jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2013799 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET AVODIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2020, la société Marny Hôtel, représentée par le cabinet Avodia, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des année 2016 et 2017 et de lui maintenir le bénéfice du sursis de paiement prévu à l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
- l'imposition réclamée est infondée, en raison de l'existence de dettes à l'égard de la société RGB et de M. A qui n'ont pas été prises en compte par l'administration ;
- la somme de 50 000 euros a été arbitrairement inscrite au titre de la vente d'un fonds de commerce à la société H2A Hôtellerie ;
- des justificatifs seront apportés concernant la dette à l'égard de la société Pax Hôtel ;
- l'administration ne peut procéder à aucun rehaussement à la suite d'une vérification de comptabilité dès lors que l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Marny Hôtel ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 mars 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Marny Hôtel a fait l'objet d'une vérification de comptabilité en matière d'impôt sur les sociétés au titre des années 2016 et 2017 à l'issue de laquelle des cotisations supplémentaires ont été mises en recouvrement. Elle en demande au tribunal la décharge.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 ; () ". Aux termes de l'article L. 193 de ce livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ".
3. Il résulte de l'instruction que la société Marny Hôtel a été mise en demeure de souscrire ses déclarations de résultats des exercices clos en 2016 et 2017 le 21 juin 2018 et qu'elle n'a pas satisfait à cette mise en demeure dans le délai imparti. Par suite, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions correspondantes lui incombe en application des dispositions de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales. Il lui appartient dès lors d'apporter la preuve de l'exagération des impositions en litige.
4. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. ". Aux termes de l'article 53 A du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 302 septies A bis, les contribuables, autres que ceux soumis au régime défini à l'article 50-0 (1), sont tenus de souscrire chaque année, dans les conditions et délais prévus aux articles 172 et 175, une déclaration permettant de déterminer et de contrôler le résultat imposable de l'année ou de l'exercice précédent. ". Aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration. ".
5. Si la société Marny Hôtel soutient que ses dettes envers la société RGB et M. A étaient toujours dans ses écritures comptables au titre de l'année 2016 et n'étaient pas liquidées, la seule production de l'extrait des grands comptes au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017 ne saurait démontrer l'existence de ces dettes au titre de l'année 2016 alors qu'il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que la requérante n'a produit aucun contrat de prêt ou échéancier et n'a pas justifié de la réalité et du bien-fondé de ces créances de tiers inscrites à son bilan. En outre, en se bornant à soutenir que la somme de 50 000 euros a été arbitrairement inscrite au titre de la vente d'un fonds de commerce à la société H2A Hôtellerie alors qu'elle avait été soldée en 2014 et que la comptabilité de la société Pax Hôtel est en cours de reconstitution à l'issue de laquelle des justificatifs seront apportés sur les règlements intervenus, la société Marny Hôtel ne démontre pas le caractère infondé et exagéré des impositions en litige.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, applicable en l'espèce : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. () ". Aux termes de l'article L. 80 B de ce livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. ".
7. La société Marny Hôtel ne saurait utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ni des énonciations du paragraphe n° 140 des commentaires administratifs publiés au bulletin officiel des finances publiques le 4 mars 2020 sous la référence BOI-CF-PGR-30-20 qui ne comportent aucune interprétation formelle de la loi fiscale différente de celle dont le présent jugement fait application, ni de l'absence de redressement opéré par l'administration au titre de la même charge comptabilisée à la clôture de l'exercice de l'année 2014, qui ne peut être regardée comme une prise de position formelle sur sa situation de fait au regard de la loi fiscale, au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
8. Les dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales, qui ont pour objet de permettre de surseoir au paiement des impositions lorsqu'il a été formé contre elles une réclamation contentieuse, n'ont de portée que pendant la durée de l'instance devant le tribunal administratif. Lorsque le tribunal s'est prononcé au fond, son jugement rend à nouveau exigibles les impositions dont il n'a pas prononcé la décharge. Par suite, la société Marny Hôtel n'est, en tout état de cause, pas fondée à demander au Tribunal de prononcer en leur faveur le bénéfice du sursis de paiement des impositions en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Marny Hôtel doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Marny Hôtel est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Marny Hôtel et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Belkacem, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026