jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2015003 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 septembre 2020 et 24 février 2021, M. et Mme B, représentés par Me Guillot, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 453 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est entachée d'irrégularité en l'absence de motivation de la réponse aux observations qu'ils ont formulées sur la proposition de rectification ;
- la somme qu'ils ont versée pour reloger les anciens locataires de l'appartement qu'ils ont acquis en 1990 constitue une indemnité d'éviction déductible de leurs revenus fonciers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une réclamation du 24 juin 2019, M. et Mme B ont demandé à l'administration de prononcer le dégrèvement des impositions supplémentaires mises à leur charge au titre de l'année 2015, pour un montant total de 73 217 euros. Le 14 août 2020, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a rejeté cette réclamation. Par la présente requête, M. et Mme B demandent la décharge des impositions en litige.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ". Il résulte des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales que la proposition de rectification a pour objet de porter à la connaissance du contribuable les motifs de droit et de fait des rectifications envisagées afin qu'il puisse utilement les contester et n'a pas pour but de permettre à celui-ci d'engager un débat sur la régularité de la procédure d'imposition suivie. À ce titre, s'il est loisible au contribuable, dans ses observations, d'invoquer tout argument de fait ou de droit pour combattre les rectifications, l'administration n'est tenue dans sa réponse de la motiver que sur les points relatifs au bien-fondé des impositions supplémentaires.
3. Les requérants soutiennent que la procédure de rectification est entachée d'irrégularité au regard des dispositions précitées, dès lors que l'administration n'a pas motivé sa réponse aux observations qu'ils ont formulées sur la proposition de rectification dans un courrier du 20 juillet 2018. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par ce courrier, M. et Mme B ont accepté les rectifications proposées par l'administration sans en remettre en cause le bien-fondé. Dans ces conditions, le service vérificateur pouvait, comme il l'a fait par un courrier du 11 octobre 2018, se borner à prendre acte de cette acceptation et indiquer aux requérants que les éléments relatifs à la prise en compte de charges déductibles de leurs revenus fonciers devaient être présentés dans le cadre d'une réclamation contentieuse. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la réponse aux observations de M. et Mme B sur la proposition de rectification doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
4. Aux termes de l'article 13 du code général des impôts : " 1. Le () revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut () sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu () ". L'article 28 du même code dispose que : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Aux termes de l'article 31 de ce code dans sa rédaction applicable aux années d'impositions en litige : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () ; b) les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation () ; c) Les impositions () perçues, à raison desdites propriétés () ; d) Les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés () ". Aux termes de l'article L. 145-14 du code de commerce : " Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail. Toutefois, le bailleur doit, sauf exceptions prévues aux articles L. 145-17 et suivants, payer au locataire évincé une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement ".
5. D'une part, l'indemnité d'éviction versée, en cas de non-renouvellement du bail, au locataire commerçant en application de la législation relative aux baux commerciaux n'entre pas dans les charges de la propriété énumérées au 1 du I de l'article 31 précité. D'autre part, pour déterminer si une telle indemnité trouve sa contrepartie dans un accroissement du capital immobilier du bailleur ou doit être regardée comme une dépense effectuée par lui en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu, au sens de l'article 13 du code général des impôts, ou encore si ladite indemnité entre, le cas échéant, dans l'une et l'autre de ces catégories selon des proportions à fixer, il y a lieu de tenir compte des circonstances de l'espèce.
6. En l'espèce, M. et Mme B ont fait l'acquisition, en 1990, d'un logement loué et occupé sis 21, rue du Caire, dans le 2ème arrondissement de Paris. Ils ont conclu, l'année suivante, un protocole d'accord transactionnel avec les locataires de cet appartement par lequel ils se sont engagés, d'une part, à reloger ces derniers dans un autre logement situé dans la même rue et, d'autre part, à leur verser la différence entre le montant du loyer dû dans ce nouvel appartement et le montant qu'ils acquittaient pour la location du logement sis 21, rue du Caire, et ce jusqu'au décès du survivant des deux époux. En 2015, le montant du complément de loyer versé par M. et Mme B aux anciens locataires s'est élevé à 15 862 euros, somme dont les requérants soutiennent qu'elle constitue une indemnité d'éviction déductible de leurs revenus fonciers. Toutefois, il résulte de l'instruction que la transaction prévue par le protocole susmentionné, qui n'a pas eu pour but de payer à un locataire évincé une indemnité égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement d'un bail commercial, ne présente pas le caractère d'une indemnité d'éviction au sens des dispositions précitées du code de commerce. En outre, les requérants n'établissent pas avoir engagé cette charge. Par suite, et en tout état de cause, ils ne sont pas fondés à soutenir que la somme qu'ils ont versée pour reloger les anciens locataires de l'appartement sis 21, rue du Caire constitue une indemnité d'éviction déductible de leurs revenus fonciers.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
Le président,
B. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026