jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2017403 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MISTRE-VERONNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 octobre 2020 et le 27 janvier 2022, M. B C, représenté par Me Mistre-Veronneau, demande au tribunal :
1°) de condamner la ville de Paris à lui verser une provision d'un montant de 10 000 euros à valoir sur son préjudice corporel résultant de l'accident intervenu le 6 août 2019 ;
2°) d'ordonner une expertise aux fins de déterminer l'ampleur de son préjudice ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la ville de Paris est engagée du fait du défaut d'entretien de la voie publique et du défaut de signalisation du danger ;
- sa responsabilité personnelle ne peut être engagée, dès lors qu'il conduisait à vitesse réduite et avec vigilance lors de l'accident, et qu'il ne se trouvait pas en infraction ;
- son préjudice corporel est constitué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a subi un accident sur la voie publique, le 6 août 2019, en chutant de sa trottinette électrique, en face du 89 avenue Ledru-Rollin à Paris. Il a été, à la suite de cet accident, hospitalisé en chirurgie orthopédique pour une fracture de la patella gauche. Par un courrier notifié le 10 décembre 2019, M. C a adressé à la maire de Paris une demande indemnitaire, d'un montant de 10 000 euros, en réparation des préjudices qu'il estimait avoir subis. Cette demande a été rejetée par la maire de Paris, le 10 septembre 2020. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner la ville de Paris à réparer les préjudices subis après avoir ordonné avant dire droit la désignation d'un expert pour l'évaluation de ses préjudices et en lui allouant dans l'attente une provision de 10 000 euros.
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité en charge de l'ouvrage public, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment des témoignages et des photographies produites au dossier, que la chute de M. C, qui circulait à trottinette, a été provoquée par la présence sur la chaussée d'une excavation d'environ trente à quarante centimètres de longueur et de moins de 5 centimètres de profondeur. Eu égard aux faibles dimensions de cette excavation, située sur le côté droit de la chaussée par rapport au sens de circulation, et au fait que la chaussée était suffisamment large pour permettre à un usager attentif de l'éviter, cette excavation ne présentait pas un obstacle excédant ceux qu'un usager de la voie publique peut s'attendre à rencontrer. Dans ces circonstances, et bien que l'excavation n'ait pas fait l'objet d'un signalement, la maire de Paris est fondée à soutenir qu'aucun défaut d'entretien normal de la chaussée ne peut lui être reproché.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de désigner un expert, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au versement d'une provision et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
R. A
La présidente,
F. Versol Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026