mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2014925 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET EVERTAX SELARL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 septembre 2020 et 2 juillet 2021, M. et Mme A, représentés par le cabinet Everlaw Tax, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- dès lors que la soulte en litige n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus par M. A en rémunération des titres qu'il a apportés à la société luxembourgeoise IRIS Finance International, cette soulte pouvait bénéficier du sursis d'imposition prévu par les dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts, sans qu'aucune autre condition ne puisse être opposée aux requérants, le législateur ayant entendu accorder au contribuable un libre choix en la matière ;
- en tout état de cause, l'abus de droit n'est pas caractérisé et la soulte en litige est conforme à l'intention du législateur ;
- la stipulation de la soulte en litige au profit de M. A ne répondait pas à un but exclusivement fiscal ;
- l'administration ne pouvait pas qualifier la soulte en litige de revenu distribué sur le fondement du 3° de l'article 120 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 avril 2021 et 29 août 2022, le directeur chargé de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- les conclusions présentées par les requérants tendant à la décharge des impositions en litige sont irrecevables à concurrence du dégrèvement prononcé le 23 avril 2019 ;
- que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté pour M. et Mme A, a été enregistré le 10 mai 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 6 août 2021, M. et Mme A, représentés par le cabinet Everlaw Tax, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 dans la limite des droits et pénalités restant en litige à la suite du dégrèvement d'impôt sur le revenu prononcé par le service à concurrence de 1 244 160 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- dès lors que la soulte en litige n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus par M. A en rémunération des titres qu'il a apportés à la société luxembourgeoise IRIS Finance International, cette soulte pouvait bénéficier du sursis d'imposition prévu par les dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts, sans qu'aucune autre condition ne puisse être opposée aux requérants, le législateur ayant entendu accorder au contribuable un libre choix en la matière ;
- en tout état de cause, l'abus de droit n'est pas caractérisé et la soulte en litige est conforme à l'intention du législateur ;
- la stipulation de la soulte en litige au profit de M. A ne répondait pas à un but exclusivement fiscal ;
- l'administration ne pouvait pas qualifier la soulte en litige de revenu distribué sur le fondement du 3° de l'article 120 du code général des impôts.
La requête a été communiquée au directeur chargé de la direction nationale des vérifications de situations fiscales, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Un mémoire, présenté pour M. et Mme A, a été enregistré le 10 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
- et les observations de Me Dadi, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A détenait la totalité des 7 875 actions composant la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) IRIS FINANCE dont il était le dirigeant et associé unique, qu'il a apportés, le 26 octobre 2012, à la société de droit luxembourgeois IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA, créée le même jour. En contrepartie de cet apport, pour lequel une valeur de 40 000 000 d'euros a été retenue, 36 400 000 actions de la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA d'une valeur nominale de 1 euro ont été remises à M. A, ainsi qu'une soulte de 3 600 000 euros inscrite à son compte courant d'associé dans cette société. Cette soulte étant d'un montant inférieur à 10 % de la valeur nominale des titres reçus en rémunération de l'apport qu'il a consenti, M. A a estimé pouvoir placer la plus-value réalisée à l'occasion de l'opération, y compris la somme correspondant à la soulte, sous le régime du sursis d'imposition prévu par les dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts. L'administration a toutefois considéré que la rémunération partielle de l'apport au moyen d'une soulte était constitutive, en l'espèce, d'un abus de droit et a soumis en conséquence, au titre de l'année 2012, la somme correspondante à l'impôt sur le revenu entre les mains de M. et Mme A en tant que revenus distribués, en application des dispositions du 3° de l'article 120 du code général des impôts, ainsi qu'à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et aux contributions sociales. Par les présentes requêtes, M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions restant en litige à la suite du dégrèvement d'impôt sur le revenu prononcé par le service à concurrence de 1 244 160 euros.
Sur la jonction :
2. Les requêtes présentées par M. et Mme A sous les numéros 2014925 et 2116954 présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Par une décision du 23 avril 2019, l'administration a prononcé un dégrèvement d'office en matière d'impôt sur le revenu, à hauteur de 648 000 euros en droits et 596 160 euros en pénalités. Il suit de là que les conclusions présentées par les requérants dans la requête n° 2014925 tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujetties au titre de l'année 2012 sont irrecevables à concurrence de 1 244 160 euros. Elles doivent donc être rejetées dans la limite de ce montant.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
4. Aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la procédure d'imposition en litige : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'administration use des pouvoirs que lui confère ce texte dans des conditions telles que la charge de la preuve lui incombe, elle est fondée à écarter comme ne lui étant pas opposables certains actes passés par le contribuable, dès lors que ces actes ont un caractère fictif ou que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, s'il n'avait pas passé ces actes, aurait normalement supportées, eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. L'administration fiscale apporte cette preuve par la production de tous éléments suffisamment précis attestant du caractère fictif des actes en cause ou de l'intention du contribuable d'éluder ou d'atténuer ses charges fiscales normales. Dans l'hypothèse où l'administration s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au contribuable, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de la réalité des actes contestés ou de ce que l'opération litigieuse est justifiée par un motif autre que celui d'éluder ou d'atténuer ses charges fiscales normales.
5. Aux termes du I de l'article 150-0 B ter du code général des impôts, dans sa rédaction issue du B du I de l'article 18 de la loi du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012 : " L'imposition de la plus-value réalisée, directement ou par personne interposée, dans le cadre d'un apport de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres ou de droits s'y rapportant tels que définis à l'article 150-0 A à une société soumise à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent est reportée si les conditions prévues au III du présent article sont remplies. Le contribuable mentionne le montant de la plus-value dans la déclaration prévue à l'article 170. Les apports avec soulte demeurent soumis à l'article 150-0 A lorsque le montant de la soulte reçue excède 10 % de la valeur nominale des titres reçus. () ".
6. En instituant un mécanisme de sursis d'imposition, le législateur a entendu favoriser les restructurations d'entreprises susceptibles d'intervenir par échange de titres en évitant que l'imposition immédiate de la plus-value constatée à l'occasion d'une telle opération, alors que le contribuable ne dispose pas des liquidités lui permettant d'acquitter cet impôt, fasse obstacle à sa réalisation. Si, dans la version du texte applicable au litige, le sursis d'imposition bénéficie à la totalité de la plus-value résultant d'une opération d'apport avec soulte lorsque le montant de celle-ci n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus en rémunération de l'apport, le but ainsi poursuivi par le législateur n'est pas respecté si la stipulation d'une soulte au profit de l'apporteur en complément de l'attribution de titres de la société bénéficiaire de l'apport n'a aucune autre finalité que de permettre à celui-ci d'appréhender, en franchise immédiate d'impôt, des liquidités détenues par cette société ou par celle dont les titres sont apportés. Dans ce cas, l'administration est fondée, sur le fondement de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, à considérer qu'en stipulant l'octroi de cette soulte, les parties à l'opération d'apport ont recherché le bénéfice d'une application littérale des dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts à l'encontre des objectifs poursuivis par le législateur, dans le seul but d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'apporteur aurait normalement supportées.
7. En premier lieu, les requérants soutiennent que, dès lors que la soulte en litige n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus par M. A en rémunération des titres qu'il a apportés à la société luxembourgeoise IRIS Finance International, cette soulte pouvait bénéficier du sursis d'imposition prévu par les dispositions de l'article 150-0 B du code général des impôts, sans qu'aucune autre condition ne puisse leur être opposée, le législateur ayant entendu accorder au contribuable un libre choix en la matière. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, le but ainsi poursuivi par le législateur n'est pas respecté si la stipulation d'une soulte au profit de l'apporteur en complément de l'attribution de titres de la société bénéficiaire de l'apport n'a aucune autre finalité que de permettre à celui-ci d'appréhender, en franchise immédiate d'impôt, des liquidités détenues par cette société ou par celle dont les titres sont apportés. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que, dans la limite de 10 % de la valeur nominale des titres reçus en rémunération d'un apport dans le cadre d'une opération de restructuration, les dispositions précitées de l'article 150-0 B du code général des impôts permettent la stipulation d'une soulte sans considération des motifs de l'opération en cause et sans qu'aucune condition ne puisse leur être opposée.
8. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que, en tout état de cause, la stipulation de la soulte en litige répond aux objectifs fixés par le législateur. Or, ainsi qu'il a été dit au point 6, ce dernier a entendu favoriser les restructurations d'entreprises susceptibles d'intervenir par échange de titres en évitant que l'imposition immédiate de la plus-value constatée à l'occasion d'une telle opération fasse obstacle à sa réalisation. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A détenait la totalité des titres composant la SASU IRIS FINANCE apportés à la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA et qu'il est à la fois l'associé unique des sociétés parties à l'opération en litige et le seul bénéficiaire de celle-ci. En outre, ainsi que le fait valoir l'administration, la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA, qui a été créée pour porter les participations de M. A dans la SASU IRIS FINANCE, s'est appauvrie par le versement de la soulte inscrite au compte courant d'associé de l'intéressé sans qu'aucune contrepartie ne justifie cette charge financière. Dans ces conditions, la stipulation d'une soulte au profit de l'intéressé n'était pas nécessaire à l'adhésion des parties à cette opération et c'est à bon droit que l'administration a considéré que la stipulation d'une soulte au profit de M. A était contraire à l'intention du législateur.
9. En troisième lieu, les requérants font valoir que la stipulation de la soulte en litige au profit de M. A ne répondait pas à un but exclusivement fiscal et relèvent notamment qu'elle a permis la structuration de la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA et l'acquisition par cette dernière des sociétés COMPAGNIE FINANCIERE GENEVOISE 1855 en 2014, J. CHAHINE CAPITAL en 2017 et CREATERRA en 2019. Toutefois, si l'administration ne conteste pas l'intérêt économique de l'opération d'apport de titres ayant permis la constitution de la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA dans son ensemble, elle relève que les requérants n'apportent aucune justification économique de la soulte stipulée au profit de M. A. L'administration fait ainsi valoir, sans être contredite utilement sur ce point, que l'inscription de la soulte au compte courant d'associé de l'intéressé vaut mise à disposition de cette somme et que M. A a procédé à des prélèvements sur ce compte, à hauteur de 400 000 euros en 2013 et 1 556 469 euros en 2015. En outre, il résulte de l'instruction que la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA a décidé des distributions de dividendes de sa filiale IRIS FINANCE à son profit à hauteur de 1 350 000 euros au titre de l'année 2012 et 9 100 000 euros au titre de l'année 2013, démontrant ainsi qu'elle possédait les liquidités nécessaires pour permettre à M. A d'appréhender le montant de la soulte figurant au crédit de son compte courant d'associé et d'acquitter l'impôt sur la plus-value constatée à cette occasion. Il suit de là que l'administration apporte des éléments suffisamment précis pour démontrer que la stipulation d'une soulte au profit de M. A avait pour finalité d'appréhender, en franchise immédiate d'impôt, des liquidités détenues par la SASU IRIS FINANCE dont les titres ont été apportés à la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 120 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " Sont considérés comme revenus au sens du présent article : () / 3° Les répartitions faites aux associés, aux actionnaires et aux porteurs de parts de fondateur des mêmes sociétés, à un titre autre que celui de remboursement d'apports ou de primes d'émission. Une répartition n'est réputée présenter le caractère d'un remboursement d'apport ou de prime que si tous les bénéfices ou réserves ont été auparavant répartis ". L'article 18 de la convention franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958, dans sa version issue de l'avenant du 3 juin 2009, stipule que : " Les revenus non mentionnés aux articles précédents ne sont imposables que dans l'État du domicile fiscal du bénéficiaire ".
11. En l'espèce, les requérants soutiennent que le service ne pouvait pas qualifier la soulte en litige de revenu distribué au sens des dispositions précitées du 3° de l'article 120 du code général des impôts. Toutefois, d'une part, les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et, d'autre part et ainsi que le fait valoir l'administration, la société IRIS FINANCE INTERNATIONAL SA n'avait, au titre des années 2012 et 2013, aucune surface financière en dehors des remontées de dividendes de sa filiale IRIS FINANCE. L'appréhension en franchise immédiate d'impôt d'une partie de la soulte inscrite au compte courant d'associé de M. A a donc été réalisée grâce aux distributions tirées de ces dividendes. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a regardé la soulte en litige comme un revenu au sens des dispositions précitées du 3° de l'article 120 du code général des impôts.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur chargé de la direction nationale des vérifications de situations fiscales.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
Le président,
B. BACHOFFER La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2116954/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026