lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2021986 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET JEAN-YVES LE GOFF (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 décembre 2020 et 13 mars 2022, les sociétés RATP Travel Retail et la Régie autonome des Transports Parisiens (RATP), représentées par Me Le Goff, demandent au tribunal :
1°) d'ordonner à M. B de libérer sans délai l'emplacement qu'il occupe dans les dépendances de la station " Georges V " sur le réseau métropolitain, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de M. B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la société RATP Travel Retail a la qualité de mandataire exclusif de la RATP pour la gestion des locaux commerciaux créés sur son réseau de transport ;
- elles sont fondées à demander l'expulsion de M. B des dépendances de la station Georges V affectée au transport public de voyageurs dès lors que la convention d'occupation du domaine public dont il était antérieurement titulaire a pris fin le 31 décembre 2019, qu'il a été convoqué pour un état des lieux de sortie le 6 janvier 2020, qu'il ne s'est pas présenté à cet état des lieux et qu'il est donc, depuis cette date, occupant sans droit ni titre du domaine public alors qu'un appel à concurrence a été lancé, que l'emplacement litigieux ne peut être occupé par l'attributaire et que l'occupation illégale du domaine public porte atteinte au droit de la concurrence au regard de l'article L. 442-8 du code de commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, M. C B, représenté par Me Mekarbech, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il ne s'est jamais opposé à la remise des clefs du local et, dès le stade du référé provision, a déclaré être prêt à quitter les lieux, que la société requérante n'a jamais entrepris de démarche auprès de lui pour la remise des clefs, qu'il n'exploite plus l'emplacement depuis le confinement de mars 2020 et qu'il n'a pu se défendre dans le cadre du référé provision et a déjà réglé certaines sommes demandées par les requérantes dans le cadre de cette instance.
Par ordonnance du 5 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. La Régie autonome des transports parisiens (RATP) et la société RATP Travel Retail demandent au tribunal d'ordonner à M. B de libérer sans délai l'emplacement qu'il occupe dans les dépendances de la station " Georges V " sur le réseau métropolitain.
2. La société Promo Métro, devenue la société RATP Travel Retail, chargée de la gestion des locaux commerciaux créés sur les réseaux de la RATP, a signé le 12 octobre 2015 une convention d'occupation temporaire du domaine public avec M. B portant sur l'emplacement n° 01.0018.99.0001 d'une superficie d'environ 10 m² situé dans les dépendances de la station " Georges V ", pour une période allant du 19 août 2015 au 18 août 2016, en vue de l'exercice d'une activité de vente de maroquinerie, accessoires de mode et souvenirs. Cette convention a été reconduite par 6 avenants, dont le dernier a été signé le 2 avril 2019 pour une période courant du 19 mars 2019 au 31 décembre 2019, compte tenu du délai d'engagement d'une procédure de mise en concurrence concernant cet emplacement.
3. Par une lettre recommandée du 14 octobre 2019, la société Promo Métro a rappelé à M. B le terme de la convention d'occupation le 31 décembre 2019 et a fixé au 6 janvier 2020 l'état des lieux de sortie. Par courrier du 6 novembre 2019, M. B a demandé le renouvellement de la convention d'occupation du domaine public pour une durée d'une année. Par lettre recommandée du 13 novembre 2019, la société RATP Travel Retail l'a informé que l'emplacement a fait l'objet d'un avis de mise en concurrence auquel il n'avait pas participé et a confirmé sa demande de libérer l'emplacement pour le 31 décembre 2019. Par courriel du 2 janvier 2020, la société RATP Travel Retail a confirmé la réalisation de l'état des lieux de sortie le 6 janvier 2020. Constatant l'absence de M. B à cet état des lieux, elle l'a informé, par une lettre recommandée du 7 janvier 2020 qu'elle saisissait la juridiction compétente en vue de demander son expulsion.
4. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. ".
5. Il résulte de l'instruction que M. B occupe toujours l'emplacement n° 01.0018.99.0001 situé dans les dépendances de la station " Georges V " et inclus dans le domaine public de la RATP alors qu'il ne dispose d'aucun droit ou titre lui permettant de l'occuper, la convention d'occupation du domaine public dont il était titulaire ayant pris fin le 31 décembre 2019. Si M. B soutient qu'il n'a pu se défendre dans le cadre de l'instance de référé provision et a déjà réglé des sommes demandées par les sociétés requérantes, qu'il ne travaille plus et n'exploite plus l'emplacement concerné et alors qu'il a indiqué dès le stade du référé provision qu'il était prêt à libérer les lieux et à rendre les clefs du local les sociétés demanderesses n'ont entrepris aucune démarche pour récupérer les clefs, ces moyens sont inopérants alors qu'il ne conteste pas être occupant sans droit ni titre du domaine public. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner à M. B de libérer sans délai les lieux qu'il occupe sans droit, ni titre dans la station " Georges V " du réseau métropolitain. Il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B, d'une part, la somme de 250 euros à verser à la RATP, et d'autre, part, la même somme à verser à la société RATP Travel Retail, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B de libérer sans délai l'emplacement n° 01.0018.99.0001 situé dans les dépendances de la station " Georges V ".
Article 2 : M. B versera d'une part, la somme de 250 euros à la RATP, et d'autre, part, la même somme à la société RATP Travel Retail, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Ratp Travel Retail, à la Régie autonome des transports parisiens et à M. C B.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
M-O. LE ROUX La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et solidaire en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/4-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026