jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2019870 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET SAND AVOCAT (SELUR) |
Vu les procédures suivantes :
(I) Par une requête n° 2019870 et un mémoire, enregistrés le 25 novembre 2020 et le
15 septembre 2021, Mme A C, représentée par Me Sand, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires, afférentes à la taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie, au titre de l'année 2012 ;
2°) de condamner l'Etat aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête au motif de son irrecevabilité.
(II) Par une requête n° 2020025 et un mémoire, enregistrés le 27 novembre 2020 et le
15 septembre 2021, M. D C, représenté par Me Sand, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires, afférentes à l'impôt sur le revenu, auxquelles il a été assujetti, au titre de l'année 2012.
2°) de condamner l'Etat aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête au motif de son irrecevabilité.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2019870 et 2020025, introduites, pour la première, par Mme A C et, pour la seconde, par M. et Mme C, présentent à juger les mêmes questions et ont donné lieu à une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre et de statuer par une seule décision.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
3. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ;() c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel évènement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisieme et cinquieme alineas de l'article L. 190 (). " . Seuls doivent être regardés comme constituant le point de départ du délai prévu au c de cet article les événements qui ont une incidence directe sur le principe même de l'imposition, son régime ou son mode de calcul.
4. Mme B, épouse C, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, de son activité d'avocate, à l'issue de laquelle elle a été assujettie à un rappel de taxe sur la valeur ajoutée, au titre de l'année 2012. Par ailleurs, Mme et M. C ont été soumis à un examen de situation fiscale personnelle, sur la période allant de 2010 à 2012, à l'issue duquel des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ont été mises à la charge de
M. et Mme C, au titre de l'année 2012. Les services fiscaux se sont fondés sur les dires de Mme C figurant dans un procès-verbal d'audition, du 2 avril 2012, dans le cadre de son droit de communication exercé auprès du tribunal de grande instance de Pontoise, confirmés par M. C, le 30 mai 2012, au cours d'une audition par la police judiciaire et portant sur une somme de 246 000 euros découverte ,en espèces, au cours d'une perquisition réalisée à leur domicile. Les requérants ont demandé la décharge des impositions auxquelles ils ont été assujettis, mais leurs requêtes ont été rejetées par le tribunal administratif de Paris par jugement du
6 octobre 2016 confirmé par la cour administrative d'appel de Paris par un arrêt du 31 mai 2018. Enfin, par une décision du 24 juin 2019, le conseil d'Etat a rejeté leur pourvoi. Toutefois, le
23 juin 2020, les époux C ont, de nouveau, adressé une réclamation aux services fiscaux, pour le même litige. Par les requêtes susvisées, Mme et M. C demandent à nouveau la décharge des impositions supplémentaires litigieuses auxquelles ils ont été assujettis.
5. Il résulte de l'instruction que les requêtes n°2019870 et n°2020025 soulèvent un litige relatif aux cotisations supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur le revenu auxquelles Mme et M. C ont été assujettis au titre de l'année 2012, lequel a donné lieu à des décisions devenues définitives. Par suite, leur réclamation, présentée le 23 juin 2020, contre ces cotisations, mises en recouvrement le 10 juillet 2014, était tardive, en application des dispositions du a) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, cité au point 3. Si les époux C, pour bénéficier de la réouverture du délai de réclamation, se prévalent d'un événement nouveau, au sens du c) de l'article R. 196-1 précité du livre des procédures fiscales, qui serait le jugement du 18 décembre 2019, de la 11° chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, les reconnaissant coupables des faits délictuels qui leurs ont été reprochés, et soutiennent, en conséquence, que la somme litigieuse de 246 000 euros n'aurait pas dû être soumise à une double imposition, celle contestée suite aux contrôles fiscaux diligentés et celle résultant de la déclaration de succession spontanément souscrite postérieurement par M. C le
19 juin 2015, il est constant que le jugement précité du 18 décembre 2019, au demeurant frappé d'appel n'a pas eu d'incidence directe, nécessaire et automatique sur le principe, le régime ou le mode de calcul des impositions litigieuses. Par suite, il ne constitue pas en lui-même un évènement susceptible d'ouvrir un nouveau délai de réclamation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens relatifs au bien-fondé des impositions en litige, que Mme et M. C ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par la décision du 29 septembre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a rejeté, comme irrecevable, leur demande tendant à la décharge ou à la réduction des cotisations supplémentaires en litige. Par suite, leur requête est également irrecevable et doit être rejetée par application des dispositions susmentionnées de l'article
R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de Mme et M. C sont rejetées.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à
M. D C, et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Fait à Paris, le 6 octobre 2022.
La présidente
S. VIDAL
La République mande et ordonne au ministre de l'Economie, des finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2-2020025/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026