mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2013208 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | MARTINOD |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire droit du 15 mars 2022, le tribunal de céans, statuant sur la requête de la société civile professionnelle (SCP) Léandri tendant à la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 à raison d'un local à usage professionnel situé au 23 rue Ballu à Paris (9ème arrondissement), a rejeté le moyen tiré de la prescription de l'année 2015 et a écarté le local-type retenu par l'administration fiscale et ordonné un supplément d'instruction aux fins, pour l'administration et la société Léandri, de produire tous éléments tendant à établir si l'un des locaux-type figurant au procès-verbal des opérations de révision foncière de Paris est comparable à l'immeuble à évaluer et de présenter leurs observations relatives aux éléments à prendre en compte pour l'application d'un ajustement de la valeur locative de l'immeuble en cause, en application des dispositions des articles 324 D à 324 X de l'annexe III au code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris propose que la valeur locative du local en litige soit déterminée par comparaison avec le local-type n°52 figurant au procès-verbal H des opérations de révision foncière de Paris, situé 64 rue d'Amsterdam à Paris (9ème arrondissement).
Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la SCP Léandri, représentée par Me Martinod, persiste dans les conclusions de sa requête.
Elle fait valoir que :
- elle est fondée à obtenir la décharge totale des suppléments d'imposition mis à sa charge, compte tenu de l'erreur de droit commise par l'administration ;
- il n'y a pas lieu de substituer un nouveau local-type au terme de comparaison, erroné, initialement retenu par l'administration.
Par une ordonnance du 10 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Blanc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile professionnelle (SCP) Cabinet Léandri, qui exerce une activité d'avocat, a été assujettie à des suppléments de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015, 2016 et 2017, à raison d'un local dont elle est locataire au 23 rue Ballu à Paris (9ème arrondissement). Par réclamation du 30 janvier 2020, elle a sollicité la décharge de ces impositions supplémentaires. Cette réclamation ayant été rejetée, la société a demandé au tribunal de prononcer, d'une part, la décharge des impositions supplémentaires auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016, d'autre part, la réduction, à hauteur de la somme de 8 632 euros, de la cotisation foncière des entreprises qui lui a été réclamée au titre de l'année 2017. Par un jugement avant dire droit du 15 mars 2022, le tribunal a écarté le moyen tiré de la prescription de l'année 2015 et, d'une part, écarté le local-type initialement retenu par l'administration au motif qu'il était affecté à un " commerce sans boutique " alors que les locaux en litige, eu égard à la profession libérale d'avocat qui y est exercée depuis le 1er octobre 2005, servent à l'exercice d'une activité professionnelle non commerciale au sens de l'article 1496 du code général des impôts et doivent ainsi être évalués selon la méthode comparative prévue par l'article 1496 de ce code. D'autre part, le tribunal a ordonné un supplément d'instruction aux fins, pour l'administration et la société Léandri, de produire dans le délai de deux mois tous éléments tendant à établir si l'un des locaux-type figurant au procès-verbal des opérations de révision foncière de Paris est comparable à l'immeuble à évaluer.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
2. D'une part, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France () dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période ". Aux termes de l'article 1494 du même code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Aux termes du I de l'article 1496 du même code dans sa rédaction applicable aux années 2015 et 2016 en litige : " La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité salariée à domicile, soit d'une activité professionnelle non commerciale au sens du 1 de l'article 92 est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux ". Aux termes du 1 de l'article 92 du même code : " Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants ou de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profit ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".
3. D'autre part, aux termes du 3ème alinéa du I de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques : " (). / La profession d'avocat est une profession libérale et indépendante. (). ". Aux termes de l'article 7 de cette loi : " L'avocat peut exercer sa profession soit à titre individuel, soit au sein d'une association (), soit au sein d'entités dotées de la personnalité morale, à l'exception des formes juridiques qui confèrent à leurs associés la qualité de commerçant, soit en qualité de salarié ou de collaborateur libéral d'un avocat ou d'une association ou société d'avocats ou d'une société ayant pour objet l'exercice de la profession d'avocat. Il peut également être membre d'un groupement d'intérêt économique ou d'un groupement européen d'intérêt économique. (). ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a reconnu un caractère non commercial aux activités que les avocats exercent conformément aux règles régissant leur profession, y compris sous forme d'une société.
4. A la suite du jugement du 15 mars 2022 par lequel le tribunal a écarté, pour la détermination de la valeur locative de l'immeuble loué par la SCP Léandri, le local à usage commercial initialement retenu par l'administration fiscale, celle-ci propose comme terme de comparaison, le local-type n° 52 figurant au procès-verbal H des opérations de révision foncière de Paris, situé 64 rue d'Amsterdam à Paris (9ème arrondissement). Elle fait valoir que ce local, d'une superficie de 158 mètres carrés et appartenant, comme le bien à évaluer, à la catégorie 3 des " immeubles collectifs de belle apparence ", est affecté à l'exercice d'une profession libérale. La SCP Léandri, qui se borne à demander la décharge totale des suppléments d'imposition mis à sa charge, alors que le juge de l'impôt a l'obligation, lorsqu'il estime irrégulière la méthode d'évaluation initialement retenue par l'administration, d'ordonner un supplément d'instruction pour rechercher un local-type pertinent, ne conteste pas utilement la pertinence du choix du local-type de comparaison ainsi proposé par l'administration et qui, par sa nature et ses caractéristiques, constitue un terme de comparaison approprié. Il y a dès lors lieu de le retenir et de renvoyer la société requérante devant l'administration fiscale pour le calcul des cotisations foncières des entreprises mises à sa charge au titre des années 2015, 2016 et 2017 à partir du tarif retenu pour ce local.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la SCP Léandri est seulement fondée à demander, s'il y a lieu, la décharge correspondant à la différence entre le montant de cotisation foncière des entreprises auquel elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 à raison du local qu'elle loue au 23 rue Ballu à Paris (9ème arrondissement) et celui résultant du nouveau calcul de cette taxe, effectué en retenant le tarif du terme de comparaison mentionné au point 4 ci-dessus.
D E C I D E :
Article 1er : Le local-type n° 52 du procès-verbal H des opérations de révision foncière de Paris, situé 64 rue d'Amsterdam à Paris (9ème arrondissement) est retenu comme terme de comparaison au titre des années 2015 à 2017 pour l'évaluation de la valeur locative du local loué par la SCP Léandri au 23 rue Ballu à Paris (9ème arrondissement).
Article 2 : La SCP Léandri est renvoyée devant l'administration pour qu'elle détermine, conformément aux motifs du présent jugement et sur le fondement de l'article 1496 du code général des impôts, la valeur locative du bien situé 23, rue Ballu à Paris.
Article 3 : La SCP Léandri est déchargée, s'il y a lieu, de la différence entre le montant de cotisation foncière des entreprises auquel elle a été assujettie à raison du local qu'elle loue au 23, rue Ballu à Paris et celui résultant du nouveau calcul de cette taxe, effectué conformément aux motifs du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCP Léandri est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société civile professionnelle cabinet Léandri et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris, pôle juridictionnel administratif.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Le Bianic, premier conseiller,
Mme de Saint Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
T. ALa présidente,
J. EVGÉNAS
La greffière,
C. LELIEVRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026