LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2020408

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2020408

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2020408
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET BERNARD LAGARDE (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 décembre 2020, le 18 octobre 2021 et le 12 septembre 2022, la société Financière du Bief, représentée par Me Mosser, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de la retenue à la source mise en recouvrement le 15 juillet 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-c'est à tort que l'administration a estimé que le versement de 400 000 euros à la société Kid Dailies constituait un acte anormal de gestion ;

-l'administration a mis en œuvre la procédure d'abus de droit fiscal sans lui accorder les garanties correspondantes prévues par l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ;

-la société Kids Dailies a une activité réelle en Asie ;

-à titre subsidiaire, le taux de la retenue à la source doit être le taux de 10 % prévu par la convention franco-hongkongaise.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 mai 2021 et les 26 avril et 5 octobre 2022, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-l'accord conclu le 21 octobre 2010 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong-Kong de la République populaire de Chine en vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune et de prévenir l'évasion et la fraude fiscale ;

-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme A,

-et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Financière du Bief, qui est une société holding, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour les exercices clos en 2015 et 2016. Par une proposition de rectification du 20 décembre 2018, le service lui a notifié des retenues à la source à hauteur de 171 429 euros au titre de l'année 2015. La société Financière du Bief demande la décharge de cette imposition.

Sur la régularité de la procédure :

2. Aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles.() ".

3. L'administration n'est pas tenue de mettre en œuvre la procédure mentionnée à l'article L. 64 du livre des procédures fiscales lorsqu'elle procède à des rectifications fondées sur une qualification des actes ou des faits, différente de celle donnée par le contribuable, sans dénoncer ces actes comme fictifs ni invoquer un montage destiné à éluder l'impôt.

4. Il résulte de l'instruction que, pour procéder aux rectifications en litige, l'administration, tant dans la proposition de rectification qu'elle a adressée à la société Financière du Bief, qu'ultérieurement, n'a pas écarté d'actes au motif qu'ils présentaient un caractère fictif, ni n'a soutenu que la requérante avait recherché le bénéfice d'une application littérale de la loi fiscale en vue de minorer l'impôt dont elle était redevable mais a seulement estimé que le versement de la somme de 400 000 euros par la société requérante à la société hongkongaise Kids Dailies pour la souscription d'obligations constituait une libéralité dès lors que l'existence de contrepartie n'était pas démontrée. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, l'administration, qui pouvait envisager de fonder les redressements litigieux sur un tel motif, ne peut être regardée comme ayant invoqué implicitement mais nécessairement les dispositions de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales relatives à l'abus de droit. Dès lors, est inopérant le moyen tiré de ce que la société requérante aurait été privée des garanties s'y rapportant.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne l'acte anormal de gestion :

5. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.

6. Il résulte de l'instruction que lors de la vérification de comptabilité de la société Financière du Bief, le vérificateur a constaté que la société avait souscrit, pour un montant de 400 000 euros, des obligations convertibles en actions non garanties émises par la société Kids Dailies, société de droit hongkongais, en vertu de deux conventions conclues les 26 mai et 10 septembre 2015 portant chacune sur une valeur de 200 000 euros. Le vérificateur a relevé que les obligations n'ont pas porté intérêts et qu'elles n'étaient pas garanties, qu'elles ont été émises alors que, compte tenu de ses états financiers, la société hongkongaise n'était pas en mesure de rembourser cette somme dans le délai imparti et que ladite société, qui était en sommeil, était dirigée par la sœur de M. Debiais, président de la société Financière du Bief. Compte tenu de ces éléments, le service a estimé que la société Financière du Bief avait ainsi accordé une libéralité à la société hongkongaise et que cette libéralité, dont la requérante ne pouvait obtenir de contrepartie, constituait un acte anormal de gestion. La société requérante conteste cette qualification mais ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle aurait reçu une contrepartie à cette souscription en termes d'activité ou en termes financiers. Si elle indique, en particulier, que les obligations convertibles constituent un actif, le service a constaté que la créance en cause n'était pas inscrite à l'actif de son bilan. Si la société se prévaut également du fait que la société hongkongaise a récemment procédé à deux remboursements partiels de 11 955,97 euros le 29 juillet 2021 et de 12 000 le 11 août 2021, cette circonstance est sans incidence sur le présent litige. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme établissant que la souscription en cause constituait un acte anormal de gestion.

En ce qui concerne le taux de retenue à la source :

7. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Aux termes de l'article 119 bis du même code : " 2. Les produits visés aux articles 108 à 117 bis donnent lieu à l'application d'une retenue à la source dont le taux est fixé par l'article 187 lorsqu'ils bénéficient à des personnes qui n'ont pas leur domicile fiscal ou leur siège en France " et aux termes de l'article 187 dudit code : " 1. Sous réserve des dispositions du 2, le taux de la retenue à la source prévue à l'article 119 bis est fixé à : / 1° Pour les bénéficiaires personnes morales ou organismes, quelle que soit leur forme : / - 17 % pour les intérêts des obligations négociables ; toutefois ce taux est fixé à 15 % pour les revenus visés au 1° de l'article 118 et afférents à des valeurs émises à compter du 1er janvier 1965 ainsi que pour les lots et primes de remboursement visés au 2° de l'article 118 et afférents à des valeurs émises à compter du 1er janvier 1986 ; () - 30 % pour tous les autres revenus. () ".

8. En outre, eux termes de l'article 1er de l'accord du 21 octobre 2010 entre la France et Hong Kong en vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales : " Le présent Accord s'applique aux personnes qui sont des résidents d'une Partie contractante ou des deux Parties contractantes ". Et aux termes du paragraphe 1 de l'article 4 du même accord : " Au sens du présent Accord, l'expression " résident d'une Partie contractante " désigne toute personne qui, en vertu de la législation en vigueur de cette Partie, est assujettie à l'impôt dans cette Partie, en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction ou de tout autre critère de nature analogue () ".

9. La société Financière du Bief soutient que l'administration aurait dû appliquer le taux de retenue à la source de 10 % prévu par l'article 10 de l'accord du 21 octobre 2010 dès lors que la société Kids Dailies est imposée à Hong-Kong où elle exerce une activité réelle. Toutefois, la seule production d'un document intitulé " rapports et états financiers " concernant l'exercice clos au 31 décembre 2018 et donc postérieur aux années en litige, et d'un rapport d'un commissaire aux comptes concernant le même exercice, qui, au demeurant, mentionne un chiffre d'affaires nul pour les années 2017 et 2018, ne saurait suffire à établir que ladite société serait résidente fiscale hongkongaise ni même qu'elle exercerait une activité à Hong Kong. Par suite, la société Financière du Bief n'est pas fondée à contester le taux de retenue à la source dont l'administration a fait application.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société Financière du Bief doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

12. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Financière du Bief au titre de frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : La requête de la société Financière du Bief est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Financière du Bief et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bachoffer, président,

Mme Dousset, première conseillère,

M. Khansari, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

La rapporteure,

A. A

Le président,

B.R. BACHOFFER

La greffière,

L. REGNIER

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/1-

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions