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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2015144

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2015144

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2015144
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantCABINET SISYPHE (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 septembre 2020, 4 novembre 2022 et 8 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Gardien, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) du 4 septembre 2020 ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 20 969,96 euros augmentée des intérêts au taux légal en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son absence de réintégration par la DGAC à l'issue de son placement en disponibilité ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'Etat a commis une faute en s'abstenant de la réintégrer à compter du 26 mars 2019 à l'issue de sa période de disponibilité pour convenance personnelle ; sa demande de réintégration a été formulée dans le respect du délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article 49 du décret du 16 septembre 1985 ; son administration ne lui a pas communiqué la liste des postes vacants, n'a pas pris de décision relative à sa réintégration et l'allocation d'assurance ne lui a pas été versée ;

- elle a subi un préjudice financier du fait de l'absence de versement de l'allocation d'assurance depuis le 26 mars 2019 jusqu'au jour de l'introduction de sa requête qui doit être évalué à 18 969,96 euros au titre de 547 jours indemnisables ;

- elle a subi un préjudice moral qui doit être évalué à 2 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 décembre 2021 et le 6 décembre 2022, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la lettre du 4 septembre 2020, laquelle ne constitue pas une décision faisant grief et qui ne sont pas motivées, sont irrecevables ;

- l'Etat n'est pas la personne responsable dès lors qu'il a conclu avec Pôle emploi une convention relative à la gestion de l'indemnisation du chômage de ses agents et qu'une attestation permettant à Mme A de faire valoir ses droits a été établie le 16 décembre 2020 et a été instruite par Pôle emploi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que, conformément aux textes en vigueur, l'activité exercée au sein de la DGAC n'a pas été prise en compte pour le calcul du montant de l'allocation et la durée d'indemnisation ; les sommes perçues par Mme A en 2021 se rapportent exclusivement à son activité de garde d'enfants.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Blusseau, conseiller ;

- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;

- et les observations de Me Gardien, avocat de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, alors adjointe d'administration principale affectée à la direction générale de l'aviation civile (DGAC), a été placée en position de disponibilité sur demande pour convenance personnelle à compter du 26 mars 2009 et, en dernier lieu, par un arrêté du 18 octobre 2018, pour une période d'un an à compter du 26 mars 2018. Par un courrier du 10 décembre 2018, elle a demandé à être réintégrée à l'issue de sa période de disponibilité. Par un courrier du 5 août suivant, la DGAC lui a indiqué que trois postes vacants lui seraient proposés et n'a pas formulé ensuite de proposition. Mme A a formé une demande préalable le 13 juillet 2020 afin d'être indemnisée des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de son absence de réintégration à laquelle l'administration a répondu par une lettre du 4 septembre 2020 lui demandant de fournir un certificat médical attestant de son aptitude à reprendre une activité. Mme A demande au tribunal d'annuler cette lettre et de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 20 969,96 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son absence de réintégration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par sa lettre du 4 septembre 2020 la DGAC s'est bornée, en réponse à la demande de réintégration de Mme A reçue le 11 décembre 2018, à lui demander de produire, dans le cadre de l'instruction de cette demande, un certificat médical établi par un médecin agréé attestant de son aptitude à reprendre une activité professionnelle. Ainsi que le fait valoir la DGAC en défense, une telle demande ne constitue pas une décision faisant grief. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la lettre du 4 septembre 2020 ne sont, en tout état de cause, pas recevables.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

3. Aux termes des dispositions de l'article 49 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire mis en disponibilité au titre du sixième alinéa de l'article 47 du présent décret est, à l'issue de la période de disponibilité ou avant cette date s'il sollicite sa réintégration anticipée, réintégré et réaffecté dans son emploi antérieur. / Dans tous les autres cas de disponibilité, la réintégration est subordonnée à la vérification par un médecin agréé et, éventuellement, par le comité médical compétent, saisi dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur, de l'aptitude physique du fonctionnaire à l'exercice des fonctions afférentes à son grade. / Trois mois au moins avant l'expiration de la disponibilité, le fonctionnaire fait connaître à son administration d'origine sa décision de solliciter le renouvellement de la disponibilité ou de réintégrer son corps d'origine. Sous réserve des dispositions du deuxième alinéa du présent article et du respect par l'intéressé, pendant la période de mise en disponibilité, des obligations qui s'imposent à un fonctionnaire même en dehors du service, la réintégration est de droit. / A l'issue de sa disponibilité, l'une des trois premières vacances dans son grade doit être proposée au fonctionnaire. S'il refuse successivement trois postes qui lui sont proposés, il peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / A l'issue de la disponibilité prévue aux 1°, 1° bis et 2° de l'article 47 du présent décret, le fonctionnaire est, par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, obligatoirement réintégré à la première vacance dans son corps d'origine et affecté à un emploi correspondant à son grade. S'il refuse le poste qui lui est assigné, les dispositions du précédent alinéa lui sont appliquées. / Le fonctionnaire qui a formulé avant l'expiration de la période de mise en disponibilité une demande de réintégration est maintenu en disponibilité jusqu'à ce qu'un poste lui soit proposé dans les conditions fixées aux deux alinéas précédents.() ".

4. Il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire mis en disponibilité pour convenance personnelle a le droit, notamment sous réserve de la vérification de son aptitude physique par un médecin agrée, d'obtenir sa réintégration à l'issue de la période de disponibilité.

5. Il résulte de l'instruction que Mme A a été placée en disponibilité, en dernier lieu, du 26 mars 2018 au 26 mars 2019 et qu'elle a demandé sa réintégration le 10 décembre 2018 par un courrier reçu le lendemain par son administration. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle a fait parvenir à son administration le certificat médical établi par un médecin agréé attestant de son aptitude à reprendre son activité professionnelle ni avec sa demande de réintégration ni en réponse à la lettre de la DGAC du 4 septembre 2020. Par suite, en refusant de faire droit à sa demande de réintégration à l'issue de sa période de disponibilité pour convenance personnelle, l'administration n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'indemnisation de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la direction générale de l'aviation civile (DGAC) et à Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Aubert, présidente,

M. Julinet, premier conseiller,

M. Blusseau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

Le rapporteur,

A. BLUSSEAU

La présidente,

S. AUBERT

La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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