mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100315 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ZAMOUR & ASSOCIÉS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2021, la société MG Hôtellerie, représentée par Me Sebbah et Me Goldman, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015 pour un montant total de 147 578 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 7 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
-il n'existe aucune communauté d'intérêt entre la société Marouf et elle-même et la valeur du fonds de commerce acquis par cette dernière ne peut être réintégrée à l'actif de son bilan ;
-elle n'a pas acquis le fonds de commerce en cause ;
-la valeur du fonds de commerce retenue par l'administration est erronée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-le litige se limite à la somme de 144 715 euros et la requête est irrecevable à hauteur de 2 853 euros ;
-aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société MG Hôtellerie exploite un hôtel situé 172 avenue de Clichy, Paris 7ème. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 5 mars 2014 au 31 décembre 2015. Par une proposition de rectification du 1er août 2017, le service lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés ainsi que des majorations. La société MG Hôtellerie demande au tribunal de prononcer la décharge des redressements restant en litige à la suite de la décision d'admission partielle du 10 novembre 2020.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " () 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () "
3. Il résulte de l'instruction que la société MG Hôtellerie a repris l'activité d'hôtellerie exercée auparavant par la SARL Marouf qui avait acquis un fonds de commerce d'hôtellerie le 30 septembre 2003 pour un montant de 304 898 euros. A l'issue de la vérification de comptabilité de la société MG Hôtellerie, le service a constaté qu'aucun fonds de commerce n'était inscrit à l'actif de son bilan, a réintégré à ce dernier la valeur d'un fonds de commerce d'hôtellerie d'un montant de 390 648 euros et a rehaussé le bénéfice net de la société de l'année 2014 en conséquence.
4. D'une part, la société MG Hôtellerie soutient qu'aucun élément constitutif d'un fonds de commerce ne lui a été transmis dès lors qu'elle a elle-même conclu un bail avec le propriétaire des lieux, que les contrats passés avec les plateformes de réservation en ligne ne font pas partie du fonds de commerce et qu'elle n'exploite pas le même nom commercial, à savoir Tingis Hôtel, que la société Marouf. Toutefois, d'une part, alors qu'ainsi que le fait valoir l'administration, le fonds de commerce acquis par la société Marouf ne peut avoir disparu, il n'est pas établi que cette société aurait conservé le fonds de commerce à l'actif de son bilan et qu'elle en aurait confié la gérance à la société requérante. En outre, la société MG Hôtellerie ne produit aucun bail à son nom et n'établit pas ainsi qu'elle n'aurait pas repris le bail conclu par la société Marouf. En outre, la requérante ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle aurait modifié le nom commercial de l'hôtel et, si elle soutient que le changement d'une enseigne ou d'un nom sur un site internet prend du temps, l'administration fait valoir, sans être contredite, qu'à la date du 15 juillet 2021 le nom " Hôtel Tingis " apparaissait toujours sur la façade de l'immeuble et sur le site de réservation en ligne Booking ou sur celui des Pages Jaunes. Par ailleurs, il est constant que les contrats conclus par la société Marouf avec les sites de réservation en ligne Expedia et Booking ont été repris par la société MG Hôtellerie pour les années 2014 et 2015 sans être modifiés et que les factures établies par les sociétés gérant ces sites pendant la période vérifiée étaient au nom soit de M. A, gérant de la société Marouf, soit au nom de cette dernière et la requérante n'établit pas avoir signé de nouveaux contrats avec les sociétés gérant ces sites comme elle soutient. Enfin, l'administration indique que la visite des locaux a permis de constater la présence de bien meubles et d'installations spécifiques pour lesquelles aucune facture n'a été comptabilisée, ce qui démontre que la requérante a repris le matériel existant de la société Marouf. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a estimé que le fonds de commerce acquis par la société Marouf devait être regardé comme ayant été transféré à la société MG Hôtellerie.
5. D'autre part, il est constant que la société Marouf était détenue à hauteur de 4 000 parts par son gérant, M. A, et de 3 200 parts par M. C, qui était également salarié de la société. Lors de sa constitution, la société requérante était détenue à 100 % par Mme B, sa présidente, et M. C en était employé. Mme B a ensuite cédé la totalité de ses parts à M. C pour un montant de 1 euro et M. C est devenu président de la société le 1er avril 2015. En outre, l'administration a constaté que l'intéressé intervenait de manière effective et directe dans la gestion de la société MG Hôtellerie avant d'en acquérir les parts dès lors qu'il avait signé le formulaire d'adhésion de la société aux services fiscaux en ligne au nom de cette dernière. Enfin, le service a constaté que la société avait comptabilisé en charges des factures établies au nom de la société Marouf ou de M. C, ce qui comme le souligne l'administration, démontre une confusion dans la gestion des deux sociétés. Dans ces conditions c'est à bon droit que l'administration a estimé qu'il existait une communauté d'intérêts entre les deux sociétés et que la cession du fonds de commerce constituait une libéralité accordée par la société Marouf à la société MG Hôtellerie.
6. Enfin, aux termes de l'article 38 quinquies de l'annexe III au code général des impôts : " 1. Les immobilisations sont inscrites au bilan pour leur valeur d'origine. / Cette valeur d'origine s'entend : () b. Pour les immobilisations acquises à titre gratuit, de la valeur vénale ; () ".
7. Il résulte de l'instruction que pour fixer la valeur vénale du fonds de commerce exploité par la société MG Hôtellerie, l'administration a retenu la moyenne du prix d'acquisition de cinq fonds de commerce exploitant une activité similaire, représentant un chiffre d'affaires moyen compris entre 57 224 euros et 147 527 euros et situés dans différents arrondissements de Paris et à Saint Ouen, cédés entre le 23 octobre 2012 et le 30 août 2013, soit un montant de 390 648 euros. La société, qui ne propose pas de méthode d'évaluation alternative, se borne à soutenir que le service ne mentionne pas les caractéristiques précises des établissements choisis comme termes de comparaison, alors qu'il n'était pas tenu de le faire. Dans ces conditions, la société MG Hôtellerie ne peut être regardée comme démontrant, alors que la charge de la preuve lui incombe en application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales dès lors qu'elle n'a pas présenté d'observations en réponse à la proposition de rectification, que la valeur du fonds de commerce retenue par l'administration était excessive.
8. Il résulte de ce qui précède que la société MG Hôtellerie n'est pas fondée à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société MG Hôtellerie au titre de frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, les conclusions présentées par la société requérante à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de la société MG Hôtellerie est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société MG Hôtellerie et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026