jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2100921 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PECASSOU-CAMEBRAC & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 janvier 2021, 4 août 2021 et 2 mars 2022, la société Bistrot de l'arc, demande au tribunal :
1°) la restitution des droits de taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a acquittés à concurrence d'une somme de 28 800 euros au titre du mois d'août 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les factures éditées le 31 mars 2020 correspondant à des prestations de la maison mère au titre des années 2017, 2018 et 2019 ont été payées le 30 juin 2020, elle est donc fondée à solliciter le remboursement de taxe sur la valeur ajoutée au titre du mois d'août 2020 ;
- en refusant le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée, l'administration méconnaît le principe de neutralité dès lors que la taxe sur la valeur ajoutée en litige a été payée par le fournisseur ;
- il n'est pas dérogé au principe de l'exigibilité à la date du paiement et de la forclusion du droit à déduction le 31 décembre de la deuxième année qui suit le paiement des prestations dont la facture serait émise tardivement ;
- la réalité des prestations facturées est justifiée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juillet 2021 et le 4 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Bistrot de l'Arc ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 4 février 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 4 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Bistrot de l'Arc a sollicité le remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 32 679 euros versée au titre du mois d'août 2020. Par une décision du 17 novembre 2020, l'administration a partiellement accepté la demande de la requérante pour un montant de 3 879 euros. La SARL Bistrot de l'Arc demande au tribunal le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de 28 800 euros.
2. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. Toutefois, les personnes qui effectuent des opérations occasionnelles soumises à la taxe sur la valeur ajoutée n'exercent le droit à déduction qu'au moment de la livraison. 3. La déduction de la taxe ayant grevé les biens et les services est opérée par imputation sur la taxe due par le redevable au titre du mois pendant lequel le droit à déduction a pris naissance. II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ". Aux termes du 4 de l'article 283 de ce code : " Lorsque la facture ne correspond pas à la livraison d'une marchandise ou à l'exécution d'une prestation de services, ou fait état d'un prix qui ne doit pas être acquitté effectivement par l'acheteur, la taxe est due par la personne qui l'a facturée ". Enfin, selon le 2 de l'article 272 du même code : " La taxe sur la valeur ajoutée facturée dans les conditions définies au 4 de l'article 283 ne peut faire l'objet d'aucune déduction par celui qui a reçu la facture ".
3. En vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui n'est pas le fournisseur réel de la marchandise ou de la prestation effectivement livrée ou exécutée. Dans le cas où l'auteur de la facture est régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés, assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée et se présente comme tel à ses clients, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y est mentionnée, d'établir qu'il s'agit d'une facture de complaisance et que le contribuable le savait ou ne pouvait l'ignorer. Si l'administration apporte des éléments suffisants en ce sens, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur cette opération, sans qu'il ne puisse être exigé de lui des vérifications qui ne lui incombent pas.
4. Pour refuser à la SARL Bistrot de l'Arc le droit de déduire la taxe mentionnée sur les factures de la société SARGEO QRH, dont il est constant qu'elle est régulièrement inscrite au registre du commerce et des sociétés et assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, l'administration souligne tout d'abord que l'EURL SARGEO QRH est une société liée à la SARL Bistrot de l'Arc, par détention indirecte d'une partie de son capital et qu'il existe une communauté d'intérêt entre ces deux sociétés qui ont le même dirigeant. Elle fait par ailleurs valoir que les factures en litige ont été émises le 31 mars 2020 pour des prestations effectuées en 2017, 2018 et 2019, que les différents éléments produits par la requérante ne permettent pas de déterminer le paiement effectif de ces factures, que le libellé imprécis de ces factures émises tardivement, qui font état de " management fees ", ne permet pas de caractériser la teneur exacte des prestations facturées, enfin que ces prestations, bien qu'effectuées dans le cadre d'un contrat de prestation de service, n'ont pas été engagées dans l'intérêt de la société Bistrot de l'Arc, dont le chiffre d'affaires n'a pas progressé de façon conséquente depuis 2017. L'administration, qui n'est pas utilement contredite par les écritures de la société requérante, apporte ainsi des éléments suffisants de nature à mettre en cause la réalité des prestations en litige. Si la SARL Bistrot de l'Arc produit le contrat de prestation de service signé le 5 janvier 2016 ainsi que les différents avenants signés en 2017 et 2018 et différents extraits comptables, ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, de justifier de la réalité des prestations facturées. C'est dès lors à bon droit que l'administration fiscale a pu, sans méconnaître le principe de neutralité de la taxe sur la valeur ajoutée ni les délais de forclusion du droit à déduction, refuser la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée sollicitée par la SARL Bistrot de l'Arc.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Bistrot de l'Arc doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Bistrot de l'Arc est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Bistrot de l'Arc et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Marchand, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
La rapporteure,
A. A
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026