mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100430 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 janvier 2021 et le 18 mars 2022, la société Sodexo Justice Services, représentée par la Selarl Cabanes-Neveux, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 290 euros au titre de pénalités qui lui ont été infligées au titre de défauts de menuiserie ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les signalements doivent être qualifiés en dégradation individuelle volontaire ;
- l'administration n'a refusé cette qualification que parce que le signalement ne pouvait être traité aux conditions financières du bordereau des prix unitaires (BPU).
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, le ministre de la justice, conclut s'en remettre à la sagesse du tribunal.
Par une ordonnance du 16 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
18 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 19 janvier 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de fournitures courantes et de services (CCAG-FCS) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Dubois, rapporteur public,
- et les observations de Me Pezin pour la société Sodexo Justice Services.
Une note en délibéré, produite par la société requérante, a été enregistrée le
30 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 5 octobre 2015, la garde des sceaux, ministre de la justice a confié à la société Sodexo Justice Services le marché public MGD - 2015 A multiservices multitechnique assurant le fonctionnement courant de plusieurs établissements pénitentiaires. Dans le cadre de l'exécution du lot A4, l'administration pénitentiaire a appliqué à la société Sodexo Justice Services des pénalités pour un montant total de 10 290 euros relatives à un défaut de menuiserie. La société requérante demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 10 290 euros, correspondant au montant de ces pénalités.
2. En premier lieu, si la société requérante, critique la circonstance qu'elle n'a pas pu saisir le bureau de la gestion déléguée de la direction de l'administration pénitentiaire d'un recours gracieux dirigé contre l'application de pénalités, émises par la direction interrégionale des services pénitentiaires, ce moyen est inopérant pour remettre en cause le bien-fondé ou la régularité des pénalités litigieuses.
3. En deuxième lieu, l'article 1er du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) définit la dégradation individuelle volontaire comme une " dégradation résultant d'une action fautive délibérée de son ou de ses auteurs, à savoir une dégradation dont la nature serait propre à conduite : (1) à une mesure disciplinaire pour le ou les détenus responsables, qu'ils soient identifiés ou non ;() ". Aux termes de l'article 24.6 de ce même CCAP : " Le défaut constaté n'aboutira pas à l'application d'une pénalité, lorsque le titulaire apporte la preuve que le défaut constaté est directement imputable à l'une des situations mentionnées ci-dessous sous réserve que le titulaire ait pris, dans les meilleurs délais, toutes les mesures raisonnablement envisageables pour atténuer l'incidence de ces contraintes ou de cet événement sur l'exécution de ses obligations : () - dégradations relevant de la responsabilité de l'Etat ; (). ".
4. Il résulte de l'instruction que l'administration pénitentiaire a, par décisions du 29 juillet 2020, postées sur le système informatique d'information, dénommé ISIS, définitivement appliqué à la société Sodexo Justice Services des pénalités d'un montant total de 10 290 euros, s'agissant des tranches 3, 4 et 5 du signalement " RDZ15A-17-00674 ", relatif à un défaut de menuiserie. La société Sodexo Justice Services soutient que les défauts en litige résultent de dégradation individuelle volontaire et que ces défauts ne relèvent pas de la responsabilité du titulaire du marché. Toutefois, alors qu'il appartient au requérant d'apporter suffisamment d'éléments précis et circonstanciés au juge pour lui permettre d'apprécier le bien-fondé de ses prétentions, la société Sodexo Justice Services ne produit, en l'espèce, aucun élément permettant de démontrer que les défauts allégués résulteraient de dégradations individuelles volontaires, notamment compte tenu des contraintes mécaniques autres que le propre poids de la menuiserie ou des mésusages des menuiseries dus aux détenus.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Sodexo Justice Services doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Sodexo Justice Services est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Sodexo Justice Services et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hermann Jager, présidente,
Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
T. A La présidente
V. HERMANN JAGER
Le greffier,
Y. FADEL
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026
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01/06/2026