vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2020348 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | THISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrée le 2 décembre 2020 et le 10 juin 2022,
Mme C B épouse A, représentée par Me Thisse, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 51 200 euros, augmentée des intérêts au taux légal, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le préfet de la région
d'Ile-de-France, préfet de Paris a informé le tribunal que Mme B épouse A a refusé une offre de logement.
Par lettre du 7 juin 2022, le tribunal a demandé des pièces pour compléter l'instruction.
Mme B épouse A a produit des pièces complémentaires le 13 juin 2022.
Une note en délibéré et des pièces complémentaire ont été produites par Mme B épouse A le 24 juin 2022 et n'ont pas été communiqués.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme A a été rejetée par une décision du
9 octobre 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté n° 2009-224-1 du 10 août 2009 du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- et les observations de Me Cassens, avocat de Mme B épouse A. Elle soutient que la proposition de relogement n'a pu être accepté dès lors que le fils de la requérante devait quitter le domicile après son mariage en octobre 2021 et que le loyer devenait disproportionné par rapport aux ressources du foyer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement. En outre, il y a lieu de tenir compte, pour les évaluer, de l'évolution de la composition du foyer au cours de cette période. Dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'avait pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard notamment de ses capacités financières et de ses besoins.
2. Mme B épouse A, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 25 septembre 2009 de la commission de médiation du département de Paris au motif que le logement était sur-occupé, cette décision valant pour cinq personnes, puis par une décision du 11 janvier 2018, valant pour quatre personnes, au motif qu'elle n'a pas été relogée dans le délai règlementaire. En outre, par un jugement du 12 mars 2019, le tribunal administratif de Paris a enjoint au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, d'assurer son relogement sous astreinte de 450 euros par mois de retard à compter du 1er mai 2019 Le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris n'a pas proposé à Mme B épouse A un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation, ni d'ailleurs dans le délai fixé par le jugement du 12 mars 2019. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du
11 juillet 2018 à l'égard de Mme B épouse A.
3. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation du 25 septembre 2009 a persisté dès lors que la requérante indique elle-même dans ses écritures que sa belle-mère ne réside plus à son domicile et la décision de la commission du 11 janvier 2018 ne vaut que pour quatre personnes.
4. En outre, il résulte de ce qui a été dit au point 1 du présent jugement que la circonstance que Mme B épouse A n'a pas été relogée dans le délai réglementaire n'est pas à elle seule de nature à lui ouvrir droit à réparation. Si la requérante soutient que le logement est inadapté dès lors qu'elle y réside avec son mari et ses deux enfants majeurs, nés en 1994 et 1995 et qu'il est insalubre, il résulte toutefois du courrier du maire du 20ème arrondissement du
4 juin 2014 que le logement est de type F2, d'une superficie de 40 m² et n'est donc pas sur-occupé. Au surplus, il a été indiqué à l'audience que son fils avait quitté le domicile familial à la suite de son mariage en octobre 2021. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le logement serait insalubre. Enfin, le loyer de Mme B épouse A s'élève à 558,43 euros et elle et son mari ont perçu entre 19 363 et 24 092 euros de revenus annuels durant la période susceptible d'ouvrir doit à indemnisation. Le loyer n'est donc pas disproportionné par rapport à leurs capacités financières sans même tenir compte des revenus perçus par leurs enfants sur cette période. Ainsi, Mme B épouse A, qui n'établit pas une inadaptation de son logement à ses capacités financières ou à ses besoins, ne justifie pas de l'existence d'un préjudice lui ouvrant droit à réparation dans les conditions fixées au point 1 ci-dessus.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B épouse A n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de l'Etat du fait de son absence de relogement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de
Mme B épouse A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B épouse A et à la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La magistrate désignée,
C. D
La greffière,
C. AGRICOLE
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026