mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2018141 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHANDELLIER-CORBEL (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 novembre 2020 et le 14 mai 2021, la société à responsabilité limitée Entimo, représentée par Me Corbel, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation d'impôt sur les sociétés et de la cotisation de contribution sociale sur l'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012 ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge de la majoration pour manquement délibérée mise à sa charge en application du a) de l'article 1729 du code général des impôts au titre de l'exercice clos en 2012 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le délai de reprise de l'administration était expiré lorsque lui a été notifié l'avis de mise en recouvrement ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- les résultats de la méthode de valorisation par comparaison mise en œuvre par le service étant dépourvus de pertinence au regard du bien en litige, le service n'apporte la preuve du bienfondé de la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à sa charge ;
- le service n'apporte pas la preuve d'un manquement délibéré.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 mars et 20 mai 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Entimo ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lenoir,
- les conclusions de M. Pottier, rapporteur public,
- et les observations de Me Corbel, représentant la société Entimo.
Considérant ce qui suit :
1. La société Entimo a acquis par acte du 31 décembre 2012 de la société civile immobilière Lisaa Cherche Midi un hôtel particulier sis 55 rue du Cherche Midi à Paris 6ème au prix de 2 410 000 euros. A la suite d'une vérification de comptabilité de la société civile immobilière Lisaa Cherche Midi, l'administration fiscale a informé la société Entimo par une proposition de rectification en date du 28 septembre 2015 de son intention de rectifier le bénéfice imposable de cette société au titre de l'exercice clos en 2012, en y réintégrant la libéralité dont elle aurait bénéficié du fait d'une sous-évaluation du bien immobilier acquis. Sa réclamation en date du 23 décembre 2019 ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, la société Entimo demande la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale sur l'impôt sur les sociétés mise à sa charge, ainsi que des pénalités y afférentes.
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due () ". Aux termes de l'article L. 189 du même livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 256-6 du même livre : " La notification de l'avis de mise en recouvrement comporte l'envoi au redevable, soit au lieu de son domicile, de sa résidence ou de son siège, soit à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects compétent, de l'"ampliation" prévue à l'article R. 256-3. ".
4. Il résulte de la combinaison des textes précités que l'avis de mise en recouvrement, titre exécutoire authentifiant la créance de l'administration qui, d'une part, interrompt la prescription de l'action en répétition et, d'autre part, ouvre le délai de la prescription de l'action en recouvrement pour les sommes qui sont énoncées sur ce titre, ne produit ces effets qu'à compter de la date à laquelle il a été régulièrement notifié au contribuable concerné.
5. Il résulte de l'instruction que le droit de reprise de l'administration pouvait en l'espèce s'exercer jusqu'au 31 décembre 2018, dès lors que la proposition de rectification adressée à la société Entimo en date du 28 septembre 2015 avait eu pour effet d'interrompre cette prescription. Il résulte également de l'instruction que l'administration a, au terme de la procédure contradictoire, établi l'avis de mise en recouvrement n°170300009 en date du 15 mars 2017, adressé à la société Entimo, au 6 rue Victor Considérant Paris 14ème, et que cette société s'est acquittée le 21 avril 2017 d'un montant de 1 422 003 euros, correspondant au montant total de la cotisation d'impôt sur les sociétés et de la cotisation de contribution sociale sur l'impôt sur les sociétés mises à sa charge.
6. Si l'administration soutient que l'adresse à laquelle a été envoyé l'avis de mise en recouvrement n°170300009 figurait dans une déclaration de taxe professionnelle au titre de l'exercice clos 2009, il résulte de l'instruction que cette adresse ne constitue ni le siège ni l'adresse que la société Entimo a fait connaître au service compétent de la direction générale des finances publiques dès lors que cette société produit des déclarations n°2065 d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2012 et 2015 renseignant en adresse principale le 33 rue Nicolo Paris 16ème. Par conséquent, l'administration, qui au surplus n'établit pas que la société avait effectivement reçu l'avis de mise en recouvrement préalablement au courrier électronique du 9 octobre 2019 adressé au conseil de la société, ne peut être regardée comme ayant notifié l'ampliation dans les conditions et le délai de reprise de trois ans prévus par les articles L. 169 et R. 256-6 du livre des procédures fiscales.
7. En outre, si le service se prévaut de l'acquittement des sommes mises à la charge de la société, auquel celle-ci soutient avoir procédé de sa propre initiative compte tenu de l'épuisement des voies administratives de recours qui lui étaient ouvertes, ce paiement est à lui seul sans incidence sur la charge de la preuve de la notification de l'ampliation de l'avis de mise en recouvrement, qui incombe à l'administration fiscale, dès lors qu'il s'agit du seul acte par lequel l'avis de mise en recouvrement commence à produire ses effets et se trouve constituée la créance de l'administration.
8. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société Entimo est fondée à demander la décharge de la cotisation d'impôt sur les sociétés et de contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés mise à sa charge, ainsi que des pénalités y afférentes.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la société Entimo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société Entimo est déchargée de la cotisation d'impôt sur les sociétés et de la cotisation de contribution sociale sur l'impôt sur les sociétés mises à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012 et des pénalités correspondantes.
Article 2 : L'Etat versera à la société Entimo la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Entimo et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique).
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
M. Guiader, premier conseiller,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le rapporteur,
A. LENOIR
Le président,
B. ROHMERLa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026