lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2016315 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ROCHETEAU ET UZAN-SARANO (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 2 octobre 2020 et 8 octobre 2021, M. A C, représenté par Me Athon-Perez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2020 par laquelle la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Paris Île-de-France a refusé de lui verser l'intégralité des heures complémentaires travaillées depuis 2016 ;
2°) de condamner la CCIR à lui verser la somme de 8 970 euros, correspondant au paiement de l'intégralité des heures complémentaires non payées depuis 2016 ;
3°) de condamner la CCIR à lui verser la somme totale de 134 812,93 euros correspondant à la réparation des préjudices nés du défaut de reclassement et des qualification et datation erronées de son licenciement et de l'illégalité de celui-ci ;
4°) de condamner la CCIR au versement des intérêts de droit à compter de la réclamation préalable et à leur capitalisation ;
5°) de mettre à la charge de la CCIR la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Paris Île-de-France ne l'a pas rémunéré au titre de 390 heures complémentaires réalisées et qu'elle doit, par conséquence, lui verser le traitement dû, estimé à 8 970 euros ;
- la responsabilité pour faute de la CCIR doit est engagée au titre du défaut de recherche de reclassement préalable à son licenciement, en méconnaissance des obligations posées par l'article 35-1 du statut des chambres de commerce et d'industrie en matière de reclassement des agents dont l'emploi est supprimé ;
- il a subi, du fait de cette décision de licenciement fautive, des préjudices nés de la perte de chance d'éviter le licenciement, d'anxiété et moral ;
- la CCIR a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant de qualifier son licenciement pour motif économique et en le datant eu 5 novembre 2019 et en datant ce licenciement au 5 novembre 2019 plutôt qu'au 16 septembre 2019 ;
- il a subi, de ce fait, des préjudices financiers dont un préjudice de 21 389 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2021, la chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France, représentée par la SCP Rocheteau et Uzan-Sarano, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952, ensemble le statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie ;
- l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie et des groupements interconsulaires ;
- le règlement particulier des enseignants des écoles technologiques des chambres de commerce et d'industrie adopté par la commission paritaire locale du 26 mars 2003 ;
- le règlement particulier des enseignants de la CCI Paris Île-de-France adopté par la commission paritaire régionale du 4 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Achard, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a été recruté le 6 octobre 1994 par la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Paris Île-de-France en qualité de professeur assistant à l'école Negocia. Il a été titularisé dans ces mêmes fonctions le 6 octobre 1995. Il a été affecté au poste d'enseignant chercheur au sein de l'école Novancia à compter du 1er janvier 2013. Par une délibération en date du 12 septembre 2019, l'assemblée générale de la CCIR a supprimé soixante-seize postes, dont celui occupé par M. C. Par un courrier du 16 septembre 2019, M. C a été informé de la suppression de son poste et s'est vu proposer trois offres de reclassement. Par une décision en date du 20 janvier 2020, la CCIR a notifié à M. C son licenciement prenant effet au 31 mars 2020 après l'accomplissement de son préavis. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 23 août 2020 par laquelle la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Paris Île-de-France a refusé de lui payer l'intégralité des heures complémentaires travaillées depuis 2016 et de condamner la CCIR à lui verser la somme de 8 970 euros à ce titre. Il demande également la condamnation de la CCIR à lui verser la somme totale de 134 812,93 euros correspondant à la réparation de l'ensemble des préjudices nés du défaut de reclassement, de la qualification et de datation erronées de son licenciement et de l'illégalité de celui-ci conduisant à une perte de revenus.
2. Aux termes de la loi du 10 décembre 1952 relative à l'établissement obligatoire d'un statut du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers : " La situation du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers de France est déterminée par un statut établi par des commissions paritaires nommées, pour chacune de ces institutions, par le ministre de tutelle. "
En ce qui concerne les heures complémentaires non rémunérées :
3. Aux termes de l'article 26 du statut applicable aux CCI, approuvé par l'arrêté du 25 juillet 1997 modifié relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie : " Durée du travail - Conformément au décret n° 2000-815 du 25 août 2000 et à la loi n°2004-626 du 30 juin 2004, la durée du travail est fixée à trente-cinq heures par semaine dans l'ensemble des services des Compagnies Consulaires. Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1607 heures maximum. Les Commissions Paritaires Régionales sont compétentes pour fixer les modalités de mise en œuvre de la réduction et de l'aménagement du temps de travail dans les limites susvisées, dans le cadre des règles de l'accord annexé au présent statut et de celles adoptées par la commission paritaire nationale du 21 décembre 1981 (). " Aux termes de l'article 4 du règlement particulier du corps professoral permanent de Novancia adopté par la commission paritaire locale du 11 décembre 2016 : " Les activités des enseignants sont organisées dans le cadre d'un plan de charge. / Le plan de charge se calcule sur l'année universitaire. / Les membres du Corps Professoral Permanent assurent un service de 1 528 heures annuelles (). " Aux termes de l'article 7 du même règlement : " La Direction peut proposer aux enseignants des activités complémentaires. La réalisation de ces activités ne peut être effectuée qu'après autorisation de la Direction et avec l'accord des intéressés, sauf urgence nécessitée par la continuité du service. / La rémunération des heures complémentaire est fixée par la DGA/ERF. / Un enseignant ne peut effectuer plus de 500 heures complémentaires par an. Ce plafond peut exceptionnellement être dépassé avec accord du Directeur de l'Etablissement. / Un bilan des heures complémentaires au-delà du plafond sera présenté chaque année en Comité Paritaire Pédagogique. "
4. Il résulte des termes des dispositions précitées qu'un membre du corps professoral permanent de l'école Novancia, d'une part, peut réaliser des heures complémentaires dans la limite de cinq-cents heures et, d'autre part, qu'il peut réaliser un nombre d'heures complémentaires supérieures à ce plafond sous réserve de recueillir l'accord du directeur de l'établissement et que le décompte d'heures supérieures à ce plafond soit présenté au comité paritaire pédagogique.
5. Par ailleurs, le premier alinéa de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics dispose que : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis (). " Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement. "
6. Lorsqu'un litige oppose un agent public à son administration sur le montant des rémunérations auxquelles il a droit, le fait générateur de la créance se trouve en principe dans les services accomplis par l'intéressé. Dans ce cas, le délai de prescription de la créance relative à ces services court, sous réserve des cas prévus à l'article 3 précité de la loi du 31 décembre 1968, à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle ils auraient dû être rémunérés, y compris lorsque le litige porte sur un prélèvement indu, à la condition qu'à cette date l'étendue de cette créance puisse être mesurée. Lorsque le préjudice allégué résulte non des règles relatives à la rémunération ou de leur application mais d'une décision individuelle explicite illégale, le fait générateur de la créance doit alors être rattaché, sous les mêmes réserves, non à l'exercice au cours duquel la décision a été prise, mais à celui au cours duquel elle a été valablement notifiée.
7. M. C soutient qu'il a travaillé, en plus du plafond annuel, trois-cent-quatre-vingt-dix heures complémentaires qui ne lui ont pas été rémunérées et qu'il doit, par suite, être rémunéré à hauteur de leur montant, soit 8 970 euros. La CCIR, en défense, fait valoir qu'elle ne peut rémunérer les heures complémentaires que l'intéressé a réalisées au-delà du plafond réglementaire de 500 heures complémentaires dès lors, ainsi qu'il a été dit au point précédent, qu'elle ne lui avait pas donné son accord préalable au dépassement du plafond et que le décompte d'heures finales réalisées n'a pas été présenté au comité paritaire pédagogique. Elle fait également valoir que les prétentions pécuniaires étaient prescrites en deçà du 1er janvier 2016. Toutefois, d'une part, en produisant le plan de charge des années litigieuses, qui indique le nombre d'heures complémentaires travaillées, dont l'administration reconnaît, en le versant elle-même au contradictoire, la validité, M. C établit avoir réalisé les heures complémentaires dont il se prévaut et cela en accord avec son administration. D'autre part, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la CCIR lui a versé en juillet 2016 la rémunération correspondant, pour l'année 2015-2016, aux 500 heures travaillées, au lieu des 633 heures qu'il sollicitait, le fait générateur de la prescription débutait à cette date et atteignait la créance litigieuse au 31 décembre 2020. Il résulte de ce qui précède que la créance de M. C qui a sollicité le paiement des heures complémentaires en cause depuis 2016, le 4 juin 2020, n'était alors pas atteinte par la prescription. Le requérant est donc fondé à prétendre au versement de la somme d'un montant non contesté de 8 970 euros, correspondant au paiement de l'intégralité des heures complémentaires non payées depuis 2016.
En ce qui concerne le défaut de reclassement :
8. Aux termes du deuxième paragraphe de l'article 35-1 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie : " Recherche de reclassement / Dans le même temps, la CCI employeur qui décide de prendre des mesures pouvant entrainer un ou plusieurs licenciements pour suppression de poste doit, comme mentionné ci-dessus, procéder obligatoirement à des recherches de reclassement au sein de l'ensemble des établissements consulaires de la région et au niveau de l'ensemble des établissements du réseau des CCI de France notamment à l'aide de la bourse à l'emploi du réseau consulaire (). Les agents susceptibles d'être concernés par un licenciement pour suppression de poste peuvent postuler sur l'un des emplois transmis par la CCI employeur dans le cadre de la recherche de reclassement. Dans ce cas, ils bénéficient d'une priorité de reclassement qui s'impose aux Présidents des CCIT concernées, rattachées à la CCI employeur bénéficiant d'une délégation de compétence en matière de recrutement (). "
9. Il résulte de ces dispositions qu'avant de prononcer le licenciement pour suppression d'emploi d'un agent soumis au statut du personnel des chambres de commerce et d'industrie, il appartient à la compagnie consulaire d'examiner les possibilités de reclassement de cet agent notamment en son sein, tant sur des emplois équivalents que sur des emplois de rang hiérarchique inférieur. Toutefois, ces dispositions ne sauraient être interprétées comme faisant obligation au président de la chambre de commerce et d'industrie, préalablement à tout licenciement pour suppression d'emploi, d'examiner les possibilités de reclassement de l'agent concerné sur des postes sans rapport avec sa qualification et son rang hiérarchique.
10. M. C fait grief à la CCIR de n'avoir pas cherché à le reclasser de façon sérieuse, de lui avoir proposé des postes inadaptés à ses compétences et à son état de santé et de n'avoir retenu sa candidature à un poste qui lui était proposé. Les chambres du commerce et de l'industrie constituant un réseau, ainsi que le consacre le titre premier du livre VII du code du commerce, l'obligation de rechercher un reclassement porte, en cas d'absence d'emploi vacant approprié dans la chambre de commerce et de l'industrie qui envisage de procéder au licenciement, sur les emplois correspondant aux compétences de l'agent dans l'ensemble des établissements du réseau.
11. En premier lieu, M. C soutient que de décembre 2016 à septembre 2019, la CCIR n'a engagé aucune démarche permettant de le reclasser et qu'elle ne l'a pas non plus aidé à compter de septembre 2019. Il fait valoir que le poste qui lui a été proposé à Sup de Vente lui a été refusé aux dépens d'un enseignant dont le poste n'était pas supprimé et qu'aucun autre poste proposé ne correspondait à ses compétences. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le poste à Sup de Vente en " management et leadership ", pour lequel l'intéressé avait d'ailleurs manifesté son intérêt par plusieurs courriels et au premier chef par celui du 19 février 2017 correspondait, contrairement à ce qu'il soutient, à son profil dès lors que le management figure parmi les compétences et compétences situationnelles inscrites dans ses fiches de poste respectives, qu'il a déclaré se former en management et qu'il a enseigné le digital management du 1er au 31 décembre 2017. En outre, il ne saurait utilement faire valoir que ce poste lui a finalement par la CCIR été refusé dès lors que par un courriel du 4 février 2018, il a expressément formulé aux personnes chargées du recrutement ses réserves quant à ce poste. D'autre part, il ressort des pièces produites par le requérant lui-même que la CCIR lui a proposé sept offres d'emploi correspondant à ses compétences, en particulier, au sein de la CCIR, deux postes de conseiller numérique et un poste de chargé de programmes numériques, par un courrier du 16 septembre 2019. Contrairement à ce qu'il soutient, ces postes du secteur numérique correspondaient à son profil, également orienté vers ce secteur. En outre, quatre autres offres lui ont été proposés dans le réseau consulaire, à savoir un poste de responsable du pôle entreprendre dans le Centre Val de Loire, chargé d'activité en Auvergne-Rhône-Alpes, conseiller en entreprises-commerce, service dans le Centre Val de Loire et conseiller en formation à la chambre de commerce et d'industrie de Rouen. Par ailleurs, M. C indique lui-même, dans un courriel du 25 mai 2019 qu'il produit, que la CCIR a continué à explorer des pistes pour trouver un poste d'enseignant dans une école parisienne. Dans ces conditions, M. C n'établit pas que la CCIR, qui lui a proposé sept postes adaptés à son profil et ses compétences, en son sein comme dans le réseau consulaire, a manqué à son obligation d'examiner les possibilités de reclassement.
12. En second lieu, si M. C établit, en produisant notamment un certificat médical du 4 juillet 2018, qu'il ne peut réaliser de longs trajets en voiture et que, par conséquent, le poste à Jouy-en-Josas qui lui était proposé était, au regard du temps de trajet par rapport à son domicile, inadapté à son état de santé, la seule circonstance qu'un des postes proposés est inadapté au profil professionnel ou médical de l'argent est sans incidence sur le respect, par la CCIR, de son obligation de recherche de reclassement, dès lors, ainsi qu'il a été dit au point 11, que de nombreux autres postes adaptés lui ont été proposés. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la chambre de commerce et d'industrie de la région Paris Ile-de-France a manqué à ses obligations en matière de reclassement Il ne peut donc pas prétendre à la condamnation de la CCIR à l'indemniser des préjudices qu'il allègue avoir subis à ce titre.
En ce qui concerne la qualification et la datation erronées du licenciement :
13. Aux termes de l'article L. 1233-3 du code du travail : " Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, (). " Aux termes de l'article L. 1233-1 du même code : " Les dispositions du présent chapitre sont applicables dans les entreprises et établissements privés de toute nature ainsi que, sauf dispositions particulières, dans les entreprises publiques et les établissements publics industriels et commerciaux. "
14. En premier lieu, M. C ne peut utilement soutenir que son licenciement aurait dû être qualifié de licenciement économique au sens des dispositions précitées de l'article L. 1233-3 du code du travail dès lors que les dispositions précitées de l'article L. 1233-1 du même code excluent l'application aux établissements publics administratifs des dispositions du chapitre III, relatif au licenciement pour motif économique, du titre III du livre II de la première partie de ce code. Il suit de là que l'article L. 1233-3 de ce code, inséré audit chapitre III, qui définit un licenciement pour motif économique comme le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d'une suppression ou transformation d'emploi ou d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques, ne s'applique pas aux agents titulaires des chambres de commerce et d'industrie. Par suite un licenciement, consécutif à une suppression d'emploi décidée sur le fondement des dispositions du 5° de l'article 33 du statut du personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie, pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié, ne constitue pas un licenciement pour motif économique au sens des dispositions de l'article L. 1233-3 du code du travail. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la CCIR aurait commis une faute en ne qualifiant pas son licenciement de licenciement pour motif économique.
15. En second lieu, M. C soutient qu'en datant son licenciement au 5 novembre 2019, la CCIR a retenu une date erronée qui lui a causé un préjudice financier, né du manque à gagner de l'allocation de retour à l'emploi et de la dégressivité de cette allocation. Il fait valoir que la décision de licenciement a été prise par validation, par l'assemblée générale de la CCIR, de la suppression de son poste intervenue le 16 septembre 2019 et non lors de l'entretien préalable du 5 novembre 2019. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le courrier du 16 septembre 2019 qui lui a été adressé mentionne explicitement qu'aucune décision de licenciement n'a été prise et qu'en raison de la suppression future du poste de M. C, la CCIR rechercherait à le reclasser. Ainsi il n'est pas fondé à soutenir que la décision décidant de son licenciement aurait été prise dès cette date.
16. Il résulte de ce qui précède que la CCIR qui n'a commis aucune faute ne peut être condamnée à verser des indemnités sollicitées au titre des préjudices allégués par M. C.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à prétendre au versement la somme de 8 970 euros, correspondant au paiement de l'intégralité des heures complémentaires non payées depuis 2016, assortie des intérêts au taux légal depuis la date de réception de sa réclamation du 4 juin 2020.
18. Enfin, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond même si, à cette date, les intérêts sont dus pour moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le requérant a demandé la capitalisation des intérêts le 2 octobre 2020 dans sa requête introductive d'instance. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 4 juin 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
20. En revanche, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme de 3 000 euros réclamée à ce titre par la CCIR sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France est condamnée à verser à M. A C la somme de 8 970 euros, correspondant au paiement de l'intégralité des heures complémentaires non payées depuis 2016, assortie des intérêts au taux légal depuis la date de réception de la réclamation du 4 juin 2020. Les intérêts échus à la date du 4 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la chambre de commerce et d'industrie de région Paris Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 6 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023.
Le rapporteur,
B. B
La présidente,
J. EVGENASLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2016315/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026