mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2022454 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | PANARELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 31 décembre 2020, 1er novembre 2021, 15 novembre 2021 et 13 juin 2022, M. A B, représenté par Me Panarelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 16 décembre 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 098 190 euros, à parfaire, en réparation des préjudices qu'il a subis ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il a capacité à agir ;
- il a intérêt à agir ;
- sa requête n'est pas tardive ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée pour rupture d'égalité devant les charges publiques, en raison de l'exclusion sociale, scolaire et professionnelle, ainsi que des violences dont il a été victime sur le territoire français ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée en raison des conditions de vie difficiles imposées par son placement en camp de transit, ainsi que des discriminations et des traitements dégradants dont il a fait l'objet dans le quartier de l'Oasis et dans le quartier de Sens classé en zone prioritaire ;
- en raison de son traumatisme psychique il est fondé à demander le versement de la somme de 30 000 euros ;
- en raison de son préjudice moral il est fondé à demander le versement de la somme de 70 000 euros ;
- en raison de son préjudice matériel il est fondé à demander le versement de la somme de 998 190 euros décomposée comme suit :
* 58 190 euros au titre des frais de santé ;
* 400 000 euros au titre de la perte du bien immobilier de ses parents en Algérie ;
* 20 000 euros au titre de son préjudice scolaire ;
* 150 000 euros au titre du préjudice professionnel ;
* 300 000 euros au titre de ses droits à la retraite ;
* une somme à parfaire au titre de la perte de chance au regard des aides à la réinstallation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la créance est prescrite ;
- les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 août 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-1439 du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des Français d'outre-mer,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- la loi n° 2022-229 du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles du fait de l'indignité de leurs conditions d'accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français,
- le décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Panarelli, représentant M. B.
Le 25 janvier 2023, M. B a produit une note en délibéré qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 octobre 2020, M. A B, né le 24 février 1964 de parents rapatriés d'Algérie, a sollicité auprès de l'administration la réparation de divers préjudices qu'il a subis en raison des conditions d'accueil réservées aux harkis et à leurs familles. Par une décision implicite du 14 décembre 2020, la ministre des armées a rejeté la demande préalable de M. B. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 098 190 euros en réparation des préjudices qu'il allègue.
Sur les conclusions relatives au préjudice matériel lié à l'absence du bénéfice des aides à la réinstallation :
2. Le requérant soutient que ses parents ont été indûment privés des mesures prévues pour l'indemnisation des biens dont les harkis ont été spoliés en Algérie, et des aides prévues par la loi du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des Français d'outre-mer, ce qui lui aurait causé un préjudice matériel. Toutefois, il n'en justifie pas par les pièces qu'il produit.
Sur les conclusions relatives aux préjudices liés à sa condition de fils de harki à compter de son arrivée à Saint-Valérien, en juin 1964 :
3. La responsabilité de l'Etat, qu'elle soit invoquée sur le fondement de la faute ou sur celui du principe d'égalité devant les charges publiques, ne peut, en l'absence de disposition particulière, résulter que d'un fait imputable à l'Etat.
En ce qui concerne les conditions de vie dans le quartier de l'Oasis de Saint-Valérien et dans le quartier des Champs Plaisants de Sens :
4. M. B soutient que la responsabilité de l'Etat est engagée en raison des conditions de vie difficiles dont il a souffert dans le quartier de l'Oasis de Saint-Valérien (Yonne) et dans le quartier des Champs Plaisants de Sens. D'une part, s'il fait valoir que le lotissement pavillonnaire de l'Oasis, où il a vécu entre 1964 et 1970, a été édifié par la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens (SONACOTRAL), en zone rurale et dans un environnement climatique humide, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser des conditions de logement indignes. En outre, si les autorités municipales de Saint-Valérien et des communes avoisinantes ont adopté des délibérations et des communiqués hostiles aux nouveaux résidants, employant des termes à caractère discriminatoire, les préjudices résultant de ces agissements, à les supposer établis, ne sont pas imputables à l'Etat. Il ressort d'ailleurs des documents fournis par le requérant, contrairement à ce qu'il soutient, que les services de l'Etat - monitrice d'action sociale, groupement de gendarmerie, renseignement généraux - ont conduit un important travail de surveillance destiné à prévenir la dégradation des conditions de vie des nouveaux arrivants face aux réactions des populations locales et n'ayant ni pour objet, ni pour effet une atteinte à leurs libertés fondamentales. Enfin, concernant les conditions de vie dans le quartier des Champs Plaisants de Sens, où le requérant a vécu entre 1970 et 2000, la seule circonstance que le quartier ait fait l'objet de mesures dites de " politique de la ville " ne suffit pas à caractériser une rupture d'égalité, une faute de l'Etat, ni même l'existence d'un préjudice.
En ce qui concerne l'exclusion sociale et scolaire :
5. M. B soutient que la responsabilité de l'Etat est engagée en raison de ce qu'il aurait été victime, dans sa jeunesse, d'exclusion sociale et scolaire constitutive d'une rupture d'égalité. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction que si le quartier de l'Oasis, où a vécu M. B dans son enfance a accueilli en majorité des familles rapatriées d'Algérie, le requérant ne démontre pas y avoir été victime d'une ségrégation sociale et scolaire susceptible de révéler des manquements de la part des services de l'Etat. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. B a pu suivre une scolarité jusqu'à ses dix-huit ans, notamment au Lycée professionnel Marie-Curie de Sens, où il a passé un certificat d'aptitude professionnelle de mécanicien-fraiseur en 1982. Par suite, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat en raison de l'exclusion sociale et scolaire qu'il allègue.
En ce qui concerne les violences continues subies en raison de la qualité de harki du requérant :
6. M. B soutient que la responsabilité de l'Etat est engagée en raison des violences qu'il a subies en tant que fils d'un harki. Toutefois à l'appui de ses allégations de violences à caractère discriminatoire, M. B produit un article de l'association " Harkis Dordogne " rapportant des faits de graffitis anti-harki commis à Saint-Valérien en 2012, sans démontrer, ni même alléguer, qu'il aurait été la cible de ces attaques, et alors qu'il ne vivait plus dans le lotissement. Le requérant se prévaut également d'une agression subie à Paris en 2005 à la suite d'une altercation dont il ne ressort pas qu'elle aurait été motivée par ses origines familiales. Par suite, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat en raison des violences continues qu'il dit avoir subies en qualité d'enfant de harki.
En ce qui concerne le défaut de suivi scolaire, thérapeutique, sanitaire, professionnel et d'accompagnement vers le logement et pour la compensation du handicap dont devraient bénéficier les enfants de harki :
7. M. B se prévaut d'un parcours de vie difficile marqué par des échecs scolaires et professionnels, des problèmes de santé physique et mentale, ainsi qu'un handicap faisant obstacle à la reprise d'une activité professionnelle. Le requérant soutient qu'en tant que fils de harki il aurait dû faire l'objet d'un accompagnement spécifique depuis l'enfance, notamment dans les domaines scolaire et psychologique. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment des certificats médicaux produits par le requérant, qu'une part importante des difficultés de santé, scolaires et professionnelles du requérant sont attribuables à des comportements addictifs datant de l'adolescence et ininterrompus durant une longue période. Si les médecins en charge du suivi de M. B mentionnent que la situation d'enfant de harki et le traumatisme hérité de ses parents peuvent expliquer les comportements à risque du requérant, la responsabilité de l'Etat ne saurait être recherchée du seul fait qu'un accompagnement spécifique n'aurait pas été mis en place dès son adolescence, alors même qu'il ne se trouvait pas dans l'impossibilité de solliciter de lui-même les services de santé aux fins de soigner ses troubles addictifs. En outre, la ministre des armées fait valoir, sans être contredite, que M. B a déjà bénéficié des mesures législatives adoptées en vue d'améliorer la situation des rapatriés d'Algérie et de leur famille. Ainsi, M. B aurait bénéficié d'une aide de 4 500 euros au titre du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés. Enfin, si le requérant dit avoir éprouvé des difficultés à obtenir la reconnaissance de son handicap, il résulte de l'instruction que la commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) a reconnu le handicap de M. B en 2003 et le requérant ne démontre pas avoir entrepris des démarches sans succès avant cette date. Par suite, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat en raison d'un défaut de suivi de la part des pouvoirs publics.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat pour les préjudices qu'il estime avoir subis depuis son installation à Saint-Valérien, en juin 1964.
Sur les conclusions relatives aux préjudices liés aux conditions d'accueil et de vie dans le camp de transit de Rivesaltes :
9. Aux termes de l'article 1 de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles du fait de l'indignité de leurs conditions d'accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français : " La Nation exprime sa reconnaissance envers les harkis, les moghaznis et les personnels des diverses formations supplétives et assimilés de statut civil de droit local qui ont servi la France en Algérie et qu'elle a abandonnés. / Elle reconnaît sa responsabilité du fait de l'indignité des conditions d'accueil et de vie sur son territoire, à la suite des déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 relatives à l'Algérie, des personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et des membres de leurs familles, hébergés dans des structures de toute nature où ils ont été soumis à des conditions de vie particulièrement précaires ainsi qu'à des privations et à des atteintes aux libertés individuelles qui ont été source d'exclusion, de souffrances et de traumatismes durables. ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " Les personnes mentionnées à l'article 1er, leurs conjoints et leurs enfants qui ont séjourné, entre le 20 mars 1962 et le 31 décembre 1975, dans l'une des structures destinées à les accueillir et dont la liste est fixée par décret peuvent obtenir réparation des préjudices résultant de l'indignité de leurs conditions d'accueil et de vie dans ces structures. / La réparation prend la forme d'une somme forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures, versée dans des conditions et selon un barème fixés par décret. Son montant est réputé couvrir l'ensemble des préjudices de toute nature subis en raison de ce séjour. En sont déduites, le cas échéant, les sommes déjà perçues en réparation des mêmes chefs de préjudice. ". Aux termes de l'article 4 de la même loi : " I. - Il est institué auprès du Premier ministre une commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles. Cette commission est chargée : / () 2° De statuer sur les demandes présentées sur le fondement de l'article 3 () ". Enfin, aux termes de l'annexe au décret du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, le camp de Rivesaltes est compris dans la liste des structures mentionnées au premier alinéa de l'article 3 de la loi du 23 février 2022 susvisée.
10. Il résulte de ces dispositions, entrées en vigueur en cours d'instance, que le législateur a entendu que, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions prévues par l'article 3 de la loi du 23 février 2022, il bénéficie de la présomption de causalité entre sa présence dans un camp de transit et un préjudice tiré de l'exclusion, des souffrances et des traumatismes durables. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que les préjudices invoqués par le requérant résultent exclusivement d'une cause étrangère à sa présence dans les structures listées par le décret du 18 mars 2022 précité.
11. Dès lors qu'il n'est pas contesté que M. B a résidé dans le camp de Rivesaltes entre le 24 février 1964, date de sa naissance, et le 15 juin 1964 et dès lors que l'exception de prescription ne lui est pas opposable en vertu des dispositions précitées, le requérant est fondé à obtenir de l'Etat la réparation des préjudices subis en raison de son séjour au camp de transit de Rivesaltes, dans les conditions prévues par la loi. Toutefois, il résulte des dispositions rappelées ci-dessus de la loi du 23 février 2022 que le législateur a entendu que, lorsque le juge statue sur une décision antérieure à leur entrée en vigueur, il se borne, s'il juge qu'elle est illégale, à l'annuler et à renvoyer le soin de réexaminer la demande à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles.
12. Il résulte de ce qui précède que la décision refusant d'indemniser M. B doit être annulée en tant qu'elle rejette sa demande d'indemnisation à raison des conditions de vie subies dans le camps de Rivesaltes et des conséquences imputables à ce séjour, et qu'il doit être enjoint à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles de procéder au réexamen de la demande indemnitaire de M. B.
Sur les frais liés au litige :
13. M. B a obtenu l'aide juridictionnelle totale. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement d'une somme de 2 000 euros au conseil de M. B, Me Panarelli, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle la ministre des armées a rejeté la demande de réparation de M. B est annulée en tant qu'elle refuse de l'indemniser des préjudices résultant de son séjour au camp de Rivesaltes.
Article 2 : Il est enjoint à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles de procéder au réexamen de la demande indemnitaire de M. B.
Article 3 : L'Etat versera à Me Panarelli, avocat de M. B, une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Panarelli renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre des Armées et à Me Panarelli.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
Le rapporteur,
M. Théoleyre
Le président,
P. Laloye
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre des Armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2022454/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026