vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2021687 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WTAP AVOCATS (F.WEYL - E.TAULET - M.AROUI - E.PIRE) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 décembre 2020, le 31 janvier 2023 et le 1er mars 2023, M. A B, représenté par Me Elise Taulet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020, ensemble la décision implicite née du silence gardé sur le recours gracieux formé contre cet arrêté le 19 août 2020 et reçu le 20 août 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, de l'inscrire audit tableau et de le nommer au 3ème échelon du grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive à compter du 1er septembre 2020 ;
3°) subsidiairement, de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 23 316 euros, très subsidiairement de 15 456 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande et de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice que lui a causé la perte d'une chance sérieuse d'accéder plus rapidement au grade de la hors-classe de son corps ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les décisions attaquées méconnaissent le principe d'égalité de traitement entre les membres d'un même corps, sans rapport avec l'objectif recherché, au détriment des candidats promouvables et non promus depuis l'année 2018 dès lors, d'une part, qu'ils n'ont pu contester, notamment en saisissant la commission administrative paritaire académique, l'avis du recteur d'académie qui ne leur a pas été notifié et, d'autre part, que l'avis émis par le recteur d'académie sur leur valeur professionnelle pour l'année 2018 a été figé pour les années 2019 et 2020 alors au surplus que le quota d'avis " excellent " est passé de 10 % en 2018 à 30 % en 2020 et sont constitutives d'une discrimination en raison de l'âge dès lors que l'avis du recteur sur sa valeur professionnelle a été fixé au niveau " satisfaisant " en raison de son âge et de son ancienneté alors qu'ils résultent de ses avancements précédents au grand choix du fait justement de sa valeur professionnelle ;
- subsidiairement, les fautes de l'administration lui ouvrent droit à l'indemnisation de son préjudice résultant de la perte de chance d'être promu plus tôt au grade de la hors-classe puis, par voie de conséquence, de la classe exceptionnelle, qui peut être évalué à la somme de 23 316 euros dans l'hypothèse d'une promotion à la classe exceptionnelle en 2022 ou, très subsidiairement, à la somme de 15 456 euros dans l'hypothèse d'une promotion à la classe exceptionnelle en 2025.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 11 octobre 2021, le recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré d'une inégalité de traitement n'est pas fondé ;
- les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées pour le même motif.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 80-627 du 4 août 1980 ;
- l'arrêté du 5 mai 2017 du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche relatif à la mise en œuvre du rendez-vous de carrière des personnels enseignants du ministère chargé de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;
- et les observations de Me Taulet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né en 1977, professeur d'éducation physique et sportive depuis le 1er septembre 2000, affecté depuis le 1er septembre 2005 à l'université Paris VI Pierre et Marie Curie, devenue Sorbonne université en 2018, a demandé son inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020. N'ayant pas été inscrit au tableau, il a formé un recours gracieux reçu le 20 août 2020. Par sa requête, il doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du recteur d'académie portant inscription au tableau d'avancement au grade de la horsclasse du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et de la décision de rejet née du silence gardé par le recteur d'académie sur son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que dans l'un comme dans l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée.
3. D'une part, aux termes de l'article 12 alors en vigueur de la loi du 13 juillet 1983 : " Le grade est distinct de l'emploi. Le grade est le titre qui confère à son titulaire vocation à occuper l'un des emplois qui lui correspondent. Toute nomination ou toute promotion dans un grade qui n'intervient pas exclusivement en vue de pourvoir à un emploi vacant et de permettre à son bénéficiaire d'exercer les fonctions correspondantes est nulle () ". Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / () / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : /1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 () / Les décrets portant statut particulier fixent les principes et les modalités de la sélection professionnelle, notamment les conditions de grade et d'échelon requises pour y participer () ".
4. Aux termes de l'article 9-1 du décret du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d'éducation physique et sportive, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 101 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Les dispositions du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat ne sont pas applicables aux professeurs d'éducation physique et sportive ". Aux termes de l'article 9-2 du même décret, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 19 du décret n° 2019-1554 du 30 décembre 2019 : " I.- Le recteur d'académie est l'autorité compétente pour évaluer, examiner les demandes de révision de l'appréciation finale de la valeur professionnelle, prononcer les promotions, attribuer les bonifications d'ancienneté, arrêter les tableaux d'avancement et classer : / () / 2° Les professeurs d'éducation physique et sportive affectés dans un établissement d'enseignement supérieur ; / () ". Aux termes de l'article 9-3 dudit décret, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 101 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Le professeur d'éducation physique et sportive bénéficie de trois rendez-vous de carrière dont l'objectif est d'apprécier la valeur professionnelle de l'intéressé. Ils ont lieu lorsque au 31 août de l'année scolaire en cours : / () / 3° Pour le troisième rendez-vous, le professeur d'éducation physique et sportive est dans la deuxième année du 9e échelon de la classe normale ". Aux termes de l'article 9-4 de ce décret, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 101 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Le rendez-vous de carrière comprend : () / 3° Un entretien avec l'autorité auprès de laquelle l'enseignant exerce ses fonctions pour les professeurs d'éducation physique et sportive mentionnés au 2° du I de l'article 9-2 () ". Aux termes de l'article 9-5 de ce décret, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 101 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Le rendez-vous de carrière donne lieu à l'établissement d'un compte rendu. / L'appréciation finale de la valeur professionnelle qui figure au compte rendu est arrêtée par l'autorité compétente mentionnée à l'article 9-2 ". Aux termes de l'article 9-6 de ce décret, dans sa rédaction applicable à la date des décisions attaquées, issue de l'article 101 du décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 : " Les modalités d'évaluation de la valeur professionnelle ainsi que les modalités d'élaboration et de communication du compte rendu sont définies par un arrêté du ministre chargé de l'éducation nationale ". Aux termes de l'article 13 de ce décret : " Les professeurs d'éducation physique et sportive peuvent être promus professeurs d'éducation physique et sportive hors classe lorsqu'ils comptent, au 31 août de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est établi, au moins 2 ans d'ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. / Selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale, le tableau d'avancement est arrêté chaque année par l'autorité compétente, après avis de la commission administrative paritaire compétente. / Le nombre maximum de professeurs d'éducation physique et sportive pouvant être promus chaque année à la hors-classe est déterminé conformément aux dispositions du décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat ".
5. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 mai 2017 du ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche relatif à la mise en œuvre du rendez-vous de carrière des personnels enseignants du ministère chargé de l'éducation : " Le compte rendu du rendez-vous de carrière est réalisé à l'aide de l'un des cinq modèles annexés au présent arrêté. / Le corps auquel appartient l'agent ainsi que sa position statutaire déterminent le modèle à utiliser, conformément à l'annexe 6 du présent arrêté. ". Il résulte de l'annexe 6 à cet arrêté, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 21 juin 2019 modifiant l'arrêté du 5 mai 2017, que le compte rendu du rendez-vous de carrière des professeurs d'éducation physique et sportive affectés dans un établissement d'enseignement supérieur et en situation d'enseignement est établi selon le modèle 5A qui prévoit que l'autorité auprès de laquelle l'enseignant exerce ses fonctions évalue sept compétences par les mentions synthétiques " à consolider ", " satisfaisant ", " très satisfait " ou " excellent " et porte une appréciation littérale de synthèse, puis que le recteur d'académie porte une appréciation finale sous la forme de la mention " à consolider ", " satisfaisant ", " très satisfait " ou " excellent ".
6. D'autre part, les notes de service du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse n° 2018024 du 19 février 2018 et n° 2019-191 du 30 décembre 2019 adressées aux recteurs d'académie et publiées au bulletin officiel de l'éducation nationale n° 8 du 18 février 2018 et n° 1 du 2 janvier 2020 définissent les orientations générales qu'ils doivent mettre en œuvre pour l'établissement des tableaux d'avancement au grade de la hors-classe de différents corps dont celui des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2018 et de l'année 2020 et les circulaires du recteur de l'académie de Paris n° 18AN0045 du 7 mars 2018 et n° 20AN0027 du 5 février 2020 précisent les modalités pratiques d'élaboration de ces tableaux.
7. Les dispositions précitées de la loi du 13 juillet 1983, du décret du 4 août 1980 et de l'arrêté du 5 mai 2017 ont pour objet de prévoir et d'organiser les modalités d'évaluation de la valeur professionnelle des professeurs d'éducation physique et sportive et de leur avancement au choix au deuxième grade de leur corps sur le fondement de cette évaluation.
8. Il résulte des dispositions des notes de service ministérielles et des circulaires rectorales précitées que, pour établir le tableau d'avancement au grade de la hors-classe des professeurs d'éducation physique et sportive affectés dans un établissement d'enseignement supérieur, le recteur d'académie doit, après avis de la commission administrative paritaire académique jusqu'en 2020, apprécier, en tenant compte, sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, des orientations générales définies par le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, la valeur professionnelle et les acquis de l'expérience professionnelle des professeurs d'éducation physique et sportive qui remplissent la condition de compter au moins deux années d'ancienneté dans le 9ème échelon de la classe normale au 31 août de l'année au titre de laquelle est établi le tableau d'avancement au regard notamment de leur expérience et de leur investissement professionnels sur l'ensemble de leur carrière, en se fondant sur leur dossier actualisé dans le menu " CV " de l'application I-Prof et sur l'appréciation portée à l'issue du troisième rendez-vous de carrière dont ils ont dû bénéficier au cours de la deuxième année suivant leur nomination au 9ème échelon de la classe normale. Pour l'établissement du tableau d'avancement au titre de l'année 2018, les professeurs d'éducation physique et sportive n'ayant pas encore pu bénéficier du dispositif des rendez-vous de carrière nouvellement mis en place, la note de service du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 19 février 2018 prévoit qu'à titre transitoire, l'appréciation par le recteur d'académie de la valeur professionnelle des professeurs doit se fonder sur leur " CV I-Prof ", sur leur dernière notation et sur l'avis de l'autorité auprès de laquelle ils exercent leurs fonctions, synthétisé par la mention " très satisfaisant ", " satisfaisant " ou " à consolider ". Pour l'établissement du tableau d'avancement au titre de l'année 2020, la note de service du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 30 décembre 2019 prévoit qu'elle doit se fonder sur l'appréciation arrêtée à l'issue du troisième rendez-vous de carrière pour les agents en ayant bénéficié, à défaut sur l'appréciation portée pour l'élaboration du tableau d'avancement au titre de l'année 2018 ou, à défaut, de l'année 2019, pour ceux remplissant les conditions pour être promu au titre de ces années mais ne l'ayant pas été, à défaut sur une appréciation arrêtée dans les conditions décrites ci-dessus pour l'année 2018.
9. Il en résulte que les agents remplissant les conditions pour être inscrits au tableau d'avancement au grade de la hors-classe des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 ont été comparés sur le fondement d'appréciations de leur valeur professionnelle portées selon des modalités différentes et arrêtées à des dates différentes. Or, ces appréciations, visant à établir un classement pour l'inscription à un tableau d'avancement contingenté pour une année donnée, ont un caractère comparatif et contingent, dépendant du nombre de candidats remplissant les conditions pour être promus, du nombre maximum de candidats pouvant l'être, de la valeur professionnelle relative des candidats et du pourcentage maximum d'avis " excellent " et " très satisfaisant " fixé pour ladite année. Il en résulte qu'elles ne sont pas absolues mais relatives et ont donc vocation à être revues à l'occasion de l'élaboration de chaque nouveau tableau d'avancement auxquels ils se portent candidats. Par suite, M. B, dont la manière de servir n'a pas fait l'objet d'une nouvelle appréciation depuis 2018, est fondé à soutenir que la valeur professionnelle des candidats à l'inscription au tableau d'avancement au grade de la hors classe des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 a été appréciée selon des critères différents et que ces dispositions ont institué une différence de traitement entre ces professeurs selon l'année au cours de laquelle ils ont rempli la condition d'ancienneté dans le 9ème échelon de la classe normale de leur corps pour être promus à la hors classe. Cette différence de traitement est sans rapport avec l'objet de la norme qui établit la possibilité d'avancement au choix au deuxième grade de ce corps sur le fondement de la valeur professionnelle. En l'absence de considérations d'intérêt général de nature à justifier cette différence, elle porte atteinte au principe d'égalité de traitement des agents publics.
10. Il résulte de ce qui précède qu'en se fondant, pour refuser d'inscrire M. B au tableau d'avancement au grade de la hors-classe des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020, sur l'appréciation de sa valeur professionnelle arrêtée pour l'établissement du tableau d'avancement au titre de l'année 2018, le recteur de l'académie de Paris a commis une erreur de droit. Dès lors, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du recteur de l'académie de Paris portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et de la décision de rejet née du silence gardé par le recteur de l'académie de Paris sur son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
12. D'une part, l'inscription d'un fonctionnaire à un tableau d'avancement n'entraîne pas nécessairement sa nomination dans le grade d'avancement. D'autre part, l'annulation prononcée doit demeurer sans conséquence sur les nominations au grade de la hors-classe des professeurs d'éducation physique et sportive arrêtées par le recteur de l'académie de Paris en exécution du tableau d'avancement au titre de l'année 2020 et devenues définitives. Dès lors, cette annulation n'implique pas que M. B soit inscrit au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive et nommé au 3ème échelon de ce grade à compter du 1er septembre 2020 mais seulement que le recteur de l'académie de Paris réexamine sa candidature, en la comparant aux mérites des autres professeurs d'éducation physique et sportive promouvables non retenus, et, dans l'hypothèse où ses mérites lui apparaîtraient supérieurs à ceux de ces autres fonctionnaires, qu'il apprécie, en tenant compte du nombre de nominations susceptibles d'être encore prononcées au titre de l'année 2020, si son inscription au tableau est possible. Par suite, il y a seulement lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du recteur de l'académie de Paris portant inscription au tableau d'avancement au grade de la hors-classe du corps des professeurs d'éducation physique et sportive au titre de l'année 2020 et la décision de rejet née du silence gardé par le recteur de l'académie de Paris sur le recours gracieux de M. B sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Paris de procéder au réexamen de la demande de M. B tendant à son inscription au tableau d'avancement au grade de la horsclasse du corps des professeurs d'éducation physique et sportive pour l'année 2020 dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie en sera adressée au recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026