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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2021899

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2021899

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2021899
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET ALAIN BENSOUSSAN (SELAS)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 décembre 2020 et 20 mai 2022, la société Viamédis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal :

1°) d'annuler les titres de recettes émis par l'AP-HP visés dans le tableau de synthèse communiqué aux parties, en tant que ceux-ci ont d'ores et déjà été réglés, ne lui ont jamais été transmis ou ont été annulés par l'AP-HP ;

2°) d'annuler les titres de recettes émis pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°TP2020B000045 du 16 janvier 2020 pour un montant de 462 623,55 euros, la saisie administrative à tiers détenteur n°TP2020B000052 du 17 juin 2020 pour un montant de 520 648,81 euros et la saisie administrative à tiers détenteur n°TP2020B000055 du 18 juin 2020 pour un montant de 392 856,17 euros ;

3°) de prononcer la mainlevée totale des saisies administratives à tiers détenteur en litige ;

4°) d'ordonner la décharge des sommes visées dans les saisies administratives à tiers détenteur en cause ;

5°) de condamner solidairement l'Etat et l'AP-HP au paiement de la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêt au taux légal à compter de l'introduction de la requête.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'étendue du litige :

- plusieurs titres de recettes visés dans la saisie administrative à tiers détenteur ont été mis en paiement et soldés depuis cette date, de sorte que la somme restant en litige s'élève à 746 436,24 euros pour les trois SATD en cause, ainsi que la somme de 3 877,85 euros, résultant d'une différence de reversement entre la société et l'AP-HP. Il n'y a plus lieu, en conséquence, de statuer sur ces demandes ;

En ce qui concerne la recevabilité de la requête :

- sa requête est recevable dès lors que ni l'AP-HP ni la direction spécialisée pour les finances publiques (DSFP) n'établissent que les titres de recettes en cause lui auraient été régulièrement adressés, alors qu'elle a, en outre, effectué des demandes de duplicatas afin de vérifier le bien-fondé des créances correspondantes. Par ailleurs, en application de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration, il incombait à l'AP-HP et à la DSFP d'accuser réception de ses recours gracieux, à défaut de quoi les délais de recours contentieux ne lui sont pas opposables. Pour la même raison, le délai de recours raisonnable d'un an ne lui est pas opposable ;

- l'instruction codificatrice n° 02-015-M0 du 14 février 2002 prévoit une émission des titres exécutoires sous format papier, notamment pour vérifier la date de réception des titres, ouvrant ainsi le délai de recours gracieux au débiteur pour contester le bien-fondé de la créance ;

En ce qui concerne le bien-fondé des créances en litige :

- l'AP-HP n'apporte pas la preuve qui lui incombe du bien-fondé des créances en litige ;

- les titres restant en litige sont infondés pour les motifs précisés dans les tableaux de synthèse produits à l'instance: le patient n'est pas un bénéficiaire identifié par Viamédis, les informations personnelles du patient figurant sur la facture ne correspondent pas au bénéficiaire des soins (numéro de sécurité sociale, nom et prénom), le risque facturé par le centre hospitalier n'est pas couvert par la complémentaire du bénéficiaire, le montant facturé n'est pas conforme à la prise en charge consentie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mai 2022 et les 19 janvier et 12 juin 2023, le comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques (DSFP) pour l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, représentés par Me Fricaudet, concluent :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Viamédis le versement à l'Etat et à l'AP-HP des sommes respectives de 5 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne l'étendue du litige :

- aucun des titres n'avait été réglé au jour de la notification des trois SATD émises par la DSFP sur les comptes de la société Viamédis. Au jour de la notification des actes de poursuite, l'ensemble de titres visés était donc bien dû à hauteur du montant signifié ;

En ce qui concerne la recevabilité de la requête :

- la requête de la société Viamédis est irrecevable dès lors que les titres exécutoires en litige, ainsi que les lettres de relance et mises en demeure afférentes, lui ont été régulièrement notifiés. La société, qui ne peut soutenir ne pas les avoir reçus, n'apporte pas la preuve qu'elle aurait introduit un recours gracieux dans le délai de deux mois à compter de leur notification, en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'instruction codificatrice du 14 février 2002 a été expressément abrogée ;

- en tout état de cause, la société requérante a introduit son recours contentieux au-delà d'un délai raisonnable d'un an à compter de la notification des titres exécutoires transmis entre janvier 2017 et septembre 2019 ;

En ce qui concerne le bien-fondé :

- aucune décharge de paiement ou annulation des titres en litige ne saurait être accordée au bénéfice de la société s'agissant des titres pour lesquels un paiement serait intervenu postérieurement à la notification des SATD en litige.

Les parties ont été informées, par courrier en date du 5 juin 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la requête de la société Viamédis tendant à la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige.

La société Viamédis a présenté des observations en réponse à ce courrier le 9 juin 2023, qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code général des collectivités territoriales,

- le livre des procédures fiscales,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pény, rapporteur,

- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,

- et les observations de Me Fricaudet, pour le comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques pour l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et le directeur général de l'AP-HP.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme Viamédis s'est vu notifier les 16, 17 et 18 juin 2020, trois saisies administratives à tiers détenteur pour des montants respectifs de 462 623,55 euros, 520 648,81 euros et 392 856,17 euros, correspondant à des titres de recettes émis entre janvier 2017 et septembre 2019. Par la présente requête, la société Viamédis demande au tribunal d'annuler les titres de recettes émis pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris visés dans les saisies administratives à tiers détenteur précitées et de la décharger des sommes en litige.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199. ".

3. En application des dispositions précitées, il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une demande tendant à la mainlevée d'une saisie à tiers détenteur. Par suite, les conclusions formées par la société Viamédis aux fins de mainlevée de la saisie à tiers détenteur litigieuse doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique : " I.- Les créances des établissements publics de santé sont recouvrées selon les modalités définies aux articles L. 1611-5 et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales () ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie d'opposition à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour le compte de redevables, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération. / () Les contestations relatives à l'opposition sont introduites et instruites dans les conditions fixées aux 1° et 2° du présent article ". Et aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.

6. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance.

7. La DSFP pour l'AP-HP et l'AP-HP font valoir que la société Viamédis a introduit son recours contentieux au-delà du délai de recours contentieux mentionné à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et, en tout état de cause, au-delà d'un délai raisonnable d'un an à compter de la réception des titres exécutoires qui lui ont été adressés par voie dématérialisée, en vertu du protocole conclu le 14 juin 2016 avec la société.

8. D'une part, la société Viamédis, qui a demandé l'annulation des titres exécutoires visés dans les trois saisies administratives à tiers détenteur en litige, n'a pas produit les titres exécutoires en litige au cours de l'instance, mais a en revanche produit un tableau de synthèse énumérant, pour chacun des titres, sa date d'émission et sa référence, la date des soins, le montant visé par le titre ainsi que le motif de contestation du titre. La société établit également avoir demandé auprès de l'AP-HP un duplicata de ces mêmes titres, ainsi qu'en atteste notamment un courriel du 1er février 2021 en ce sens. La DSFP pour l'AP-HP et l'AP-HP, qui ne remettent en cause ni la réalité ni le contenu des titres mentionnés dans ce tableau, disposaient d'éléments suffisants pour connaître les titres critiqués, sans qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur l'objet de la contestation de la société. Les titres exécutoires n'ayant pas été produits à l'instance, il n'est pas établi qu'ils mentionnaient les voies et délais de recours applicables en l'espèce à l'occasion de leur notification par voie dématérialisée. En outre, la date de notification des lettres de relance et mises en demeure adressées à la société Viamédis n'est pas établie, en l'absence de production des accusés de réception afférents. Il s'ensuit que le délai de recours contentieux de deux mois mentionné au 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne peut être opposé à la société Viamédis.

9. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du protocole conclu le 14 juin 2016 entre la DSFP pour l'AP-HP et la société Viamédis, que les titres de recettes émis par l'établissement sont transmis de manière dématérialisée, toutes les semaines, dans la nuit du mardi au mercredi pour les actes externes et les frais de transport, et dans la nuit du mercredi au jeudi pour les frais d'hospitalisation. Ces titres sont transmis par lots, correspondant à un hôpital dépendant de l'AP-HP et à un produit de facturation, frais de séjour ou traitements externes. Pour le flux dit " aller ", la norme B2 permet d'attester la bonne réception des titres. Un flux dit " retour " permet à la société Viamédis de confirmer la réception des titres et de les contester, en utilisant à cette fin la référence " Noémie 578 " pour les paiements et la référence " Noémie 909 " pour les rejets. Ainsi qu'il est précisé en défense, ce dispositif de notification par voie électronique est fondé sur la norme de télétransmission d'échange nationale B2 " Noémie " utilisée dans le cadre des échanges relatifs aux facturations entre les professionnels de santé et les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM). Ainsi qu'il est établi en défense par la production du cahier des charges de la norme B2, sans être contestée sur ce point, cette norme repose sur l'impossibilité de toute altération du fichier télétransmis et de la parfaite concordance entre l'information codée dans le fichier et sa retranscription sous format lisible dans les logiciels utilisés par la DSFP.

10. En l'espèce, la DSFP pour l'AP-HP et l'AP-HP produisent les extraits informatiques des différents lots transmis à la société Viamédis en identifiant, pour chacun d'entre eux, les titres contestés ainsi qu'au moins un titre issu du lot ayant fait l'objet d'un paiement de la société. Ces mêmes extraits mentionnent la date d'envoi de chaque lot. Est également produit une liste complète des titres exécutoires en litige mentionnant la date d'envoi des différents lots ainsi que l'identification de la date du flux " retour " attestant leur notification. Ce document est corroboré par une extraction informatique issue du logiciel SAP indiquant la date d'envoi des titres en litige, assortie de la mention " statut trt ASAP " permettant de s'assurer de la bonne réception des titres. Les défendeurs produisent enfin les justificatifs de paiement des titres non contestés par la société Viamédis figurant dans les lots d'envoi incluant également des titres contestés. L'ensemble de ces titres ont été émis entre le 11 janvier 2017 et le 29 septembre 2019 et les lots dématérialisés ont été transmis entre le 18 janvier 2017 et le 3 octobre 2019. En revanche, le lot 598 a été transmis à la société Viamédis le 17 janvier 2020. En outre, chacun des titres contestés a fait l'objet de lettres de relance et de mises en demeures adressées entre le 7 septembre 2017 et le 27 février 2020. Dans la mesure où le règlement d'au moins un titre exécutoire pour chaque lot télétransmis est établi, la société Viamédis doit être regardée comme ayant eu connaissance de ces titres entre le 18 janvier 2017 et le 3 octobre 2019. Si la société Viamédis soutient qu'elle aurait introduit une réclamation gracieuse auprès de la DSFP avant l'émission des actes de mise en recouvrement, qui aurait eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux, elle ne l'établit pas. Enfin, la société requérante ne peut utilement exciper de l'instruction n° 02-015-M0 du 14 février 2002, concernant la dématérialisation des titres dans le secteur public local, laquelle a été expressément abrogée par l'instruction codificatrice n° 12-006-M0 du 8 février 2012.

11. Ainsi qu'il a été dit, dès lors qu'il ne peut être établi que les titres exécutoires en litige comportaient l'indication des voies et délais de recours, le délai de recours mentionné à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne peut être opposé à la société requérante. La société Viamédis disposait, dès lors, d'un délai d'un an à la date de réception des titres en litige pour introduire sa requête. Celle-ci ayant été introduite le 23 décembre 2020, plus d'un an après la date de réception des titres en litige, soit entre mars et mai 2020, les conclusions de la société tendant à l'annulation de ces titres sont, en l'absence de circonstances particulières, tardives et, par suite, irrecevables.

12. En revanche, s'agissant des trois titres exécutoires contenus dans le lot 598 transmis à la société le 17 janvier 2020, les conclusions de la requête ne sont pas tardives, de sorte que la fin de non-recevoir opposée en défense doit, dans cette mesure, être écartée.

Sur le surplus du litige :

13. Il résulte de l'instruction que le lot 598 transmis à la société Viamédis le 17 janvier 2020 comprenait trois titres exécutoires contestés dans le cadre du présent litige, soit le titre exécutoire n°190446079016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 1 070 euros, le titre exécutoire n° 190446196016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 700 euros et le titre exécutoire n°190446219016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 370 euros. Si ces titres ont fait l'objet de lettres de relance et de mises en demeure, la DSFP pour l'AP-HP et l'AP-HP n'établissent pas qu'elles auraient été régulièrement notifiées. La société Viamédis soutient que ces trois titres n'auraient pas dû être mis à sa charge au motif que le montant annoncé n'est pas conforme à la prise en charge consentie, au regard du différentiel existant entre la facturation d'une chambre particulière pour un montant journalier de 70 euros. Ces motifs ne sont pas contestés en défense. Il y lieu, par suite, de décharger la société Viamédis de l'obligation de payer les sommes correspondantes.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu de mettre à la charge de la société Viamédis le versement respectivement à l'Etat et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions formées par la société Viamédis aux fins de mainlevée de la saisie à tiers détenteur litigieuse formée sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Le titre exécutoire n° 190446079016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 1 070 euros, le titre exécutoire n° 190446196016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 700 euros et le titre exécutoire n°190446219016100 émis le 5 juin 2019 pour un montant de 370 euros, sont annulés.

Article 3 : La société Viamédis est déchargée du paiement des sommes mentionnées dans les titres exécutoires n°190446079016100 pour un montant de 1 070 euros, n° 190446196016100 pour un montant de 700 euros et n°190446219016100 pour un montant de 370 euros.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Viamédis est rejeté.

Article 5 : La société Viamédis versera respectivement à l'Etat (direction spécialisée des finances publiques pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris) et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamédis, au comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et au directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Versol, présidente,

M. Pény, premier conseiller,

M. Doan, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe 22 juin 2023.

Le rapporteur

A. Pény

La présidente,

F. Versol

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2021899/6-3

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