mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2013648 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WAN AVOCATS (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 1er septembre 2020 et le 7 septembre 2022, M. et Mme B, représentés par le cabinet Wan avocats, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus que M. et Mme B ont acquittées au titre de l'année 2014 à raison de l'indemnité transactionnelle que Mme B a perçue dans le cadre de son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'état aux entiers dépens au titre de l'article 699 du code de procédure civile.
Ils soutiennent que l'indemnité transactionnelle de licenciement d'un montant de 90 666,80 euros que Mme B a perçue de la part de la Fondation Josée et René de Chambrun en exécution de l'accord transactionnel du 25 août 2014 est exonérée de l'impôt sur le revenu en application des dispositions du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, qui exerçait les fonctions de secrétaire au sein de la Fondation Josée et René de Chambrun, a été licenciée le 25 juillet 2014 au motif, invoqué par son employeur, d'un refus total de sa part de toute éventuelle modification de ses horaires et de son temps de travail. Mme B ayant contesté ce motif de licenciement, un accord transactionnel a été conclu le 25 août 2014 entre les parties. Ce contrat prévoit le versement d'une indemnité transactionnelle d'un montant de 90 666,80 euros. Les requérants, qui se sont bornés à mentionner la somme de 21 813 euros dans leur déclaration de revenus de l'année 2014 au titre des traitements et salaires, ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces de l'administration fiscale au titre duquel le foyer fiscal s'est vu notifier des impositions supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Par la présente requête, M. C B et Mme D B demandent de prononcer la décharge des suppléments d'impositions correspondants.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 80 duodecies du code général des impôts dans sa version alors en vigueur : " 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. Ne constituent pas une rémunération imposable : 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3 et L. 1235-11 à L. 1235-13 du code du travail ; ". Aux termes de l'article 1235-3 du code du travail dans sa version alors en vigueur : " Si le licenciement d'un salarié survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages acquis. Si l'une ou l'autre des parties refuse cette réintégration, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur, dont le montant est compris entre les montants minimaux et maximaux () ".
3. Pour déterminer si une indemnité versée en exécution d'une transaction conclue à l'occasion de la rupture d'un contrat de travail est imposable, il appartient à l'administration et, lorsqu'il est saisi, au juge de l'impôt de rechercher la qualification à donner aux sommes qui font l'objet de la transaction. Ces dernières ne sont susceptibles d'être regardées comme des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse mentionnées à l'article L. 1235-3 du code du travail que s'il résulte de l'instruction que la rupture des relations de travail est assimilable à un tel licenciement. Dans ce cas, les indemnités, accordées au titre d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, sont exonérées d'imposition. La détermination par le juge de la nature des indemnités se fait au vu de l'instruction.
4. Mme B est employée depuis le 1er janvier 1993 et bénéficie d'une reprise d'ancienneté à compter du 20 décembre 1985 au sein de la Fondation Josée et René de Chambrun puis a été licenciée le 25 juillet 2014 de cette structure. Il ressort de la lettre de notification du licenciement du même jour que Mme B aurait " opposé un refus total de toute éventuelle modification () [des] horaires ou [du] temps de travail " de son contrat de travail et que " dans ces conditions, la poursuite de [son] contrat de travail est rendue impossible de [son] fait ". Son employeur précise avoir constaté qu'elle ne justifie pas de son " refus, de sorte que celui-ci est fautif au regard du principe d'exécution de bonne foi du contrat de travail () lequel prévoit un travail à plein temps ". Mme B a contesté ce motif et a fait valoir, ainsi qu'il ressort du protocole transactionnel signé entre cette dernière et la Fondation Josée et René de Chambrun du 25 août 2014, " qu'elle avait toujours donné pleine et entière satisfaction dans l'exécution de ses fonctions () et évoque en outre qu'étant salariée à temps partiel, la modification proposée de ses horaires de travail constituent une modification de son contrat de travail et non de ses conditions de travail comme le prétend la Fondation ". Une transaction est alors intervenue entre les parties, au titre de laquelle la requérante a obtenu " une indemnité transactionnelle globale forfaitaire et définitive de 90 666,80 euros bruts " qui répare les préjudices invoqués par Mme B au titre de la rupture de son contrat de travail.
5. Il est constant que la Fondation a accepté que Mme B, employée de cette structure depuis le 1er janvier 1993 et bénéficiaire d'une reprise d'ancienneté à compter du
20 décembre 1985, travaille à temps partiel à compter du 1er octobre 2006. Or, si la requérante fait valoir qu'il existait une contractualisation non formalisée de ce nouveau temps partiel de travail accordé par son employeur, il ne résulte pas de l'instruction, alors qu'il n'est pas contesté que le contrat de travail écrit alors en vigueur a toujours mentionné un travail à temps plein, que cette acceptation d'un temps partiel à compter du 1er octobre 2006 ne serait pas temporaire. Ainsi, la décision de refus du passage d'un temps partiel à un temps plein, opposée par
Mme B contre la volonté de son employeur de mettre fin à la situation temporaire de travail à temps partiel de l'intéressée et d'appliquer un régime à temps plein prévu par le contrat de travail alors applicable, doit être regardée comme un refus de changement des conditions de travail qui relève du pouvoir de direction de l'employeur et qui s'impose au salarié et non un refus de modification du contrat que le salarié est en droit de demander. En conséquence, le licenciement du 25 juillet 2014 de Mme B doit être regardé comme intervenu pour une cause réelle et sérieuse et l'indemnité transactionnelle ne peut, par suite, être assimilée à une indemnité pour licenciement abusif, et n'est pas exonérée d'impôt en application de l'article 80 duodecies du code général des impôts.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de M. et Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et celles présentées sur le fondement de l'article 699 du code de procédure civile.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme D B, et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Edert, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 novembre 2022.
Le rapporteur,
J-B A
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre de l'Economie, des finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026