mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2101187 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET WAN AVOCATS (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2021, M. A B, représenté par Me Oliel, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux supplémentaires, qu'il a acquittées au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- il n'a pas été destinataire d'une proposition de rectification avant la mise en recouvrement des impositions ;
- la proposition de rectification n'est pas motivée ;
- l'administration ne pouvait mettre en recouvrement les impositions litigieuses, alors que les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017, procédant de la rectification de la quote-part de bénéfice de la société Group Solid dont il est associé, notifiées par une proposition de rectification du 6 décembre 2019, n'ont pas encore été mises en recouvrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a souscrit sa déclaration de revenus au titre de l'année 2017 le 6 juillet 2020, soit postérieurement au délai de trente jours suivant la mise en demeure du 13 mars 2020 adressée par l'administration. Par un courrier du 6 juillet 2020, l'administration l'a informé que les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux établies, au titre de cette même année, conformément à sa déclaration, seraient assorties de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts, ainsi que de la majoration prévue à l'article 1728 du même code. L'administration a procédé, le 30 septembre 2020, à la mise en recouvrement de ces impositions et des majorations afférentes. M. B demande au tribunal la décharge, en droits et en pénalités, de ces impositions.
2. Aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. Cette notification est interruptive de prescription. Lorsque le contribuable est taxé d'office en application de l'article L. 69, à l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut être saisie dans les conditions prévues à l'article L. 59 ". Lorsque l'administration met en recouvrement l'impôt correspondant aux revenus déclarés par le contribuable, elle n'est pas tenue, alors même que l'intéressé se trouve en situation de taxation d'office en raison du caractère tardif de ses déclarations, de notifier au contribuable le montant des revenus ainsi taxés d'office, nonobstant les dispositions de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales, qui ne concernent que les rectifications apportées aux déclarations ou les impositions établies en l'absence de déclaration
3. Il résulte de l'instruction que les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux en litige sont uniquement celles qui ont été déclarées tardivement par M. B, régulièrement taxé d'office sur le fondement des dispositions du 1 de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. Par conséquent, l'administration n'était pas tenue de notifier par une proposition de rectification ces rehaussements au contribuable. Les moyens tirés de l'absence de notification et du défaut de motivation de la proposition de rectification doivent donc être écartés comme inopérants.
4. Le requérant soutient que l'administration ne pouvait procéder au recouvrement des impositions litigieuses, dans la mesure où la société Group Solid, société de personnes au sens de l'article 8 du code général des impôts, dont il est associé à hauteur de 15 %, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a notifié au requérant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017 par une proposition de rectification du 6 décembre 2019, résultant de la réintégration à son revenu imposable de la quote-part de bénéfice non déclarée de la société Group Solid. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux en litige sont uniquement celles qui ont été déclarées tardivement par M. B au titre de l'année 2017. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que l'administration n'était pas en mesure mettre en recouvrement ces impositions, faute d'avoir mis en recouvrement les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu procédant des rectifications du bénéfice de la société Group Solid, qui relèvent d'une procédure distincte.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux supplémentaires qu'il a acquittées au titre de l'année 2017.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, les conclusions présentées par M. B tendant au versement des entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
A. C
Le président,
B. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026