vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2016694 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BOIVIN ET ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 octobre 2020 et 23 mai 2022, la société Eiffage Génie Civil et la société Botte Fondations, représentées par Me Le Port, demandent au tribunal :
1°) de les décharger des pénalités d'un montant de 90 000 euros qui leur ont été appliquées dans le cadre de l'exécution du marché de travaux, conclu le 9 janvier 2017 avec SNCF Réseau, en vue de la suppression d'un passage à niveau et de la création d'un pont-rail à Verton ;
2°) de fixer le montant du décompte général et définitif de ce marché à la somme de 8 332 911,12 euros hors taxe (HT) ;
3°) de condamner SNCF Réseau à leur régler la somme de 2 135 411,27 euros HT, soit 2 562 493,52 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du solde de ce marché, somme assortie des intérêts moratoires, d'un montant de 137 554,65 euros, ayant couru entre le 9 février 2020 et le 9 octobre 2020, somme à parfaire jusqu'à la date de règlement des sommes dues, et de la capitalisation de ces intérêts à compter du 9 février 2021 ;
4°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 7 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles ont droit au paiement des travaux supplémentaires qu'elles ont réalisés dans les conditions rappelées dans leur mémoire de réclamation ;
- la société Eiffage Génie Civil est ainsi fondée à demander une rémunération complémentaire d'un montant de 2 726,73 euros HT compte tenu de l'erreur sur la quantité retenue dans le projet de décompte final du 3 juillet 2019 pour l'application du prix nouveau PN6 ;
- elle a droit, au titre du prix nouveau PN7, au paiement d'une somme de 9 870 euros HT au lieu de la somme de 720 euros HT acceptée par SNCF Réseau compte tenu des prestations et des travaux supplémentaires nécessaires au transport et à l'installation des caniveaux de type GM ;
- elle a doit, au titre du prix nouveau PN9, au paiement d'une somme de 56 000 euros HT au lieu de la somme de 11 200 euros HT acceptée par la SNCF Réseau, relatif à l'auscultation automatisée des palplanches, dispositif non contractuellement prévu et exigé par SNCF Réseau en cours d'exécution du marché ;
- elle a droit, au titre du prix nouveau PN14, au paiement d'une somme de 6 100 euros HT correspondant aux études d'exécution qu'elle a dû entreprendre concernant la création d'un portique de récupération des eaux en raison de la carence de SNCF Réseau dans son rôle de concepteur du projet, ces prestations étant indispensables à la réalisation, dans les règles de l'art, de l'ouvrage qui lui a été confié ; ces prestations supplémentaires justifient par ailleurs une prolongation de dix jours du délai contractuel d'exécution du marché ;
- elle peut prétendre également au paiement, concernant le prix nouveau PN15, d'une somme de 16 502,53 euros HT, compte tenu de la pose de joints aux reprises de bétonnage qu'elle a été tenue de réaliser et qui n'était pas prévue par le marché ; cette prestation imprévue justifie une prolongation de cinq jours du délai d'exécution du marché ;
- elle a droit à une révision du prix PN16 relatif aux armatures complémentaires, à hauteur de 146 896 euros HT compte tenu d'une hausse des coûts de l'acier ; sa demande de révision de prix est justifiée dès lors que l'article 9.2 du cahier des prescriptions spéciales qui stipule que les prix sont fermes, méconnaît l'article 18 du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 qui imposait aux marchés de travaux d'intégrer une clause de révision des prix ; l'augmentation de la quantité d'armatures a occasionné un allongement du délai de mise en œuvre qui justifie une prolongation du délai d'exécution du marché de quinze jours ;
- elle a droit, au titre du prix nouveau PN17, au paiement à hauteur de 43 437 euros HT des études complémentaires qu'elle a dû mettre en œuvre en raison du caractère inabouti des études de projet de SNCF Réseau, concernant le profil et les altimétries des poutres de couronnement Nord et Sud et des arases supérieures des pieux de soutènement, l'altimétrie du lit de tirants supérieurs sous le pont-rail, le système d'attache des butons, et la trémie ;
- elle peut prétendre, au titre du prix nouveau PN19, au versement de la somme de
12 416 euros HT correspondant au coût des études associées à la réalisation de pièces permettant la fabrication d'appuis métalliques provisoires autres que ceux prévus par le marché et qui étaient indispensables à la réalisation dans les règles de l'art des ouvrages ;
- elle peut prétendre, au titre du prix nouveau PN20, à la somme de 35 208,96 euros HT correspondant à la modification du type de palplanches, indispensable à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art ;
- elle a droit, au titre du prix nouveau PN21, au paiement d'une somme de 34 360 euros HT au titre de la mise en place de contre-platines dans la poutre de couronnement, dispositif conçu en raison du refus de SNCF Réseau d'utiliser des goujons soudés, type ancrage, initialement prévus par le marché ; ces travaux non prévus ont occasionné dix jours d'allongement de la durée d'exécution du marché qui ne lui sont pas imputables ;
- la société Botte Fondations est fondée à solliciter le paiement d'une somme de 64 955 euros HT compte tenu de la modification par SNCF Réseau de l'importance du recouvrement entre les pieux prévus au contrat, passant de dix centimètres à quinze centimètres, et ayant nécessité la réalisation de trente pieux supplémentaires ; elle a droit, à ce titre, à une prolongation du délai d'exécution de deux jours ;
- elle peut prétendre également à la somme de 47 025 euros HT au titre de travaux supplémentaires demandés par SNCF Réseau et non prévus par le marché consistant en un ragréage lisse effectué sur 75% de la surface des parois des pieux sécants ;
- elle a droit au paiement de la somme de 88 144 euros HT au titre de la fourniture de contre-platines de fixation des butons définitifs et de la somme de 45 416 euros HT au titre de la fourniture des connecteurs platines dès lors que ces prestations n'étaient pas initialement prévues au marché ;
- elle a droit au paiement de la somme de 31 559,22 euros HT compte tenu de la nécessité de recourir à sept butons provisoires jusqu'à la réalisation du radier, et de la somme de 8 334 euros HT compte tenu de l'installation provisoire de deux liernes permettant la tenue des rideaux de palplanches, ces deux prestations n'étant pas prévues par le marché ;
- elle a droit au paiement d'une somme de 25 153,20 euros HT compte tenu de la surconsommation de coulis lors de la réalisation des tirants provisoires sur les rideaux de palplanches qui constitue une sujétion technique imprévue et imprévisible ;
- elle a droit au paiement des travaux de reprise d'une partie des pieux, à savoir la somme de 470 457 euros HT au titre des injections réalisées entre le 2 juillet 2018 et le 14 septembre 2018, la somme de 655 996 euros HT au titre des travaux de réparation des pieux déviés et la somme de 126 797 euros HT au titre des coûts d'études, d'encadrement et de géomètre pour la réalisation de ces travaux de reprise ; elle est en outre fondée à obtenir une prolongation de délai de 69 jours en raison de ces difficultés imprévisibles rencontrées dans la réalisation des pieux ;
- les pénalités appliquées à hauteur de 90 000 euros ne sont pas motivées et sont infondées dès lors que le retard de 180 jours sur le délai global d'exécution des études et des travaux du marché ne leur est pas entièrement imputable ; les retards sont le fait des travaux supplémentaires imputables à SNCF Réseau pour 146 jours et des intempéries imprévisibles pour 8 jours ; seul un retard de 5 jours reste imputable à la société Botte Fondations de sorte que les pénalités dues doivent être fixées à la somme de 2 500 euros ;
- elles ont droit à l'application des intérêts moratoires, au taux de 8%, à compter du
9 février 2020 sur la somme de 2 562 493,52 euros TTC dont SNCF lui est redevable au titre du solde du marché, ainsi qu'à la capitalisation de ces intérêts à compter du 9 février 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 octobre 2021 et 7 juin 2022, SNCF Réseau, représenté par Me Memlouk, conclut :
1°) au rejet de la requête des sociétés Eiffage Génie Civil et Botte Fondations ;
2°) à ce que soit mise à la charge des sociétés requérantes la somme de 7 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande au titre du prix nouveau PN6 d'un montant de 2 726,73 euros HT relatif au ciment PMS est irrecevable car forclose en tant qu'elle excède le montant figurant dans le projet de décompte final qui cristallise les demandes formulées par le groupement ;
- le moyen tiré de la nullité des stipulations de l'article 9.2 du cahier des prescriptions spéciales est inopérant dès lors que l'article 18 du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 qui imposait aux marchés de travaux une clause de révision des prix n'est pas applicable au marché en litige ; en tout état de cause, il n'est pas fondé ;
- les autres demandes sont infondées ;
- les pénalités de retard qui n'avaient pas à être motivées, sont justifiées dans leur principe et leur montant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux passés par RFF et/ou la SNCF, dans sa version n° 2 du 24 novembre 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Port, représentant les sociétés Eiffage Génie civil et Botte Fondations, et de Me Gaboriau, représentant SNCF Réseau.
Considérant ce qui suit :
1. Par une commande n°27340-0000064914, conclue le 16 mars 2017 et notifiée le 29 mars suivant, l'établissement public SNCF Réseau, agissant en tant que maître d'ouvrage et maître d'œuvre, a confié à un groupement d'entreprises constitué de la société Eiffage Génie Civil, mandataire du groupement, et des sociétés Botte Fondations, Etandex et Lefrançois TP, un marché de travaux pour la création d'un pont-rail avec suppression d'un passage à niveau à Verton (Pas-de-Calais) sur la ligne Longueau-Boulogne-Ville. Ce marché, conclu principalement à prix unitaires, prévoyait un montant estimatif total de 5 499 023,89 euros hors taxes (HT), dont 3 026 823,89 euros HT au titre des ouvrages d'art réalisés par la société Eiffage Génie Civil, et
1 551 885 euros HT pour les travaux de fondations profondes réalisés par la société Botte Fondations, et un délai global d'exécution de 544 jours calendaires à compter du 3 avril 2017, date fixée par l'ordre de service n°1 du 31 mars 2017, soit une date d'achèvement au 28 septembre 2018. Les travaux, objet de cette commande, ont été réceptionnés par procès-verbal dressé le 26 avril 2019, accepté le 17 mai suivant, avec une date d'achèvement des travaux fixée au 11 avril 2019. En réponse au projet de décompte final adressé par le mandataire du groupement le 3 juillet 2019, d'un montant total de 8 364 475,24 euros HT, et faisant ressortir un solde en sa faveur de 1 589 590 euros HT, SNCF Réseau lui a notifié, par ordre de service n° 24 du 28 novembre 2019, un décompte général s'établissant à la somme de 6 415 218,45 euros HT, incluant des pénalités de retard d'un montant total de 90 000 euros, et correspondant à un solde de 357 978,98 euros TTC en faveur du groupement. Par courrier du 9 janvier 2020, la société Eiffage Génie Civil a retourné au maître d'œuvre le décompte général signé avec réserves et a joint un mémoire en réclamation fixant le montant du décompte général du marché à la somme de 8 332 911,12 euros HT. L'établissement public SNCF Réseau, devenu la société anonyme (SA) SNCF Réseau à compter du 1er janvier 2020, ayant opposé un rejet implicite à son mémoire en réclamation, la société Eiffage Génie Civil et la société Botte Fondations demandent au tribunal de les décharger des pénalités prononcées à leur encontre et de condamner SNCF Réseau à leur payer la somme de 2 135 411,27 euros HT au titre du règlement du solde du marché, assortie des intérêts et de leur capitalisation.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les travaux supplémentaires :
2. Le prestataire a le droit d'être indemnisé du coût des prestations supplémentaires indispensables à l'exécution du marché dans les règles de l'art, sauf dans le cas où la personne publique s'est préalablement opposée, de manière précise, à leur réalisation.
S'agissant des demandes de la société Eiffage Génie Civil :
Quant au PN 6 " ciment PMES " :
3. Aux termes de l'article 10.11 du cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux de la SNCF : " Les prix sont réputés comprendre toutes les dépenses résultant de l'exécution des travaux, y compris les frais généraux, impôts et taxes, et assurer à l'entrepreneur une marge pour risques et bénéfice. Ils sont indiqués dans le marché hors taxe sur la valeur ajoutée (TVA). / A l'exception des seules sujétions mentionnées dans le marché comme n'étant pas couvertes par les prix, ceux-ci sont réputés tenir compte de toutes les sujétions d'exécution des travaux qui sont normalement prévisibles à la remise des offres et dans les conditions de temps et de lieu où s'exécutent ces travaux, telles que : / -les phénomènes naturels, /-les contraintes liées à l'utilisation du domaine public et au fonctionnement des services publics, / -les contraintes liées à la présence de canalisations, conduites et câbles de toute nature, ainsi qu'aux chantiers nécessaires au déplacement ou à la transformation de ces installations, /-la réalisation simultanée d'autres ouvrages. () ". Aux termes de l'article 10.3 de ce cahier : " () Est réputé prix unitaire tout prix qui n'est pas forfaitaire au sens défini ci-avant, notamment tout prix qui s'applique à une partie d'ouvrage, ou à un élément d'ouvrage dont les quantités ne sont indiquées dans le marché qu'à titre prévisionnel. Ces prix unitaires sont soit ceux d'une série de prix affectés d'une minoration ou d'une majoration fixées au marché, soit ceux d'un bordereau évalué par l'entrepreneur. () ". Aux termes de l'article 11.13 du même cahier : " Dans le cas d'application d'un prix unitaire, la détermination de la somme due s'obtient en multipliant ce prix par les quantités élémentaires exécutées correspondantes ou par le nombre d'éléments d'ouvrage mis en œuvre. ". L'article 9.1.1 du cahier des prescriptions spéciales du marché en litige stipule : " Les fournitures et travaux repris au bordereau de prix propre au présent marché sont réglés aux prix nets unitaires hors taxes de ce bordereau complété par l'Entrepreneur et joint au marché. () ". Selon l'article 10.1 de ce cahier : " Dans le cas de travaux à l'unité de mesure, le mesurage définitif constituant les métrés détaillés et justifiés des ouvrages ou parties d'ouvrages terminés est réalisé par l'Entrepreneur et validé par le Maître d'œuvre. ".
4. La société Eiffage Génie Civil soutient qu'elle a droit à être rémunérée à hauteur de 26 909,73 euros HT au titre de l'application du prix nouveau (PN) 6 relatif au ciment PM-ES. Toutefois, en se bornant à renvoyer au relevé manuscrit des métrés qu'elle estime avoir réalisés, joint à son mémoire de réclamation adressé le 9 juin 2020, et qui n'a été ni établi contradictoirement ni validé par le maître d'œuvre, la requérante qui invoque une erreur de plume n'atteste pas des quantités réellement exécutées justifiant que lui soit allouée une rémunération supérieure au prix définitif qui avait été fixé par ordre de service 19 du 27 février 2019 à la somme de 24 183 euros et qu'elle avait repris dans son projet de décompte final avant d'en contester le montant dans son mémoire de réclamation. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par SNCF Réseau, la demande de rémunération complémentaire présentée par la société requérante au titre du PN6 doit être rejetée.
Quant au PN 7 " caniveau de type GM " :
5. Le société Eiffage Génie Civil demande une indemnisation complémentaire d'un montant de 9 150 euros HT au titre de l'acheminement et de la mise en œuvre de caniveau de type GM pour la protection des câbles et réseaux. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction que le détail estimatif des prix du marché rémunérait la fourniture et la mise en place des caniveaux à câbles et leurs couvercles à simple compartiment selon le prix n° 30B 65 023 00, ainsi que les couvercles de caniveau d'écoulement des eaux ou de jonction selon le prix n° 30B 65 026 00. D'autre part, il résulte de l'instruction que, conformément au procès-verbal de soutenance signé par la société Eiffage Génie Civil le 24 janvier 2017 lors de la phase d'appel d'offres, le groupement a confirmé que son offre, laquelle fait partie des pièces contractuelles du marché en vertu de l'article 4 du cahier des prescriptions spéciales, intégrait les moyens de protection des réseaux SNCF pour en éviter la détérioration et qu'il adaptait son phasage en raison de la présence de ces réseaux. Si la requérante fait valoir que le dispositif de protection initialement envisagé n'était pas celui qui a dû finalement être mis en place en raison de la présence des câbles, ce que reconnaît SNCF Réseau, il résulte de l'article 10.11 du cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux de la SNCF, cité au point 3, que les prix tiennent compte des sujétions d'exécution telles que les contraintes liées à la présence de canalisation et câbles de toute nature, tandis que le bordereau de prix du marché ajoutait que ces sujétions pouvaient également découler de la nécessité de n'apporter aucune gêne à la circulation ferroviaire. Dans ces conditions, et alors qu'elle ne produit pas dans la présente instance le devis n° 7 décrivant les prestations qu'elle estime avoir réalisées à ce titre pour un montant total de 9 870 euros HT, la société Eiffage Génie Civil n'est pas fondée à solliciter une rémunération complémentaire par rapport au montant de 720 euros HT que SNCF Réseau, qui a fourni à titre gracieux les caniveaux de type GM, lui a alloué au titre du transport selon un ordre de service n° 3. A cet égard, la requérante ne produit pas davantage cet ordre de service qu'elle indique avoir signé avec réserves. Sa demande doit donc être rejetée.
Quant au PN 9 " auscultation automatisée des palplanches " :
6. Il résulte de l'instruction que, par ordre de service n° 4, SNCF Réseau a demandé au groupement de réaliser l'auscultation automatisée des palplanches pour un montant de 11 200 euros HT. Si elle soutient que cette prestation a nécessité la fabrication et la mise en place d'un support spécifique permettant de positionner la station de mesure sur la poutre de couronnement du rideau de pieux sécants adjacents, la mise en place de vingt-quatre prismes sur les palplanches et de huit prismes de référence, le paramétrage du système, l'acquisition des données et la gestion des résultats durant trois mois et demi et le repli du matériel et diverses finitions, la société Eiffage Génie Civil qui ne produit ni l'ordre de service en question qu'elle indique avoir signé avec réserves ni le devis n°9 correspondant aux prestations supplémentaires alléguées, n'apporte aucun élément permettant de justifier une valorisation complémentaire, d'un montant de 44 800 euros, au titre de ces prestations. Dès lors, sa demande ne peut qu'être rejetée.
Quant au PN 14 " création du portique de récupération des eaux " :
7. Aux termes du point 1.2 du bordereau de prix qui fait partie des pièces contractuelles en vertu de l'article 4 du cahier des prescriptions spéciales : " La réalisation du réservoir au droit du point bas, tel que décrit dans la notice descriptive, est rémunérée par les prix unitaires du détail estimatif. Ces prix couvrent l'ensemble des sujétions particulières liées à la réalisation de ce réservoir. ". Selon l'article 2.2.2 de la notice descriptive : " Un réservoir de collecte des eaux de ruissellement de la chaussée, de dimension 1,4m (hauteur) x 4m (largeur), est donc à prévoir au droit du point bas, sur toute la largeur de la chaussée. Ce réservoir dirige les eaux vers les pompes de refoulement (hors marché) situées sous la piste cyclable, toujours au droit du point bas. () ". L'article 2.3.2.5 de cette notice précise que : " Au droit du point bas, les radiers de ripage sont abaissés afin de permettre l'implantation du réservoir de collecte des eaux de ruissellement de la chaussée () ".
8. La société Eiffage Génie Civil soutient qu'elle a dû réaliser un portique de récupération des eaux qui n'était pas prévu contractuellement alors qu'il était indispensable à l'exécution du marché dans les règles de l'art. Toutefois, il résulte des stipulations citées au point précédent que la réalisation du réservoir était rémunérée en tenant compte de l'ensemble des sujétions particulières. Au demeurant, la société requérante qui soutient, sans l'établir, que ce portique devait être installé par le titulaire du lot d'un marché de voirie conclu par le conseil départemental du Pas-de-Calais, ne saurait soutenir que SNCF Réseau aurait commis une faute contractuelle dans la conception du projet. Dans ces conditions, la requérante qui reconnaît que les coûts associés à la réalisation du portique ont été repris dans le métré du projet, n'est pas fondée à demander une rémunération complémentaire, d'un montant de 6 100 euros HT, pour les études d'exécution qu'elle a dû réaliser en vue de la création du portique, et ce alors que le détail estimatif (prix 30A 21 002 00) prévoyait une rémunération globale pour les études d'exécution des ouvrages d'art.
Quant au PN 15 " Joints de reprises de bétonnage " :
9. Selon le bordereau de prix " Ouvrage d'art, ouvrages en terre, hydraulique, terrassement et travaux d'environnement ", référence IN02532, lequel fait partie des pièces contractuelles en vertu de l'article 4 du cahier des prescriptions spéciales, " les prix de béton comprennent toutes les fournitures et façons pour la confection, le transport et la mise en place du béton, sa protection et son traitement jusqu'à la réception, les traitements soignés des surfaces de reprise, la vibration (), la préparation du support béton conformément aux pièces du marché pour l'exécution des travaux d'étanchéité, le rebouchage des trous de fixation des coffrages, les sujétions de mise en zone de reprise sous œuvre. "
10. La société Eiffage fait valoir que les études d'exécution ont mis en évidence la nécessité d'installer des joints de dilatation en béton de deux centimètres d'épaisseur entre les plots de poutres de couronnement, de contrevoies et de voiles cyclo-piéton. Elle sollicite en conséquence une indemnité d'un montant de 16 503,53 euros HT pour la réalisation de cette prestation qui n'était pas, selon elle, prévue au marché et qui résulterait d'une faute du maître d'ouvrage dans la conception du projet. Toutefois, cette prestation consistant en l'application d'un mastic pour traiter les joints situés entre les reprises de bétonnage instaure nécessairement une sujétion contractuelle comprise dans le bordereau de prix cité au point précédent, et ce alors qu'en vertu de l'article 1.4 du cahier des prescriptions spéciales, l'entrepreneur était tenu à une obligation de résultat et que l'article 6.2 de ce même cahier précisait que les matériaux devaient toujours être mis en œuvre suivant les règles de l'art. La demande de la requérante, laquelle ne produit pas au demeurant, le devis n°9 relatif à ces prestations, doit donc être rejetée.
Quant au PN 16 " armature complémentaires et révision des prix " :
11. Aux termes de l'article 18 du décret n°2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics : " I. - Les dispositions du présent article s'appliquent à l'Etat, à ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, aux collectivités territoriales, à leurs établissements publics et à leurs groupements. () / VI. - Les marchés publics d'une durée d'exécution supérieure à trois mois qui nécessitent pour leur réalisation le recours à une part importante de fournitures, notamment de matières premières, dont le prix est directement affecté par les fluctuations de cours mondiaux comportent une clause de révision de prix incluant au moins une référence aux indices officiels de fixation de ces cours, () ". Aux termes de l'article 9.2 du cahier des prescriptions spéciales : " Les prix du présent marché sont fermes. ".
12. Si la société Eiffage soutient que l'article 9.2 du cahier des prescriptions spéciales méconnaît l'article 18 du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics qui impose aux marchés de travaux d'intégrer une clause de révision des prix incluant au moins une référence aux indices officiels de fixation de ces cours, il ressort des termes mêmes de cet article que ces dispositions ne sont applicables qu'à l'Etat et à ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial. Or, à la date de signature du marché litigieux, SNCF Réseau était un établissement public national à caractère industriel et commercial, de sorte que ces dispositions n'étaient pas applicables au marché en litige. Dans ces conditions, et alors que l'article 10.22 du cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux de la SNCF n'impose aucune obligation de prévoir une clause d'actualisation ou de révision des prix du marché, la société Eiffage Génie Civil n'est pas fondée à invoquer la nullité des stipulations de l'article 9.2 du cahier des prescriptions spéciales du marché et à solliciter en conséquence une révision des prix PN16 relatif aux armatures complémentaires à hauteur de 146 896 euros HT, pour tenir compte de la hausse des coûts de l'acier.
Quant au PN 17 " moyens d'études complémentaires " :
13. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre. A cet égard, la défaillance de l'un des intervenants à l'opération de travaux ne saurait être regardée comme une sujétion imprévue.
14. La requérante sollicite une indemnité d'un montant total de 43 437 euros HT pour les études complémentaires qu'elle indique avoir dû réaliser en raison des insuffisances des études d'exécution qui traduiraient un manquement du maître d'œuvre à sa mission définie par le décret n°93-1268 du 29 novembre 1993 alors en vigueur. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le détail estimatif prévoyait une rémunération globale et forfaitaire pour les études d'exécution des ouvrages d'art. D'une part, la défaillance alléguée du maître d'œuvre qui n'est, au demeurant, aucunement démontrée en l'espèce, ne saurait ni être regardée comme une sujétion imprévue ni engager à elle seule la responsabilité du maître d'ouvrage. D'autre part, si la requérante indique d'abord que le groupement a dû déterminer le profil et les altimétries des poutres de couronnement Nord et Sud ainsi que des arases supérieures des pieux de soutènement, il résulte de l'article 4.3.2 de la notice descriptive que l'entrepreneur était tenu, pour l'établissement des plans d'exécution et notamment du plan d'implantation, de procéder sur place, et avant tout commencement des études d'exécution et des travaux, à tous les relevés nécessaires à la définition de la géométrie de l'ouvrage, ces relevés étant compris dans les prix du marché. Si la société Eiffage Génie Civil soutient encore qu'elle a dû reprendre intégralement la conception du rideau de palplanches et du pont-rail en raison des erreurs sur l'altimétrie du lit de tirants supérieurs et de l'encombrement de la foreuse, il résulte de l'article 4.3.1 de la même notice que les cotes figurant sur les dessins joints au marché n'étaient données qu'à titre indicatif. Au demeurant, la requérante ne justifie pas de la réalité des études de reprise qu'elle affirme avoir réalisées. Si elle reproche au maître d'œuvre de n'avoir fourni aucun détail dans le document de consultation des entreprises (DCE) sur le système d'attache des butons, le même article 4.3.1 précisait que les dessins de projet ne représentaient que les caractéristiques de base des ouvrages, ne donnant pas tous les détails, notamment sur la conception et le dimensionnement des divers éléments ou parties d'ouvrages, et les équipements, lesquels étaient à établir par l'entrepreneur. En outre, l'article 2.3.2.8 de la notice précisait que les butons devaient être encastrés à leurs extrémités au moyen de platines munies de connecteurs et l'entreprise devait, dans le cadre de ses études d'exécution, concevoir le détail d'attache des butons sur la longrine de façon à pouvoir remplacer les butons. Enfin, la requérante soutient qu'elle a dû réaliser des études et reprises en raison des nombreuses modifications structurelles de la trémie et renvoie notamment à ses notes de calcul annexées à son mémoire de réclamation. Toutefois, elle n'apporte pas d'éléments permettant de caractériser sur ce point une faute de SNCF Réseau dans la conception du marché et ce alors que, en vertu de l'article 6.1 du cahier des prescriptions spéciales, l'entrepreneur avait une obligation de résultat en matière de conseil vis-à-vis de la maîtrise d'œuvre impliquant notamment de lui proposer tout complément ou amélioration des méthodes et règles adoptées qui lui seraient communiquées afin de s'assurer de leur cohérence et complétude et le cas échéant, la mettre en garde sur tout anomalie ou oubli relevé. A cet égard, si la requérante invoque notamment la suppression de près de 1 800 scellements chimiques liaisonnant le radier structurel et la paroi de pieux, il résulte de l'instruction que c'est le groupement lui-même, dans le cadre de sa mission de conseil, qui avait étudié dans le cadre de ses notes de calcul la possibilité de se dispenser de tels scellements. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à solliciter une rémunération complémentaire d'un montant de 43 437 euros HT, laquelle n'est au demeurant pas justifiée dans son quantum.
Quant au PN 19 " complexité des appuis provisoires " :
15. En vertu de l'article 4.3.3 de la notice descriptive, l'entrepreneur devait soumettre au maître d'œuvre, préalablement au début des études d'exécution, la liste des ouvrages provisoires, lesquels comprenaient notamment les appuis provisoires du tablier. L'article 2.3.1.2 de cette notice précisait qu'" en phase provisoire () le tablier est supporté par les palplanches, par l'intermédiaire d'appuis métalliques en forme de T soudés sur les palplanches ". Si la société Eiffage Génie Civil fait valoir que les appuis métalliques provisoires prévus au marché n'étaient pas adaptés aux caractéristiques de l'ouvrage et qu'elle a dû réaliser un nouveau type d'appui plus complexe, il résulte du rectificatif n° 2 au dossier de consultation que les entreprises n'étaient pas obligées de réaliser exactement la même solution que l'exemple donné à partir du schéma de principe des appuis provisoires et qu'elles pouvaient proposer une solution s'y rapprochant sous réserve de vérification au calcul et de bon fonctionnement. En outre, en vertu de l'arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre confiés par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé, l'entreprise était tenue de réaliser les études techniques relatives aux ouvrages provisoires, dont les appuis dans les conditions précisées à l'article 4.3.3 précité de la notice descriptive. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à solliciter une indemnisation d'un montant de 12 416 euros HT correspondant au coût des études associées à la réalisation de pièces permettant la fabrication de ce nouveau type d'appuis provisoires dont le quantum n'est, au demeurant, pas justifié par le seul renvoi au mémoire de réclamation. La demande doit donc être rejetée.
Quant au PN 20 " modification du type de palplanches " :
16. Il résulte de l'instruction que l'article 3.5.1 de la notice descriptive du marché en litige prévoyait l'utilisation de palplanches de type AZ25 en acier S235 en Z. La société requérante fait valoir que, en raison du risque de déformation lors du battage, elle a proposé, à la suite d'une réunion d'étude tenue le 18 septembre 2017, d'installer des palplanches de type U, ce que SNCF Réseau a accepté. Elle sollicite en conséquence une rémunération complémentaire d'un montant de 35 208,96 euros HT pour tenir compte de cette modification du type de palplanches qui a nécessité un poids plus important à mettre en œuvre et a été indispensable à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. Toutefois, le détail estimatif des prix du marché et le bordereau de prix référencé IN02532, documents contractuels en vertu de l'article 4.1 du cahier des prescriptions spéciales, prévoyaient une rémunération des travaux de soutènement en palplanches au mètre carré de surface et non pas au poids des palplanches employés, quels que soient la longueur et le profil, ainsi que la fourniture, la mise en œuvre, la dépose et les modifications éventuelles en fonction des phases de travaux, de l'ensemble des éléments de stabilisation de la paroi de soutènement, de quelque nature qu'ils soient. La demande de la requérante qui, au demeurant, ne produit pas le devis n° 20 correspondant au prix nouveau sollicité, doit être rejetée.
Quant au PN 21 " mise en place de contre-platines dans la poutre de couronnement " :
17. En vertu de l'article 2.3.2.8 de la notice descriptive, rappelé au point 14, l'entrepreneur devait installer des butons métalliques en tête des soutènements qui devaient être encastrés à leurs extrémités au moyen de platines munies de connecteurs, l'entreprise devant, dans le cadre de ses études d'exécution, concevoir le détail d'attache des butons sur la longrine de façon à pouvoir remplacer les butons. Cette prestation était notamment rémunérée selon le détail estimatif des prix relatif aux butons et systèmes d'attaches, en particulier le prix n° 30 B 41 212 00 relatif à la fabrication en atelier de platines inférieures à sceller sur les appuis. L'article 4.3.7.6 de la notice descriptive précisait également qu' " un cas accident correspondant à la suppression d'un buton (lors d'un remplacement ou d'un choc de véhicule routier) était à considérer, notamment pour le dimensionnement des liernes et des butons ".
18. La société Eiffage Génie Civil fait valoir que, en raison du refus de SNCF Réseau d'utiliser des goujons connecteurs par soudure, elle a dû concevoir un nouveau dispositif d'ancrage consistant en la mise en place de contre-platines dans la poutre de couronnement. Il résulte de la fiche d'observation n° 49 établie le 4 décembre 2017 que SNCF Réseau avait attiré l'attention de l'entreprise afin de tenir compte de la situation accidentelle en ce qui concerne la méthode de fixation des butons. Toutefois, ce simple rappel des obligations contractuelles de l'entrepreneur ne saurait être assimilé à une modification des conditions d'exécution du marché imposée à la société requérante dès lors que cette obligation de prise en compte d'une situation accidentelle résultait des stipulations citées au point précédent. La requérante n'est pas fondée à invoquer un surcoût lié à la mise en place des contre-platines et barres d'ancrages. Au demeurant, en se contentant de renvoyer à son mémoire de réclamation sans produire notamment le devis n° 21 associé au prix nouveau sollicité, la société Eiffage Génie Civil ne justifie pas un tel surcoût, en particulier du nombre d'interventions de son géomètre. Sa demande de rémunération complémentaire d'un montant de 34 360 euros HT doit donc être rejetée.
19. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des demandes présentées par la société Eiffage Génie Civil doit être rejeté.
S'agissant des demandes de la société Botte Fondations :
Quant à la modification du recouvrement et au ragréage supplémentaire des parois :
20. Aux termes de l'article 2.3.2.1 de la notice descriptive : " Les parois de pieux sécants sont constituées de deux types de pieux : primaires et secondaires. Ces pieux sont disposés en alternance : un pieu primaire, un pieu secondaire, un pieu primaire et ainsi de suite. / Les pieux primaires sont non armés et sont réalisés préalablement aux pieux secondaires qui, eux, sont armés. Un recouvrement de 10cm est réalisé entre deux pieux successifs : les pieux secondaires sont forés en partie à travers les 2 pieux primaires encadrants. () ". L'article 2.3.2.2 de cette notice décrit la réalisation des parois de pieux jointifs, en précisant qu'ils sont constitués de pieux juxtaposés les uns à côté des autres. Selon l'article 4.6.6 de cette notice : " () L'implantation et la réalisation des pieux doivent respecter les prescriptions et tolérances suivantes : / -la tolérance d'implantation de l'axe des têtes de pieux est de 2cm par rapport à l'axe théorique. /-les défauts de verticalité (ou d'inclinaison) ne doivent pas excéder 1,5 %. () ". Aux termes de l'article 4.6.12 de la même notice : " En cas de doute sur la qualité de l'étanchéité de la paroi de pieux sécants (dû par exemple à des défauts d'implantation ou de verticalité des pieux), l'entreprise procèdera à des injections du terrain côté terre. La nécessité de procéder à ces injections ou non sera établie par la MOE lors du terrassement. ".
21. La société Botte Fondations soutient que SNCF Réseau a modifié l'importance du recouvrement entre deux pieux, primaires et secondaires, qui devaient servir au soutènement du tunnel, passant de dix centimètres à quinze centimètres, ce qui a nécessité d'installer trente pieux supplémentaires pour un coût de 64 955 euros HT. D'une part, il n'est pas contesté que cette modification a été décidée par la maîtrise d'œuvre le 10 août 2017. D'autre part, si SNCF Réseau fait valoir en défense que le marché prévoyait un tolérance d'implantation de deux centimètres et une tolérance de verticalité de 1,5%, de sorte que le cumul de ces deux tolérances sur un pieu conduisait à un terrassement de quatorze centimètres, laissant une brèche à recouvrer d'un centimètre nécessaire pour assurer l'étanchéité de la trémie, elle ne saurait pour autant soutenir que cette modification de la longueur du recouvrement était nécessairement prévue au contrat alors que, d'une part, l'article 2.3.2.1 de la notice descriptive précité prévoyait expressément un recouvrement de dix centimètres, d'autre part, l'article 4.6.12 de cette notice prévoyait qu'en cas de risque d'infiltration, l'entreprise devait seulement procéder à des injections du terrain côté terre et non à un changement de recouvrement des pieux. Toutefois, si la société soutient que la modification demandée par SNCF Réseau a nécessité notamment l'implantation de trente pieux supplémentaires, il résulte de l'instruction que le prix PB01 du bordereau de prix unitaire (BPU) relatif à la " paroi de pieux jointifs - sécants " prévoyait une rémunération de l'entrepreneur en fonction non pas du nombre de pieux implantés mais de la superficie traitée, à raison de 558,63 euros par m². Or, il n'est pas allégué que la modification demandée par le maître d'œuvre aurait entrainé une augmentation de la surface à traiter, de sorte que la société Botte Fondation n'est pas fondée à solliciter une rémunération supplémentaire par rapport au montant qui lui a été alloué dans le décompte général, soit la somme de 1 382 497,57 euros, sur la base d'un mesurage d'accostage de 2 509,07 m², par application du prix PB01 précité. A supposer que la société requérante invoque un préjudice distinct lié à la mobilisation d'une équipe complète sur deux journées d'intervention, elle n'apporte aucun élément permettant de justifier la réalité de ce préjudice. Sa demande doit donc être rejetée.
Quant au ragréage lisse :
22. D'une part, selon l'article 4.5.8 de la notice descriptive : " Un rabotage des bétons (ou un hydrodécapage) sera effectué sur toutes les surfaces de pieux sécants ou jointifs avant la mise en œuvre de l'étanchéité et la réalisation du contre voile en béton banché. Un essai de convenance est à réaliser. Celui-ci devra démontrer que la méthodologie envisagée n'endommage pas la paroi (microfissurations, intégrité des pieux, intégrité de l'étanchéité) ".
23. D'autre part, aux termes de l'article 12.1 du cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de travaux passés par SNCF : " 12.11- A la demande de l'entrepreneur ou du maître d'œuvre, il est pris attachement, à partir des constatations faites sur le chantier, des éléments qualitatifs et quantitatifs relatifs aux travaux exécutés qui doivent être ultérieurement cachés ou inaccessibles, ainsi qu'aux prestations ou faits dont il serait ultérieurement impossible d'établir l'existence. / 12.12 - Les attachements sont pris contradictoirement, au fur et à mesure de l'avancement des travaux, par l'agent désigné par le maître d'œuvre, en présence de l'entrepreneur convoqué à cet effet ou de son représentant agréé. () / 12.17- L'entrepreneur est tenu de provoquer en temps utile la prise contradictoire des attachements pour les travaux, prestations, fournitures, ou faits, qui ne seraient pas susceptibles de constatations ou de vérifications ultérieures, faute de quoi il doit, sauf preuves contraires à fournir par lui et à ses frais, accepter les décisions du maître d'œuvre. ".
24. La société Botte Fondations soutient qu'elle a réalisé un ragréage lisse sur une surface de 815 m² des parois des pieux sécants, après avoir constaté que la méthode consistant en un hydro décapage et un rabotage de la surface des pieux ou un contre voile, prévue initialement au contrat, ne permettait pas d'obtenir un résultat satisfaisant pour permettre la pose du système d'étanchéité envisagé. Toutefois, il résulte de l'instruction que, alors que l'article 4.5.8 de la notice descriptive précisait qu'un essai devait être réalisé pour vérifier que la méthodologie envisagée n'endommagerait pas la paroi, notamment son étanchéité, le changement de méthode n'a pas été demandé par SNCF Réseau mais par l'entreprise Etandex, membre du groupement titulaire du marché en litige, et chargée des prestations d'étanchéité. En outre, il n'est pas établi que ce changement de méthode résulterait d'une faute de conception du marché ou d'un défaut de direction du chantier imputable au maître de l'ouvrage. En tout état de cause, si la requérante produit un sous-détail du prix et une note descriptive du prix nouveau considéré, joints à son mémoire de réclamation, ces pièces qui n'ont pas été visées par le maître d'œuvre, ne permettent pas de justifier l'étendue de la surface qu'elle estime avoir traitée, alors même, d'ailleurs, qu'elle n'a pas demandé à ce qu'il fût procédé à des attachements ou constats contradictoires de nature à sauvegarder ses droits, conformément à la procédure prévue par les stipulations précitées du cahier des clauses et conditions générales. Par suite, sa demande d'un montant de 47 025 euros HT doit être rejetée.
Quant aux contre-platines et connecteurs :
25. Il résulte de ce qui a été dit au point 18 que la société Eiffage Génie Civil n'est pas fondée à solliciter une rémunération complémentaire au titre de la pose de la mise en place de 56 contre-platines dans la poutre de contournement. Pour les mêmes raisons, la société Botte Fondations ne peut prétendre à une rémunération pour les prestations associées, relatives à la fourniture de contre-platines de fixation des butons définitifs et des connecteurs de platines, lesquels étaient expressément prévus par l'article 2.3.2.8 de la notice descriptive cité au point 17. Ses demandes, d'un montant HT de respectivement 88 144 euros et 45 416 euros, doivent donc être rejetées.
Quant aux butons provisoires :
26. La société Botte Fondations sollicite le paiement de la somme de 31 559,22 euros HT pour l'installation de butons provisoires utilisés jusqu'à la réalisation du radier. Contrairement à ce que soutient la requérante, cette prestation était prévue au marché, l'annexe 4 de la notice descriptive qui constitue l'étude géotechnique du projet (mission " G2-PRO ") réalisée le 13 avril 2016 précisait que les soutènements de type butons devaient être utilisés à titre provisoire avant la réalisation du radier et d'une paroi de pieux sécants auto-stables pour les zones 3 et 4. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la prestation en question constituerait des travaux supplémentaires ouvrant droit à une rémunération complémentaire par rapport au prix contractuel. En outre, la requérante n'apporte aucun élément permettant de considérer que la prestation en question aurait été rendue nécessaire en raison d'une faute du maître d'ouvrage dans la conception du marché. Sa demande doit donc être rejetée.
Quant aux deux liernes provisoires :
27. La société requérante soutient qu'elle a dû installer provisoirement deux liernes afin de stabiliser les efforts induis par la poussée des terres sur le rideau de palplanches, jusqu'à l'installation définitive des tirants. Toutefois, d'une part, l'article 2.3.1.2 de la notice descriptive indiquait, s'agissant des appuis en situation provisoire, qu'une lierne en BA devait être coulée en tête des palplanches et coffrée entre des tôles de fermeture soudées sur les palplanches. D'autre part, le plan de coupes transversales, fourni dans le cadre du dossier de consultation des entreprises (DCE) précisait, s'agissant de la coupe transversale B-B, l'emplacement de ces liernes. La prestation en question étant prévue contractuellement, la société Botte Fondations ne peut prétendre à une rémunération complémentaire. Sa demande d'un montant de 8 344 euros HT donc être écartée.
Quant à la surconsommation de coulis :
28. La société Botte fondations soutient que, lors de la réalisation des tirants provisoires sur les rideaux de palplanches nécessaires pour en assurer la stabilité, elle a été contrainte, en raison de la géologie des sols rencontrés, d'injecter une quantité de coulis supérieure à 30% à celle qu'elle s'était engagée dans le cadre de son offre. Toutefois, le détail estimatif fixait un prix pour l'exécution des tirants IRS calculé en mètre linéaire et le bordereau de prix précisait, s'agissant du prix relatif au tirants d'ancrage, qu'il comprenait l'équipement du forage avec l'armature du tirant dont le remplissage au coulis du tube à manchettes après injection et les fournitures et moyens nécessaires au forage dont les surconsommations éventuelles de matières, notamment du fluide de forage et de maintien. Il s'ensuit que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la surconsommation de coulis constituerait une sujétion imprévue dont le caractère exceptionnel et imprévisible n'est nullement démontré, ou une prestation supplémentaire justifiant que lui soit allouée une rémunération complémentaire. Sa demande d'un montant de 25 153,20 euros HT ne saurait donc être accueillie.
Quant aux travaux de reprise d'une partie des pieux :
29. Il résulte de ce qui a été dit au point 20 qu'en vertu de l'article 4.6.6 de la notice descriptive, les défauts de verticalité (ou d'inclinaison) des pieux ne devaient pas excéder 1,5 %. Cet article précisait en outre que : " En toute section, les fondations ne peuvent admettre de réduction les conduisant à présenter une section inférieure à celle portée sur les dessins d'exécution visés par le maître d'œuvre. / Les tolérances sont telles que les pieux ne puissent être soumis à des sollicitations plus défavorables que celles pour lesquelles ils ont été justifiés. / Il appartient à l'entrepreneur de proposer au maître d'œuvre puis, après acceptation de ce dernier, de mettre en œuvre systématiquement une méthode de vérification adéquate de l'implantation et de la verticalité de chaque pieu, puis, d'en tenir compte dans le dimensionnement et la géométrie des parties d'ouvrages venant sur ces pieux. ".
30. Il résulte de l'instruction, en particulier de la fiche d'écart établie le 30 janvier 2018 et du compte-rendu de chantier du 12 juin 2018, que lors de l'exécution du marché, il a été constaté qu'une partie des pieux installés par l'entrepreneur ne respectait pas les marges de tolérances prévues contractuellement en matière de verticalité, ne permettant pas la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art. Par ordre de service n° 6 du 6 juin 2018 signé sans réserve, le maître d'œuvre a notamment demandé à l'entreprise Botte Fondations de mettre en œuvre des actions correctives, consistant notamment en des injections à l'arrière des pieux et à la reprise des têtes de certains d'entre eux, ainsi que l'intervention d'un géomètre pour réaliser un relevé topographique des pieux inclinés. Puis, par ordre de service n° 7 du 14 juin 2018, l'entreprise s'est engagée à fournir un rapport définitif faisant état de la totalité des pieux et des solutions correctives mises en œuvre. Si cet ordre de service a fait l'objet de réserve s'agissant du planning, l'entreprise n'a pas émis d'objection en ce qui concerne la rémunération de ces travaux. Les actions mises en œuvre par la requérante visant à remédier aux non-conformité qui avaient été constatées en cours de chantier ne sauraient donc ouvrir à une indemnisation. Par suite, la société Botte Fondations n'est pas fondée à solliciter les sommes de 470 457 euros HT au titre des injections réalisées entre le 2 juillet 2018 et le 14 septembre 2018, 655 996 euros HT au titre des travaux de réparation des pieux déviés et 126 797 euros HT au titre des coûts d'études, d'encadrement et de géomètre pour la réalisation de ces travaux de reprise. Au demeurant, la requérante n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de justifier, dans leur quantum, les indemnités sollicitées.
31. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la société Botte Fondations doivent être rejetées dans leur intégralité.
En ce qui concerne les pénalités de retard :
32. Aux termes des stipulations de l'article 11.1 du cahier des prescriptions spéciales, relatives au retard dans l'exécution des travaux : " Si les travaux ne sont pas terminés dans le délai contractuel défini à l'article "Durée du marché et délais d'exécution des travaux" du CPS, il est appliqué à l'entrepreneur, d'office et sans mise en demeure préalable, une pénalité de 500 euros par jour de retard, et ce, dès le premier jour de retard. ". En vertu de l'article 3.2 de ce cahier : " Les études et les travaux doivent être exécutés dans un délai de 544 jours de calendrier, à partir de la date fixée par ordre de service. ". L'article 3.4 de ce cahier précisait que : " En application de l'article 20.22 du CCCG travaux, le nombre de journées d'intempéries prévisibles est fixé à 10 jours. / En dérogation avec l'article 20.22 du CCCG travaux, le délai contractuel de réalisation des travaux ne pourra être prolongé que du nombre de journées pour lesquelles le travail a été totalement arrêté et ayant fait l'objet d'une constatation contradictoire entre la Maîtrise d'œuvre et l'Entrepreneur. ".
33. Il résulte de l'instruction, que par ordre de service n° 1 du 31 mars 2017, signé sans réserve par le groupement, le maître d'œuvre a fixé au 3 avril suivant la date d'origine du délai global d'exécution des études et des travaux du marché en litige d'une durée de 544 jours calendaires, soit une date d'achèvement théorique au 28 septembre 2018. La réception des travaux a été prononcée avec effet à la date du 11 avril 2019, soit un retard de 196 jours par rapport au délai contractuel. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par un ordre de service n° 11 du 10 juillet 2018, notifié le 18 juillet suivant, signé sans réserve par l'entreprise, SNCF Réseau a accepté une incidence sur le délai principal de deux semaines correspondant à la réalisation de la dalle de la piste cyclable et du local technique des pompes. Par un ordre de service n° 19 du 27 février 2019, le maître d'œuvre a également pris en compte l'incidence sur le délai principal de deux jours pour la réalisation de tôles de fermeture de goussets. Sur la base du retard constaté et de ces deux ordres de services conduisant à un retard de 180 jours, SNCF Réseau a, en application des stipulations de l'article 11.1 du cahier des prescriptions spéciales, appliqué une pénalité de 90 000 euros.
34. En premier lieu, les pénalités de retard prévues par les clauses d'un marché public qui ont pour objet de réparer forfaitairement le préjudice qu'est susceptible de causer au pouvoir adjudicateur le non-respect, par le titulaire du marché, des délais d'exécution contractuellement prévus, sont applicables au seul motif qu'un retard dans l'exécution du marché est constaté et alors même que le pouvoir adjudicateur n'aurait subi aucun préjudice ou que le montant des pénalités mises à la charge du titulaire du marché qui résulte de leur application serait supérieur au préjudice subi. Il s'ensuit que la société requérante ne peut utilement soutenir que les pénalités de retard ne seraient pas motivées alors que le retard a été contradictoirement constaté par les parties.
35. En deuxième lieu, d'une part, la société Eiffage Génie Civil soutient que la mise en place des caniveaux particuliers de type GM, la création du portique de récupération des eaux, la pose de joints entre les reprises de bétonnage, l'installation des armatures complémentaires et la mise en place de contre-platines dans la poutre de couronnement justifient une prolongation du délai contractuel de respectivement trois jours, dix jours, cinq jours, quinze jours et dix jours. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 5, 8, 10, 12 et 18 que les prestations en question qui constituent des sujétions contractuelles, ne peuvent être regardées comme des travaux supplémentaires mis à la charge de l'entreprise ou comme résultant d'une faute de la maîtrise d'ouvrage. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que les parties auraient convenu de ne pas soumettre leur réalisation au délai d'exécution prévu au marché initial ou de les exclure du champ d'application des pénalités de retard contractuelles.
36. D'autre part, pour les mêmes raisons, ainsi qu'il a été dit aux points 24 et 29, la société Botte Fondations qui admet être responsable de seulement cinq jours de retard n'est pas fondée à solliciter une prolongation du délai contractuel de soixante-et-onze jours au titre de la modification du recouvrement et du ragréage supplémentaire des parois et des travaux de reprises d'une partie des pieux. A cet égard, si la requérante a signé avec réserves, s'agissant précisément du planning, l'ordre de service n° 7 du 14 juin 2018 par lequel elle s'était engagée à fournir un rapport définitif faisant état de la totalité des pieux et des solutions correctives mises en œuvre, les travaux de reprise en question ne sauraient pour autant justifier une prolongation du délai contractuel d'exécution du chantier dès lors que le retard qui en a résulté est imputable à l'entreprise Botte Fondations elle-même et non à SNCF Réseau, ainsi que cela ressort notamment de l'ordre de service n°5 du 16 mai 2018.
37. Enfin, si les requérantes soutiennent que les intempéries subies, hors celles prévisibles, ont empêché la réalisation des travaux pendant huit jours ouvrés, elles n'apportent aucun élément, en particulier aucune constatation contradictoire, permettant de justifier une prolongation du délai contractuel de réalisation des travaux dans les conditions prévues à l'article 3.4 du cahier des prescriptions spéciales.
38. Il s'ensuit que les sociétés requérantes ne sont pas fondées à solliciter la décharge des pénalités de retard appliquées par SNCF Réseau pour un montant de 90 000 euros.
39. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions des sociétés Eiffage Génie Civil et Botte Fondations tendant au paiement de la somme totale de 2 562 493,52 euros TTC au titre du solde du marché en litige doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
40. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société SNCF Réseau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les sociétés requérantes demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés Eiffage Génie Civil et Botte Fondations une somme de 2 000 euros à verser à la société SNCF Réseau au titre des frais de même nature.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Eiffage Génie Civil et de la société Botte Fondations est rejetée.
Article 2 : Les sociétés Eiffage Génie Civil et Botte Fondations verseront à la société SNCF Réseau la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Eiffage Génie Civil, à la société Botte Fondations et la société SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
M. Duplan, premier conseiller,
Mme Renvoie, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
A. A
Le président,
P. LALOYE Le greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026