mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100780 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GARRIGUES, BEAULAC ASSOCIES (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le no 2100780, par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2021 et 18 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme 62 588 euros, assortie des intérêts au taux légal, en réparation du préjudice qu'il a subi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagée en raison des traitements humiliants et discriminatoires dont il a fait l'objet ;
- il est fondé à solliciter le versement des sommes suivantes :
* 27 588 euros au titre de son préjudice matériel ;
* 5 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence ;
* 30 000 euros au titre de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables ;
- les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 août 2022.
II. Sous le no 2110038, par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 mai 2021 et 7 mars 2022, M. A C, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 février 2021 par laquelle le ministre de l'économie des finances et de la relance a rejeté sa demande de protection fonctionnelle du 14 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de réexaminer sa demande de protection fonctionnelle dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande de protection fonctionnelle était recevable ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait les dispositions du IV de l'article 11 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables ;
- les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat,
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations,
- le décret n° 2017-97 du 26 janvier 2017 relatif aux conditions et aux limites de la prise en charge des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par l'agent public ou ses ayants droit,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Beaulac, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, reconnu travailleur handicapé, a été recruté en qualité d'adjoint administratif par le ministère de l'économie et des finances et chargé de fonctions d'agent polyvalent dans les bâtiments Colbert et Vauban du ministère. A la suite d'une modification du service, en 2017, l'intéressé a estimé avoir fait l'objet de discriminations dont il a demandé la réparation par un courrier du 3 septembre 2020. Estimant par ailleurs, qu'en raison de cette situation et dès lors qu'il envisageait d'engager une action contentieuse à l'encontre de son administration, il était fondé à en bénéficier, l'intéressé a adressé une demande de protection fonctionnelle, reçue 15 septembre 2020. Le 19 février 2021, l'administration a communiqué une décision de refus à M. C, qui s'est substituée à la décision implicite née le 15 novembre 2020.
2. Par les présentes requêtes, M. C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme de 62 588 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des agissements discriminatoires de l'administration et d'annuler la décision par laquelle l'administration a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle. Ces deux requêtes concernant un même requérant et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu d'y statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. L'administration soutient que les conclusions du requérant ne seraient pas suffisamment claires, dès lors qu'elles seraient dirigées contre l'Institut de France. Toutefois, il ressort des termes des deux requêtes que l'ensemble des conclusions de M. C est dirigé contre le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée comme manquant en fait.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la faute :
4. Aux termes de l'article 1 de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son origine, de son sexe, de sa situation de famille, de sa grossesse, de son apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son patronyme, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, de son état de santé, de sa perte d'autonomie, de son handicap, de ses caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable. / Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés. / La discrimination inclut : / 1° Tout agissement lié à l'un des motifs mentionnés au premier alinéa et tout agissement à connotation sexuelle, subis par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ; / 2° Le fait d'enjoindre à quiconque d'adopter un comportement prohibé par l'article 2. ". Aux termes des deuxième et troisième alinéa de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. / Toutefois des distinctions peuvent être faites afin de tenir compte d'éventuelles inaptitudes physiques à exercer certaines fonctions. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article 40 ter de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Des aménagements d'horaires propres à faciliter son exercice professionnel ou son maintien dans l'emploi sont accordés à sa demande au fonctionnaire handicapé relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans toute la mesure compatible avec les nécessités du fonctionnement du service. ".
5. Il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
6. Il résulte de l'instruction que, d'une part, à compter du 2 janvier 2018, l'organisation du service dans lequel travaillait M. C a été modifiée et que ses tâches avaient vocation à évoluer de ce fait. En raison de cette modification, le requérant a sollicité un rendez-vous avec son supérieur hiérarchique afin d'évoquer les aménagements nécessaires à l'adaptation de ces nouvelles fonctions à son handicap. Le supérieur de M. C a convoqué ce dernier, mais, absent, ne l'a pas reçu, le requérant devant finalement s'expliquer devant cinq personnes dont il n'avait pas anticipé la présence, avec lesquelles il n'avait pas envisagé de partager des informations sur son état de santé et dont les fonctions étaient sans pertinence au regard des raisons pour lesquelles M. C avait sollicité un rendez-vous. D'autre part, il résulte de l'instruction que, le 29 janvier 2020, M. C a découvert sur la feuille du planning de son service qu'à côté de son nom avait été inscrite la mention " DCD " - décédé -, qui peut être regardée comme visant directement son état de santé. L'administration admet que les circonstances du rendez-vous mentionné plus haut ait pu occasionner de la " gêne " pour le requérant, et reconnait que la mention " DCD " a été particulièrement délétère, précisant que l'auteur de cette injure a fait l'objet d'une réponse " rapide et ferme ". L'administration ne conteste pas sérieusement que ces agissements ont un lien avec le handicap du requérant et ont eu pour objet ou pour effet de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant au sens des dispositions de l'article 1 de la loi du 27 mai 2008 précitée, et qu'ainsi, ils sont constitutifs d'agissements discriminatoires au sens de cette loi.
7. En revanche, contrairement à ce qu'il soutient, M. C a été mis en mesure d'effectuer des heures supplémentaires, comme le démontre les fiches des heures supplémentaires produites par l'administration, ainsi que les fiches de paye produites par le requérant lui-même. En outre, l'administration apporte des pièces permettant d'établir que les mensurations du requérant ont effectivement été relevées pour la confection de vêtement de fonction à la charge du ministère, de sorte que les factures d'achat de vêtement produites par le requérant ne peuvent être regardées comme attestant une carence de l'administration. Par ailleurs, le requérant n'établit pas avoir été mis dans l'impossibilité de se reposer dans un siège adapté, tel qu'un canapé, lorsqu'il est rentré de congé en mars 2019, alors qu'il ne produit sur ce point qu'une recommandation établie en ce sens par le médecin en décembre 2019. Enfin, le requérant ne produit aucun commencement de preuve permettant de supposer qu'il aurait été traité de manière humiliante lors des journées du patrimoine du 19 septembre 2019, alors que le rapport d'expertise établi le 5 février 2020 décrit un état dépressif antérieur et ne retient pas l'existence d'un accident imputable au service.
8. Ainsi, il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à rechercher la responsabilité de l'administration pour le préjudice moral causé par les seuls agissements discriminatoires de l'administration décrits au point 6.
En ce qui concerne les préjudices :
9. M. C produit des éléments, notamment des comptes rendus médicaux, attestant que l'entretien inapproprié et la mention " DCD " dont il a fait l'objet, mentionnés au point 6, l'ont affecté moralement, provoquant, en particulier, un sentiment d'humiliation. Par suite, M. C est fondé à demander réparation du préjudice moral causé par les agissements discriminatoires qu'il a subis, dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à 5 000 euros.
10. En revanche, dès lors que, comme il a été dit au point 7, le requérant ne démontre pas avoir subi des pertes de revenu, il n'est pas fondé à demander réparation des préjudices matériels et des troubles dans les conditions d'existence qu'il allègue.
Sur les intérêts :
11. M. C a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 5 000 euros, à compter du 14 septembre 2020, date de réception de sa demande par l'administration.
Sur la décision rejetant la demande de protection fonctionnelle :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
12. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ". Aux termes de l'article 2 du décret n° 2017-97 du 26 janvier 2017 relatif aux conditions et aux limites de la prise en charge des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par l'agent public ou ses ayants droit : " La demande de prise en charge des frais exposés dans le cadre d'une instance civile ou pénale au titre de la protection fonctionnelle est formulée par écrit auprès de la collectivité publique qui emploie l'agent à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. ". Enfin, aux termes de l'article 4 du même décret : " L'agent communique à la collectivité publique le nom de l'avocat, qu'il a librement choisi, et la convention conclue avec lui au titre de l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971 susvisée. ".
13. Le ministre a refusé d'accorder la protection fonctionnelle à M. C, au motif que la demande n'a pas été présentée directement par l'intéressé, mais par son conseil, et que le IV de l'article 11 vise à protéger des agents contre les poursuites pénales dont ils pourraient faire l'objet, à l'exclusion des actions que ces agents pourraient engager, notamment devant le juge administratif, contre leur administration. Toutefois, d'une part, il ne résulte d'aucune disposition que la demande de protection fonctionnelle devrait être présentée par l'agent lui-même, et non par son conseil. D'autre part, il ne résulte pas davantage des dispositions de la loi et du décret précitées que l'administration pourrait refuser sa protection au motif que celle-ci permettra à l'agent d'agir à son encontre. Enfin, si l'administration soutient que M. C pourra obtenir le remboursement de ses frais d'instance au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, cette seule circonstance que les frais en cause pourraient lui être remboursés à l'issue de la procédure n'est pas de nature à justifier le refus de prise en charge desdits frais. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que les motifs retenus pour rejeter sa demande de protection fonctionnelle sont illégaux.
14. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de protection fonctionnelle attaquée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :
15. L'exécution du présent jugement, compte tenu du motif de l'annulation qu'il prononce, implique, sous réserve d'un changement de situation de fait ou de droit du requérant, que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique procède au réexamen de la demande de protection fonctionnelle de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 février 2021 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et de la relance a rejeté la demande de protection fonctionnelle de M. C est annulée.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser la somme de 5 000 euros à M. C avec intérêts au taux légal à compter du 14 septembre 2020.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder au réexamen de la demande de protection fonctionnelle de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. C, une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
M. Théoleyre
Le président,
P. Laloye
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100780 et 2110038/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026