jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2016182 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | ZZ DESACTIVE_BASIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 octobre 2020 et le 2 juin 2022, la fédération CGT de la santé et de l'action sociale, représentée par Me Basic, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre des solidarités et de la santé a implicitement rejeté sa demande du 17 septembre 2020 tendant à ce qu'il ne pas tienne pas compte des clauses de l'accord relatif à la fonction publique hospitalière conclu le 13 juillet 2020 au titre du " Ségur de la santé " entre l'Etat, la Fédération hospitalière de France et trois organisations représentatives de fonctionnaires hospitaliers en vue de " rendre attractive la fonction publique hospitalière ", réservant la participation au comité de suivi et aux groupes de travails aux seules organisations signataires de cet accord et de la convier à y participer en sa qualité, non contestée, d'organisation syndicale représentative ;
2°) d'enjoindre aux instances organisatrices du " Ségur de la santé ", et notamment au ministre des solidarités et de la santé, de lui assurer un traitement égal à celui des autres organisations représentatives en la conviant sans délai à toutes les réunions de suivi et à l'ensemble des groupes de travail des accords du 13 juillet 2020 à venir, indépendamment de son statut de signataire ou de non-signataire desdits accords, et ce sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-sa requête est recevable, dès lors qu'elle justifie d'un intérêt à agir et que l'acte attaqué lui fait grief ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît la liberté syndicale, garantie notamment par le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- elle méconnaît l'article 8 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;
- elle méconnaît le principe de loyauté de la conduite des négociations collectives.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2022 et le 20 juin suivant, le ministre de la santé et de la prévention, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le syndicat requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 alors en vigueur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Belkacem,
- et les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La fédération CGT de la santé et de l'action sociale a demandé, le 17 septembre 2020 au ministre de la santé et de la solidarité qu'il ne tienne pas compte des clauses de l'accord relatif à la fonction publique hospitalière conclu le 13 juillet 2020 au titre du " Ségur de la santé " entre l'Etat, la Fédération hospitalière de France et trois organisations représentatives de fonctionnaires hospitaliers en vue de " rendre attractive la fonction publique hospitalière ", réservant la participation au comité de suivi et aux groupes de travails prévus par cet accord aux seules organisations signataires et de la convier à y participer en sa qualité, non contestée, d'organisation syndicale représentative. Du silence gardé par le ministre sur cette demande est née une décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait sollicité la communication des motifs de la décision attaquée. Par suite, et en tout état de cause, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si la requérante soutient que la décision attaquée méconnaît le principe de loyauté des négociations collectives, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des termes de la requête, que celle-ci ne vise pas " l'accord du Ségur ", mais la décision par laquelle le ministre des solidarités et de la santé a implicitement rejeté sa demande tendant à ce qu'il ne tienne pas compte des clauses de l'accord du Ségur. Par suite, le moyen est inopérant et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 8 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " Le droit syndical est garanti aux fonctionnaires () ". Aux termes de l'article 8 bis de la même loi alors en vigueur " I.- Les organisations syndicales de fonctionnaires ont qualité pour participer au niveau national à des négociations relatives à l'évolution des rémunérations et du pouvoir d'achat des agents publics avec les représentants du Gouvernement, les représentants des employeurs publics territoriaux et les représentants des employeurs publics hospitaliers. / II.- Les organisations syndicales de fonctionnaires ont également qualité pour participer, avec les autorités compétentes, à des négociations relatives : / 1° Aux conditions et à l'organisation du travail () ; / 2° Au déroulement des carrières et à la promotion professionnelle ; () / III.- Sont appelées à participer aux négociations mentionnées aux I et II les organisations syndicales disposant d'au moins un siège dans les organismes consultatifs au sein desquels s'exerce la participation des fonctionnaires et qui sont déterminées en fonction de l'objet et du niveau de la négociation. / Une négociation dont l'objet est de mettre en œuvre à un niveau inférieur un accord conclu au niveau supérieur ne peut que préciser ce dernier ou en améliorer l'économie générale dans le respect de ses stipulations essentielles. / IV.- Un accord est valide s'il est signé par une ou plusieurs organisations syndicales de fonctionnaires ayant recueilli au moins 50 % des suffrages exprimés en faveur des organisations habilitées à négocier lors des dernières élections professionnelles organisées au niveau auquel l'accord est négocié. " Ces dispositions impliquent, au titre du droit syndical reconnu par le sixième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, auquel se réfère celui de la Constitution du 4 octobre 1958, le droit, pour toute organisation syndicale de fonctionnaires représentative au sens du III de l'article 8 bis de la loi du 13 juillet 1983, de participer à des négociations ouvertes au niveau national sur un objet mentionné au I ou au II du même article, alors même que l'accord conclu au terme de telles négociations ne lie par l'administration et ne se substitue pas à la concertation à laquelle sa mise en œuvre législative ou réglementaire demeure le cas échéant subordonnée.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment des stipulations de l'accord du 13 juillet 2020, que celui-ci, d'une part, dresse la liste de vingt mesures convenues entre les signataires de l'accord et, d'autre part, détermine des sujets devant faire l'objet de mesures à définir. Le seul suivi de l'avancement de la mise en œuvre des mesures déjà prévues par l'accord et du respect des échéances fixées par celui-ci, le cas échéant en y consentant de simples aménagements ainsi que le permet l'accord, ne peut être regardé comme ouvrant une négociation au sens du point précédent. Il en est de même, de l'examen, par les " groupes de travail " rattachés au comité de suivi, du détail technique de cette mise en œuvre pour les catégories et corps de fonctionnaires relevant du champ de ces mesures, notamment s'agissant de la revalorisation des grilles de rémunération et de la rénovation du régime indemnitaire, dès lors que cette mise en œuvre, opérée dans le cadre des principes suffisamment précis fixés par l'accord lors de la négociation nationale ayant conduit à sa conclusion, demeure exclusive de l'ouverture, à l'occasion de son examen, de toute nouvelle négociation relevant des champs définis à l'article 8 bis de la loi du 13 juillet 1983. Enfin, si l'accord du 13 juillet 2020 prévoit par ailleurs la conduite de travaux spécifiques, notamment " sur la situation particulière des agents et des salariés des établissements sociaux et services médico-sociaux ", " sur l'évolution des métiers des ambulanciers et des assistants de régulation médicale ", sur " la revalorisation des indemnités pour travail de nuit et dimanche et jours fériés ", un état des lieux sur la formation, ou encore le développement de la négociation dans les établissements, il résulte de ses stipulations et des éléments produits par le ministre de la santé et de la prévention que ces travaux n'ont pas été confiés au comité de suivi, ni aux groupes de travail qui lui sont rattachés, mais à des personnes ou instances tierces, en vue de la préparation de mesures à venir, qui ont donné lieu à l'élaboration de projets de décret soumis à la discussion et à l'avis du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière, notamment le 4 août 2021 ou bien encore le 21 octobre suivant, par l'intermédiaire duquel la requérante a pu participer aux négociations. Dès lors, le moyen tiré de l'atteinte à la liberté syndicale doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Eu égard aux motifs qui en constituent le fondement, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, dans la présente instance, soit condamné à verser à la requérante, la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la fédération CGT de la santé et de l'action sociale est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la fédération CGT de la santé et de l'action sociale et au ministre de la santé et de la prévention.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Belkacem, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
N. BELKACEMLe président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2016182/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026