mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2015478 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ALBERT ASSOCIES (ASSOCIATION) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2020 et le 28 avril 2022, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble sis 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs, représenté par Me Albert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 2 septembre 2020 par laquelle la Ville de Paris a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 95 294,34 euros au titre des travaux nécessaires à la réparation des sols de la copropriété ;
3°) de condamner la Ville de Paris à garantir le syndicat des copropriétaires au titre de toutes les condamnations qui pourraient éventuellement être prononcées à son encontre ;
4°) de condamner la Ville de Paris aux entiers dépens ;
5°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la responsabilité de la Ville de Paris est engagée sans faute sur le fondement du défaut d'entretien d'un ouvrage public ;
- l'expert judiciaire a estimé que les désordres affectant les sols de la copropriété trouvent leur origine dans l'obstruction d'une canalisation publique et à la non étanchéité d'un regard situé sur le domaine public engageant la responsabilité de la Ville de Paris à hauteur de 70 % ;
- il est fondé à solliciter après actualisation la somme de 95 294,34 euros au titre des travaux nécessaires pour consolider les sols et stabiliser les ouvrages.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 janvier 2022 et le 12 mai 2022, la Ville de Paris, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires requérant en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- la créance est prescrite ;
- les moyens invoqués par le syndicat des copropriétaires ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis,
- le décret n° 67-223 du 17 mars 1967 pris pour l'application de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Albert, représentant le syndicat des copropriétaires de l'immeuble sis 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et la SCI du 10 Passage Lisa, propriétaires d'une maison d'habitation et d'un cabinet médical respectivement, au sein de la copropriété de l'immeuble sis 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs, après avoir constaté plusieurs fissures dans leur propriété mitoyenne, ont saisi le tribunal de grande instance de Paris d'une demande de mesure d'expertise le 22 novembre 2010. Par une ordonnance du 7 décembre 2010, le tribunal de grande instance a ordonné une expertise confiée à M. C A, puis, le 10 avril 2013, a rendu commune cette expertise au syndicat des copropriétaires du 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs. Le rapport rendu par M. A le 10 octobre 2014, décrit des désordres importants, causés par le défaut d'étanchéité de canalisations privées et publiques ayant conduit à la formation d'une cavité sous les lots de M. B et de la SCI du 10 Passage Lisa. M. A concluait à un partage de la responsabilité entre M. B, la SCI du 10 Passage Lisa et la Ville de Paris à hauteur de 5%, 25% et 70%, respectivement. Le 16 février 2017, le syndicat des copropriétaires a été assigné, ainsi que d'autres défendeurs, devant le tribunal de grande instance par la SCI du 10 Passage Lisa en vue d'homologuer le rapport d'expertise de M. A. Par une ordonnance du 27 juillet 2019, le juge de la mise en état a déclaré la juridiction judiciaire incompétente pour se prononcer sur la responsabilité de la Ville de Paris. À la suite de cette ordonnance, le 9 septembre 2020, une assemblée générale extraordinaire des copropriétaires de l'immeuble du 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs a adopté une résolution autorisant son syndic, le cabinet Stein, à " initier les procédures nécessaires pour obtenir une indemnisation de la Ville de Paris ". Le syndic, par l'intermédiaire de son conseil, a formé une demande indemnitaire préalable, le 30 juin 2020, restée sans réponse. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires demande au tribunal de condamner la Ville de Paris à l'indemniser des travaux nécessaires à la réparation des sols de la copropriété.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il appartient toujours aux tiers, victimes desdits dommages, d'apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'ils allèguent avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et ces préjudices.
3. Il ressort de l'expertise ordonnée par le tribunal judiciaire de Paris, que les sols appartenant à la copropriété ont été affectés d'affouillements importants causés par des fuites d'eau provenant de canalisations situées sous et autour des propriétés de M. B et de la SCI du 10 Passage Lisa. L'expert a conclu à une part de responsabilité de la Ville de Paris en raison de ce que les canalisations situées dans le domaine public assurant l'évacuation des eaux usées et pluviales de ces propriétés étaient obstruées, fissurées et n'avait pas fait l'objet d'un entretient normal. Toutefois, la Ville de Paris a produit des dires nombreux aux fins de démontrer que les obstructions et les fissures à l'origine du dommage étaient situées en amont du réseau public, et attribuables à un mauvais entretien par M. B et la SCI de 10 Passage Lisa de leurs propres réseaux d'évacuation des eaux usées et pluviales.
4. Tant les rapports d'expertise que les photographies qu'ils contiennent, laissent présumer que l'affouillement s'est principalement formé le long du réseau de canalisations privé, la Ville de Paris produisant par ailleurs des éléments indiquant qu'aucun affouillement ne peut être constaté autour des installations publiques mises en causes par l'expertise judiciaire, le sol y étant sec et ne présentant pas de creusement. L'expert judiciaire rappelle que l'absence d'humidité dans l'environnement direct de ces installations s'explique par l'effet de refoulement des eaux en amont du réseau public, en raison de l'obstruction de celui-ci, qui aurait causé des affouillements autour des canalisations privées dont le caractère dégradé n'est pas contesté. Toutefois, ces conclusions de l'expert reposent sur des hypothèses qui, bien qu'étayées, ne permettent pas d'établir l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre les désordres affectant les sols du syndicat de copropriétaires requérant et les ouvrages dont la Ville de Paris avait la charge.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête et l'exception de prescription présentée en défense, que les conclusions indemnitaires de syndicat des copropriétaires du 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par le syndicat des copropriétaires requérant au titre des dépens doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le syndicat des copropriétaires requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires requérant les sommes demandées par la Ville de Paris au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat de la copropriété du 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Ville de Paris présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat de la copropriété du 5, 8, 8bis, 10 Passage Lisa / Impasse des trois sœurs et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
M. Théoleyre
Le président,
P. LaloyeLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2015478/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026