d'une contestation relative à une telle convention, de se placer d'abord au regard de la loi fiscale nationale pour rechercher si, à ce titre, l'imposition contestée a été valablement établie et, dans l'affirmative, sur le fondement de quelle qualification. Il lui appartient ensuite, le cas échéant, en rapprochant cette qualification des stipulations de la convention, de déterminer si cette convention fait ou non obstacle à l'application de la loi fiscale.
3. Aux termes de l'article 4 A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus. Celles dont le domicile fiscal est situé hors de France sont passibles de cet impôt en raison de leurs seuls revenus de source française ". Aux termes de l'article 4 B du même code : " 1. Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France au sens de l'article 4 A : / a. Les personnes qui ont en France leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ; / b. Celles qui exercent en France une activité professionnelle, salariée ou non, à moins qu'elles ne justifient que cette activité y est exercée à titre accessoire ; / c. Celles qui ont en France le centre de leurs intérêts économiques. () ".
4. Il résulte de l'instruction que, M. C, qui a souscrit spontanément pendant plusieurs années des déclarations de revenus en France comme il l'indique lui-même, a perçu, au cours des trois années en litige, des revenus en tant qu'associé de la SARL Corail Hôtel située en France, dont il détient 75 % du capital, soit 36 000 euros en 2015 et 640 euros en 2017 et qu'il a également perçu des revenus provenant de la location de deux locaux commerciaux dans le 11ème arrondissement de Paris et d'un appartement à Neuilly-sur-Seine dont il est propriétaire pour un total de 42 463 euros en 2015, de 53 037 euros en 2016 et de 38 403 euros en 2017. En outre, il est constant qu'il perçoit une pension de retraite de source française depuis 2017. Enfin, il est titulaire en France d'un contrat d'assurance-vie et d'un compte bancaire comportant des placements productifs. Ainsi ses revenus perçus en France ont atteint 78 850 euros en 2015, 53 512 euros en 2016 et 49 660 euros en 2017. Le requérant n'établit pas que les revenus ainsi perçus seraient accessoires par rapport à ceux perçus en Algérie. Par ailleurs, si M. C soutient qu'il a travaillé toute sa vie en Algérie en tant que gérant associé de la société hôtel Le Belvédère situé à Ghardaïa, d'une part, il ne l'établit pas par la seule production des statuts de la société du 1er juillet 2002, d'un extrait du registre du commerce et des sociétés algérien et d'une attestation d'affiliation et de mise à jour de la caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés qui indique que l'intéressé est à jour de ses cotisations pour 2018, mais qui est postérieure aux années en litige et qui concerne une société " Tapis d'or ". En outre, si M. C produit un document de la direction générale des impôts de la République algérienne qui attesterait qu'il est assujetti à l'impôt en Algérie, d'une part, ce document, difficilement lisible et qui concerne les années 2013 à 2016, semble seulement mentionner le bénéfice déclaré par l'intéressé, qui, au demeurant, était nul en 2015, et ne saurait suffire à l'établir que M. C aurait été imposé en Algérie pour l'ensemble de ses revenus et qu'il serait résident fiscal algérien.
5. Dans ces conditions, M. C n'établit pas qu'il n'aurait pas le centre de ses intérêts économiques en France. Ainsi l'administration était fondée à regarder M. C comme résident fiscal français en application du c. du 1 de l'article 4 B du code général des impôts
Sur l'application de la convention du 17 octobre 1999 :
6. Aux termes de l'article 4 de la convention du 17 octobre 1999, conclue entre la France et l'Algérie en vue d'éliminer les doubles impositions, entrée en vigueur le 1er décembre 2002 : " 1. Au sens de la présente convention, l'expression " résident d'un État " désigne toute personne qui, en vertu de la législation de cet État, est assujettie à l'impôt dans cet État, en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction ou de tout autre critère de nature analogue. Toutefois, cette expression ne comprend pas les personnes qui ne sont assujetties à l'impôt dans cet État que pour les revenus de sources situées dans cet État ou pour la fortune qui y est située. / 2. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne physique est un résident des deux États contractants, sa situation est réglée de la manière suivante : / a. Cette personne est considérée comme le résident de l'État où elle dispose d'un foyer d'habitation permanent ; si elle dispose d'un foyer d'habitation permanent dans les deux États, elle est considérée comme un résident de l'État avec lequel ses liens personnels et économiques sont les plus étroits (centre des intérêts vitaux) ; / b. Si l'État où cette personne a le centre de ses intérêts vitaux ne peut être déterminé, ou si elle ne dispose d'un foyer d'habitation permanent dans aucun des États, elle est considérée comme un résident de l'État où elle séjourne de façon habituelle ; / c. Si cette personne séjourne de façon habituelle dans les deux États ou si elle ne séjourne de façon habituelle dans aucun d'eux, elle est considérée comme un résident de l'État dont elle possède la nationalité ; / d. Si les critères qui précèdent ne permettent pas de déterminer l'État dont la personne est résidente, les autorités compétentes des États tranchent la question d'un commun accord ".
7. M. C soutient que son foyer d'habitation permanent est en Algérie car ses liens personnels et économiques y sont les plus étroits. Toutefois, il n'établit pas par la seule production d'un acte du 5 août 1974 concernant l'acquisition d'une villa située rue de la Caisserie, à Oran qu'il résiderait de manière principale dans cette villa. En outre, il est constant qu'il est propriétaire d'un logement de 73 m² situé rue de Charonne à Paris, qu'il déclare comme sa résidence principale en France au titre de la taxe d'habitation et s'il indique qu'il ne se rend que très ponctuellement en France et que cet appartement n'est qu'un pied-à-terre pour ses séjours, il n'apporte aucune précision sur la fréquence et la durée de ses séjours en France et n'établit pas qu'il vivrait de façon habituelle en Algérie. En outre, s'il se prévaut, sans au demeurant l'établir par la seule production de son livret de famille et des actes de naissance de ses cinq enfants majeurs, que ces derniers résident en Algérie, cette circonstance est sans incidence sur la détermination du centre de ses intérêts familiaux. Enfin, ainsi qu'il a été dit, le requérant ne démontre pas que la source principale de ses revenus serait en Algérie. Dans ces conditions, M. C, qui n'établit pas qu'il devrait être regardé comme résident algérien au sens de l'article 4 de la convention fiscale franco-algérienne, ne peut se prévaloir des stipulations de cette convention pour faire échec à l'imposition en France de ses revenus.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
A. A
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026